Samedi 29 novembre 2008 -- Le ministre Français de la défense, Hervé Morin, a exclu, avant-hier, l’indemnisation des civils Algériens, touchés par les essais nucléaires Français au Sahara. Des mesures de compensation stipulées dans le projet de loi que le gouvernement Français présentera au parlement au début de l’année prochaine. Morin a déclaré, lors de l’examen du projet présenté par la députée Française de gauche, Christiane Taubira, que le texte du gouvernement qui sera soumis au parlement « sera appliqué pour les militaires ainsi que tous les employés qui ont pris part aux essais (nucléaires) et les habitants de l’archipel de la Polynésie, où la France avait effectuée ces essais entre 1966 et 1996 ». Il rappelle que la proposition de Taubira, députée de la Guyane Française, n’a pas mentionnée explicitement les Algériens victimes d’essais nucléaires français dans le Sahara Algérien. Il est à rappeler que le débat, qui a eu lieu à l’assemblée Nationale Française, s’est clôturé avec le rejet de la proposition de Taubira. D’autre part, l’idée d’indemnisation a commencé à tracer son chemin vers la sphère politique Française, c’est ce qui a été exprimé par 400 sur les 577 députés de la première chambre du parlement qui soutient l’association des victimes des essais nucléaires Français. Ainsi, on a le droit de dire que l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, qu’ils soient des militaires Français ou bien des civils, ouvrira le champ pour indemniser les Algériens.
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29th November 2008 19:24 #36
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29th November 2008 21:56 #37
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Latamène Ammour :
Samedi 29 Novembre 2008 -- L’annonce, mercredi, du ministre français de la Défense, Hervé Morin, d’un projet de loi portant indemnisation des victimes des essais nucléaires en Polynésie n’a pas laissé indifférente l’Association algérienne du 13-Février-1960 “qui se bat pour que la France assume ses responsabilités et reconnaisse que ces essais ont eu des conséquences sur les populations locales et sur l’environnement”. Selon le président de l’Association 13-Février-1960, M. Gassi Abderahmane, “ce projet d’indemniser les victimes des essais nucléaires que le ministère de la Défense de la République française compte soumettre à l’Assemblée nationale, au mois de janvier prochain, ne nous intéresse pas, même si nous sommes inclus, tant que l’État français ne reconnaît pas officiellement ce crime contre l’humanité”. Les membres de l’association de Reggane que nous avons rencontrés ne se font pas d’illusions, puisque leur conception est que “celui qui fait autant de mal ne pourrait revoir avec un œil amical même des siècles après son forfait”.
Notre interlocuteur ajoute aussi que “ce que nous demandons en tant qu’association, c’est une réelle étude sur le degré des radiations dans la région de Reggane, car notre population vit toujours sous la psychose des retombées et des conséquences néfastes de ces essais nucléaires”. Vu l’importance des séquelles des essais nucléaires français dans la région, les membres de l’Association 13-Février-1960 revendiquent une véritable analyse médicale de la population et la prise en charge des soins. M. Gassi Abderahmane insiste sur la nécessité de procéder à la désinfection des espaces où se sont déroulés les essais, puisque, selon lui, plusieurs cas de contamination par les radiations de ces essais nucléaires sont principalement dus à la récolte par la population des objets laissés par les militaires sur le site d’essais.
C’est pour cette raison que la région de Reggane enregistre un grand taux de malades atteints d’infections ophtalmiques et de multiples cancers : leucémie, cancer de la peau, des poumons et plusieurs autres tumeurs. Alors que les femmes sont victimes de stérilité et d’hémorragies internes aiguës et les nouveau-nés arrivent avec des malformations diverses. “Nous nous attendons au pire du point de vue des maladies, car nous vivons dans une zone désertique et les vents de sable continuent la besogne en transportant avec eux des quantités considérables de radiations”, a déclaré M. Lahbab Abderahmane, membre actif de l’association. Du point de vue écologique, les responsables de l’association affirment que “la localité d’El-Hamoudia ne verra pas une plante pousser sur son sol avant 24 000 ans, notre palmeraie meurt à petit feu et notre agriculture n’existe plus”.
Le président de l’Association 13-Février-1960 a affirmé que “notre réponse à la décision du ministre français de la Défense ne veut pas dire que nous tendons la main à la France, car ce qui nous intéresse en tant qu’association — citoyens et victimes de ses essais nucléaires — c’est la reconnaissance de ce malheur engendré par la course effrénée à l’armement par les puissances coloniales”. La combativité des cadres de l’association des victimes des essais nucléaires français au Sahara ne compte pas en rester là. M. Gassi a affirmé à ce propos que “si l’État français prend la décision d’indemniser les victimes de Reggane, il n’aura pas à le faire comme il a été noté par M. Hervé Morin. Ces indemnisations iront seulement en direction des personnes exposées. Pour nous, ces compensations iront en direction de toute la communauté, elles ne pourront être en deçà des dommages engendrés”. Tout de même, l’essence du combat des membres de l’association des victimes des essais nucléaires de Reggane, selon son président, c’est l’ouverture dans l’immédiat du dossier du nucléaire français à Reggane.
