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  1. #8
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    Lounes Guemache :


    Mercredi 26 Mars 2008 -- Le ministre du travail Tayeb Louh a annoncé il y a quelques jours une nouvelle stratégie destinée à lutter contre le chômage. Le programme de M. Louh prévoit notamment la création de 450 000 emplois par an sur cinq ans. C’est un peu ambitieux pour un pays comme l’Algérie. A titre de comparaison, la France, quatrième puissance économique mondiale et comptant deux fois plus de population que l’Algérie, n’a créé (que) 300 000 emplois dans le privé en 2007. En 2008, ce pays prévoit de faire aussi bien, voire un peu moins bien au regard du contexte économique international qui s’annonce difficile.

    Quel crédit peut-on donc accorder au programme de M. Louh ? Au-delà du caractère exagéré de ses prévisions sur l’emploi, ce ministre n’en n’est pas à sa première annonce ambitieuse. Il y a deux ans M. Louh, s’appuyant pourtant sur l’expertise d’une société française – Gemalto - leader dans son domaine, annonçait la fin du calavaire pour les assurés sociaux, grâce au déploiement massif de la carte « chifa » dès 2007. On connaît la suite : cafouillages, délais non respectés, annonces contradictoires de la part du ministre lui-même…

    Comme tous les autres ministres du gouvernement qui ont échoué dans leurs domaines respectifs, M. Louh ne risque pas d’admettre son échec de ce projet, pourtant à la portée d’un simple chef de projet dans une grande entreprise ou administration. Dans quelques mois, Tayeb Louh trouvera sans doute de nouvelles explications et annoncera de nouvelles échéances pour la réalisation de son ambitieux programme sur l’emploi. Le développement du marché de l’emploi attendra…

  2. #9
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  3. #10
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  4. #11
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  5. #12
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  6. #13
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    Karima Mokrani :


    Mercredi 2 Avril 2008 -- Depuis le temps que le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, M. Djamel Ould Abbes, et ses proches collaborateurs, à leur tête le directeur de l’emploi, M. Saïd Anane, promettent aux jeunes inscrits dans les dispositifs de «l’emploi des jeunes» d’améliorer progressivement leur situation, rien de tangible n’est encore constaté sur le terrain. Des centaines de milliers de jeunes à travers le pays, des universitaires, des techniciens supérieurs, des diplômés de la formation professionnelle… et même des médecins et des chirurgiens-dentistes, continuent d’émarger dans ces dispositifs.

    ESIL, IAIG, CPE… des dispositifs et des limites

    Ils s’occupent des mêmes tâches confiées aux titulaires, pendant les mêmes heures de travail, pour, toutefois, un salaire à la limite de l’insulte. 2 280 DA/mois pour ceux qui sont inscrits dans l’ESIL (emploi salarial d’intérêt local), 3 000 DA/mois pour ceux qui sont dans l’IAIG (indemnité d’activité d’intérêt général) et 7 200 DA pour ceux qui sont dans le CPE (contrat de pré-emploi). Ce sont là les trois dispositifs qui enregistrent le plus grand nombre d’inscrits dans cette politique, appelée communément «l’Emploi des jeunes», mise en œuvre par le département de M. Ould Abbes à la fin des années 1990. Les deux premiers dispositifs comptent plus de personnes que le dernier. En plus du salaire dévalorisant, les jeunes sont à la fois mésestimés et surexploités. Ils n’ont aucune possibilité de défendre leurs intérêts. Et s’ils manifestent le moindre sentiment de révolte, ils seront tout simplement mis à la porte. Même dans l’unité d’action, leur mouvement de protestation n’aboutit pas. C’est la logique de l’emploi provisoire. Un provisoire qui dure des années. C’est à prendre ou à laisser. A-t-on vraiment le choix ?

    Le seul avantage de cette politique, c’est la couverture sociale. Les jeunes employés sont assurés et, par conséquent, ils ouvrent droit aux remboursements médicaux. C’est l’Etat qui paie les cotisations à la CNAS (Caisse nationale d’assurance sociale). Les contrats d’ESIL et d’IAIG sont à durée de trois mois, souvent renouvelables, quoique difficilement. Il faut toujours solliciter des proches pour des interventions. Ce qui est en soi un piège pour faire travailler davantage un jeune ayant déjà de l’expérience - l’établissement employeur n’aura pas à investir dans sa formation - sans le payer en contrepartie.

