PARIS, September 3, 2008 -- Italy's decision to give Libya five billion dollars to compensate for damage it inflicted in the colonial era does not set a precedent for France and its former colony Algeria, officials said Tuesday. "We will neither consider it a precedent nor a reference," French foreign ministry spokesman Eric Chevallier told reporters when asked what were the consequences for France of Italy's decision.
"The French authorities have unambiguously recognised the injustice of the colonial system," he said.
France ruled Algeria from 1830 until 1962.
Italian Prime Minister Silvio Berlusconi on Saturday apologised to Libya for damage inflicted by Italy during the colonial era and signed a five-billion-dollar investment deal by way of compensation.
Libya was occupied by Italy in 1911 before becoming a colony in the 1930s. It gained its independence in 1951 after a brief period under a UN-mandated Franco-British administration.
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3rd September 2008 15:01 #36
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4th September 2008 22:05 #37
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Jeudi 4 Septembre 2008 -- La France n’envisage pas d’emboîter le pas à l’Italie qui vient de décider d’une compensation de l’ordre de 5 milliards de dollars à la Libye pour la période coloniale, un fait sans précédent dans les annales du colonialisme européen en Afrique.
L’accord signé samedi dernier entre la Libye et l’Italie «n’est ni un précédent ni une référence», a estimé avant-hier le ministère français des Affaires étrangères arguant que «chaque histoire bilatérale avance comme elle le souhaite, chaque histoire est spécifique». Pour la diplomatie française, la décision de Rome ne peut en aucun cas faire tache d’huile et refuse de souscrire à cette démarche à un moment où la classe politique algérienne ne cesse de rappeler les crimes de la France coloniale et de la nécessité de s’en absoudre pour envisager un avenir dépassionné et serein entre les peuples des deux pays.
Cette revendication s’est davantage accentuée depuis que le président de la République Abdelaziz Bouteflika ait conditionné la signature d’un traité d’amitié avec la France à la présentation, par cette dernière, d’excuses pour les massacres commis le 8 mai 1945, durant la guerre de libération ainsi que durant la colonisation. Le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine, M. Saïd Abadou, a appelé la France à «accomplir ce pas» effectué par l’Italie et à «reconnaître, s’excuser et indemniser» le peuple algérien pour les crimes subies durant la triste nuit coloniale. M. Saïd Bouhedja, chargé de l’information au Front de libération nationale, a fait l’éloge de la décision et de la position italiennes affirmant que «l’Italie a commis des fautes historiques en Libye, et ses excuses constituent un pas positif à même de servir de moyen de pression sur la France pour s’excuser de son passé colonial». Le porte-parole du Rassemblement national démocratique, M. Miloud Chorfi, a jugé qu’«il est obligatoire que la France reconnaisse ses erreurs».
Toutefois, la France refuse de donner suite à la demande algérienne en vue de régler le vieux contentieux colonial. Le président Nicolas Sarkozy a rejeté toute idée de repentance et Paris estime qu’il appartient aux historiens d’effectuer un «travail de mémoire». Pour le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Eric Chevallier, Paris a reconnu sans ambiguïté l’injustice du système colonial, rappelant que l’ex-ambassadeur français en Algérie, Bernard Bajolet, avait qualifié en mai dernier à Sétif les massacres de 1945 de «tragédie inexcusable». En visite officielle en Algérie en décembre 2007, M. Sarkozy avait qualifié le système colonial d’«injuste par nature» et qui ne pouvait être vécu autrement que comme une entreprise d’asservissement et d’exploitation.
L’accord historique signé samedi dernier à Benghazi, en Libye, constitue un précédent embarrassant pour les autres anciennes puissances coloniales dont la France. Le président du Conseil italien, qui est aussi chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, a exprimé, au nom du peuple italien, son regret et présenté ses excuses pour les blessures profondes et les souffrances causées aux Libyens pendant plus de trente ans d’occupation et de colonisation, de 1911 à 1943. L’accord prévoit le versement par l’Italie de cinq milliards de dollars sur une période de 25 ans sous forme d’investissement public, notamment pour la construction d’une autoroute traversant la Libye, de l’ouest à l’est et allant de la Tunisie à l’Egypte.
