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  1. #1
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    Six petits paragraphes...


    Dimanche 16 septembre 2007 -- Six petits paragraphes signés de trois grands hommes d’Etat, un vendredi après-midi à quelques heures du f’tour, cinq jours après les attentats terroristes de Dellys. Ou c’est trop dire — dans ce cas, il faut lire entre les lignes — ou c’est pas assez — il reste alors à savoir pourquoi.

    Si les signataires de la déclaration se disent «affligés» par la situation et «gravement préoccupés » par un possible nouvel engrenage de la violence, c’est qu’ils n’écartent pas un regain de violence. Mais, cela reste une éventualité, comme s’ils s’abstenaient de souffler sur le brasier et tiennent à le rappeler, même si leur sentiment laisse entrevoir le pire. Deux des trois signataires ont droit à des grosses manchettes irrespectueuses. Rappelons-nous : «Aït Ahmed est un traître» et «Taisez-vous Monsieur Mehri !». Le troisième l’a échappé de justesse dans un matraquage médiatique qui le faisait passer, lui aussi, pour un signataire des accords de Sant’Egidio alors qu’il n’avait jamais quitté Alger.

    Que ne leur a-t-on donc pas également imputé comme «insinuations tout aussi répétées que malveillantes » sur de pseudoaccords secrets avec les intégristes en 1991... Ce à quoi, dès avril 1999, Hamrouche répondait dans les termes suivants : «Les faits historiques sont têtus. Ils établissent que les protagonistes des événements de mai-juin 1991 n'avaient d'autre objectif que l'interruption du processus des réformes politiques et économiques par le départ du gouvernement que je dirigeais. C'est l'enseignement de cette époque.

    Quant à l'accusation que colporte la version du complot ou d'alliances occultes, de quelque nature que ce soit, l'Histoire l'a depuis quelque temps déjà reléguée au rang de contrevérité, de basse manipulation et de mensonge avéré.» Relus huit années plus tard, ces propos donnent un sens sincère à la «condamnation, sans appel, de tous les attentats » et «l’entière solidarité » avec les familles des victimes dont ils partagent la douleur hors de toute instrumentalisation, comme cela est malheureusement souvent le cas. Des victimes sitôt oubliées une fois ensevelies. La réaffirmation, «avec force», que les «terreurs et violences ne sont pas les voies de l’espérance» et le rejet de «la négation du politique, la répression et l’exclusion» comme «solutions aux multiples difficultés et impasses que connaît le régime» s’insèrent dans une continuité inaltérable pour les trois signataires.

    Aït Ahmed le rappelait assez expressément à l’ouverture des travaux du 4e congrès du FFS en se référant aux controverses, souvent stériles, suscitées par la parution du livre de Bélaïd Abdesselam sur le Net : «Les révélations tardives et les nombreuses mises au point faites ces derniers jours par des acteurs de l’époque, qu’ils soient de premier plan ou des seconds couteaux, montrent avec quelle légèreté s’est joué le destin du pays. Si elles étaient faites à temps, ces révélations, qui sont autant de témoignages tardifs, auraient épargné au pays une décennie sanglante. Si les affaires du pays avaient été menées dans la transparence, sous le regard des Algériennes et des Algériens, sous le regard de l’opinion nationale et internationale, notre pays se serait épargné une décennie sanglante. On mesure aujourd’hui les conséquences néfastes des décisions clandestines, prises entre complices. A l’évidence, les esprits n’étaient pas mûrs pour une médiation politique car il n’y avait pas, dans la période précédente, dans les us et coutumes du régime des habitudes et des dynamiques de négociation. Il n’y avait pas le sentiment de la nécessité du compromis.»

    Tout concourt à lui donner raison aujourd’hui quant à la prééminence du politique dans les solutions de sortie de crise. D’où la conviction des trois signataires que «la mise en place d’un processus de démocratisation du pouvoir, de son exercice et de son contrôle constitue le chemin de la sécurité nationale, de la stabilité et de l’espoir». Un pouvoir qui n’est du reste pas rejeté en bloc, tant il est loin d’être monolithique. Ce que Aït Ahmed traduit par un réel espoir de jeter des ponts avec nombre de ses branches indemnes de compromission avec la prédation rentière et l’arbitraire : «Serait-ce courir après des fantômes que de croire qu’il existe au sein du pouvoir des secteurs ou des hommes convaincus que le changement et l’ouverture sont vitaux pour le pays, que le statu quo est intenable et exige un prix politique et humain très lourd à cause d’explosions de violence et de répression inéluctables ?», s’interrogeait-il à la même occasion.. D’où cette conviction partagée des trois que «toutes les composantes de la société s’impliqueraient et s’engageraient dans la concrétisation d’un tel processus».

