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  1. #8
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    Samedi 17 mars 2007 -- Le ministère français de la Défense a publié sur son site Internet un «dossier de présentation» des essais nucléaires français au Sahara, retraçant l’historique des tirs, les mesures de sécurité, les principaux accidents ou encore les «études radiologiques» des anciens sites.

    L’Association des «sacrifiés des essais nucléaires français» avait demandé mardi dernier la levée du secret défense sur les 210 essais effectués au Sahara et en Polynésie, estimant avoir été des «cobayes sacrifiés au nom de la grandeur de la France et de son désir d’hégémonie».

    Son dossier de 28 pages, comprenant photos, cartes et graphiques, présente le contexte général de 17 essais français, réalisés entre le 13 février 1960 («Gerboise bleue») et le 16 février 1966 («Grenat»), tant en atmosphérique dans le désert qu’en galeries creusées dans le massif granitique du Tan Affela.

    S’agissant des mesures de sécurité, il est précisé dans le dossier que le ministère de la Défense avait créé, «dès le 6 janvier 1958, une Commission consultative de sécurité des sites (CCS), chargée d’étudier les problèmes de sécurité relatifs aux essais nucléaires».

    En 1958 et 1959, la CCS «a défini une distance de sécurité de 50 km entre les points d’expérimentation et la base de vie de Reggane, les zones à contrôler [zones de retombées et une zone de 300 km avec surveillance systématique des points sensibles], un espace aérien interdit au moment du tir d’un rayon de 50 km, et les normes de radioprotection applicables lors des expérimentations», selon le document.

    Dans la conclusion, il est écrit : «Selon les schémas classiques généralement pris en compte et les modèles d’expositions utilisés (...) rien n’atteste que dans l’un des sites [excepté peut-être les sites de Gerboise bleue, de Gerboise blanche et du tunnel E2], les expositions annuelles puissent dépasser des valeurs référencées dans les directives générales internationales relatives à l’exposition des personnes.» L’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) a aussitôt critiqué ce rapport, reprochant au ministère de la Défense d’entonner «à nouveau le refrain de la bombe propre».

    «Alors qu’il serait de la responsabilité du gouvernement français, en accord avec le gouvernement algérien, de mettre en place une surveillance de la radioactivité des sites, comme celle installée à Moruroa et à Fangataufa, de nettoyer les zones contaminées comme les Britanniques l’ont réalisé en Australie, le ministère de la Défense s’auto-congratule sur l’absence d’incidence environnementale de ses essais», s’indigne l’Aven dans un communiqué.

    L’association estime aussi que «le ministère de la Défense devrait instaurer un suivi médical des populations résidentes et de l’ensemble du personnel ayant participé au programme des essais». Le dossier peut être consulté sur la page d’accueil du site du ministère (Défense) sous le titre «Suivi des essais nucléaires français».


  2. #9
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    Mercredi 11 Avril 2007 -- «Tous les pays ayant subi les effets des essais nucléaires entameront une action commune internationale contre de telles crimes.» Et pour cause, de nombreux observateurs classent ces essais effectués contre la volonté des peuples algérien et polynésien, notamment, comme crimes contre l’humanité. C’est ce qu’a annoncé la présidente de l’instance nationale de la décolonisation des relations algéro-françaises, Me Benbraham.

    “Cette instance déposera en premier lieu prochainement une plainte contre la France auprès de la justice française et la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité”, a-t-elle noté hier, lors de la conférence-débat qui a eu lieu au Centre de presse d’El-Moudjahid, en collaboration avec l’association Machaâl Echahid et l’Association pour la libération de l’écriture de l’histoire. Une page douloureuse et dramatique de l’histoire du colonialisme a été de ce fait relue. Une rencontre consacrée aux expériences nucléaires du colonialisme français qui ont eu pour théâtre le territoire algérien avec les graves dommages ayant suivi et dont les dramatiques retombées sur des générations d’Algériens et des dommages irréparables sur l’environnement aussi. Cette instance s’appuiera, a souligné la conférencière, sur le traité de Rome de 1999 relatif aux crimes contre l’humanité et aux génocides. Ceci surtout après la publication, en janvier 2007, par la France, dans le site Internet de la Défense nationale, d’un rapport intitulé : dossier de présentation des essais nucléaires et les suivis au Sahara. «La France vient de reconnaître avoir fait des essais nucléaires, à partir d’aujourd’hui, la société civile qui a subi leurs répercussions peut faire valoir son droit», souligne la conférencière.