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2nd May 2009 18:40 #38
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Samedi 2 Mai 2009 -- L'Algérie maintient ses revendications liées à la repentance de la France sur les crimes commis durant la période d'occupation entre 1830 et 1962, a déclaré, samedi 2 mai, le ministre des Moudjahidine, Mohamed Chérif Abbas. Les revendications de l'Etat algérien relatives à "l'incrimination et à la reconnaissance des crimes de guerre français sont toujours maintenues jusqu'à aboutissement", a déclaré M. Abbas à Alger, en marge du troisième congrès national de l'Association nationale des anciens condamnés à mort (1954-1962), selon l'agence APS.
Le ministre a indiqué que l'Algérie "revendique toujours et depuis l'indépendance, l'incrimination de l'occupation française et la reconnaissance des crimes de guerre perpétrés contre le peuple algérien, notamment les essais nucléaires, les mines antipersonnel, outre les pertes occasionnées à la nature et à l'homme ».
La question de la "repentance" de la France sur les "crimes" commis par le colonialisme en Algérie empoisonne les relations entre les deux pays depuis 2005. Elle a notamment empêché la signature d'un traité d'amitié entre l'Algérie et la France et elle à l'origine de tensions récurrentes entre Paris et Alger.
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7th May 2009 19:08 #39
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Jeudi 7 Mai 2009 -- Le président Abdelaziz Bouteflika a estimé jeudi que la glorification du colonialisme français ne rend pas justice à l'Algérie et plaidé pour une « voie originale » pour tourner « la page noire » de l'histoire avec la France, ancienne puissance coloniale. Dans un message lu en son nom par son conseiller Mohamed Ali Boughazi, le chef de l'Etat a indiqué que "pour tourner définitivement cette page noire de l'histoire", il faudrait aux deux pays et aux deux peuples de trouver "ensemble" la voie originale qui permettra de "surmonter les traumatismes causés au peuple algérien par l'Etat colonial français".
M. Boughazi s'exprimait à Sétif au cours d'une conférence sur les massacres du 8 mai qui ont fait plus de 45 000 morts à Sétif, Guelma et Kherrata. Des crimes qui n'ont jamais été reconnus officiellement par la France, malgré les demandes algériennes. La date du 8 mai 1945 "porte un témoignage accablant sur la nature du colonialisme, sa brutalité, son inhumanité, sa barbarie pour tout dire", a souligné M. Bouteflika dans son discours.
Ces traumatismes "continuent, souvent inconsciemment, à modeler nos consciences et nos manières d'agir", a ajouté M. Bouteflika. Pour le chef de l'Etat, cette "voie originale" permettra également d'établir "entre l'Algérie et la France, entre le peuple algérien et le peuple français des rapports authentiques d'amitié sincère et véritable dans une coopération où chacun trouvera son intérêt et des raisons d'espérer dans l'avenir". "Les discours récents sur le caractère prétendument positif du colonialisme et les initiatives visant à laisser le soin aux historiens et aux sociétés civiles de reconstituer cette période de violence et d'atteinte aux droits et à la dignité du peuple algérien sont loin de contribuer à rétablir la vérité et à rendre justice à l'Algérie pour le mal que nous avons subi", a-t-il encore affirmé.
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8th May 2009 15:43 #40
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Vendredi 8 Mai 2009 -- La France devrait « faire repentance» pour les crimes commis durant le colonialisme « en Algérie et ailleurs », a affirmé vendredi le président de l'assemblée nationale, Abdelaziz Ziari. « Il serait tout à l'honneur de la France et des Français de faire repentance sur tous les crimes dont a été responsable le colonialisme en Algérie et ailleurs », a dit M. Ziari à la radio Chaîne III. La France refuse tout acte de repentance, mais "cela se fera un jour", a encore affirmé M. Ziari, qualifiant "d'ignoble" la répression du 8 mai 1945 en Algérie.
