August 8, 2007 -- Algeria's Interior Ministry began a campaign last month to purge electoral lists of what it calls "falsely registered voters" in order to identify a more accurate number of voters and to raise turnout in the next elections.
Interior Minister Noureddine Yazid Zerhouni said that since the end of July, his agencies have sent 4 million letters to those who did not participate in the May 17th legislative elections. The letter includes a form consisting of a single question: "Do you or do you not still live at your original address?" Recipients were directed to return the completed form to the Interior Ministry.
In the event a letter is not returned, the voter will be considered as no longer residing at that address. Should this happen, his or her name will be automatically deleted from the electoral lists of that constituency.
Zerhouni called on citizens to show a "spirit of responsibility and to return the letter to the Interior Ministry's agencies."
He explained this procedure represents an effort by the government to clear electoral lists of the voters who changed their addresses and didn't register their names in their new municipalities during the last six years, and who didn't delete their names from their old places of residence.
In a meeting with Algerian press, Zerhouni said the Ministry was motivated to take action to find the causes of high electoral abstention in the previous election. "The so-called false registration in electoral lists might have been the cause of low turnout in the last legislative elections," he added.
Turnout in the May 17th elections was under 35% – the lowest in the country's history since its independence in 1962.
Zerhouni said that between 2000 and 2006, more than 700,000 families moved to new regions within Algeria. Most are still registered in their old residences, and the impracticality of returning to their former homes to vote makes them less likely to cast their ballots.
The Interior Ministry's procedure has received strong opposition from some groups. The opposition party Front of Socialist Forces (FFS), led by Houcine Ait Ahmed, was quick to condemn the measure. A party statement signed by Secretary Karim Tabou said, "This procedure, which the interior minister claims is for the purpose of cleansing electoral lists, is in fact only intended for pressure and intimidation."
The FFS condemned the "irresponsible behaviours" because they "deny the citizen his or her right to abstain from voting in elections." The party said "it was an attempt by the authorities to forge ahead and avoid handling the clear message sent by the people in the legislative elections of May 17th."
The Ennahda Movement, led by Fateh Rebai, issued a statement in which it expressed what it sees as dangers associated with the Interior Ministry's decision. "At a time when the Algerian people waited for a correct evaluation by the authorities of the large electoral abstention in the May elections, we were surprised by the administration's decision to question the citizens about the reason for such abstention," the statement noted. The party warned that such a procedure will have a negative effect on authorities and political parties alike and that it will further complicate the election process and erode its value.
One citizen, Djamal ben Foughal, who didn't vote in the last elections, told Magharebia the letters will contribute to further intimidation of the voters. He called the move a "police measure" that will not solve the problem of abstention.
Abdelghani, a nurse at a public hospital, said that the Interior Ministry's procedure wouldn't fix the problem. "I, for example, didn't vote in the last elections because I didn't have confidence in the candidates. The authorities certainly know that well. Therefore, I think the real reasons, which everyone knows, must be addressed."
+ Reply to Thread
Results 1 to 7 of 31
-
9th August 2007 01:59 #1
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,682
Algeria launches campaign to reduce electoral abstention
-
9th August 2007 06:49 #2
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,682
Mercredi 8 août 2007 -- Des lettres ont été adressées à quatre millions de citoyens afin de connaître les raisons de leur non-participation aux dernières élections législatives, a indiqué hier le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Yazid Zerhouni.
« Nous attendons de ces citoyens qu’ils fassent preuve de compréhension et coopèrent afin d’éviter l’abstention lors des prochains rendez-vous électoraux », a déclaré M. Zerhouni en marge de la 2e réunion de la commission nationale chargée du recensement de la population et de l’habitat en Algérie.
M. Zerhouni a invité les citoyens n’ayant pas changé de lieu de résidence, mais n’ayant pas voté lors des dernières législatives, à expliquer « les causes et les motifs à l’origine de cette abstention tout en confirmant leur lieu de résidence et leur nom conformément aux listes des électeurs », ajoutant qu’en cas d’absence de réponse, ils seront rayés de ces listes. Ces citoyens disposent du temps nécessaire pour régulariser leur situation administrative en prévision des prochaines élections, a poursuivi le ministre qui a invité les concernés à « faire preuve de civisme ».
