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  1. #1
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    L’échec du gouvernement a permis aux opposants radicaux d’élargir leurs rangs


    Lundi 8 octobre 2007 -- Si les autorités algériennes persistent à «ignorer les problèmes socio-économiques du pays et se contentent de se concentrer sur les affaires sécuritaires, cela ne marchera pas» et risquera de favoriser davantage la recrudescence des actes terroristes dans le pays, selon Henry Wilkinson, analyste pour la société britannique Janusian Security Risk Management.

    Cet avis exprimé par M. Wilkinson se base sur le constat qu’en dépit des efforts déployés par le gouvernement pour améliorer la situation macroéconomique du pays, sur le plan microéconomique, peu de choses ont changé. Ainsi, selon l’analyse du cabinet d’expertise britannique, Oxford Business Group (OBG), «le taux de chômage élevé, conjugué à un mécontentement général de la population, face à ce qui est perçu comme l’échec du gouvernement à améliorer la conjoncture microéconomique, a permis aux groupes d’opposition radicaux d’élargir leurs rangs», et ce même si un arsenal de mesures visant à réformer l’économie ainsi qu’un plan de paix ont été mis en place.

    Ces derniers ont d’ailleurs permis, note OBG, d’attirer les investissements directs étrangers qui «sont montés en flèche en Algérie, estimés à 8,3 milliards de dollars entre 1999 et 2005, selon la conférence des Nations unies sur le commerce et le développement».

    Pour les experts britanniques, si le processus de réforme et de libéralisation de l’économie algérienne a joué un rôle déterminant, «la conjoncture relativement stable et favorable aux investissements a également contribué à attirer les capitaux étrangers».

    Toutefois, relèvent-ils, la recrudescence du terrorisme constatée ces dernières semaines «risque de mettre en jeu le processus de réformes économiques engagé et menace de refroidir les investisseurs étrangers». Le fait est que le regain de violence a été mis sur le compte de l’organisation El-Qaïda au pays du Maghreb islamique, qui a justement rendu publique sa campagne à l’encontre des entreprises étrangères implantées en Algérie.

    Cependant, «si la déclaration de la branche d’El-Qaïda au Maghreb affirmait que ce sont les étrangers et les intérêts économiques étrangers qui sont pris pour cible, la plupart des victimes, blessés ou tués, au cours des six derniers mois, sont des Algériens», observe OBG, en soulignant la détermination du président Bouteflika à poursuivre sa politique de réconciliation nationale, même après l’attentat de Batna qui l’a directement visé.

    Si du côté britannique on craint les retombées sur les investisseurs, du côté français, en revanche, les experts tentent de relativiser les risques qui pèsent sur les entreprises étrangères en Algérie. En effet, Louis Caprioli, conseiller spécial de Geos, société française spécialisée dans la gestion et la prévention des risques, a affirmé dans les colonnes du quotidien économique français les Echos qu’il «n’y a aucune raison d’appeler les entreprises à se retirer d’Algérie».

    Selon lui, «beaucoup parmi elles se croyaient immunisées contre ce type de risques, mais elles doivent prendre des précautions, car les attaques kamikazes peuvent se reproduire». Pour M. Caprioli, les risques sont loin d’être importants, notamment dans les grandes villes, comme Alger.

    «Lorsque les terroristes ont voulu infiltrer les zones urbaines, ils ont rapidement été neutralisés», a-t-il noté, estimant que le fait que les services secrets algériens aient pu déjouer la tentative d’enlèvement des deux employés français ADP montre «que les terroristes ne peuvent pas agir partout comme ils l’entendent».

    Selon OBG, certaines estimations officieuses évaluent l’impact du terrorisme sur l’économie algérienne à plus de 20 milliards de dollars au cours de ces dix dernières années, y compris les dépenses de sécurité et les dommages humains et matériels.

    Néanmoins, ce chiffre ne tient pas compte du manque à gagner, en termes d’investissements et de capitaux étrangers devenus frileux face à une économie à risque.


