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  1. #1
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    Passé colonial : Alger renonce à demander des excuses à Paris


    L'élection de Nicolas Sarkozy semble inciter le président algérien Abdelaziz Bouteflika à rétablir des relations apaisées avec la France:

    17 mai 2007 -- L'exigence de repentance n'est plus ce qu'elle était. Dans un discours prononcé le 8 mai, peu après l'élection de Nicolas Sarkozy, Abdelaziz Bouteflika a cessé d'inciter la France à un acte de contrition pour les crimes commis durant la période coloniale. Le président algérien s'est exprimé à l'occasion du 62e anniversaire des massacres de Sétif. C'est pourtant la commémoration de cet épisode tragique qui avait, voici deux ans, réveillé les fantômes du passé. Abdelaziz Bouteflika avait alors évoqué le « génocide » du peuple algérien. Dans un raccourci, il avait rapproché l'attitude des soldats français le 8 mai 1945 de celle des nazis. Les fours dans lesquels des cadavres de victimes algériennes furent brûlés étaient, selon lui, comparables aux fours crématoires des camps de la mort. Sommée d'expier ses fautes, la France devait présenter ses excuses.

    Des propos identiques avaient été tenus l'année suivante. Le ton a cette fois radicalement changé. Il n'est plus question d'« extermination », mais d'événements « traumatisants ». Il ne s'agit plus de dénoncer une « amitié cannibale » mais d'établir un « climat de confiance fondé sur des valeurs universelles de liberté et de respect, sans lesquelles toute approche audacieuse risque de s'enliser dans de vaines résurgences du passé colonial ». La nouvelle approche du président algérien pourrait mettre entre parenthèses une polémique devenue stérile depuis l'enterrement sans fleurs ni couronnes du traité d'amitié entre les deux pays.

    Fondé sur les relations très personnelles entre Jacques Chirac et Abdelaziz Bouteflika, le projet avait été lancé lors de la visite du président français en Algérie en 2003. Mais la loi du 23 février 2005 sur le caractère positif de la colonisation française, votée puis abrogée par l'Assemblée nationale, fit dérayer l'initiative. Elle a été exploitée par Abdelaziz Bouteflika pour faire monter les enchères. La volonté de l'Élysée de sauver le traité en dépit d'un climat plus que dégradé a maintenu durant de longs mois la tension. La partie française entretenait le doute. Sous-estimant la détermination d'Alger, elle se disait prête à faire un geste sans préciser lequel. Mort-né, le traité fut finalement jeté aux oubliettes. Et Abdelaziz Bouteflika amorça son virage.

    Il accueillit en novembre avec bienveillance un Nicolas Sarkozy pourtant décidé à en finir avec « la repentance perpétuelle ». Les deux hommes tenaient à démontrer qu'une page était tournée. Sur place, le candidat à la présidence française chercha à éviter « les phrases qui blessent ». « L'Algérie a connu beaucoup de souffrances des deux côtés. Il faut rendre hommage à toutes les souffrances », avait-t-il assuré.

    Collaboration contre le terrorisme

    Abdelaziz Belkhadem, chef du gouvernement algérien et possible prétendant à la succession d'Abdelaziz Bouteflika, lui a depuis reproché dans une interview publiée par Le Monde de « vouloir réhabiliter l'OAS ». Une façon de rappeler, pour l'un des tenants d'un régime s'appuyant sur la guerre d'indépendance pour justifier sa légitimité, qu'il existe malgré les changements des lignes jaunes à ne pas franchir. « Une sorte de pacte de non-agression semble en voie d'être signée entre Paris et Alger », commente le quotidien El Watan. Et d'ajouter : « Le président algérien a compris qu'il est inutile d'attendre un geste de Sarkozy, qu'il n'a pas pu avoir avec Chirac. » « Les questions de mémoire ne seront pas oubliées mais traitées, promet de son côté un diplomate français. Il faudra favoriser une lecture commune de l'histoire sans traitement idéologique. »

    Des relations apaisées ne signifient pas pour autant le début d'une idylle. Les mariages économiques entre Paris et Alger dans le domaine gazier ou le nucléaire civil sont de simples hypothèses et les grands contrats civils et militaires restent à parapher. Le renforcement des liens paraît en revanche plus aisé dans la lutte contre le terrorisme international. Plusieurs centaines d'activistes appartenant à l'ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) devenu al-Qaida dans un Maghreb islamique représentent une menace commune pour l'Algérie, l'Afrique du Nord et la France, où les extrémistes bénéficient de soutiens. Alger et Paris ont intérêt à unir leurs efforts pour les contrer.