Le ministre de l’Intérieur a indiqué en outre que le recensement de la population et de l’habitat « est une opération qui contribue à améliorer la prise en charge des besoins quotidiens du citoyen ». « Les données collectées permettront d’élaborer des projections pour la prise en charge des préoccupations des citoyens », a-t-il indiqué selon l’APS qui a rapporté l’information.
Le président du comité national a précisé que l’opération, qui débutera au printemps 2008 et pour laquelle 90 000 agents ont été mobilisés, « a avancé de manière satisfaisante ». L’opération qui durera 15 jours permettra de « fournir des données précises et détaillées sur l’effectif, la répartition et la composition du ménage algérien, de donner une photographie claire de l’habitat en Algérie et ses caractéristiques et de répondre à des questions concernant les ménages », a précisé le ministre de l’Intérieur.
-
9th August 2007 07:27 #3
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,682
Jeudi 9 Aout 2007 -- Le vote est un droit. C'est ce que dit la Constitution algérienne dans son article 50. Aujourd'hui, la question de savoir si ce droit n'est pas devenu une obligation s'impose. Les dernières déclarations de Nourredine Yazid Zerhouni, ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, portent à le croire. Selon ces déclarations, rapportées hier par la presse nationale, tous ceux qui refuseront de donner les raisons de leur abstention lors des dernières élections électorales seront rayés des listes électorales. Selon les mêmes déclarations, 4 millions d'électeurs seront destinataires de ces questionnaires.
Pourtant, les textes de loi sont clairs. La Constitution indique : «Tout citoyen remplissant les conditions légales est électeur et éligible.» Les conditions sont clairement définies par l'ordonnance n°97-07 portant loi organique relative au régime électoral. «Sont électeurs tout Algérien et Algérienne âgés de 18 ans accomplis au jour du scrutin, jouissant de leurs droits civils et civiques et n'étant dans aucun cas atteints d'incapacité prévue par la législation en vigueur», est-il précisé dans l'article 5 de cette ordonnance qui explique dans ses articles 6 et 7 les cas où les électeurs algériens ne peuvent voter. Il s'agit, bien sûr, de ceux qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales ou encore de ceux qui ne doivent pas être inscrits (les condamnés pour crime, les internés…). Pour ces derniers, c'est à «l'autorité judiciaire compétente» d'aviser par tout moyen légal la commune concernée.
Nourredine Yazid Zerhouni décide, apparemment, de balayer du revers de la main toutes ces lois et d'exiger de quatre millions d'Algériens qu'ils donnent les raisons de leur boycott. S'il est vrai que le dernier scrutin, qui n'a pas drainé foule, a suscité le débat notamment au sein de la classe politique nationale, il est vrai aussi que 35% de participation à cette échéance est loin d'être une surprise. L'Algérien a décidé de se détourner de la chose politique et donc des dernières législatives. Une manière de dire qu'il ne fait plus confiance aux hommes politiques qui lui promettent monts et merveilles, mais qui, une fois arrivés au pouvoir, l'ignorent complètement. «A quoi bon aller voter puisque cela ne va rien changer», a été le leitmotiv de la plupart de près de 19 millions d'électeurs appelés le 17 mai dernier à élire leurs députés. Le Parlement est assimilé, non sans raison, à une simple chambre d'enregistrement.
Sans grande surprise donc, le taux de participation n'a atteint que 35%, dix points de moins que lors de la précédente échéance, en 2002. Un record. Sans compter les 14% de bulletins nuls. Ce qui en dit long sur le fossé qui s'est creusé entre le peuple et les hommes politiques. «Cela montre que les citoyens attendent que la politique s'adapte de façon plus concrète et plus convaincante aux changements dans la société algérienne», a commenté d'ailleurs Yazid Zerhouni, le ministre de l'Intérieur, au lendemain du scrutin.
Ce même ministre décide aujourd'hui de rayer les Algériens qui attendent ce changement. Mais le ministre ne parle que de 4 millions de correspondances alors qu'avec 65% d'abstention, ce sont près de 12 millions d'électeurs qui ont boudé les urnes. Sur quelle base sera fait le choix des Algériens auxquels on demandera des explications, faute de quoi, ils seront rayés des listes électorales ? «Aucune importance. Moi je ne vote plus depuis des lustres. Ce n'est pas une décision pareille qui changera quelque chose dans ma vie», dit une jeune Algérienne, cadre dans une entreprise privée. Son amie affirme qu'elle répondra à la correspondance de l'administration : «Je ne vote pas parce que je n'ai pas de logement. Je loue depuis mon mariage.»