    Les contrats du CPE durent dix-huit mois. Les textes réglementaires favorisent les jeunes inscrits dans ce dispositif pour l’accès aux postes permanents, mais interdisent tout renouvellement du contrat CPE dans les trois années qui suivent. Autrement dit, si, au bout de dix-huit mois, le jeune ne bénéficie pas d’un recrutement définitif, il ne pourra postuler à un nouveau contrat CPE pendant trois années, surtout dans l’établissement ou l’entreprise où il a déjà travaillé. Il sera donc au chômage pendant trois autres années, sauf si, par chance, il décroche un job ailleurs.

    Jouer sur les chiffres

    Le drame dans tout cela, c’est que tous les jeunes inscrits dans ces dispositifs sont comptabilisés dans le taux de chômage en Algérie, qui est seulement de 12%, selon le ministre M. Ould Abbes, lequel ne manque pas une occasion d’affirmer sa «grande satisfaction» de cette baisse considérable du taux de chômage.

    Est-il juste de comptabiliser ces jeunes qui travaillent pour un salaire de 2 280 à 3 000 DA pendant quatre, cinq, six années… dix années, voire plus, dans le calcul du taux de chômage, au moment même où le sac de semoule de 25 kg atteint les 1 000 DA et le bidon d’huile les dépasse ? Que va faire une famille avec un salaire de 2 000 à 3 000 DA ? Même à 7 000 DA ? N’est-ce pas du mépris envers toutes ces personnes qui se sacrifient des années durant, dans l’espoir d’avoir un travail stable ? Cette politique de M. Ould Abbès n’est, en fin de compte, qu’un leurre. Une politique de fuite en avant. Un trompe-l’œil. Une soupape de soulagement pour les jeunes en colère. C’est surtout un subterfuge, un tour de passe-passe pour jouer sur les chiffres et leur faire dire que tout est bien dans le meilleur du monde. Les mots ne sont pas exagérés. Car, c’est le moins que l’on puisse dire d’une réalité amère subie au quotidien par des pans entiers de la population algérienne. De nombreuses familles peinent à subvenir au minimum de leurs besoins alimentaires. Sans compter les soins, la scolarisation des enfants, les déplacements, etc.

    Recrutement à Algérie Poste

    Interrogé sur le devenir de ces jeunes, le ministre M. Ould Abbès a affirmé qu’un projet est en cours pour la révision de ces dispositifs. Revoir à la hausse le montant des indemnités et engager des discussions avec les entreprises employeurs pour leur recrutement définitif. Cela fait déjà presque deux ans depuis que le ministre a fait ces déclarations. Deux ans après, les indemnités salariales ne sont pas augmentées. Elles sont restées au même niveau qu’il y a presque dix ans. Alors qu’elles devaient, à la base, correspondre au montant du SMIG (Salaire minimum garanti, aujourd’hui de 12 000 DA), selon ce que recommandent les articles de création des différents dispositifs. Même chose pour les discussions devant avoir lieu avec les établissements et les entreprises employeurs. Rien de concret ne semble être effectué jusqu’à aujourd’hui. Ce qui a été réalisé – la titularisation des jeunes inscrits dans les dispositifs de «l’Emploi des jeunes» - était la propre initiative des établissements employeurs, qui veulent en finir avec ce genre de problèmes en investissant comme il se doit dans le développement des ressources humaines. L’exemple de l’APC de Sidi M’hammed à Alger est, à ce titre, à encourager. «Algérie Poste» aussi bien qu’elle ait beaucoup attendu pour permettre à ces jeunes d’accéder à un emploi permanent (après cinq à sept ans de travail dans l’Emploi des jeunes).