    Last edited by Al-khiyal; 2nd May 2009 at 18:55. Reason: Picture link fixed

  2. #2
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    May 22, 2007 -- Algerian President Mr. Abdelaziz Bouteflika received Tuesday a letter from the French President Mr. Nicolas Sarkozy to thank him for his congratulations message.

    “I am convinced, as you are by the deep relationship existing between Algeria and France. This relationship has to constitute a common priority as it meets our two peoples’ expectations”, said the letter.

    “I hope to build a union with the Mediterranean countries in order to take up together the common challenges”, said the French President’s letter.

    In the congratulations letter sent by Algerian President Mr. Abdelaziz Bouteflika to his French counterpart following the latter's election victory, Mr. Bouteflika said he could rely on Mr. Sarkozy to jointly boost the bilateral relations between Algeria and France in accordance with the ambitions and aspirations of both nations.


  3. #3
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    Dans une lettre pour apaiser les tensions :


    Le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, a réitéré l’idée d’ « une union méditerranéenne », semblable à l’Union européenne, c’est pourquoi il a sollicité le soutien du président Abdelaziz Bouteflika, afin de réaliser cette union, comme il l’a appelé à « l’approfondissement » des relations Algéro Françaises qui ont été perturbées par les résidus de l’histoire commune.

    Nicolas Sarkozy, élu à la tête de la cinquième République en France, a adressé une lettre au président Bouteflika, publiée par l’APS, qui indique la volonté de « construire avec les pays de l’espace méditerranéen une union afin de relever, ensemble, les défis communs ».

    Sarkozy n’a pas précisé les contours de l’union méditerranéenne dont il a indiqué après son élection, qu’elle serait l’une des priorités de sa politique extérieure, après que « la France ait pendant si longtemps tourné le dos à la Méditerranée ».

    Sarkozy a également déclaré dans la lettre adressée à Bouteflika : « Comme vous, je suis convaincu que l’approfondissement de la relation d’exception entre l’Algérie et la France doit constituer une priorité commune car il répond aux attentes de nos deux peuples et pourra, j’en suis sûr, servir de modèle aux rapprochements nécessaires de part et d’autre de la Méditerranée ».

    Par ailleurs, des observateurs ont remarqué que l’ex-ministre de l’Intérieur français n’a pas évoqué le projet de traité d’amitié qui a été ralenti à cause de la loi du 23 février 2005 qui aborde les bienfaits de la colonisation française, alors que Sarkozy s’est dis touché par la lettre de félicitations envoyée par le président Bouteflika, suite à son élection à la tête de l’Etat français.


  4. #4
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    Mercredi 23 Mai 2007 -- Plus de deux semaines après son élection en qualité de président de la République française, Nicolas Sarkozy a rendu destinataire le président Abdelaziz Bouteflika d’un message dans lequel il s’est dit «convaincu» que l’«approfondissement de la relation d’exception» entre l’Algérie et la France «doit constituer une priorité commune». «Comme vous, je suis convaincu que l’approfondissement de la relation d’exception entre l’Algérie et la France doit constituer une priorité commune, car il répond aux attentes de nos deux peuples et pourra, j’en suis sûr, servir de modèle aux rapprochements nécessaires de part et d’autre de la Méditerranée», écrit le chef de l’Etat français.

    Le message au président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, est une réponse à la lettre de félicitations que celui-ci lui avait adressée après son élection à la présidence de la République française. «Vous avez bien voulu m’adresser une lettre de félicitations après mon élection à la présidence de la République française. J’y ai été très sensible et je vous en remercie chaleureusement», a-t-il ajouté. «Les relations entre nos deux pays sont essentielles et vous trouverez en moi un interlocuteur soucieux de les renforcer encore, dans cet esprit de coopération et de respect mutuel auquel nous sommes tous deux attachés», a souligné le président français.

