Dimanche 11 Mai 2008 -- Deux poids lourds du gouvernement français – Michèle Alliot-Marie et Bernard Kouchner - en visite à Alger en moins d’une semaine : c’est du jamais vu dans l’histoire des relations algéro-françaises. Hormis dans des situations d’urgence, une telle fréquence de déplacements est exceptionnelle entre deux pays. Et justement, entre Alger et Paris, l’urgence s’appelle désormais l’Union pour la Méditerranée (UPM).
Nicolas Sarkozy est obnubilé par la réussite de son projet. Pour y parvenir, le président français multiplie les concessions en direction des pays concernés. Mais si le Maroc et la Tunisie ont été faciles à convaincre, la situation est plus complexe dans le cas de l’Algérie. Le 5 décembre dernier, à Constantine, dans un discours lu en arabe, le président Bouteflika, devant son homologue français qui effectuait une visite d’Etat en Algérie, avait clairement évoqué les conditions algériennes pour prendre part à l’UPM : la mémoire, le règlement du conflit au Sahara occidental et l’instauration d’un Etat palestinien. Des conditions quasi-impossibles à satisfaire pour le chef de l’Etat français.
Et depuis quelques semaines, les Algériens ont mis sur la table une nouvelle exigence aussi difficile à satisfaire que les trois premières : la libre circulation des personnes entre les deux rives de la Méditerranée. Sur ce point, la ministre française de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, en visite à Alger mardi et mercredi derniers, a répondu non. L’Europe est en effet engagée dans une politique de réduction des flux migratoire et le Maghreb, au regard de sa situation social et économique, n’est pas une zone éligible à l’immigration, même choisie. Les Européens préfèrent désormais se tourner vers leurs nouveaux voisins de l’Est pour se procurer une main d’œuvre aussi bon marché que la maghrébine et surtout culturellement mieux acceptée par la « vieille Europe ».
A Alger, Bernard Kouchner sera reçu par le président Bouteflika, le premier ministre Belkhadem et son homologue des affaires étrangères Mourad Medelci, selon un programme non officiel obtenu par toutsurlalgerie.com auprès de sources concordantes. En avril 2006, le chef de l’Etat algérien avait reçu le prédécesseur de M. Kouchner, Philippe Douste-Blazy, pendant plus de trois heures. La durée de l’entretien entre le président Bouteflika et son invité pourrait être le seul indicateur de l’évolution de la position algérienne sur le dossier de l’UPM.
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11th May 2008 20:35 #36
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Sonia Lyes :
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11th May 2008 21:07 #37
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Anis Merkal :
Dimanche 11 Mai 2008 -- Le ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner sera-t-il reçu par le président Bouteflika ? A Alger, la question est sur toutes les lèvres, depuis la confirmation par le Quai d’Orsay de la visite du «french doctor» en Algérie pour ce lundi 12 mai. Une chose est sûre : selon nos informations, la demande d’audience introduite par les français n’avait pas encore eu de réponse de la présidence de la république, dimanche en fin d’après-midi, à quelques heures de l’arrivée du chef de la diplomatie française.
Dans un entretien accordé à l’agence officielle algérienne, Bernard Kouchner a indiqué qu’il était porteur d’un message de Nicolas Sarkozy à son homologue algérien, sans préciser pour autant s’il va ou non le rencontrer. Il faut dire que cette visite de Kouchner, annulée dans un premier temps pour raisons d’agenda, prend des allures de précipitation. Paris qui a délégué sa ministre de l’intérieur Michèle Alliot-Marie la semaine dernière ne semble pas avoir eu les assurances escomptées d’Alger sur le fameux projet cher à Sarkozy, l’Union pour la méditerranée.
Interrogée d’ailleurs sur l’annulation de la visite de Kouchner, Mme Alliot-Marie s’est a eu une réponse somme toute ambiguë : «vous avez la ministre de l’intérieur!». En déléguant Kouchner, Sarkozy entend donc « faire le forcing » dans une relation qui traverse une zone de turbulences d’autant que des « fuites » dans les médias ont levé le voile sur l’architecture de la future Union pour la Méditerranée. Et qui voit l’Algérie relégué au rang de «faire valoir».