Rappelons que le premier site d’essais nucléaires français dans le désert algérien se trouvait dans la localité de Reggane à 150 km au sud du chef-lieu de la wilaya d’Adrar. La base des tirs était implantée à Hamoudia à 15 km de la daïra de Reggane. Cet équipement enfermait tous les moyens nécessaires dont un aérodrome et une caserne. Dans cette petite localité millénaire et paisible, durant la période allant du 13 février 1960 au 25 avril 1961, l’armée coloniale française a procédé à quatre tirs aériens dont le plus important fut celui qu’on dénomme “l’opération Gerboise-Bleue”. Ce tir a eu un retentissement particulier puisque ses retombées radioactives ont été signalées même dans quelques États africains tels que le Mali, le Soudan et le Sénégal. À cause des fuites des rayons X et Gamma observées lors des tirs aériens, les forces militaires françaises avaient choisi l’option souterraine de Aïn Ikker, dans la wilaya de Tamanrasset, qui n’a pas encore révélé tous ses secrets.
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29th November 2008 21:58 #38
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Samedi 29 Novembre 2008 -- Rien n’est plus ardu que de s’attaquer à une montagne avec des mains nues. Les membres de l’association 13-Février-1960 militent pour les droits des victimes et la reconnaissance des erreurs historiques de la France coloniale sans aucun moyen, sauf le peu que lui offre la commune de Reggane lors des festivités commémoratives. Elle est, peut-être, parmi les rares associations à l’échelle nationale à pouvoir drainer autant de jeunes autour d’elle, mais le manque de moyens la bloque à plus d’un titre. Malgré ce manque de moyens, les membres qui composent le bureau de l’association n’ont jamais répondu à des invitations émanant d’associations françaises, par souci d’autonomie et pour ne pas tomber sous la coupe de ces dernières. Mais, en dépit du manque de moyens, ils ont su et pu porter le débat à l’intérieur des hautes instances, en l’occurrence au niveau de l’APN, et ce, grâce à la sensibilisation des députés de la wilaya d’Adrar. C’est avec son appui que le citoyen d’Adrar a pris connaissance des effets désastreux des essais nucléaires. Après tous les efforts et les sacrifices de cette association, ses membres n’ont même pas été invités à prendre part à la rencontre nationale qui s’est déroulée à Alger le 13 février 2007. Marginalisation qui a provoqué des pincements au cœur chez les animateurs de cette association, alors qu’ils sont les éléments déclencheurs de cette rencontre. Mais, comme le dit si bien l’adage, “ce n’est pas forcément celui qui laboure qui moissonnera”.
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3rd December 2008 12:02 #39
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Mercredi 3 decembre 2008 -- Le ministre des Moudjahidine a essayé, en marge d’une rencontre scientifique sur les travaux du docteur Yahia Bouaziz à Oran, de minimiser des déclarations virulentes lancées par l’ex Président, Chadli Ben Djedid, contre les officiers de l’armée Française qui ont rejoint la guerre. Mohamed Cherif Abbès a, après hésitation, déclaré à El Khabar : « le Président avait gouverné le pays pendant 13 ans, et il a le droit de faire des déclarations », avant d’enchaîner en disant : « Nous demandons au Président Chadli d’écrire ses mémoires …car sa participation dans la guerre de libération lui permet de contribuer à enrichir le débat sur l’histoire ».
Mais le ministre a refusé de s’immiscer dans le dossier des essais nucléaires et il s’est contenté de déclarer « je ne suis pas au courant du sujet », préférant éluder sa responsabilité vis-à-vis des milliers de victimes des essais nucléaires à Reggane, Adrar et à Ain Iker à Tamanrasset, qui attendent, depuis un demi siècle, un égard des parties officielles pour élaborer une liste nominative de ceux qui ont été exposés aux radiations, et les dossiers appuyés pour entreprendre des mesures judiciaires contre l’Etat Français. En particulier lorsqu’on sait que le gouvernement Français a élaboré un projet de loi portant indemnisation des militaires et des civils, exceptés les Algériens.
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12th December 2008 20:08 #40
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PARIS, December 12, 2008 (KUNA) -- France confirmed here Friday that it was studying a draft text to produce a parliamentary bill that would offer compensation to Algeria for damages inflicted during French nuclear tests in that country in the 1950s.
Foreign Ministry spokesman Eric Chevalier told reporters that there was a "pre-draft" being examined at the moment, but that no text had been submitted as yet to the French Cabinet. Chevalier said that the process would likely lead to a bill being put through parliament in 2009, but he did not give an exact time-frame for this.
