Mercredi 2 Avril 2008 -- La famille de l’ancien président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), cheikh Mahfoud Nahnah, décédé à Alger le 19 juin 2003, a organisé un dîner, dans la soirée de lundi dernier, au domicile familial à Blida, en l’honneur des fondateurs du parti et compagnons du défunt. La rencontre conviviale a regroupé plus de 150 cadres du Mouvement à leur tête Abdelmadjid Menasra, candidat à la présidence du parti. «Ils étaient là pour rendre hommage au père spirituel de la Haraka», nous a confié un cadre du MSP. Mais au-delà de l’hommage, la famille du cheikh, affirme notre source, veut envoyer un message politique clair : son soutien à la candidature de Abdelmadjid Menasra.
En effet, fort du soutien de la majorité des membres du conseil consultatif, des parlementaires, de l’instance des fondateurs et de la commission préparatoire du congrès, présidée par M. Salem Cherif, un farouche opposant à Bouguerra, Abdelmadjid Menasra, vice-président du parti islamiste, se place en concurrent sérieux à l’actuel président du parti. Un cadre du parti, sous le couvert de l’anonymat, souligne que la partie entre les deux candidats n’est pas encore jouée. «Tout va se jouer lors du congrès qui se tiendra à la fin du mois en cours», précise notre source.
Par ailleurs, notre interlocuteur minimise l’ampleur des divergences qui existent entre les partisans des deux candidats. «Les divergences ne sont pas de fond. Les partisans de Menasra reprochent à Bouguerra sa grande proximité avec le pouvoir, notamment dans son discours, son faible niveau politique mais, en réalité, tous convergent vers le soutien de la candidature du président Bouteflika pour un troisième mandat», précise le cadre du MSP.
Par ailleurs, ajoute-t-il, le MSP n’exprimera son soutien à la révision de la Constitution et au troisième mandat du président Bouteflika qu’après la tenue du 4ème congrès et l’élection du conseil consultatif, instance habilitée à trancher sur les questions politiques. «Une chose est certaine : le futur président du MSP, qu’il s’appelle Bouguerra ou Menasra, exprimera le soutien du parti à la candidature de M. Bouteflika pour un troisième mandat», affirme notre source.
Même si la partie n’est pas encore jouée, Mensara a-t-il de fortes chances de succéder à Bouguerra à la tête du parti ? Notre interlocuteur affirme qu’en dépit du soutien que lui apportent les cadres dirigeants, M. Menasra ne jouit pas d’un soutien important au niveau de la base militante. «Je pense que, pour l’instant, la majorité des délégués au congrès sont des partisans de M. Bouguerra.»
Conforté par le soutien que lui apporte la base militante, M. Bouguerra a, d’ailleurs, fait une proposition qui consiste à faire élire le président du Mouvement par le congrès. «Ce n’est pas au congrès d’élire le président. Nous devons respecter les statuts et règlement intérieur qui stipulent que le président est élu par le conseil consultatif», rétorquent les partisans de M. Menasra.
Pour rappel, lors du dernier congrès tenu en août 2003, Bouguerra Soltani était confronté à un sérieux rival, en l’occurrence M. Abderrahmane Saïdi, dont la candidature était parrainée par 18 membres du bureau exécutif. M. Bouguerra avait remporté l’élection avec 105 voix contre 95 exprimées en faveur de son rival. Le scénario va-t-il se répéter ?
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2nd April 2008 17:57 #1
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La bataille pour la présidence du MSP s’intensifie
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2nd April 2008 18:52 #2
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Mercredi 2 Avril 2008 -- Abdelmadjid Menacera, le vice-président du Mouvement de la société pour la paix, a remporté une nouvelle victoire dans la course à la présidence du parti, grâce au large soutien de la famille du créateur Mahfoud Nahnah, qui a organisé une grande fête en son honneur à Blida, en présence des fondateurs du mouvement et des compagnons de prison du défunt.
La lutte entre le président Aboudjerra Soltani et Menacera, en prévision du congrès, a pris une tournure décisive avec l’entrée de la famille de Mahfoud Nahnah dans le rapport de force à l’intérieur du parti, en cautionnant Menacera avant qu’il annonce officiellement son envie de se porter candidat.
Les dix héritiers du défunt fondateur ont organisé, la nuit dernière, un repas dans la grande maison de la famille à Blida, où ont été conviés les compagnons de prison de Nahnah durant les années 1970, ainsi que quelques fondateurs et un grand nombre de militants du mouvement venus de plusieurs wilayas.