    Dans un tel processus, le FLN occupe naturellement une place particulière pour des raisons évidentes que Hamrouche ne perd pas de vue, convaincu que «le FLN ne s'arrête pas à une direction ou à un appareil. Bien au-delà, ce sont des convictions et un programme. Ses militants activent et agissent au sein de la société en fonction de leur programme et de leurs convictions. C'est ce qui me permet de garder intact l'espoir que le FLN continuera, à l'avenir, de jouer un rôle et d'occuper une place particulière pour peu que ses militants puissent se mouvoir dans un cadre démocratique et libre de toute interférence extérieure». On aura bien évidemment souligné «cadre démocratique et libre de toute interférence extérieure ».


  2. #2
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    Dimanche 16 septembre 2007 -- Trois personnalités politiques, Hocine Aït Ahmed, leader du FFS, Abdelhamid Mehri, ancien secrétaire général du FLN, et Mouloud Hamrouche, ancien chef de gouvernement, viennent de rendre publique une déclaration commune appelant à la mise en place « d’un processus de démocratisation du pouvoir, de son exercice et de son contrôle ».

    Ce n’est pas la première fois que ces personnalités, qui partagent la même vision de la crise qui secoue l’Algérie et des solutions à mettre en œuvre pour en sortir, interpellent le pouvoir pour demander une réelle démocratisation du système politique qui passe par l’alternance au pouvoir et une ouverture véritable du champ politique et médiatique, préalable à toute aspiration démocratique. En d’autres occasions, les mêmes personnalités, séparément ou de manière solidaire, ont eu à dénoncer l’impasse politique dans laquelle se trouve le pays et le refus du régime à se réformer et à s’ouvrir sur la société.

    En dehors du leader du FFS, dont le discours radical et sans concession à l’encontre du régime est une constante de la ligne politique du parti, les visions politiques de Hamrouche et de Mehri qui se revendiquent, à des nuances près, comme « des enfants du système », ont évolué au rythme des événements qui ont marqué le pays au cours de ces dernières décennies. Excommuniés du FLN d’abord, du système ensuite qui les a mis en quarantaine politique, leurs positions et leur lecture sur la crise se sont durcies pour prendre tous les contours d’une ferme opposition au pouvoir, même si pour des raisons tactiques évidentes, elles ne se déclinent pas ouvertement comme telles. Pour des raisons différentes, tout en se rejoignant sur le fond : le changement du système et sa démocratisation, chacune des trois personnalités a un compte à solder avec le pouvoir ou des cercles du pouvoir.

    La nouveauté dans la déclaration de ces trois personnalités est qu’elle ne se suffit pas, comme à l’accoutumée, de discours politiques de dénonciation du système sans lendemain. Elle pose, cette fois-ci, les jalons d’une initiative politique de sortie de crise qui se veut ambitieuse et fédératrice de toutes les composantes de la société, sans exclusive. Un appel est lancé à cet effet à tous les segments de la société pour s’impliquer et s’engager dans la concrétisation du processus de démocratisation du pouvoir envisagé. Pour l’heure, on n’en sait pas plus sur les fondements et la portée politique de cette initiative politique qui ambitionne de rompre le monologue du pouvoir dans lequel s’est installé le pays, du fait du verrouillage du champ politique.

    Connaissant la prudence qui a toujours caractérisé Hamrouche et Mehri dans leurs rapports avec le pouvoir de par les liens que ces personnalités ont conservés avec des cercles influents de ce pouvoir, il y a lieu de se demander si cette initiative, qui intervient dans un contexte politique où la question de la gouvernance et de la succession est posée, même en respectant l’échéance du mandat présidentiel, n’a pas la couverture politique et la bénédiction des décideurs. Un signal politique que le retour en Algérie de Aït Ahmed pourrait corroborer.