    Citant les archives militaires françaises, Me Benbraham assure que «8 500 personnes ont travaillé dans le cadre de ces essais en qualité de personnel des applications militaires et 6 000 intervenants recrutés localement (Algériens, ndlr)». Pour elle, c’est autant de «victimes» qui peuvent aujourd’hui faire valoir leurs droits. «Il faut combattre sur le plan juridique pour avoir le droit des victimes, des militants algériens et des ayants droit», a-t-elle lancé. Et de rappeler qu’après la fin des essais nucléaires en Algérie en 1966, la Polynésie a été «le souffre-douleur de la France». Qualifiant ce rapport d’«entaché d’irrégularités et d’anomalies», le journaliste et historien Mountasser Oupechour a, pour sa part, précisé que le nombre des essais nucléaires en Algérie s’élevait à 17. «La France avait fait exploser, le 13 février 1960, une bombe atomique à Hamoudia, un village situé à quelque 60 km de Reggane, dans le désert de Tanezrouft. Entre 1960 et 1966, la France avait opéré quatre essais atmosphériques et treize essais souterrains», a-t-il relevé. Cet historien note que la bombe de février 1960 valait trois fois et demie celle de Hiroshima. Selon les regroupements faits par Me Benbraham, il apparaît «évident que la France a utilisé des Algériens vivants, habillés en combinaison de protection contre les radiations, comme cobayes pour les essais nucléaires». Pour elle, l’utilisation des mannequins et des morts sont des thèses qui n’auraient pu révéler des «résultats probants ».

    Notant que les autorités françaises ont toujours soutenu que ces essais étaient «propres» et qu’ils n’ont pas d’impacts dommageables sur la population et l’environnement, les conférenciers ainsi que les témoignages de personnes atteintes des effets des essais nucléaires ont apporté les preuves contraires. Aussi, Gérard Aïssa Ruot, qui a demandé la nationalité algérienne, était un jeune appelé à Reggane en 1961. Parmi ses 17 compagnons, beaucoup d’entre eux sont morts de cancers. Par son témoignage, il veut faire connaître la vérité pour le dédommagement des victimes des essais nucléaires et également prévoir la protection des générations futures contre tous les désagréments à survenir dans les sites des essais nucléaires d’Aïn Ekker.


  3. #10
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    Mercredi 1 Aout 2007 -- Plus d’un demi-siècle après l’explosion de la première bombe nucléaire française à Hamoudia (daïra de Reggane) le 13 janvier 1960, les autorités algériennes ont enfin réagi en installant une clôture qui définit le périmètre de l’impact afin d’éviter aux habitants de la région la menace éventuelle d’une contamination, selon un communiqué établi par la Direction de l’environnement de la wilaya.

    Quatre entreprises ont été sollicitées pour une enveloppe financière de treize millions de dinars pour entreprendre les travaux appropriés. Mais les habitants préconisent la mise en place d’une commission scientifique afin de mener des études approfondies et des analyses concernant les personnes et l’environnement. Les travaux consistent à mettre en place une clôture longue de 3000 mètres afin d’empêcher les curieux et autres de s’approcher du lieu de l’impact qui demeure encore en activité, selon les experts qui l’ont visité. Il est à noter que les conséquences de cette terrible explosion ont laissé d’énormes séquelles et les gens et la végétation en souffrent encore.