Salah Eddine, le deuxième fils de Nahnah, a expliqué à El Khabar la valeur symbolique de l’invitation en déclarant : « C’est une initiative de la famille afin de montrer notre soutien au frère Menacera que nous considérons comme un des dirigeants du mouvement et le plus fidèle à sa ligne ». Il a ajouté : « Le mouvement a besoin de décisions et de positions fermes, et sur ce point la famille du cheikh refuse de prendre le bâton par le milieu, car le parcours du parti a connu des perturbations depuis la mort du fondateur, et je pense que Menacera est le plus apte à remettre le train sur les rails ».
Les allusions de la famille, concernant la ligne du parti, s’adressent à Soltani à qui l’on reproche des erreurs qui ont fait du tort au mouvement.
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3rd April 2008 04:56 #3
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Jeudi 3 Avril 2008 -- Alors que le congrès du parti est pour bientôt, la guerre pour le poste de numéro 1 au MSP fait rage entre Abou Djerra Soltani et Abdelmadjid Menasra. L’actuel patron privilégie, pour le moment, le contact avec la base en multipliant les sorties dans les wilayas. Abdelmadjid Menasra opte, de son côté, pour le lobbying. En effet, il était avant-hier la guest-star d’un dîner organisé par la famille Nahnah et ses amis. Curieusement, Abou Djerra a brillé par son absence. Un des proches de ce dernier nous a indiqué qu’Abou Djerra avait un “impondérable de dernière minute qui l’a empêché de venir au couscous familial”.
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12th April 2008 14:28 #4
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Samedi 12 Avril 2008 -- Alors que la date du congrès du parti approche, la guerre en sourdine que se livrent à distance Aboudjerra Soltani et Abdelmadjid Menasra se poursuit. De passage à Saïda jeudi dernier pour rencontrer les bases locales de la formation, Aboudjerra déclare en aparté que ce sont les voix de ces bases militantes qui seront décisives quant au choix de la future direction du parti. Pour ceux qui n’ont pas compris cette sortie, qui a l’air pourtant évidente, Aboudjerra fait allusion au travail de lobbying de son rival en coulisses. En effet, Menasra et ses partisans ont organisé la semaine dernière un couscous au domicile du défunt Mahfoud Nahnah. Ce qui est considéré par Aboudjerra et les siens comme une tentative de la part de Menasra d’accaparer l’héritage du cheikh.
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12th April 2008 19:08 #5
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Samedi 12 Avril 2008 -- Intervenant hier devant ses militants à Boumerdès, à l’occasion de la préparation de son prochain congrès, Abdelmadjid Menasra a reconnu qu’il a des divergences avec Abou Djerra Soltani sur certaines questions, mais rejette le terme de confrontation. “Il n’y a pas de division ni de confrontation au sein de la direction du MSP, mais seulement de différences de points de vue que nous allons régler lors de notre prochain congrès”, a ajouté le n°2 du parti.
Commentant les dernières informations parues dans la presse au sujet de “divisions qui minent le MSP”, M. Menasra a affirmé que “son organisation n’est pas un parti “taïwan” qui se casse facilement avec des allégations écrites”, ajoutant que le MSP donnera l’exemple lors de son IVe congrès. “Nous allons donner des leçons aux autres partis en matière d’exercice de la politique, notamment en cette période où le jeu politique est devenu très fermé en Algérie”, a-t-il affirmé. Et d’ajouter dans le même sillage que “si les partis font comme certaines organisations politiques qui ont fermé le jeu politique et dont les résultats étaient connus d’avance, le multipartisme en Algérie n’aura plus aucun sens”.
Le n°2 du MSP regrette que des jeunes meurent dans la mer alors que le pétrole a dépassé le seuil des 110 dollars le baril tout en admettant que tout le monde est responsable de cette situation que ce soit le gouvernement, les partis politiques et la société civile. M. Menasra a critiqué ouvertement l’initiative de Ould-Abbès qui consiste à attribuer 40 millions de centimes à chaque harraga qui échoue dans sa tentative de fuite. “Avec cette somme, ce jeune va investir davantage pour fuir encore”, a indiqué l’orateur qui préconise plutôt “une réforme profonde de la politique pour donner de l’espoir aux jeunes Algériens”, car, poursuit-il “avec ces réformes, on pourra s’attaquer à la corruption et aux autres maux qui rongent et qui bloquent le développement du pays”, a-t-il précisé.