En effet, la présidence reviendrait à l’Egypte, le siège à la Tunisie alors que le secrétariat général reviendrait au Maroc. En se montrant hésitant à recevoir le patron de la diplomatie française, Bouteflika semble vouloir signifier à ses interlocuteurs que le projet tel que mené est loin de l’agréer. Sauf revirement de l’ultime minute, Bouteflika ne devrait donc pas recevoir Bernard Kouchner. Un indice ? Les médias officiels, notamment l’agence APS et la Télévision n'ont pas été conviées, contrairement aux us de la boite, à couvrir cette hypothétique rencontre.
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12th May 2008 11:40 #38
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Lundi 12 Mai 2008 -- Le ministre français des Affaires étrangères et européennes Bernard Kouchner, est arrivé lundi à Alger pour une visite-éclair en Algérie qui sera centrée sur la présentation du projet d'Union pour la Méditerranée (UPM). M. Kouchner a été accueilli à l'aéroport par le ministre des Affaires étrangère Mourad Medelci, avec lequel il doit avoir un premier entretien avant d'être reçu par le président Abdelaziz Bouteflika. Le ministre français doit regagner Paris en milieu d'après-midi.
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12th May 2008 12:02 #39
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Lundi 12 Mai 2008 -- Michèle Alliot-Marie n'est pas mécontente d'avoir assis un peu plus son image de femme d'État lors de son récent voyage à Alger. Une visite dont les enjeux sont allés bien au-delà de ses ambitions personnelles. La ministre a bel et bien vendu les compétences françaises en matière de sécurité. Car, entre la France et l'Algérie, au-delà des politesses diplomatiques, c'est du donnant-donnant. Les Français ont un savoir-faire reconnu et désirent plus que jamais l'exporter. Les Algériens, eux, ont du pétrole et d'immenses besoins sécuritaires. Et le prix du baril s'envole…
En recevant la ministre dans son palais d'Alger, planté d'eucalyptus, le président Abdelaziz Bouteflika voulait l'entretenir de ce qui se passe dans le sud de son pays. Car l'instabilité de la zone sahélienne préoccupe plus que jamais le chef de l'État algérien. Ce jour-là d'ailleurs, des rebelles touareg ont attaqué deux camps militaires au Mali, tuant un soldat et pillant une armurerie dans une garnison distante de 250 km, à la frontière algérienne.
Liste de «courses»
De son côté, Michèle Alliot-Marie a insisté sur les dangers du trafic de cocaïne qui passe désormais par l'Afrique et le Sud algérien avant d'inonder l'Europe. Elle a milité pour l'instauration d'un centre de coopération antidrogue pour la zone Méditerranée, à l'instar de celui qui a été installé à Lisbonne pour surveiller la façade Atlantique. Toulon, il est vrai, est candidat pour l'accueillir. Plus de 130 000 hommes ! Autant que la France compte actuellement de policiers. Ce que prévoit de recruter, en seulement trois ans, le ministère de l'Intérieur algérien en policiers, gendarmes et soldats du feu est proprement ahurissant. Et c'est Paris qui sera privilégié pour aider à la formation de cette force renouvelée. Michèle Alliot-Marie y voit le signe d'une «relation d'exception». D'ici à 2010, les effectifs de la police algérienne vont donc passer de 140 000 à 200 000 agents, ceux de la gendarmerie de 80 000 à 120 000 militaires et ceux de la Sécurité civile, de 30 000 à 60 000 hommes.
Les candidats ne manqueront pas : dans ce pays de 33 millions d'âmes, où 65 % de la population a moins de 30 ans, le seul concours national de la Sécurité civile en 2007 avait offert 2 000 places à quelque… 60 000 inscrits. Quand le plan de recrutement sera réalisé, l'Algérie comptera un agent de sécurité pour 100 habitants, soit trois fois plus qu'en France. Pour un territoire à contrôler trois fois plus étendu.
Alger a donc établi sa liste «de courses» : du matériel, des formations adaptées, notamment sur les techniques d'intervention et la gestion des foules, des échanges de cadres, des outils performants de police scientifique pour remonter son taux d'élucidation des affaires, des formateurs de formateurs.
