Le chef du gouvernement doit présenter dans quelques semaines sa déclaration de politique générale devant les parlementaires des deux chambres. Ahmed Ouyahia aura bien du mal à défendre le bilan d’un exécutif déjà mis à mal par le chef de l’Etat.

Bien que n’ayant pas encore été arrêtée officiellement, la plénière consacrée à la déclaration de politique générale du chef du gouvernement pourrait avoir lieu au courant du mois de mai. L’année dernière, Ahmed Ouyahia avait essuyé de vives critiques de la part de l’ensemble des groupes parlementaires, à l’exception, bien sûr, de celui du RND. Le Parti des travailleurs lui avait reproché sa politique de privatisation tous azimuts qui se fait au détriment des travailleurs. Les députés d’El Islah s’étaient montrés particulièrement virulents envers un gouvernement incapable de répondre clairement à des interrogations liées à l’affaire Khalifa et autres scandales économiques dans lesquels de hauts responsables étaient impliqués. Mais ni les attaques des partis de l’oppositions, ni même les reproches de parlementaires FLN et MSP, partis membres de la coalition gouvernementale et de l’alliance présidentielles, n’auront eu raison de lui. Ahmed Ouyahia a défendu, contre vents et marées, le bilan d’un gouvernement chargé, avant tout, de réaliser le programme du chef de l’Etat. Mais la situation semble avoir changé. Très attendu, le face-à-face Ouyahia-parlementaires, notamment les députés, revêtira cette fois-ci un cachet particulier puisqu’il interviendra quelques semaines seulement après la très médiatisée sortie de Abdelaziz Bouteflika dans la capitale. Le président de la République avait administré des blâmes aux premiers responsables des secteurs des finances, des participations et de la promotion des investissements, de l’éducation, de l’enseignement supérieur, des transports et des travaux publics. «Vous m’avez menti ! Vous faites perdre aux Algériens des millions de dollars» ; «Vous êtes très en retard et ce n’est pas ce que vous avez dit en Conseil des ministres» sont autant de reproches lancés par le chef de l’Etat à des ministres désarçonnés par ces déclarations inattendues. En fait, Abdelaziz Bouteflika avait dressé un constat accablant de l’action de l’ensemble de l’exécutif et principalement des ministres du RND, parti que préside Ahmed Ouyahia. Et il est fort à parier que les députés, de toutes tendances, à l’exception encore une fois du RND, s’appuient sur les arguments de Bouteflika pour critiquer le gouvernement lors de la présentation de son bilan. Cela est d’autant plus vrai pour le MSP et le FLN qui ne cachent plus leur contrariété de voir Ahmed Ouyahia maintenu à la tête de l’exécutif à l’approche d’échéances électorales.

Apres les critiques presidentielles contre des membres du gouvernement: Les députés malmèneront-ils les ministres?