  3. #3
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    Lundi 17 septembre 2007 -- La classe politique nationale semble adopter la position d’»attendre pour voir» par rapport à la déclaration signée et rendue publique vendredi, conjointement par MM. Hocine Aït Ahmed, Abdelhamid Mehri et Mouloud Hamrouche, où les trois hommes appellent, notamment, à favoriser les voies politiques afin de démocratiser le pouvoir.

    Des trois signataires de ladite déclaration, seul M. Abdelhamid Mehri a pu être joint par le Jeune Indépendant qui voulait en savoir plus sur les suites susceptibles d’êtres données à cette initiative. Prudent comme ne peut l’être qu’un chevronné de la politique forgé par la Révolution, M. Mehri, invité «à faire un commentaire», dit : «Je n’ai aucun commentaire à faire en plus de ce que nous avons dit dans la déclaration», suggérant de soumettre la question «aux autres».

    En d’autres termes, le reste de la classe politique et pourquoi pas le pouvoir ? Néanmoins, et en l’absence de «feuille de route» précise pour la mise en œuvre de cette initiative, la classe politique nationale reste dans ce cas, et c’est une chose normale, dans l’expectative.

    Dans le registre des «réactions», l’initiative des trois vieux briscards ne suscite pas, loin s’en faut, du moins pour l’instant, l’hostilité de la classe politique. Si certains responsables politiques ne voient pas l’utilité de «commenter» cette action politique, d’autres affirment attendre de voir son fond pour pouvoir prendre position, mais il se trouve quand même ceux qui ne s’empêchent pas d’émettre des réserves sérieuses sur ladite déclaration.

    Dans la première catégorie, c’est vraiment à croire que le président du FNA Moussa Touati, le député du RCD Noureddine Aït Hamouda ou Djelloul Djoudi, le chargé de la communication du PT, se sont donné le mot pour dire en chœur : «Il n’y a aucun commentaire à faire», sur cette initiative.

    Ils estiment qu’ils ne voient pas l’utilité de commenter les initiatives d’alter ego politiques. Sid-Ahmed Ghozali a préféré lui aussi s’abstenir de faire un commentaire arguant n’avoir «pas encore pris connaissance du contenu de la déclaration».

    Pour Amara Benyounes, le secrétaire général de l’UDR non agréée, la déclaration des trois hommes «est une simple déclaration qui condamne clairement les attentats terroristes», estimant que «c’est déjà quelque chose de bien que ces responsables politiques condamnent aussi clairement ces actes».

    M. Benyounes estime que les trois hommes «ne proposent pas une initiative claire» et dit s’attendre que leur «idée» soit «explicitée dans les prochains jours». Ce n’est qu’à ce moment-là, assure-t-il, que «nous allons l’étudier». Mohamed Benkhellaf, chargé de la communication à l’aile Djaballah du mouvement El Islah, estime : «Nous soutenons toute démarche démocratique, ambitionnant à ouvrir les scènes politique et médiatique, bannissant l’usage de la force et de l’exclusion et servant les grands intérêts de la nation.» Ajoutant qu’»apparemment, ce sont les objectifs tracés par ladite déclaration».

    Du côté «du pouvoir», le président du MSP, Aboudjerra Soltani, a dit que «ces trois hommes sont des historiques dont nul ne peut nier le parcours militant», ajoutant qu’ils (les trois personnalités, ndlr) représentent «l’une des parties de l’équation politique nationale».

    Toutefois, M. Soltani affirme attendre ces derniers sur le terrain. «Nous respectons le parcours militant de ces hommes mais nous disons que celui qui parle de fermeture de la scène politique doit faire des propositions pour l’ouvrir», a dit le leader du parti islamiste défiant les trois hommes en lançant : «Nous leur demandons (aux signataires de la déclaration, ndlr) de présenter de nouvelles idées, une initiative ou une alternative pour ouvrir la scène politique si celle-ci est fermée.» «Il faut qu’ils descendent sur le terrain et nous disent à qui s’adressent-ils, est-ce aux partis de l’alliance, au Parlement ou au peuple ?», a-t-il conclu.