    Le président Sarkozy rappelle dans sa correspondance l’un des axes de sa politique étrangère, tel qu’affirmé lors de la campagne électorale pour les élections présidentielles françaises, de privilégier le dialogue avec l’espace méditerranéen. «Avec les pays de l’espace méditerranéen, je souhaite, en effet, que nous bâtissions une union pour relever ensemble, et avec succès, les défis qui nous sont communs», a-t-il indiqué, ajoutant que «dans cette entreprise ambitieuse et tellement nécessaire, je sais que je pourrai compter sur votre soutien et sur votre détermination».

    Cependant, tout observateur averti remarquera que la lettre de M. Sarkozy ne spécifie pas sur quelles bases approfondir les relations algéro-françaises, alors que le lourd passif qui remonte à la colonisation de l’Algérie n’est pas assaini à ce jour. Et ce ne sera peut-être pas sous le règne de M. Sarkozy qu’il se concrétisera (assainissement) à considérer ses prises de position à ce sujet, au soir de son élection. «La mode de la repentance est une mode exécrable», affirmait Nicolas Sarkozy pendant sa campagne. «Je vais en finir avec la repentance, qui est une forme de haine de soi», assurait-il. Même si son premier acte officiel est de participer en compagnie de Jacques Chirac à la journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage, qui s’apparente à une cérémonie de repentance, rien n’augure un quelconque changement par rapport à son prédécesseur sur la question de repentance envers les victimes algériennes du colonialisme.


  5. #5
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    Mercredi 23 mai 2007 -- «Avec les pays de l’espace méditerranéen, je souhaite que nous bâtissions une union pour relever ensemble, et avec succès, les défis qui nous sont communs», a écrit Sarkozy dans son message de remerciements à Bouteflika.

    Manifestement, Sarkozy veut contourner une démarche qui a échoué lamentablement : le processus de Barcelone qui n’a pas tenu ses promesses. Les raisons de l’échec de ce projet lancé en grande pompe sont multiples. En premier lieu, elles sont d’ordre politique. Le processus de Barcelone a été utilisé comme un espace pour faire pression sur les Palestiniens et ce, pour les contraindre à faire plus de concessions qu’ils en ont déjà fait à Israël. Cet espace a été utilisé par l’Union européenne pour essayer de jouer un rôle dans le conflit qui oppose Palestiniens et Israéliens, mais en vain, d’autant plus que l’Union européenne souffre d’un handicap sérieux : l’absence d’une politique étrangère commune.

    Mais la raison principale réside dans la conception même de ce projet qui ne profite, en fait, qu’à l’Union européenne qui ne voit dans les pays tiers méditerranéens qu’un marché immense de près de deux cents millions de consommateurs pour ses produits, alors que la globalisation, la montée en puissance de la Chine et des pays du Sud-Est asiatique, l’éveil économique des pays d’Amérique du Sud et l’hégémonie américaine, menacent les intérêts de l’Europe. La libre circulation de la marchandise prime sur celle des personnes dans le projet du processus de Barcelone.

    L’Union méditerranéenne que propose Sarkozy ne diffère en rien du processus de Barcelone, puisqu’il s’agit d’un mini-processus de Barcelone qui regrouperait les pays du sud de l’Union européenne et les pays du nord de l’Afrique afin de se débarrasser de l’épineux problème palestino-israélien. Mais les termes des relations économiques et humaines ne changeront pas, puisque ce qui intéresse les pays du Nord, c’est une logique simple : aider les pays de la rive sud à améliorer leur économie afin de contenir ses candidats et ceux des pays d’Afrique à l’immigration clandestine vers l’Europe. Quant aux défis de l’Union européenne et ceux des pays de la rive sud de la Méditerranée, ils sont loin d’être les mêmes.

    Même le volet sécuritaire est différemment posé pour les deux rives. Lorsque le processus de Barcelone a été lancé, l’Algérie et l’Egypte, toutes deux impliquées dans ce projet, étaient en lutte contre le terrorisme, mais l’Union européenne refusait d’entendre les appels des deux pays à une internationalisation de la lutte antiterroriste car le phénomène est transnational. L’attitude de l’Europe n’a changé qu’après les attentats du 11 septembre 2001 qui ont touché les Etats-Unis. En fin de compte, l’Union européenne est une nouvelle formulation réduite du processus de Barcelone qui risque de connaître le même sort que le défunt projet.