Les jeunes, occupés à penser à «el harba», soutiennent que cela ne les «concerne pas». Quelqu'un se posera la question en rigolant : «Est-ce un premier pas vers une prise de décision de nous déchoir de notre nationalité ?» Au sein des partis, les avis sont partagés. Il y a ceux qui considèrent qu'il ne s'agit là que d'un assainissement des listes électorales.
«Ce sont des prérogatives du ministère de l'Intérieur. Avant de se prononcer, il faut remettre les déclarations de Nourredine Yazid Zerhouni dans leur contexte. Il a fait cette déclaration en marge de la réunion du comité national du 5ème recensement de la population et de l'habitat 2008», a déclaré M. Taazibet, membre du bureau du Parti des travailleurs (PT). Pour lui, «les raisons de l'abstention sont claires : c'est un désaveu aux politiques appliquées, celle de l'emploi, du logement, etc. Tout le monde a remarqué que les jeunes n'ont pas participé à ces élections».
M. Taazibet soutient encore que le PT préfère se prononcer sur le fond du problème de l'abstention qui est «une expression d'une angoisse profonde chez la population. L'essentiel pour nous, c'est de comprendre le message du 17 mai. C'est pour cela que nous disons qu'il y a péril en la demeure. C'est une tempête silencieuse mais c'en est une. Il faut prendre des mesures urgentes pour rendre espoir. Cela doit commencer par l'arrêt des privatisations».
Selon lui, le ministre de l'Intérieur a déclaré que les questions posées au citoyen permettront de prendre en charge ses préoccupations : «Pour cela, nous sommes entièrement d'accord.» A propos de la décision de rayer ceux qui refuseront de répondre à la correspondance de l'administration, il dira : «Il ne s'agit nullement d'une menace mais c'est dans le cadre de l'assainissement. Il y a des raisons qu'on ignore car le nombre des correspondances (4 millions) ne correspond pas à celui des abstentionnistes. Il n'y a aucun ministère qui ait le droit de rayer un citoyen de la liste électorale. Le ministre de l'Intérieur essaye de comprendre les raisons et c'est de ses prérogatives.»
M. Karim Tabou, secrétaire général du FFS, a, pour sa part, tenu à rappeler que son parti a été le premier à dénoncer «ces procédés policiers. Zerhouni a encore une fois raté l'occasion de se taire. Il se place comme tuteur politique d'une population qui s'est exprimée par l'abstention. Cela ne fera pas fléchir la population ni les militants.
D'ailleurs, sur quelle base juridique ou sur quelle loi peut-il se baser pour rayer les Algériens des fichiers électoraux ?» Les responsables du FLN n'ont pu être joints hier pour s'exprimer sur cette question.
Comprendre les raisons d'une abstention pour réaliser une étude sociologique ou encore pour prendre en charge les préoccupations des citoyens est, certes, une bonne initiative.
Mais, en aucun cas, cela ne donne à un ministère le droit de déchoir les Algériens de leur droit même s'ils décident de ne pas le pratiquer. «Les libertés fondamentales et les droits de l'Homme et du citoyen sont garantis,» selon l'article 32 de la Constitution qui doit être protégée par le chef de l'Etat selon l'article 71. La Constitution stipule également que «le peuple est source de tout pouvoir». Si ce dernier est déchu de son droit de voter juste parce qu'il a décidé de boycotter des législatives, comment exercera-t-il sa souveraineté ?
-
9th August 2007 10:23 #4
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,682

Jeudi 9 Août 2007 -- Le taux d’abstention sans précédent, qui a marqué les législatives du 17 mai dernier, tel un stigmate rédhibitoire, continue d’agiter la classe politique, chacun y étant allé de sa propre interprétation du fait. Dans le but évident d’identifier les ressorts profonds du rejet collectif des urnes qu’avaient exprimé les algériens, le ministère de l’intérieur vient de prendre une initiative en adressant quatre millions de lettres aux citoyens afin de connaître les raisons de leur non-participation aux dernières législatives.