    Le porte-parole du RND, Miloud Chorfi, a indiqué que son parti, un autre parti de l’alliance présidentielle qui domine le gouvernement, «reste ouvert à toute initiative allant dans le sens du renforcement de la charte pour la paix et la réconciliation nationale».

    Trois hirondelles ne font pas le printemps Le plus «virulent» de toutes ces personnalités jointes au téléphone est certainement l’ex-président de la LADDH Me Ali-Yahia Abdennour, dont l’absence au dernier congrès du FFS, dont il est membre fondateur, et même celle de son paraphe au-dessous de la fameuse déclaration, a suscité quelques questionnements chez les observateurs.

    «Tout ce qui va dans le sens de la paix est bon», a-t-il dit de prime abord avant de s’interroger «est-ce que l’initiative de trois personnalités est suffisante pour obtenir l’adhésion de tous les Algériens qui militent pour la démocratie, la paix, la justice sociale et la croissance économique ?» «L’avenir nous le dira», ajoute le vieux militant des droits de l’homme qui semble toutefois convaincu que «trois hirondelles ne peuvent pas faire le printemps en automne».

    «Il faut une ouverture à toutes les contributions qui vont dans le sens du retour à la paix par la voie démocratique», a-t-il poursuivi assurant qu’»une telle initiative doit être discutée au niveau de tous ceux que l’Algérie représente comme démocrates».

    «L’opposition démocratique doit épouser le problème car celle-ci n’aura d’audience et d’identité que si elle offre des solutions parmi lesquelles la première est de dégager les voies et moyens pour ramener la paix», a encore dit M. Ali-Yahia, concluant que «la formation d’un front national des forces démocratiques est un impératif, parce que la crise est globale (politique, économique, sociale et culturelle) et appelle une solution globale».

    S’agissant de son absence au dernier congrès du FFS et sur le fait qu’il ne s’est pas joint lors de la signature de ladite déclaration à ses anciens partenaires que sont Hamrouche, Mehri et Aït Ahmed, notre interlocuteur à expliqué qu’il n’est plus en odeur de sainteté avec le parti de Hocine Aït Ahmed.

    «Depuis deux ans, je ne suis plus d’accord avec les structures du FFS qui ne fonctionnent plus démocratiquement», s’est-il contenté de dire précisant que «c’est une décision [qu’il avait] prise en 2004 après deux heures de discussions avec Aït Ahmed à Paris».


  4. #4
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    September 19, 2007 -- Three of Algeria's leading politicians launched an initiative Friday (September 14th) to rescue Algeria from the political and security crisis which has engulfed it for more than a decade. The three are Hocine Ait Ahmed, Chairman of the Socialist Forces Front (FFS) and longest-standing opponent of the Algerian government; Abdelhamid Mehri, former Secretary-General of the National Liberation Front (FLN); and Former Prime Minister Mouloud Hamrouche.

    "Troubled by the situation in which our country finds itself and deeply concerned at the prospect of a fresh outbreak of violence," the three political leaders condemned "all attacks" in their public statement and said they shared the pain of the victims' families, with whom they expressed "full solidarity".

    "We solemnly declare that terror and violence are not the path of hope", they stated in their communiqué, in reference to the terrorist groups who have stirred up fear and panic in Algeria in recent months with a growing number of attacks.

    The report also criticised the Algerian administration. "We are certain that the implementation of a process to decentralise power, government and the supervision of power is the path that will lead to national security, stability and hope." The report also accused Algerian authorities of "rejecting politics and espousing exclusion", which the authors of the statement said "are not solutions to the numerous setbacks and the deadlock this country is facing".

    The statement left unanswered many questions regarding the plan's implementation and the public's involvement. In a statement to Magharebia, FFS National Secretary Karim Tabou said "The first step Algerians must take is to get together at the negotiating table, leaving aside all hatred, exclusion and political agendas." When asked, Tabou neither confirmed nor denied whether this meant the Islamic Salvation Front (FIS) would be permitted to participate in the dialogue.

    The FFS was one of the few Algerian political groups to condemn the FIS's disbanding in 1991. Tabou said the current call for dialogue was addressed not to the Algerian authorities, but to all figures within civil society, including "independent politicians, human rights NGOs and independent trade unions". He added that the call was also aimed at the international community.