  2. #2
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    Lundi 8 octobre 2007 -- Si les autorités algériennes persistent à ignorer les problèmes socio-économiques du pays et se contentent de se concentrer sur les affaires sécuritaires, cela ne marchera pas et risque même de favoriser le terrorisme. Des propos un tantinet alarmistes, qui cadreraient assez bien avec le style de Mme Hanoune mais qui ne lui appartiennent pas.

    La réflexion était émise le week-end passé par Henry Wilkinson, analyste auprès de la société britannique Janussian Security Risk Management. L’oreille algérienne étant plus sensible à ce qui nous vient du vieux continent, l’avis risque donc d’être mieux pris en considération que les avertissements plus vieux dispensés périodiquement par Mme Hanoune et nombre de ses compatriotes opposants ou demi-opposants.

    Des conseils qui sont la sagesse même. Mais peut-on vraiment dire qu’on a négligé les aspects socio-économiques et que le pouvoir s’est fixé sur le seul volet sécuritaire ? Comment dans ces conditions a-t-on pu calmer les maquis pendant de longues années au point où le GSPC, malgré le fait qu’il ait plus d’âge que la Qaïda, s’était senti dans l’obligation de proclamer son allégeance à Ben Laden dans l’espoir de reprendre souffle et échapper à l’étouffement ? Sans aller jusqu’à évoquer l’ensemble des mesures en faveur du développement du pays, on ne peut cependant éluder un plan de relance qui pèse 150 milliards de dollars.

    Le problème de l’Algérie c’est qu’il n’y a aucune force populaire pour accompagner ce plan. Quant à l’alliance présidentielle, elle a démontré qu’elle était pratiquement incapable de conduire le plan ou de le concrétiser dans des proportions acceptables.

    En l’absence d’un parti politique réellement populaire, qui donc pourra répondre aux besoins socio-économiques du peuple sinon le peuple lui-même ? L’Etat algérien, et c’est douloureux de le dire, fonctionne comme un appareil gagné par la rouille et sans âme.

    En réalité, la corruption, l’injustice, la hogra, qui aident à une érosion rapide de nos valeurs, sont plus nocives et font plus de dégâts que le terrorisme puisque c’est leur nocivité qui l’alimente et l’entretient en même temps que toutes les formes de délinquance ou de banditisme.

    L’Etat dans tout cela ? L’Etat éprouve des difficultés ne serait-ce que pour garder convenablement la voie publique. L’Etat, donne l’impression de rester de marbre devant l‘insécurité généralisée à Annaba. Comme si l’Etat ne payait pas des gens et les chargeait de protéger les personnes et les biens.

    Comme si ces gens ne lisaient pas les journaux qui, pourtant, leur sont distribués gracieusement chaque matin ! Moribond il y a quelque temps, le terrorisme refait surface et se fait plus audacieux, plus imaginatif. On nous dit qu’il est téléguidé de l’étranger.

    Tout le terrorisme est étranger ? Si on arrive à convaincre de l’étranger nos jeunes à courir en nombre derrière le diplôme de kamikaze avec presque autant d’engouement que pour une partie de harragas, c’est que le mal est plus profond qu’il ne le paraît.

    Il est vrai que les émirs du GSPC ont frappé l’imagination et fait parler d’eux ces derniers temps mais, à part Hattab, ils sont en train de tomber comme des mouches, le dernier de l’hécatombe étant Fassila. Et, à ce train, rien ne dit que les familles de chez Michelin ne vont pas penser à nous revenir plutôt qu’on pourrait l’imaginer.


  3. #3
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    Mercredi 10 octobre 2007 -- Le verrouillage des espaces démocratiques exercé par le pouvoir algérien ne peut que pousser les élites à se renfermer encore plus sur elles-mêmes et laisser ainsi le champ libre devant le régime et les islamistes, ont averti avant-hier des participants à une conférence débat autour de la société civile en Algérie.

    Le rôle de la société civile algérienne ou le rôle qui devra être le sien dans le processus de libéralisation politique du pays a été, avant-hier, au centre des débats de la troisième soirée de ramadan organisée par la fondation Friedrich Ebert en son siège à Alger.