“Nous attendons de ces citoyens qu’ils fassent preuve de compréhension et coopèrent afin d’éviter l’abstention lors des prochains rendez-vous électoraux”, expliquait, mardi passé, le ministre de l’intérieur. Cette initiative, une première dans les annales de l’administration algérienne, procède, à n’en pas douter, du souci d’en savoir plus sur le comportement abstentionniste du citoyen pour que le département de Zerhouni puisse agir en conséquence, en prévision des élections locales du mois de novembre.
Visiblement, le ministre de l’intérieur a pris ses responsabilités et veut agir à son niveau pour conjurer le spectre du rejet des urnes, qui ne manquerait pas de ternir davantage le système politique algérien et les acteurs qui l’anime. L’amendement de la loi électorale qu’il a initiée fait partie de ces mesures.
Reste que cette correspondance, dont on ignore le contenu pour le moment, pose moult questions. Pourquoi quatre millions de citoyens, pas plus et pas moins, alors que le nombre de ceux qui n’ont pas voter le 17 mai dernier était de loin supérieur ? Ces lettres sont-elles adressées uniquement aux citoyens des régions où l’on ne s’était pas bousculé devant les bureaux de vote, sachant qu’il y a eu des circonscriptions électorales, notamment dans l’Algérie profonde, où les algériens, bon an mal an, sont au rendez-vous. Il s’agit, en fait, de savoir sur quel paramètre le département de Zerhouni s’est basé pour procéder à cet échantillonnage.
Mais au-delà de ces questions techniques, la lettre du ministre de l’intérieur pose aussi un problème politique, quand bien même il est établi que la préoccupation des pouvoirs publics est de réconcilier les algériens avec les urnes. En effet, l’abstention est un droit consacré par la constitution. C’est, en fait, l’un des rares moyens que l’Algérien a entre ses mains pour exprimer sa défiance à l’égard des politiques, dans le pouvoir et dans l’opposition aussi, des lors que les manifestations de rue sont interdites et la presse, soupape de sécurité, sommée de faire dans la nuance. La réaction des partis politiques, est révélatrice de la méfiance que soulève “la méthode Zerhouni”.
Karim Tabou, le premier secrétaire du FFS, y voit “un moyen de pression et de terreur des citoyens qui ont boycotté un acte du processus institutionnel imposé”, dans un communiqué qui qualifie la démarche de “comportement irresponsable”. Pour le parti de Hocine Aït Ahmed, “le vote est un droit, mais le citoyen n’est pas tenu de l’exercer”. Au niveau du MSP, le jugement est plus nuancé de la part de Abderazak Mokri qui ne va pas jusqu’à contester au ministère de l’intérieur le droit de disséquer les raisons de l’abstention. Il admet même une partie de la responsabilité des partis politiques par rapport au phénomène d’abstention. Cependant, le vice-président du MSP, connu pour sa liberté du ton, par rapport à la ligne officielle du parti rejoint le parti du FFS, lorsqu’il impute le discrédit de l’exercice politique au ministère de l’intérieur.
Ce qui n’est pas, évidemment, le cas du RND qui fait une lecture positive de la démarche du ministère de l’intérieur, laquelle, selon Miloud Chorfi, correspond parfaitement à l’esprit de l’analyse faite par Ahmed Ouayhia, après les résultats des législatives. “Il est de la responsabilité du ministère de l’intérieur de s’interroger sur les raisons de l’abstention, pour faire en sorte que des mesures soient prises”, dit le porte-parole du RND qui rappelle, au passage, que son parti a soutenu les propositions de Zerhouni lors du débat à l’assemblée, concernant particulièrement la disposition relative à l’exigence du taux de 5% des suffrages pour tous les partis souhaitant prendre part à la prochaine consultation électorales.
“La correspondance de Yazid Zerhouni suscite prévention auprès du citoyen qui y voit le retour à des pratiques en usage à l’époque du parti unique”. à cette époque, aujourd’hui remise dans la case des mauvais souvenirs, l’administration exigeait du citoyen, désireux d’obtenir un quelconque document, de décliner sa carte de vote pour vérifier si elle porte bien la mention “a voté”. C’est dire, pour y revenir, que dans “la méthode Zerhouni”, il y a la médaille et son revers.
-
9th August 2007 10:38 #5
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,682
Jeudi 9 Août 2007 -- Les 4 millions de lettres adressées par le ministre de l’intérieur aux algériens les appelant à éviter l’abstention soulèvent déjà la contestation. L’opération est singulière pour ne pas être accueillie fraîchement par les partis politiques qui, dans l’équation, se retrouvent une nouvelle fois au banc des accusés.