    This stipulation led some in the national press to question the feasibility of the proposal. One journalist, a writer for national French-language daily L’Expression, wrote that "the three political leaders are encouraging international meddling in the Algerian crisis," a view which the writers have categorically denied.

    Abdelhamid Mehri had little to say to Magharebia, except that "this call for dialogue is addressed to all Algerians without exception… For the time being I prefer not to comment further on the initiative."

    Former Prime Minister and political heavyweight Mouloud Hamrouche, who has taken a back seat during the current crisis, declined to comment, saying that "the statement is quite clear."

    At the national level, the initiative has failed to have the desired impact, garnering little response from politicians, civil society groups or the Algerian authorities.


  5. #5
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    Mercredi 19 septembre 2007 -- Anouar Haddam, ancien député du FIS dissous et actuel leader du Mouvement de la liberté et de la justice sociale (MLJS), un parti politique qu’il a récemment créé et non encore agréé, a «accueilli favorablement» l’initiative du trio Aït Ahmed-Mehri-Hamrouche et assuré de sa disposition et celle de son mouvement à «contribuer effectivement» à sa concrétisation.

    Dans une «motion de soutien» transmise hier par courrier électronique au Jeune Indépendant, et transcrite en arabe, Anouar Haddam affirmait : «Nous, au Mouvement de la liberté et de la justice sociale (MLJS), accueillons favorablement l’initiative de messieurs Abdelhamid Mehri, El Hocine Aït Ahmed et Mouloud Hamrouche, et affirmons notre disposition à contribuer effectivement à cette initiative.» Un soutien que le leader islamiste exilé aux Etats-Unis oriente vers, a-t-il dit, «le but de trouver une volonté politique nationale afin de redresser la situation qui ne cesse de se dégrader de jour en jour dans notre cher pays l’Algérie».

    Anouar Haddam, qui, faut-il relever, n’a, à aucun moment, fait allusion à l’ex-FIS, le parti dont il se revendiquait, a signé le document ainsi : «Pour le MLJS, Anouar Nasreddine Haddam, député élu au parlement algérien (décembre 1991).» Parlant désormais au nom d’une structure organique autre que le FIS-dissous, Haddam a appelé l’ensemble de la classe politique nationale y compris le pouvoir à «soutenir», «renforcer les chances de réussite» et «assurer une solide volonté politique» à la démarche du triumvirat.

    «De cette position, nous appelons le pouvoir et l’ensemble des forces et des acteurs nationaux à soutenir cette initiative, à renforcer ses chances de réussite et à lui assurer une solide volonté politique», afin que «l’initiative atteigne les objectifs auxquels elle aspire».

    Anouar Nasreddine Haddam, leader du Front islamique du salut (FIS-dissous), avait annoncé en janvier dernier le lancement du Mouvement de la liberté et de la justice sociale (MLJS) qualifié par ses propres soins de «groupe de travail».

    L’ex-responsable de la délégation parlementaire du FIS à l’étranger avait à cette occasion appelé le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à «tenir un congrès fédérateur» en faveur de la réconciliation nationale avant la fin de son deuxième mandat.

    Haddam avait appelé les forces et personnalités nationales à «intensifier le travail loin des comptes et des agissements politiques, pour parvenir à un accord national pour rétablir les équilibres nationaux actuels». Il s’est gardé de donner des détails sur ce groupe indiquant qu’il allait travailler avec lui pour «activer la véritable réconciliation».

    Anouar Haddam a été l’un des signataires du Contrat national, une initiative politique de sortie de crise signée en 1995 à Rome par plusieurs formations politiques et personnalités algériennes sous les auspices de l’église Sant’ Egidio.

    Parmi les signataires figuraient notamment Hocine Aït Ahmed et Abdelhamid Mehri. Ces derniers et Mouloud Hamrouche, ancien chef de gouvernement, ont signé vendredi dernier une déclaration commune à travers laquelle ils ont notamment appelé à «la mise en place d’un processus de démocratisation du pouvoir».

    Dénonçant, en outre, «la négation du politique, la répression et l’exclusion» ainsi que «les terreurs et violences» qui ne sont pas, selon eux, des «solutions aux multiples difficultés et impasses que connaît le régime», les trois hommes ont affirmé dans leur déclaration qu’ils restent «disposés à apporter [leur] contribution à la recherche de solutions de sortie de crise dans toutes ses dimensions».