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20th April 2008 19:52 #6
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Dimanche 20 Avril 2008 -- Si le président sortant du Mouvement de la société pour la paix (MSP) envisage de se porter candidat pour sa propre succession à la tête du parti, lors du prochain congrès, il devra présenter sa démission en tant que ministre d’État sans portefeuille. Ainsi en a décidé le madjliss echoura, optant ainsi pour la suppression du cumul des fonctions. Par cette importante décision, la principale, présentée par la commission préparatoire du congrès et entérinée par l’instance suprême du MSP entre deux congrès, Aboudjerra Soltani devra faire un choix pénible. Toutefois, ses partisans insistent pour dire que les dés sont loin d’être jetés : «Le dernier mot revient au congrès souverain.»
Tout porte à croire que le Mouvement du défunt Mahfoud Nahnah s’achemine droit vers un congrès de crise, au vu de la tournure qu’ont prise les travaux de la dernière session du madjliss echoura, le week-end dernier. La nécessité d’épuiser les points inscrits à l’ordre du jour, à l’occasion de débats passionnés et parfois houleux, a contraint les membres de cette instance à veiller toute la nuit et à ne lever la séance qu’à 6 heures le lendemain. «Le madjliss echoura a élu le bureau du congrès, présidé par Salah Mahdjoubi, avec six autres membres dont Larbi Allal, Rabhi Lakhdar et Benkhellaf. Il a également entériné les résolutions de loi organique et les projets de politique générale et de politique éducative soumis par la commission de préparation du congrès», nous a déclaré la voix officielle du parti, M. Mohamed Djemaa, qui précise que le conseil a adopté tous les projets de textes.
C’est ainsi que nous avons appris que le président du parti sera élu par le conseil consultatif, contrairement à ce qu’aurait souhaité Aboudjerra Soltani, et conformément au vœu de Menasra, sachant qu’il dispose de bons appuis au sein de cette instance. Et que le conseil a décidé d’interdire le cumul des fonctions au président du parti. «Une décision qui était déjà au centre des débats, depuis déjà plus d’une année», commente Salem Cherif, président de la commission de préparation du congrès. Deux points qui devaient dessiner les contours des prochaines assises. Et, selon des observateurs, celui des deux candidats qui remportera cette manche, aura gagné une «bataille» décisive et ira à la Coupole disputer la présidence du parti, confortablement.
Du côté des alliés d’Aboudjerra, le ton est à la colère mais aussi aux accusations. «Nous avons exprimé le souhait d’aller vers un congrès apaisé, mais apparemment ce n’est pas ce que veut le groupe adverse qui veut avoir la certitude d’y aller en ayant toutes les cartes en main pour imposer son candidat. L’introduction dans les textes relatifs au congrès de dispositions rédhibitoires et de préalables pour empêcher toute concurrence en est la preuve, confie M. Aït Messaoudène, membre du conseil consultatif, proche collaborateur de feu Nahnah et allié d’Aboudjerra.
Il cite l’exemple de la possibilité d’amendement par les congressistes d’une quelconque disposition dans les textes, qui pourrait intervenir par une pétition dûment signée par eux et que le conseil a supprimée sur proposition de la commission. C’est ainsi qu’on accuse ouvertement le président de la commission de préparation du congrès de prendre parti pour Menasra et d’avoir même mené campagne pour lui. Il s’en défend : «Celui qui prend parti est celui qui enfreint les règles, les résolutions du parti, fait des déclarations en faveur d’un candidat et contre un autre. Mais toute personne, quel que soit son statut, a le droit d’avoir des convictions personnelles et cela n’engage que sa personne», riposte Salem Cherif qui insiste pour dire que les textes soumis aux membres du conseil sont l’émanation de la base et qu’ils ont subi des changements plutôt de forme.
En attendant le jour j, au moment où les alliés d’Abdelmadjid Menasra tentent de gagner des points en «manœuvrant» au niveau des dispositions réglementaires du mouvement dont le mode d’élection des membres du conseil, la répartition des sièges par wilaya et le contrôle du bureau du congrès, ceux d’Aboudjerra s’en remettent aux congressistes pour se mobiliser. C’est le seul recours qui leur reste. Mais il faut dire que rien n’est encore gagné et que rien n’est encore perdu, d’autant que le MSP réserve toujours des surprises de dernière minute. On se rappelle le 3e congrès lorsque tous les indices indiquaient que le vent soufflait du côté de Blida, donnant Saïdi successeur incontesté de Nahnah. Aboudjerra l’avait remporté avec 105 voix contre 95, face à celui qu’il a nommé par la suite vice-président.

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20th April 2008 22:50 #7
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