    En l’absence du chercheur libanais M. Ziad Madjed qui devait animer cette soirée conjointement avec M. Mahmoud Belhimer, celui-ci s’est retrouvé seul à la tribune pour traiter de cette épineuse question. M. Belhimer a fait un rappel historique succinct sur les causes de la situation politique actuelle du pays.

    Il a expliqué que «la notion de société civile renvoie à l’autonomie des acteurs sociaux et économiques par rapport à l’autorité politique. Et là, le rédacteur en chef du quotidien arabophone El-Khabar n’a pas caché sa déception vis-à-vis des acteurs de la société civile, «y compris la presse dont je fais partie», a-t-il dit, pour ne pas avoir joué le rôle qui devait être le sien dans l’accompagnement de la mutation politique du pays menée, a-t-il encore relevé, «brutalement et dans la précipitation après les événements d’octobre 1988.

    Car, selon lui, «le pouvoir a pu contrôler et contenir les mouvements existant déjà avant 1988, alors que ces derniers étaient capables d’imposer leurs idées et ne pas laisser le pouvoir décider tout seul». Même s’il reconnaît que «le changement ne se construit pas sur du néant», le conférencier estime que la crise provient de ce que l’ordre social actuel s’est construit dans l’anarchie, dans le rapport de force et dans la brutalité.

    La menace du FIS qui voulait exploiter la situation pour accéder au pouvoir, la crise économique ou même l’immaturité du peuple ont été, selon M. Belhimer, «parmi les principaux prétextes avancés par le pouvoir pour asseoir encore mieux son hégémonie sur la société».

    Cela même si ce pouvoir a ouvert quelques espaces qu’il s’efforcera toutefois de contrôler d’une façon infaillible. «Le pouvoir se présente, y compris dans la croyance des citoyens et des acteurs sociaux, comme étant le principal acteur de la vie politique du pays», a-t-il dit expliquant qu’en Algérie «il y a une attitude paternaliste consistant à dire que le pouvoir est le seul capable, le seul sachant ce qui est bien pour le pays et le peuple».

    Et quand on arrive à une telle situation d’hégémonie, «les associations et les acteurs de la société civile sont soumis et incapables de formuler des propositions ni a former de nouvelles élites». Une situation encouragée par la nature rentière de l’économie nationale.

    M. Belhimer citera entre autres exemples celui de l’alliance présidentielle «stérile, dominante et qui élimine toute sorte de concurrence». Dans le registre des symboles de l’échec de la transformation démocratique du pays, M. Belhimer a regretté le fait que «l’Algérie ne dispose pas encore actuellement d’un plan national de développement», avec tout ce que cela charrie comme faiblesse du pouvoir d’achat et de chômage.

    Selon lui, «il est impossible de réussir la transition démocratique dans un contexte marqué par le terrorisme, la répression et la corruption». Au chapitre des solutions, le conférencier comme les intervenants lors des débats ont été unanimes à appeler à «ouvrir et libérer des espaces démocratiques».

    Car, ont-il averti, «la fermeture des espaces démocratiques ne peut que pousser les élites à se renfermer sur elles-mêmes laissant libre cours aux islamistes et au régime incarné par le pouvoir». «On ne peut pas construire une société civile sous la menaces», a tonné M. Belhimer.

    Il relève que «la société et l’Etat ont vaincu le terrorisme mais l’intégrisme et l’extrémisme sont toujours là», relevant que jusqu’en 1999, «la société algérienne était prête à accepter d’autres alternatives autres que celles des extrémistes et du pouvoir».

    Mais M. Belhimer n’est pas trop optimiste, toutes les conditions qui avaient présidé à ce qui était arrivé en 1991 sont aujourd’hui là : extrémisme, misère sociale et fermeture des horizons. Et quand on sait que les mêmes causes produisent les mêmes effets, on ne peut que partager les inquiétudes de M. Belhimer.


  4. #4
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    ALGIERS, January 29, 2008 (Reuters) - Bombers who struck in Algeria on Tuesday, just weeks after an attack on U.N. offices, are finding eager recruits amid a bleak social setting of unemployment and political exclusion.

