Dimanche 19 Avril 2009 -- Ils ont besoin de 41 780 euros pour redonner à Sara l'usage de ses jambes. Pour réunir cette somme, ils se mobilisent sur Facebook. Mounira Ben et Belhorma Bendeboche se sont joints à Imane Ben, créatrice du groupe « Sauvons Sara! » pour venir en aide à la famille de cette jeune fille et réunir les fonds nécessaires à une intervention jugée « possible » par des médecins de l'hôpital Salpetrière à Paris.
Sara a vingt six ans et une passion : l'enseignement. Oranaise d'origine, sa passion et l'amour des enfants la mena à quitter sa terre natale pour les hauts plateaux afin d'œuvrer à l'instruction d'enfants de nomades dans un internat à El Abiodh. Généreuse et aimante, jamais Sara n'aura hésité à prendre la route vers Mecheria pour emmener un enfant malade à l'hôpital de la ville la plus proche, y compris tard le soir. La dernière fois qu'elle a emprunté cette route, un tragique accident lui fit perdre l'usage de ses jambes. Elle est aujourd'hui tétraplégique
Par le biais du groupe qui lui est consacré sur Facebook, chacun est invité à contribuer à dessiner un sourire sur le visage de la généreuse demoiselle et lui offrir une lueur d'espoir, une parole encourageante et un rêve plus accessible. Pour apporter une contribution, aussi symbolique soit-elle, les membres du groupe sont invités à contacter la mère de Sara dont le numéro de téléphone est indiqué sur le texte de présentation.
Messages de soutien, témoignage de sympathie, prières et idées fusent sur le mur du groupe déjà riche de 1 473 adhérents, touchés par son histoire. Un gala pour réunir plus de fonds, numéro vert ou numéro de compte sur lequel envoyer directement l'argent sont autant de suggestions, sujettes à réflexion.
Ce n'est pas la première fois que la communauté algérienne se mobilise sur Facebook pour une bonne cause. Et il est heureux de constater la générosité et l'altruisme avec lesquels hommes et femmes de tous âges et de toutes conditions apportent soutien moral, aide financière et même don de sang ou de plaquettes. Souhaitons que Sara puisse bénéficier de l'incroyable capacité de propagation de l'information dont jouie le site communautaire afin de réunir les 41780 euros indispensables à sa guérison.
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19th April 2009 20:24 #1
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Nesrine Sellal :
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20th April 2009 11:37 #2
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Samir Allam :
Lundi 20 Avril 2009 -- Depuis quelques semaines, des Algériens tentent de se mobiliser sur le site communautaire Facebook pour réunir 41 780 euros. Par cette initiative, ils veulent venir en aide à une jeune algérienne de 26 ans qui a perdu l'usage de ses jambes en accompagnant un enfant malade vers un hôpital de Mechria. Un accident de la route l'a rendue tétraplégique. Seule une opération chirurgicale dans un hôpital parisien est en mesure de la sauver.
Ce n'est pas la première fois que des Algériens se mobilisent sur Internet ou lancent des appels dans la presse pour venir en aide à des compatriotes malades. Ces appels de détresse viennent s'ajouter aux difficultés quotidiennes que rencontrent les Algériens pour se faire soigner : des hôpitaux surchargés, mal gérés et peu équipés, des médicaments introuvables ou vendus à des prix astronomiques, un système de remboursement peu adapté à la réalité...
Pour la première fois depuis longtemps, on a vu ressurgir des maladies qu'on croyait définitivement disparues : la peste, la typhoïde, le choléra, des dizaines de cas de méningites...
Résultat, les Algériens n'ont plus confiance dans leur santé et ceux qui ont les moyens se tournent massivement vers les cliniques privées qui connaissent un véritable essor dans le pays. Les Algériens ressentent également une réelle injustice en voyant les dignitaires du régime se faire soigner dans les meilleurs hôpitaux européens au frais de l'Etat.
À la fin des années 1990, l'Etat avait abandonné la médecine gratuite. Ce système présentait certes de nombreux inconvénients. Il ne profitait pas forcément aux bonnes personnes et les abus s'étaient multipliés. Mais il avait au moins l'avantage de permettre aux plus fragiles d'accéder aux soins. En abandonnant ce système, les autorités n'ont rien proposé en échange. Aucun des gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays depuis près de 20 ans n'a proposé une vraie politique de santé, avec des orientations claires et des objectifs à atteindre.
La politique de l'actuel ministre de la Santé, Saïd Barkat, nommé à ce poste en 2008 après un bilan désastreux à la tête de l'agriculture - l'Algérie reste dépendante des importations malgré les milliards de dollars dépensés dans la réforme du secteur - se résume à une course pour la réduction des importations de médicaments. « Depuis que nous avons annoncé cette interdiction (ndlr : d'importer les médicaments produits localement), l'Algérie a gagné 200 millions d'euros », avait-il déclaré début février au cours d'une conférence de presse.
Dans la bouche d'un ministre, ce langage, qui ressemble à celui d'un manager américain cynique à la recherche d'économies pour redresser son entreprise, est choquant. Mais, en Algérie, il n'a suscité aucune réaction. Dans un pays en perte de repères, plus rien ne semble choquer.
Hier, dans son discours d'investiture, le président Bouteflika avait détaillé son programme d'action pour les cinq prochaines années. Comme pour les deux précédents mandats, le chef de l'Etat a oublié de parler de la politique de Santé qu'il compte mener...







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