  6. #6
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    Lundi 24 septembre 2007 -- Plus d’une semaine après sa signature, la déclaration signée par MM. Abdelhamid Mehri, Hocine Aït Ahmed et Mouloud Hamrouche est toujours à la case départ ou presque. Le document est victime apparemment de la culture de «la prudence excessive» de la majorité de la classe politique, y compris celle des signataires de la déclaration.

    Chacun attend de voir la position qu’adoptera l’autre pour voir comment se positionner par rapport à la déclaration. Pourtant, intervenant dans un contexte national caractérisé par une crise qui ne dit pas son nom, l’initiative du triumvirat a été attendue pour être, au moins, une sorte de déclic pouvant ouvrir la voie à un dialogue national courageux, seule voie de salut pour un pays saigné à blanc par plus de 15 ans de violences, et visé, à en croire le président de la République, par des capitales et des leaders étrangers, maintenant qu’il semble retrouver une paix toute relative.

    Or, après le lancement de leur «ballon sonde», les trois hommes se sont murés dans un silence en contradiction avec les «dispositions» affichées dans leur document à contribuer «à la recherche de solutions». La même attitude est également observée du côté de la «classe politique» nationale qui attend les suites qui seront éventuellement données par les trois hommes à leur déclaration pour pouvoir se positionner.

    Joint jeudi par le Jeune Indépendant, M. Abdelhamid Mehri a laissé entendre qu’aucune autre suite ne sera donnée à la déclaration avant de distinguer «les réactions des autres». «Il n’y a pour l’instant aucune initiative en dehors de la déclaration que nous avons signée», a-t-il dit, ajoutant qu’«il faut qu’on prenne le temps de voir les réactions des autres».

    Quels sont ces «autres» auxquels fait allusion M. Mehri, les partis politiques ou le pouvoir ? «C’est l’ensemble», a-t-il laconiquement rétorqué. M. Mehri a, par ailleurs, fait savoir que le contact est «plus ou moins» maintenu entre les trois signataires de la déclaration depuis que Hocine Aït Ahmed est retourné en Suisse.

    «Il y a plus ou moins de contacts entre nous», a-t-il avoué, expliquant qu’«Aït Ahmed est retourné en Suisse et les contacts ne sont pas, de ce fait, journaliers». Le premier secrétaire du FFS d’Aït Ahmed, Karim Tabbou, qui animait avant-hier un point de presse, a confirmé lui aussi le maintien du contact entre les trois personnalités et n’a pas exclu d’éventuelles autres actions conjointes entre elles à l’avenir.

    Le numéro deux du FFS a indiqué que «ces échanges de points de vue désormais traditionnels seront organisés à chaque fois que la situation du pays l’exigera», expliquant qu’à travers ces rencontres le parti et ses partenaires «jouent leur rôle d’alerte de l’opinion et leurs responsabilités pour la prise de conscience citoyenne».

    Par ailleurs, Karim Tabbou a assuré que l’initiative de son président et de ses deux partenaires «est destinée au peuple algérien», et qu’elle «est un signal à toutes les composantes de la société», niant ainsi que la déclaration soit destinée au seul pouvoir.

    M. Tabbou a également révélé que son parti «organisera, dans l’avenir proche, des rencontres animées par des compétences algériennes autonomes «sur les choix politiques, sécuritaires, économiques et culturels du pays», et nous allons prouver, a-t-il ajouté, qu’«il n’y a pas un déficit intellectuel mais une absence de volonté politique de la part du pouvoir».

    La déclaration d’Alger n’est pas le «contrat de Rome» De l’autre côté, celui des partis et des personnalités nationales, «la proposition» du trio Aït Ahmed-Hamrouche-Mehri est différemment accueillie. Mais une chose est sûre, la déclaration ne suscite pas l’hostilité avec laquelle avait été accueilli le «contrat national» signé à Rome en 1995.

    Mieux, on pourrait même oser dire que la déclaration est pour l’instant favorablement appréciée. En effet, aucun parti politique ni aucune personnalité nationale n’a vraiment affiché de manière frontale son opposition à ladite déclaration.