Car après que Yazid Zerhouni les a taillés en pièces, au lendemain des législatives, et achevé le travail de démolition avec la nouvelle loi électorale, le ministre de l’intérieur se tourne directement vers les électeurs, aux lieu et place des partis politiques qui se retrouvent relégués au modeste rôle de spectateurs.
Il est clair que les 60% d’abstention des dernières élections législatives ont provoqué un séisme au sommet. Ces lettres n’en sont qu’une des répliques visibles. L’onde de choc de l’abstention massive menace les prochaines élections municipales au point que les pouvoirs publics adoptent une démarche qui soulève plus de questions qu’elle ne fournit de réponses.
L’abstention, acte consigné dans la pratique électorale, induit par le réflexe d’un électeur forcément mécontent, est un droit. Dans le suffrage universel, le OUI et le NON ne sont pas les seuls monosyllabes qu’admettent les urnes. L’abstention partage toujours les politologues. Est-ce un acte démocratique ou anti-démocratique ? Déserter les urnes est-elle une forme de réaction politique ou est-ce l’avatar du choix citoyen ? Ce qui est certain, c’est que l’abstention est comptabilisée comme une “participation” aux élections ; par l’absence bien entendu.
Rien n’indique que ces lettres, qui sont une amorce de tentative de réconciliation avec les électeurs, vont, à elles seules, sensibiliser les citoyens et leur rendre leur civisme politique. Les causes de la défection populaire sont beaucoup plus profondes qu’un simple rejet conjoncturel induit par la faiblesse de la classe politique ou le climat surpolitisé des dernières décennies. C’est l’intérêt même des citoyens algériens à la chose politique qui est en jeu, et les appels quasi désespérés et récurrents aux urnes n’y changeront rien.
La démarche de Zerhouni sera inutile si, en parallèle, les élus locaux et les collectivités locales ne sont pas sollicités pour créer les conditions d’un retour aux urnes pour les municipales. Il serait dramatique si les algériens, qui auront à élire les responsables politiques qui doivent gérer leurs communes, leur quotidien et leur ordinaire, se détournent une nouvelle fois des urnes. L’enjeu est de taille pour le système politique. Et si d’aventure le vide des législatives se reproduit, c’est toute l’expérience politique entamée depuis 1989 qu’il s’agira de repenser.
-
11th August 2007 06:34 #6
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,682
Boubakeur Hamidechi:
"Le roi mécontent de son peuple, décide de le dissoudre."
~ “Ubu Roi” de B. Brecht
Samedi 11 Août 2007 -- Il est clair que lorsque le grand condé de l’Etat décide de prendre la plume ce n’est jamais pour faire de la prose innocente. Chaque acte épistolaire de sa part est impérativement une lettre de cachet adressée à un coupable potentiel. Ils seraient donc 4 millions à répondre, dans les semaines à venir, du délit “d’abstentionnisme” sous peine de se voir retirer le statut de citoyens !
Après la loi scélérate sur les partis, cette nouvelle bizarrerie, consistant à demander des comptes aux électeurs, relève assurément de la tyrannie politique. Désormais, il en sera de la “méthode” Zerhouni comme il en fut de la “méthode Coué” du nom de ce célèbre potard qui prétendait guérir par le recours à l’autosuggestion. Celle de notre inamovible flic vise à son tour à conditionner le réflexe de l’électeur afin qu’il n’ait d’autres libertés de s’exprimer que de voter impérativement. Curieux détournement d’un sens fondateur de la démocratie. Bientôt le boycott sera assimilé à un délit et sanctionné en tant que tel.
Derrière le prétexte fallacieux d’une campagne de civisme se dessine une monstrueuse opération de laminage des libertés publiques. Car, dès l’instant où l’électeur réfractaire est sommé de justifier son indifférence, il est aux yeux de la censure de l’Etat un dangereux sujet en marge des normes admises. Le ministre de l’Intérieur, dont l’habilité pédagogique est depuis longtemps légendaire n’est-ce pas, veut nous faire croire que son courrier, dupliqué à 4 millions d’exemplaires, servira sagement à cerner les causes exactes de la défection des urnes. En somme, cette coûteuse opération postale ne serait rien d’autre qu’un sondage grandeur nature afin d’améliorer pour l’avenir les instruments de nos libertés politiques !