Dans un message lu en son nom à Sétif, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a prôné jeudi une "voie originale" pour tourner "la page noire" de l'histoire avec la France et "surmonter les traumatismes causés au peuple algérien par l'Etat colonial français". Pour lui, cette "voie originale" permettra d'établir "entre l'Algérie et la France, entre le peuple algérien et le peuple français des rapports authentiques d'amitié sincère et véritable dans une coopération où chacun trouvera son intérêt et des raisons d'espérer dans l'avenir".
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13th May 2009 02:24 #41
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Merzak Tigrine :
Mercredi 13 Mai 2009 -- À la veille de sa visite de deux jours à Alger aujourd’hui et demain, le secrétaire d’État français à la Défense et aux Anciens combattants, Jean-Marie Bockel, parle sans tabou des relations qui lient les deux pays. Tout en affirmant que “du côté français, nous nous efforçons de comprendre la sensibilité des mémoires algériennes à l’endroit d’une période que beaucoup de membres du gouvernement français n’ont eux-mêmes pas connue”, le responsable évoque la question de l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français effectués dans le Sud algérien ainsi que le versement des pensions aux anciens combattants algériens qui ont participé aux deux guerres aux côtés des alliés. Jean-Marie Bockel précise que quelque 47 000 pensions militaires sont versées en Algérie.
Liberté : Une vive polémique oppose Alger et Paris sur le devoir de mémoire, en raison du refus de la partie française de présenter des excuses sur les méfaits du colonialisme en Algérie. Cette question sera-t-elle à l’ordre du jour de la visite du président algérien en France en juin prochain ?
Jean-Marie Bockel : Lors de son voyage en Algérie, il y a maintenant un peu plus d’un an, le président Sarkozy a reconnu publiquement les crimes de la colonisation, même s’il a rappelé que le système colonial, profondément injuste par nature, n’avait pas empêché que des relations, parfois fraternelles, puissent s’établir entre Français et Algériens. Les représentants de l’État français ont eu d’autres occasions depuis lors pour réitérer ce discours, aussi bien en France qu’en Algérie, sans double langage. La France assume les pages sombres de son histoire, elle doit le faire. Je crois que beaucoup a déjà été dit et écrit en France sur ce sujet, la recherche historique ayant fait de nombreux progrès. L’État a maintenant ouvert la grande majorité de ses archives relatives à l’Algérie. Du côté français, nous nous efforçons de comprendre la sensibilité des mémoires algériennes à l’endroit d’une période que beaucoup de membres du gouvernement français n’ont eux-mêmes pas connue. Nous respectons la douleur que peut causer le souvenir des morts dans certaines familles, des deux côtés de la Méditerranée, et nous respectons la légitimité du combat mené par les Algériens. Aussi, je ne pense pas, comme vous semblez l’entendre, qu’une polémique existe entre les États français et algérien au sujet des questions de mémoire, même s’il reste sans doute des attentes. Les propos du président Sarkozy ont été bien accueillis par le président Bouteflika. Cette étape a constitué un pas positif dans la relation et, sans doute, nous pouvons encore progresser, de part et d’autre, vers une vision plus apaisée et consensuelle de l’histoire. Il y a certes des dossiers liés à notre passé commun que nous nous efforçons de traiter sans faux-semblants, y compris d’ailleurs à l’initiative de la partie française, et nous restons à l’écoute de la partie algérienne sur ces sujets. Le dernier exemple en date est la signature toute récente d’une convention de partenariat entre les Archives nationales algériennes et françaises. Essayons de convenir ensemble de ce qu’il convient de faire aujourd’hui pour améliorer notre coopération et être, dans nos relations entre États voisins et partenaires, les plus constructifs possibles, en pensant avant tout à notre jeunesse. La France est désireuse de contribuer à l’essor de l’Algérie, de son économie et de sa place dans les relations internationales et dans la construction d’un espace méditerranéen plus solidaire. C’est de tout ceci dont les deux chefs d’État conviendront, j’en suis persuadé, de parler ensemble.
Dans le cadre de la revalorisation des pensions des anciens combattants français, il a été décidé par votre gouvernement l’application de cette mesure aux anciens combattants issus de pays qui étaient sous administration française, dont les Algériens. Peut-on savoir où en est la mise en œuvre de cette opération ?