    An unhappy, alienated population that regards the state as indifferent to its plight is unlikely to give police enough information for a final victory over al Qaeda, analysts say.

    If nothing is done to correct Algeria's economic and political stagnation, radical "Islamists are going to continue to recruit young people who have no hope and are ready to do anything," said Kader Abderrahim, a Maghreb expert at the Institute of Strategic and International Relations in Paris.

    "Today there needs to be a real political change because the security situation can remain like this for years."

    Robert P. Parks, a political scientist who runs the Center of Maghreb Studies in Oran, said: "Standard anti-insurgency practice states that you get the people on your side."

    "But when many people engage economically with the black market, and disengage from the state politically and socially, they won't give security forces the indications they need."

    A car bomb in Thenia on Tuesday killed two people, the third big attack since a twin bombing in Algiers on December 11 claimed by al Qaeda that killed 41 people, including 17 U.N. employees.

    Security forces have since tightened security around Algiers and many foreign firms have implemented heightened protection.

    "The danger is still there. To address this phenomenon, we need a permanent mobilisation," Interior Minister Noureddine Yazid Zerhouni said on October 8.

    Major foreign companies operating in Algeria include oil majors Shell and BP, vehicle makers Renault and Peugeot, Banque Nationale de Paris and oilfield services firm Schlumberger.

    Analysts say security forces can only do so much, and in the long term it is only the politicians who can offer hope to a war-weary population desperate for work, housing and a future.

    "Security measures alone won't do it, not if socio-economic conditions don't improve and not if the state's responsiveness to people's needs doesn't improve," said Azzedine Layachi, an Algerian political scientist at St Johns University, New York.

    Police stations in the Algiers region have put up photos of 33 suspected would-be suicide bombers aged between 24 and 42 believed to be training for "kamikaze" attacks, El Watan daily reported on Tuesday. One of the 33 was a woman aged 26.

    Despite a petrodollar bonanza nearly 75 percent of Algeria's under 30-year-olds are unemployed and appeals for more housing are heard daily, reflecting the high percentage of young people in the country's 33 million population.

    The spate of suicide bombs in the past 12 months has only aggravated the gloomy social climate.

    The government is trying to create a productive economy outside oil and gas. But the hurdles are many, notably a bureaucracy hampered by red tape and command economics.

    Another is the long tolerated Islamist-driven black market, which many experts say now has a sizeable hold on the economy.

    Yet another is political apathy. Parliamentary polls last year drew a record low turnout, as voters protested at a lack of jobs and at political curbs on Islamists and secular opponents.

    "If you increasingly close off the space for legal political opposition to the state, that forces people to take illegal forms including violence as a way of challenging the state," said Geoff Porter of Eurasia Group.

    Security expert Liess Boukra said in September: "The military has done a good job, but not the politicians."

    "As long as you don't address political and ideological sides of the problem you won't succeed in your war on terror."

    President Abdelaziz Bouteflika is expected to try to change the constitution and stand for a third term in 2009 elections, meaning he could stay in power until 2014. His supporters say he needs the time to finish a big programme of national rebuilding.

    Others are not so sure the move is wise. "There is talk of ... a third term," said Abderrahim. "The (rebel) message will be 'there is nothing (good) to expect from this kind of regime'. It's going to reinforce the hardliners in terrorist ranks."

    The violence is a far cry from the 1990s, when the army fought a rebellion by tens of thousands of Islamists after the government scrapped elections an Islamic party was poised to win.

    But their new suicide bombing tactics have proved effective. In the field there is a see-saw pattern of action, where army offensives provide only temporary respite against more bombings.

    When police shot dead al Qaeda's Algiers chief in October, the authorities celebrated what one daily called a "big haul".

    Two months later the city was hit by the December 11 blasts. And al Qaeda later publicly named its new Algiers chief - Rachid Abdelmoumen, a veteran of the ultra radical Armed Islamic Group, a now disbanded group that attacked civilians as well as police.

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