    En effet, de grands efforts ont été fournis par cette entreprise pour réhabiliter ces jeunes en proie à un désespoir grandissant. Malheureusement, pour elle, – et par conséquent, pour beaucoup de jeunes - des défaillances et tricheries ont accompagné cette opération. La preuve en est le nombre encore considérable des jeunes qui attendent leur titularisation au sein même de cette entreprise. Les pleurs de cette jeune préposée au guichet, très appréciée par ses clients pour son sérieux, son amabilité et son assiduité, en disent long sur les dépassements en la matière. La jeune fille dénonce le recrutement, pour des postes de titulaire, des personnes externes qui n’ont jamais travaillé dans l’entreprise, ni même ailleurs. Elle dénonce cette injustice flagrante, commise au vu et au su de tout le monde sans pouvoir réagir. La jeune fille s’estime pourtant prioritaire. Elle est à la Poste depuis plus de six ans. Elle arrive au bureau avant l’ouverture de la Poste et ne le quitte qu’après sa fermeture. Plus que cela, elle est souvent sollicitée pour la formation de nouvelles recrues. Jusqu’à quand «Algérie Poste» continuera-t-elle d’ignorer ces cas ? Jusqu’à quand continuera-t-elle de feindre de les ignorer ? N’est-il pas temps de revenir avec des enquêtes approfondies sur ce problème qui ne fait que ternir son image ?

    «Les employés jetables, les bouche-trous»

    Les dépassements de ce genre ne sont pas propres à cette entreprise. D’autres cas sont signalés ailleurs (dans des départements ministériels, des administrations publiques, des établissements scolaires, des structures de santé…). Des jeunes «sans épaule» sont surexploités et ignorés, et d’autres, sans diplôme ni qualification, sont recrutés pour des postes de permanent, sans la moindre expérience au préalable. Le ministre, M. Ould Abbès, est-il au courant de cela pour prétendre aller de l’avant dans une politique qui a montré toutes ces limites ?

    Il ne faut pas donc s’étonner de constater des erreurs dans son extrait de naissance… ou tout autre papier fait à la mairie ou ailleurs, par un jeune inscrit dans l’un ou l’autre de ces dispositifs. C’est la conséquence tout à fait logique de cette politique de démobilisation qui tend chaque jour davantage à se normaliser. «On n’évolue pas», regrette une universitaire (licence en droit, plus un capa), chargée d’enregistrer les noms des personnes qui passent au service de médecine légale dans un hôpital à Alger. Une autre, licenciée en sciences politiques et relations internationales, travaille au bureau de l’ordre. Une autre, ayant le même diplôme, s’occupe de tâches purement administratives. «Elles se surnomment les employées jetables. Les bouche-trous», indique un enseignant, témoin de la détresse de nombreux de ces jeunes, dans des établissements scolaires à Alger. Un autre affirme que c’est une jeune employée dans le cadre de l’ESIL qui s’occupe de tout le travail du censeur dans l’un de ces établissements. Une manière de dire à quel point ces jeunes sont surexploités. Pour cet enseignant : «Il s’agit là d’une mauvaise utilisation de la ressource humaine. Il faut absolument mettre un terme à cette politique.»

  7. #14
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    Madani Azzeddine :


    Mercredi 2 Avril 2008 -- Comme partout ailleurs dans le pays, les jeunes dans la wilaya de Aïn Defla éprouvent d’énormes difficultés à décrocher un poste de travail qui corresponde à leurs qualifications, leur niveau d’instruction ou leur diplôme, obtenu après tant d’années passées à l’université. Les différents dispositifs lancés par les pouvoirs publics n’arrivent plus à satisfaire la demande sans cesse croissante des jeunes, d’autant que, chaque année, des centaines d’entre eux bénéficient de la fameuse «carte bleue», une carte ouvrant droit à certains avantages qui demeurent cependant encore loin des attentes et des souhaits de ces jeunes pleins d’énergie.

    Depuis un certain temps, les concours de recrutement ne drainent plus beaucoup de candidats, car nombreux sont ceux qui sont refroidis par les sélections où priment le passe-droit et le favoritisme. Il est de notoriété publique que la transparence des sélections n’est qu’un vain mot. D’ailleurs, avant de songer à déposer un dossier de candidature, le jeune cherche d’abord une connaissance pouvant l’introduire, quelqu’un connaissant un des membres de la commission. Dans cette wilaya, on entend ici et là ces histoires de jeunes travaillant dans le cadre du pré-emploi n’ayant pas eu droit aux avantages de ce dispositif qui prévoit pourtant une priorité dans le recrutement lors du lancement des concours.