Apprécions donc ce louable scrupule de l’appareil d’Etat qui découvre, bien tardivement, que dans ce pays il y a une opinion publique qui n’est pas forcément en phase avec ses dirigeants. Quand deux électeurs sur trois boudent la cuisine politique c’est qu’il y a bien plus qu’un problème. Il y a dans l’air une forte odeur de soufre de celle que l’on nomme la désobéissance civique. Ce mécontentement qui s’exprime passivement n’a pas besoin de 4 millions de correspondances pour être étayé car le procès du régime a commencé bien avant le scrutin d’avril, lequel ne fut que le dernier réquisitoire.
A bout de patience, les Algériens ne veulent plus demeurer les otages d’une guidance dont ils soupçonnent qu’elle les méprise. Les spectaculaires consultations électorales n’ayant jusque-là servi qu’à conforter certaines légitimités, l’électeur, profondément déçu par toutes les promesses non tenues, ne voit plus de raison à sa participation alibi. L’incivisme, dont parle le ministre en question, n’est-il pas finalement un acte civique de grande portée que seuls les gouvernants refusent d’expliciter !
Globalement, l’électeur interpellé par courrier pourra sans peine dresser le procès-verbal de l’échec de son pays. Il sera même à l’aise en se référant aux diagnostics récents du chef de l’Etat lui-même. En effet, par une sorte d’ironie de l’histoire, le premier à avoir affiché publiquement sa déception sur la manière dont les affaires publiques sont conduites est bel bien Bouteflika ! Chaque fois qu’il est sorti de son mutisme il a eu des mots durs pour ses ministres qu’il qualifia sans égard “d’amateurs”. Comme en musique, le “la” était donné d’en haut et il suffisait aux électeurs de rester chez eux pour contresigner les désaveux de son éminence. Changeant de registre au fil des années, les propos du chef de l’Etat sont passés de l’autoglorification à la récrimination. Lui qui ne souhaitait pas être jugé sur son bilan se surprit à imputer à ses exécutants le gâchis national.
Or, de cette posture de procureur politique dont il pensait pouvoir tirer un avantage personnel, l’opinion publique tira à son tour cette inattendue leçon qui s’appelle : le boycott. “Puisque c’est vous qui le dites, pense l’électeur basique, je ne vois pas à mon tour pourquoi je continuerai à donner ma voix si elle ne sert à rien” ! Autant dire que le pouvoir s’était tiré une balle dans le pied à force de vouloir récupérer à son profit le désenchantement national. Face à cette situation préjudiciable pour son crédit, le régime a une fois encore choisi la voie de la diversion en pointant d’abord l’index vers les partis et ensuite en réactualisant le détestable procédé du chantage administratif pour exorciser d’autres menaces de boycott.
A ce sujet, le ministre de l’Intérieur ne peut pas ignorer que ce qu’il suggère par l’allusion à la radiation des listes électorales est une initiative anticonstitutionnelle. Car, pour pouvoir le faire en toute légalité, il faudra à la puissance publique qu’elle le motive autrement que par l’argument de l’abstention. Le droit de vote étant indissociable du droit de ne pas l’exercer, nul, pas même le chef de l’Etat, n’a le pouvoir de dépouiller un citoyen de ses droits civiques tant que pénalement il demeure au-dessus de tout soupçon. Même s’il est vrai que dans toute bonne démocratie, l’abstention massive fait problème pour de sincères raisons de légitimité des mandataires, chez nous elle se pose d’abord comme une inquiétude pour les régimes qui ne voient à travers elle que les prémices de leur crépuscule avec ce que cela implique comme violents divorces.
A force de vouloir régenter un pays en ignorant ses véritables pulsations, n’importe quel régime finit par creuser sa propre tombe. Aussi, le coup de semonce du dernier scrutin aurait dû mériter un autre traitement que celui de vouloir mettre, avec autant de morgue, hors-la-loi, l’électeur qui refuse de jouer à la dupe. L’on ne dope pas les urnes futures avec 4 millions d’injonctions, mais seulement à travers le changement de nos mœurs politiques.
-
11th August 2007 06:37 #7
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,682







LinkBack URL
About LinkBacks
Reply With Quote
Bangladesh
Ecuador
Morocco
Nepal
Nicaragua
Puerto Rico
Russia
Scotland
South Africa
Ukraine
Virtual Countries