Près de 47 000 pensions militaires sont effectivement versées aujourd’hui en Algérie à des anciens soldats de l’armée française ou à leur veuve. Ce chiffre important est lié à l’histoire qu’ont partagée nos deux pays : ce sont 200 000 soldats algériens qui ont été mobilisés au cours de la Première Guerre mondiale et plus de 150 000 qui ont pris une part déterminante, saluée par tous les pays alliés, à la victoire contre le nazisme durant la Seconde Guerre mondiale. Aussi, quand le gouvernement français a décidé en 2007 de revaloriser les pensions militaires des ressortissants des pays anciennement placés sous administration française, c’est l’Algérie qui a bénéficié le plus des nouvelles dispositions. Celles-ci sont aujourd’hui totalement appliquées en Algérie : ce sont donc plus de 4,7 milliards de DA qui sont versés chaque année aux 36 000 anciens combattants ou veuves pensionnées, actuellement recensés en Algérie. Tous ces bénéficiaires perçoivent aujourd’hui des retraites de combattant ou des pensions militaires d’invalidité identiques à celles perçues par leurs frères d’armes français. Mais je voudrais préciser qu’au-delà du montant des pensions, aujourd’hui aligné sur les pensions françaises, c’est aussi la législation applicable qui a été “décristallisée” : les demandes de réversion pour les veuves, celles portant sur les pensions d’invalidité, sont dorénavant recevables dans les mêmes conditions en Algérie qu’en France. C’est, d’ailleurs, la raison principale de la réouverture à Alger, depuis le 15 octobre dernier, d’un service de proximité rattaché à notre ambassade et dédié à cette population. Il est désormais l’interlocuteur unique des anciens combattants de l’armée française résidant en Algérie pour les aider dans les démarches administratives nécessaires à l’examen de leurs droits, mais aussi pour leur apporter, en cas de besoin, un soutien dans le domaine médical et social. Enfin, j’ai demandé à ce que l’action de ce service soit complétée par une diffusion, la plus large, de l’information utile à nos vétérans : une brochure d’information sur les droits et démarches a été rédigée. Elle est aujourd’hui “doublée” par l’ouverture d’un site Internet consultable à l’adresse suivante Service des Anciens Combattants de l'Ambassade de France à Alger. Cet effort, au moment où, comme vous le savez sans doute, la réforme de notre administration en France va se traduire par des contraintes budgétaires et une rationalisation des effectifs, doit être signalé. Il concrétise la reconnaissance du gouvernement français et de la nation tout entière envers ceux qui se sont battus pour elle.
Après la décision de Matignon d’indemniser les victimes des essais nucléaires français, dont celles de Reggane en Algérie, pouvez-vous, Monsieur le Ministre, nous donner davantage de précisions sur le sujet ?
Il s’agit d’un projet de loi annoncé par le ministre de la Défense, Hervé Morin, en novembre dernier et inscrit à l’ordre du jour du Parlement en 2009. Ce texte, qui concerne la totalité des victimes des essais nucléaires français, sans discrimination aucune, n’exclut pas la question des populations algériennes. Même si je ne peux vous en confirmer définitivement l’issue, s’agissant d’un projet de loi qui doit être examiné et voté en termes identiques par les deux chambres du Parlement. Mais mon sentiment est que la question de l’indemnisation des Algériens sera rapidement traitée. Comme M. Morin l’a indiqué, le principe d’un droit à l’indemnisation des victimes qui ont été exposées lors des essais est désormais posé. Nous devons reconnaître aujourd’hui les victimes, toutes les victimes. À la demande de l’Algérie, l’AIEA a effectué en 1999 une étude sur la situation radiologique au Sahara, à laquelle la France a apporté son concours. Par ailleurs, les autorités françaises ont publié un fascicule qui fait le point sur les essais dans le Sahara, document remis aux autorités algériennes et mis en ligne sur le site de notre ambassade à Alger… L’État français reconnaît que les essais nucléaires effectués dans le Sahara algérien, puis en Polynésie entre 1960 et 1996, avaient eu une incidence sur la santé des militaires et des populations civiles. Nous avons arrêté une liste de maladies liées aux effets de la radioactivité. Nous allons donc introduire dans le décret d’application un seuil d’exposition à partir duquel les demandes d’indemnisation seront prises en compte. Si le texte est voté, nous accorderons des indemnisations.