It was unclear what role Algeria was playing in the drawing up of the text.
Algeria is claiming damages for radioactive contamination in the Sahara region where the tests were conducted, and there are numerous claims for physical disabilities and deformities as a result of the above-ground blasts. After Algerian independence in the early 1960s, France moved most of its testing to underground facilities in Mururoa Atoll in Polynesia in the Pacific Ocean.
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8th January 2009 08:02 #41
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Jeudi 8 Janvier 2009 -- Des sources responsables de Paris qui suivent les développements de l’affaire des victimes des essais nucléaires Français en Algérie ont affirmé que le projet de loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires Français ne contient aucune mesure ou procédure au profit des victimes algériennes de ces essais. Les mêmes sources ont prévu que la commission Française de soutien « vérité et justice» tienne une réunion aujourd’hui à Paris suivie d’une conférence de presse au siège du parlement Français pour étudier les résultats de la rencontre tenue entre les associations qui ont revendiqué, le 22 Décembre dernier, des indemnisations au Ministère de la Défense Français, et un projet de loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires Français en Algérie.
Nos sources ont prévu que les membres de la commission Française de soutien qui a été fondée en juillet 2008 présente de nouvelles propositions concernant le projet de loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires. Les mêmes sources ont, notamment, fait part des réserves exprimées par quelques associations concernant certaines clauses de ce projet de loi, dans sa partie relative à l’indemnisation et ses modalités qui ont consacré la distinction entre les peuples qui ont subi ces essais pendant leur occupation. Cela signifie que la commission de soutien « vérité et justice » veut apporter de nouvelles propositions pour enrichir le texte du projet de loi avant que le parlement européen ne vote sur ce dernier.
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10th February 2009 22:59 #42
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Mardi 10 Février 2009 -- Sous le nom de code militaire évoqué par le titre de ce film, se cache le premier essai nucléaire français mené dans le Sahara algérien. Il a lieu le 13 février 1960, à Reggane. Le tir est aérien, sa puissance est quatre fois supérieures à la bombe d'Hiroshima. Trois autres tirs - intitulés "Gerboise blanche", "rouge" et "verte" - suivront rapidement.
Par la suite, y compris après l'indépendance de l'Algérie, en 1962, et selon une clause secrète des accords d'Evian, treize autres essais auront lieu jusqu'en 1967. Ils sont cette fois souterrains, parmi lesquels le tir "Beryl" qui échoue et libère le 1er mai 1962 un nuage radioactif contaminant tous les soldats présents sur le site d'In-Eker, à une centaine de kilomètres au sud de Reggane.
Ces faits - ils ont donné lieu à des enquêtes restées méconnues -, le réalisateur Djamel Ouahab nous les remet en mémoire moins pour sonder un épisode du colonialisme dont ils témoignent que pour évoquer un scandale qui se perpétue.
Ce scandale est de deux ordres. Le premier est que cette zone d'essais, pas aussi inhabitée qu'on voudrait le croire, ne fut pas décontaminée par l'armée française lors de son départ et que le gouvernement algérien n'a visiblement pas pris non plus cette tâche à coeur.
Le second est qu'il existe aujourd'hui, selon toute apparence, des victimes de cette exposition aux radiations, qui se trouvent tant dans la population touareg que chez les appelés du contingent français qui stationnèrent sans aucune protection sur ces sites. Le film s'appuie essentiellement sur le témoignage de deux anciens soldats, Lucien Parfait et Gaston Morizot. Le premier, présent lors du tir "Beryl", est aujourd'hui énucléé et à moitié défiguré, et continue de subir des opérations chirurgicales.
Le second, avec un poumon irradié et un vieillissement prématuré de la moelle épinière, vit continuellement sous morphine et antidépresseurs. Aux paroles de ces hommes physiquement brisés, et moralement humiliés de n'avoir jamais obtenu réparation du gouvernement français, s'oppose celle de Jean-François Bureau, porte-parole du ministère de la défense en 2007, qui fait état de la difficulté à mettre scientifiquement en corrélation l'exposition aux radiations et l'apparition des maladies.
Cette question de la preuve se révèle centrale, non seulement sur le plan juridique, mais aussi pour le film, selon qu'on la juge déterminante ou non. Dans le premier cas, il sera loisible de juger le film trop compassionnel, pas assez argumenté, ne recourant pas suffisamment à l'arbitrage des experts. Dans le second, faute de pouvoir susciter cette preuve, il convient de s'en remettre à la parole, serait-elle faillible, des témoins. Dans ce dernier cas, Gerboise bleue - à l'instar du documentaire d'Agnès Fouilleux consacré à la politique française dans les Comores sorti le 4 février (Un aller simple pour Maoré) - constitue une nouvelle pierre dans le jardin politique à la française.







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