Michèle Alliot-Marie veut aller plus loin encore, en développant des équipes communes d'enquête. Et puis, dit-elle, en termes choisis, «nous sommes, pour notre part, demandeurs de l'expertise algérienne remarquable dans des domaines tels que la lutte antiterroriste». La politique de concorde nationale du président Bouteflika a déjà conduit à la remise en liberté de quelque 2 000 islamistes incarcérés en Algérie. «Beaucoup se sont retrouvés au cœur de nouveaux massacres», déplore un cadre de la Sûreté nationale algérienne. «Certains se promènent également entre Alger et Paris», reconnaît un magistrat parisien. Une situation d'autant plus délicate que d'autres libérations pourraient suivre.
À l'ambassade de France à Alger, villa des Oliviers, cinq policiers et gendarmes gèrent les demandes d'entraide judiciaire envoyées depuis Paris.
Un travail à flux tendu sur des centaines de dossiers. Michèle Alliot-Marie le disait dans l'avion du retour : «L'Algérie est devenue pour nous un partenaire stratégique.» L'une des clés de notre propre sécurité.
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12th May 2008 15:00 #40
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Lundi 12 Mai 2008 -- Le ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner a été reçu, lundi en fin de matinée à la résidence d’Etat de Djenane El Mithak à Alger, par le président Bouteflika pour un entretien qui se poursuivait encore au moment où nous mettons en ligne.
Selon une source diplomatique française contactée par toutsurlalgerie.com, cet entretien sera suivi d’un déjeuner entre les deux hommes à la même résidence, en présence de personnalités algériennes et françaises. M. Kouchner est porteur d’un message du président français Nicolas Sarkozy à son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika dont on ignore la teneur. Mais le projet de L’Union de la Méditerranée devrait être au cœur de la visite du ministre français des affaires étrangères à Alger.
Bernard Kouchner est le second poids lourd du gouvernement français à se rendre à Alger, en moins d’une semaine. Mardi et mercredi derniers, la ministre française de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie avait effectué une visite de travail en Algérie où elle a notamment rencontré le président Bouteflika.
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12th May 2008 15:47 #41
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12th May 2008 16:03 #42
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ALGIERS, May 12, 2008 (AFP) — French Foreign Minister Bernard Kouchner Monday paid a one-day visit here for talks to allay Algerian doubts about a projected Mediterranean Union, press reports said.
Kouchner was set to meet Algerian Foreign Minister Mourad Medelci and President Abdelaziz Bouteflika.
Press reports here said Algeria was seeking clarification of the Mediteranean Union project to be announced officially on July 13 by France's President Nicolas Sarkozy at a summit of Mediterranean candidates eligible to join the proposed new bloc.
The European Union project, which has met with a cool welcome from some of France's EU partners, aims to improve trade, transport and energy links between southern European countries and nations around the Mediterranean including Morocco, Syria, Israel and Turkey.
"Mr Kouchner's talks in Algiers aim primarily to overcome Algerian reservations," said the independent newspaper El Watan, describing the Kouchner mission as a "difficult gamble."
Algeria has particular reservations about Sarkozy's attitude to Iran and policy on Israel, the daily said.
The independent newspaper Djazair News said Algeria would impose three conditions for joining the Mediterranean Union: France's acknowledgement of crimes it committed during its colonial rule in Algeria, a lasting and equitable solution to the dispute over the Western Sahara, and a just solution to the Palestinian question.
It was not logical that Israel should be a member of a Mediterranean Union "while it is the cause of Middle East problems," the newspaper said.
In an interview with the Algerian press agency APS Sunday, Kouchner said his country counted on support for the Mediteranean Union from Algeria, "as one of its major partners."
"We attach much importance to the success of this project which will be at the heart of the French prsesidency of the European Union starting July 1," Kouchner was quoted as saying.
Sarkozy is determined to advance the plan when he takes over the rotating EU presidency in July.
The EU already has a framework for political, economic and social ties around the Mediterranean basin, the so-called Barcelona Process, but this has regularly been thwarted by confrontation between Israel and Arab countries.







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