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28th May 2009 00:40 #42
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Jeudi 28 Mai 2009 -- Entre Alger et Paris, il y a des passerelles qu'aucun politique des deux pays ne veut rompre malgré le poids des contingences et des exigences nationales spécifiques aux deux Etats. Car si la France reste comptable envers l'Algérie sur de nombreux dossiers, dont le nucléaire n'est pas des moindres, à Alger on veut rester lucide, en dépit de toutes les raisons du monde d'exiger de l'ancienne puissance coloniale au moins la reconnaissance d'un lourd passif colonial.
Ce message a été clairement lancé aux politiques et aux responsables français par M. Abdelaziz Ziari, président de l'APN, en visite à Paris. Il a, devant les députés français, rappelé que pour l'Algérie, la question de la repentance de la France vis-à-vis du peuple algérien n'est pas une condition posée par Alger pour ses relations futures avec l'ancienne puissance coloniale. La question de la repentance «ne constitue nullement un point d'achoppement, ni un préalable ou une condition fixée par l'Algérie» dans ses relations avec la France, a-t-il indiqué. M. Ziari rappellera que «la question s'est posée après l'adoption par la France de la loi du 23 février 2005 glorifiant le passé colonial de la France. Nous avons ressenti cela comme une provocation. Il est normal que nous réagissions chaque fois qu'il y a provocation», a-t-il précisé.
Le président de l'APN, même s'il n'a pas esquivé la question, n'en a pour autant pas montré ses aspérités, alors que le ministre des Moudjahidine, M. Mohamed Chérif Abbas, avait au début du mois souligné que «l'Algérie maintient ses revendications liées à la repentance de la France sur les crimes commis» par le régime colonial entre 1832 et 1962". Les revendications de l'Etat algérien relatives à «l'incrimination et à la reconnaissance des crimes de guerre français sont toujours maintenues jusqu'à aboutissement», a déclaré le ministre des Moudjahidine en marge du troisième congrès de l'Association nationale des anciens condamnés à mort (1954-1962).
La question de la repentance de la France sur les crimes commis par le colonialisme en Algérie est devenue un os qu'Alger et Paris tentent de polir au fil du temps, pour ne pas hypothéquer une reprise des relations bilatérales qui veut aujourd'hui, malgré la mise entre parenthèses du traité d'amitié entre les deux pays devant être paraphé du temps de Jacques Chirac, rebondir sur la coopération économique et énergétique. Un dossier sensible que les deux Etats ne veulent apparemment pas rouvrir pour le moment. Du moins pas avant une rencontre officielle entre les deux chefs d'Etat, à Paris ou Alger.
Sur un autre dossier, celui des relations au sein de la Méditerranée, M. Ziari a rappelé la position circonspecte de l'Algérie vis-à-vis du projet de l'Union pour la Méditerranée. «Nous étions opposés à une politisation de ce projet régional. Nous sommes favorables à un projet qui initie et met en oeuvre des partenariats entre les deux rives de la Méditerranée», a-t-il précisé. Et de souligner que «l'agression de Ghaza et le blocage de l'UPM, qui en a suivi, ont conforté nos appréhensions et nos craintes au sujet de cette politisation de l'Union». M. Ziari a ajouté que la réussite de cette UPM ne peut aller sans la prise en charge du problème palestinien, avec l'avènement d'un Etat indépendant, ainsi que le règlement définitif de celui du Sahara Occidental. Deux conflits, a-t-il précisé, «qui perdurent».
Avec les groupes politiques de l'Assemblée nationale française, M. Ziari a abordé ainsi de front certains problèmes qui «fâchent» entre les deux pays, mais des problèmes qui doivent être un jour ou l'autre discutés sans tabou, notamment celui des crimes commis par la colonisation en Algérie, et notamment les essais nucléaires et les massacres de civils. Le reste, l'histoire s'en est déjà chargée.







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