    Au niveau de la direction des œuvres universitaires de cette wilaya, des jeunes filles exerçant dans le cadre de ce dispositif n’ont pas été retenues lors du concours de recrutement. Elles ont été renvoyées parce qu’elles ont dénoncé le recrutement de personnes externes au dispositif et ont revendiqué leur droit. Benyoucef, un jeune licencié en sciences islamiques, qui a eu un poste d’emploi à la direction de wilaya des affaires religieuses grâce à ce dispositif, s’est retrouvé dehors à la fin de son deuxième contrat. Un autre jeune rencontré nous a dit qu’aucun recruteur ne donne une importance aux orientations de ce dispositif qui a besoin d’être renforcé par des textes réglementaires. «Vous travaillez toute la durée du contrat pour un maigre salaire puis on vous jette à la rue. Ce n’est pas normal tout ça», affirme Kamel, un jeune chômeur, avant d’ajouter : «A quoi bon avoir une expérience qui ne compte pas dans ces concours de recrutement ?»

    Par ailleurs, les chiffres donnés par les pouvoirs publics et figurant dans le rapport de wilaya, publié récemment, disent qu’en 2007 cette wilaya a créé 34 906 postes de travail, dont 1 487 permanents, dans la wilaya de Aïn Defla. Les autres sont classés comme temporaires. Une lecture des chiffres de ce rapport montre que le programme CPE a vu l’intégration de 1 100 universitaires dans les administrations relevant de la fonction publique et autres sociétés. Le dispositif de l’ESIL a enregistré 1 900 postes temporaires, l’IAIG 3 000. Le TUP-HUMO a créé, quant à lui, 1 413 emplois temporaires, alors que l’Agence de développement sociale (ADS) en a offert 79.

    A part ces dispositifs, d’autres programmes de développement ont créé aussi des postes de travail temporaire. Il s’agit du Plan de développement communal (PCD) qui a créé 4 960 postes, du Plan sectoriel de développement (PSD) avec 4 491 et des différents programmes de logements qui en ont créé 4 710.

    Durant cette même année, le programme FNRDA, relevant du secteur de l’agriculture, a créé 100 postes temporaires tandis que le programme d’emploi rural en a, lui, créé 7 045 à travers les communes rurales de cette wilaya. D’autres projets ont contribué aussi à la création de postes de travail, mais toujours dans le cadre de contrats à durée déterminée (CDD) tel le projet de l’autoroute Est–Ouest qui a contribué avec 4 371 emplois et le projet du chemin de fer avec 250. Par ailleurs, selon ce même rapport, 815 postes de travail permanent ont été ouverts durant cette année par recrutement direct, dont 321 postes au niveau des administrations de la fonction publique, 180 dans les communes et 314 dans les entreprises publiques.

    Après ce diagnostic de la situation de l’emploi dans cette wilaya, il apparaît que ces nombreux programmes n’arrivent pas à offrir des postes de travail de longue durée ou des contrats à durée indéterminée (CDI) pour ces jeunes qui demandent la stabilité de leur situation pour penser à leur avenir et organiser leur vie. Les différents programmes de développement tels que le PCD, le PSD et autres doivent permettre de créer des postes de travail permanent, particulièrement dans le gardiennage, l’entretien des espaces verts et la préservation de l’environnement en général. Des réflexions dans ce sens sont à lancer afin d’assurer une exploitation judicieuse des enveloppes financières importantes allouées à ces programmes.

    En somme, il reste beaucoup à faire pour rendre efficaces les différents programmes d’emploi dans cette wilaya où on voit grossir la masse de jeunes dans la rue, s’épuisant à la recherche d’un «job» qui leur garantit au moins les besoins de la vie quotidienne devenue un enfer avec la flambée des prix et la dégringolade du pouvoir d’achat.

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