    La constitution d’une commission d’experts en nucléaire pourrait, grâce aux tests et analyses effectués sur l’ensemble des personnes touchées ainsi que la palmeraie sur une superficie de 50 km2, lève le voile sur cette terrible tragédie qui a secoué et ébranlé le monde en 1960. En attendant l’installation de cette clôture, des campagnes de sensibilisations sont menées tambour battant par l’APC de Reggane afin d’éviter toute contamination. Les habitants de la région insistent sur la programmation d’études épidémiologiques ainsi qu’une liste des différents malaises liés directement ou indirectement à cette explosion. La demande des concernés est adressée aux autorités françaises et algériennes pour la création d’un pôle d’observation des différents sites ayant servi aux essais nucléaires, comme ce fut le cas pour l’Angleterre et ses sites en Australie.

    D’ailleurs, un rapport est établi par le ministère de la Défense française en mars 2007 autour de ces explosions qui ont eu lieu dans le Sahara algérien entre 1960 et 1967. Ce même rapport appuyé par d’autres émanant de l’Agence internationale de l’énergie en 1999 et en 2005 précise que l’activité nucléaire subsiste toujours au niveau de Hamoudia (Reggane) suite aux lancements menés sous le nom des codes : Gerboise blanche et Gerboise bleue. Une affaire qui a fait couler beaucoup d’encre et dont la grandeur d’un pays comme la France se trouve sérieusement entachée, car ayant fait fi des droits de l’homme et de la vie de centaines d’êtres humains. Et on ose parler de fraternité et d’égalité, c’est le comble de l’ironie ! Une affaire à suivre.


  4. #11
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    Vendredi 9 Novembre 2007 -- En France, la cour d'appel des pensions d'Orléans (centre) a mis vendredi en délibéré au 14 décembre sa décision sur l'appel déposé par le ministère de la Défense après la décision d'un tribunal d'accorder une pension d'invalidité à un ancien militaire atteint d'une maladie liée selon lui à sa participation à des essais nucléaires en Algérie.

    Le tribunal des pensions de Tours avait accordé le 7 juin 2005 "une pension militaire d'invalidité à vie à compter du 4 janvier 2002 (date du dépôt de sa demande), au taux de 70%, pour infirmité" à André Mézière, 66 ans, domicilié à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), qui souffre d'une polymyosite. Le ministère de la Défense avait fait appel au motif que "la polymyosite ne figure pas au tableau des maladies professionnelles susceptibles d'être liées à une radiation".

    La cour d'appel d'Orléans avait décidé le 15 septembre 2006 de "surseoir à statuer sur l'ensemble des demandes" et avait "ordonné une expertise médicale". Elle avait ensuite demandé plusieurs autres expertises médicales et elle dispose aujourd'hui des conclusions des trois experts.

    Pour le ministère de la Défense: "les conclusions montrent qu'il n'y a aucune preuve, aucun faisceau de présomption de lien entre l'irradiation nucléaire et la maladie de M. Mézière". "Le lien de probabilité est improbable dit le rapport dans la mesure où il n'y a pas d'altération lymphocytaire chez M. Mézière. Or un compte rendu d'hospitalisation de mon client, daté du 2 novembre, fait état d'un désordre lymphocytaire. C'est une nouvelle information que les experts n'avaient pas", a déclaré à la presse Jean-Paul Teissonnière l'avocat du plaignant, présent au tribunal. "Avec un rapport d'expertise défavorable, j'ai bon espoir que la cour retienne le lien de causalité avec ces nouveaux examens", a conclu Me Teissonnière.


  5. #12
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    Mercredi 5 Décembre 2007 -- La repentance demandée à la France ne peut exclure l’aspect nucléaire. Les essais effectués par ce pays sur notre territoire sont toujours "palpables" sur le terrain. Si les Français se considèrent comme les leaders de la technologie nucléaire, c’est surtout grâce à l’Algérie.