    Certains taxent déjà «l’initiative» d’être un «contrat de Rome bis». Mais à bien y regarder, l’initiative des trois hommes ne pourrait pas être – et ses initiateurs ne sont pas dupes – un contrat national bis. Ces derniers ne se risqueront pas en effet à refaire les maladresses qui leur avaient valu le qualificatif de «traitres» à l’époque romaine.

    Cette fois la «déclaration» ne charge pas trop le pouvoir, et ses rédacteurs ne nient pas, comme ils l’ont déclaré lors du dernier congrès du FFS, l’existence de «bonnes volontés» au sein du régime. En même temps, les trois hommes ne font pas la part belle aux islamistes, ceux notamment qui n’avaient pas caché leur soutien aux groupes islamistes armés au cours des années de sang qu’a connues le pays.

    C’est comme cela que l’impasse a été faite sur Abassi Madani, auteur lui aussi d’une moubadara, Anouar Haddam, ou encore Me Ali-Yahia Abdenour. La défection de ceux-ci est compensée par la signature de Mouloud Hamrouche au bas de la «déclaration d’Alger».

    Ce qui est un signal politique fort quand on sait que le «réformateur du FLN» est autant respecté à l’intérieur qu’à l’extérieur du pouvoir. Me Ali-Yahia Abdenour et Anouar Haddam, deux signataires du «contrat de Rome», se sont exprimés dans les colonnes du Jeune Indépendant sur la déclaration du trio.

    Ils ne semblent pas partager la même position vis-à-vis de celle-ci. Si le vieux militant des droits de l’homme est convaincu que «trois hirondelles ne peuvent pas faire le printemps en automne», appelant ainsi à un rassemblement de tous les démocrates, «le parlementaire» du FIS dissous a non seulement affiché sa totale disposition à participer à la concrétisation des objectifs de la déclaration mais appelle également l’ensemble de la classe politique et le pouvoir à la soutenir.

    En attendant l’avis des «décideurs» Du côté des partis politiques, la même tendance est observée. Les partis de l’alliance présidentielle partagent, à quelques nuances près, la même position. Ils affirment tous leur attachement à la démarche de réconciliation nationale et disent accueillir favorablement toute démarche visant à consolider la paix dans le pays.

    Le parti majoritaire dans toutes les institutions du pays, le FLN, a même fait savoir, par la voix de son chargé de communication Saïd Bouhadja, que la déclaration du trio Hamrouche-Aït Ahmed-Mehri sera étudiée lors des prochaines sessions des instances du parti.

    Si tel sera le cas, la position qu’adoptera le FLN vis-à-vis de la déclaration sera certainement celle qui lui sera «soufflée» par les «décideurs». En d’autres termes, «la position» attendue par tout le monde, y compris peut-être par les signataires de la déclaration.

    Car toutes les composantes de la classe politique nationale semblent, en définitive, avoir les yeux et les oreilles rivés vers ce que fera ou dira le vrai «pouvoir», épicentre d’un régime politique pas comme les autres, au sujet de cette déclaration.

    Les partis satellitaires du pouvoir ne se risqueront pas à prendre une position préalable autonome et affranchie du pouvoir, car cela risque de déplaire à ce dernier qui ne manquera pas de leur faire payer cette «errance» à l’avenir.

    Quoi qu’il en soit, les positions des uns et des autres nous révèlent la façon toute algérienne de faire de la politique.


  7. #7
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    Jeudi 27 Septembre 2007 -- L’initiative politique lancée il y a une quinzaine de jours par les trois ténors de la scène politique, Hocine Aït Ahmed, Abdelhamid Mehri et Mouloud Hamrouche, semble faire “pchiiiiit”. En effet, la déclaration politique qu’ils ont signée et dans laquelle ils expriment leur disponibilité à contribuer à sortir le pays de la crise politique n’a pas suscité d’écho, ni au niveau de la classe politique ni au niveau de la société civile. Chose qu’un responsable du FFS dit “regretter” en déplorant “l’anesthésie” générale qui s’est emparée de la scène politique. C’est vraisemblablement cette absence d’écho qui a fait que Hocine Aït Ahmed soit reparti en Suisse, après avoir présidé le dernier congrès du parti.


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