  6. #6
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    Exit le traité d’amitié. Paris a adopté une autre terminologie et parle désormais de partenariat ambitieux, de convention de coopération et de document-cadre. Alger a bien saisi le message : ce qui n’a pu être arraché à Chirac ne sera certainement pas acquis avec Sarkozy. Bouteflika a donné le ton en n’exigeant plus la repentance de la France. Son message à l’occasion de la commémoration du 62e anniversaire des événements du 8 Mai 1945 est un modèle de conciliation et semble ouvrir la voie à des relations basées sur “le respect mutuel”. Sarkozy l’a clairement signifié en déclarant ne concevoir ses rapports que dans ce cadre:

    Jeudi 7 juin 2007 -- L’idée du traité d’amitié, lancée à l’occasion de la visite de l’ancien président français en 2003, n’a jamais fait partie des projets de Nicolas Sarkozy. Le nouveau locataire de l’Elysée, qui a fait savoir que l’amitié entre les deux pays n’avait pas besoin de traité ne veut surtout pas s’encombrer d’un projet portant la signature de son prédécesseur qui entretenait des relations très personnelles avec Bouteflika. Mort-né, ce traité a été davantage compromis par l’adoption de la loi du 23 février 2005 sur le caractère positif de la colonisation française, votée puis abrogée par l'Assemblée nationale.

    Ce texte avait suscité l’ire de Bouteflika, qui, à l’occasion de la célébration des événements de Guelma, Sétif et Kherrata, avait parlé de génocide, accusé les initiateurs de la loi de cécité et demandé des excuses officielles. Changement de ton cette année. Dans son traditionnel message, Bouteflika a mis de côté cette revendication et a adopté un ton beaucoup plus conciliant. “S'il est incontestable qu'aujourd'hui nous vivons davantage à l'heure des solidarités du futur rendues incontournables par la proximité géographique qu'à celle des antagonismes engendrés par la domination coloniale, il n'en demeure pas moins que nos relations avec notre ancien colonisateur restent marquées par les séquelles de cette domination.” Et d’ajouter : “Cette situation ne pourrait être dépassée que dans un climat de confiance fondé sur des valeurs universelles de liberté et de respect, sans lequel toute approche audacieuse de nos rapports bilatéraux et des équilibres régionaux risque de s'enliser dans de vaines résurgences du passé colonial.”

    La réponse de Sarkozy ne s’est pas fait attendre. A peine élu et en réponse à un message de félicitations, adressé par son homologue algérien, le président français a écrit : “Comme vous, je suis convaincu que l'approfondissement de la relation d'exception entre l'Algérie et la France doit constituer une priorité commune, car il répond aux attentes de nos deux peuples et pourra, j'en suis sûr, servir de modèle aux rapprochements nécessaires de part et d'autre de la Méditerranée.” L’occasion pour Sarkozy de dire sa vision des rapports algérofrançais. “Les relations entre nos deux pays sont essentielles et vous trouverez en moi un interlocuteur soucieux de les renforcer encore, dans cet esprit de coopération et de respect mutuel auquel nous sommes tous deux attachés.”

    À partir d’Alger, l'ambassadeur de France en Algérie a davantage précisé les intentions de son pays. Usant de la très diplomatique formule qui consiste à dire que “la relation avec l'Algérie sera une des priorités de la diplomatie française”, il a enterré le traité d’amitié en déclarant : “Nous allons proposer un document de partenariat ambitieux entre l'Algérie et la France, dont une nouvelle convention de coopération et un document-cadre de partenariat. Il s'agit d'une nouvelle convention de coopération pour 10 autres années, beaucoup plus ambitieuse que celle qui avait été conclue en 1986. Cette nouvelle convention définit le cadre institutionnel et les domaines de coopération qui englobent non seulement la coopération culturelle, scientifique et technique, mais aussi la coopération économique et financière.” Les contours de ce que seront les rapports entre les deux pays sont ainsi tracés : la page de l’histoire doit être tournée.

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