    Il faut se rappeler que les premiers essais hexagonaux ont été effectués sur notre territoire dès février 1960 et ils ne se sont arrêtés qu’en juillet 1966. Au nombre de 17 (4 aériens à Reggane et 13 souterrains à In Ekker), leurs néfastes effets sont toujours perceptibles dans le Sud algérien. Les spécialistes proches du dossier dénombrent au moins de 30 000 victimes algériennes “directes” de ces essais dès les premiers jours.

    En plus de la population locale, il y avait aussi des prisonniers algériens parqués sur les lieux en tant que cobayes. Presque 50 ans après on peut constater encore les désastreuses conséquences sur les gens de la région. Au taux anormalement élevé des personnes malades de cancer il faut ajouter les malformations congénitales chez les nouveau-nés et la baisse de fertilité. D’ailleurs la zone contaminée dépasserait de très loin les 150 km autour des lieux des essais délimités par les experts français de l’époque. Plusieurs études mentionnaient que le Portugal, la Libye, la Tunisie et le Niger avaient été touchés par des retombées radioactives.

    Les effets sur l’environnement sont aussi très importants et restent bien perceptibles jusqu’à ce jour. Il y a ainsi la question des déchets radioactifs qui est toujours en suspens entre les deux pays. Jusqu’à maintenant la France n’a pas encore fourni de précisions (ni vagues ni précises) sur leur emplacement. Un “embargo” justifié par le secret défense et qui est loin d’être convaincant surtout que la situation mondiale a totalement changé depuis les années 60.

    D’ailleurs, lors du Colloque international sur les conséquences des essais nucléaires qui s’était déroulé, en février dernier, à Alger (et auquel le président Bouteflika ainsi que le directeur général de l’AIEA, Mohamed El Baradei, ont assistés), l’une des recommandations a été de “lever le sceau du secret défense sur toutes les archives se rapportant aux essais et explosions nucléaires français afin qu’elles servent de documents de référence aux chercheurs et experts”. Une “demande” qui reste toujours sans écho.

    Aussi, il ne faut pas oublier que ces 17 essais répertoriés ne se sont pas passés sans complications. L’Algérie a eu ainsi à subir des “Tchernobyl”. Au moins deux accidents significatifs ont été enregistrés lors des essais effectués sur notre territoire et dont les conséquences sont toujours “palpables” sur les lieux. Il s’agit de celui effectué le 30 mars 1962 (soit juste 11 jours après les accords d’Évian), appelé tir “Améthyste” et où de la lave a été projetée, et du “tir de Béryl” effectué le 1er mai de la même année.

    Lors de ce second essai un nuage radioactif s’était répandu dans l’atmosphère suite à “une erreur de réglage”. En conséquence, il y a ce problème de la radioactivité résiduelle. Les conséquences ne peuvent qu’être catastrophiques. Les sites sur lesquels les essais ont été effectués sont toujours contaminés par une radioactivité résiduelle. Du coup, il aurait été plus “décent” qu’avant de nous proposer de nous vendre ces centrales nucléaires, la France doit au moins essayer de “nettoyer” son passif radioactif (en attendant les autres).


  6. #13
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    Mercredi 5 Décembre 2007 -- La France a attendu 45 ans pour révéler l’implantation des mines antipersonnel posées le long de nos frontières – qui ont fait des milliers de victimes –, alors qu’aucune cartographie des sites des dépôts des déchets radioactifs n’a été fournie à l’Algérie à ce jour. Paris refuse toujours d’ouvrir ses archives militaires concernant ce contentieux, sous prétexte d’un prétendu « secret défense » ou en évoquant ses engagements vis-à-vis du TNP.

    Jusqu’à présent, bien que l’incidence des essais nucléaires sur la santé et l’environnement soit établie et reconnue par les grandes puissances nucléaires, aucune indication ou cartographie des sites des dépôts de déchets radioactifs n’a été fournie à l’Algérie, selon la revue El Djeich, éditée par l’Armée nationale populaire. Selon la même source, des essais nucléaires aériens ou souterrains effectués au Sahara ont produit de grandes quantités de déchets, enfouis seulement à quelques centimètres de profondeur, ce qui constitue un risque pour les populations locales. Les essais nucléaires opérés par la France à Reggane dans les années 1960 en sont l’exemple éloquent.

    Selon des chercheurs algériens, 17 essais nucléaires au total ont été menés par la France au Sahara, dont quatre à Reggane, entre 1960 et le retrait définitif de l’armée française de cette région en 1967. On estimait à au moins 30 000 victimes algériennes de ces essais. Pourtant, le colloque international sur les conséquences des essais nucléaires, tenu en février dernier sous le haut patronage du président de la République, recommande dans le cas algérien de « lever le sceau du secret défense sur toutes les archives se rapportant aux essais et explosions nucléaires français afin qu’elles servent de documents de référence aux chercheurs et experts ».


  7. #14
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    Mardi 25 Décembre 2007 -- Bien qu’aucun bilan n’ait été établi, le nombre de victimes des essais nucléaires aériens ou souterrains effectués au Sahara augmente inexorablement, souvent dans l’anonymat. La France n’exclut pas une contribution matérielle pour le traitement des effets des essais nucléaires effectués durant l’époque coloniale en Algérie. C’est ce que révèle Son Excellence, l’ambassadeur de France en Algérie, Bernard Bajolet, dans une déclaration, rapportée hier par notre confrère Echourouk, qui affirme l’envoi dans ce cadre d’une équipe d’experts sur les lieux des explosions pour enquêter sur les dégâts causés aux habitations.

    Le diplomate français a précisé que son gouvernement réagira en fonction des résultats des enquêtes. Il a cependant révélé que le président Sarkozy a demandé à son homologue algérien, lors de sa visite d’Etat qu’il a effectuée début décembre, de séparer le dossier des essais nucléaires de Reggane de la coopération dans le domaine du nucléaire civil. Autre révélation de M. Bajolet, le président Sarkozy a proposé à M. Bouteflika, selon lui, « la prise en charge médicale des victimes des mines antipersonnel implantées en Algérie à l’époque coloniale ».

    Il reste que si la France a attendu 45 ans après pour révéler l’implantation des mines antipersonnel posées le long de nos frontières, aucune cartographie des sites des dépôts des déchets radioactifs n’a été fournie à l’Algérie à ce jour. Paris refusait toujours d’ouvrir ses archives militaires concernant ce contentieux, sous prétexte d’un prétendu « secret défense » ou en évoquant ses engagements vis-à-vis du TNP. Pourtant, ces essais nucléaires ont eu de graves conséquences sanitaires et écologiques dans le sud du pays, d’où cette exigence d’ouverture des archives de l’armée française en vue de connaître la vérité.

    Les essais nucléaires aériens ou souterrains effectués au Sahara ont produit de grandes quantités de déchets, enfouis seulement à quelques centimètres de profondeur, et fait beaucoup de victimes. Leur nombre augmente inexorablement, souvent dans l’anonymat. A ce jour, aucune liste n’est établie. L’absence de dépistage et d’archives sanitaires occulte les innombrables maladies comme le cancer et les décès entraînés par les radiations. Les victimes ne sont pas seulement les habitants des zones où les expériences ont eu lieu, mais même ceux se trouvant loin de cette zone. La France coloniale a effectué son premier essai en Algérie le 13 février 1960 à Reggane sous le code « La Gerboise bleue ».

    Selon des chercheurs algériens, 17 essais nucléaires au total ont été menés par la France au Sahara, dont 4 à Reggane, entre 1960 et le retrait définitif de l’armée française de cette région en 1967. On estimait à au moins 30 000 victimes algériennes de ces expériences. Le dossier des essais nucléaires français en Algérie a été ouvert en 1996. Mais depuis cette date, rien ou presque n’est fait pour se débarrasser de ce legs empoisonné. La France devait pourtant prendre sa responsabilité juridique. Outre l’aide technique qu’elle est en devoir de fournir en matière de décontamination, elle doit ouvrir ses archives, mettre des noms sur tous les lieux secrets où les bombes avaient explosé.

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