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  1. #1
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    Time to end denial of French massacres in Algeria: envoy


    ALGIERS, April 27, 2008 (AFP) — France's envoy to Algeria said Sunday it was time for his country to own up to "horrific massacres" committed at the end of World War II during its colonial rule in this North African country.

    It was the first time a French official publicly described as massacres three dark episodes in 1945 in which French colonial authorities violently suppressed demonstrations by Algerians demanding independence.

    "However hard the truth may be, France no longer intends to cover it up," Bernard Bajolet told students. "The time of denial is over."

    According to Algerian statistics, some 45,000 perished in the suppression while the French have hitherto claimed that the numbers were between 1,500 and 8,000.

    Speaking at Guelma in eastern Algeria, the ambassador recalled what happened 63 years ago in this and two other towns, Setif and Kherrata.

    "On May 8, 1945 (the date of the end of World War II), while Algerians together with Europeans throughout the country celebrated victory over Nazism in which Algerians played an important part, horrific massacres were taking place in Setif, Guelma and Kherrata," said Bajolet.

    The envoy stressed "the very heavy responsibility of the French authorities of that time for this outburst of murderous madness claiming thousands of innocent victims, almost all of them Algerians."

    The massacres "insulted the very founding principles of the French Republic and marked its history with an indelible stain," said Bajolet.

    Algeria later won independence from France after a war between French security forces and Algerian liberation fighters that lasted from 1954 to 1962.

    Bajolet's predecessor as French ambassador, Hubert Colin de Verdiere, had earlier described the 1945 episodes as an inexcusable tragedy.

    The question of France's repentance for suppression during its colonial rule in Algeria between 1830 and 1962 has affected relations between the two countries for the last three years, blocking signature of a friendship pact proposed by France's former president Jacques Chirac and Algerian head of state Abdelaziz Bouteflika.

    Chirac's successor Nicolas Sarkozy has since abandoned the project.

    Bajolet's remarks followed a speech five months ago by Sarkozy at Constantine University in eastern Algeria, in which he admitted to what he described as unpardonable past crimes by France in Algeria.

    Algerian Interior Minister Yazid Zerhouni said afterwards that while Sarkozy's remarks were "a step in the right direction... we still say it is not enough."

  2. #2
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    Dimanche 27 Avril 2008 -- L'ambassadeur de France en Algérie Bernard Bajolet a déclaré dimanche à Guelma que le «temps de la dénégation» des massacres perpétrés durant la colonisation en Algérie «est terminé». M. Bajolet, qui s'exprimait devant les étudiants de l'Université du 8 mai 1945 à Guelma, a évoqué les «épouvantables massacres» commis il y a 63 ans dans trois grandes villes de l'est algérien : Sétif, Guelma et Kherrata, durant la colonisation.

    "Aussi durs que soient les faits, la France n'entend pas, n'entend plus, les occulter. La temps de la dénégation est terminé", a déclaré M. Bajolet. "Le 8 mai 1945, alors que les Algériens fêtaient dans tout le pays, au côté des Européens, la victoire sur le nazisme, à laquelle ils avaient pris une large part, d'épouvantables massacres ont eu lieu à Sétif, Guelma et Kherrata", a rappelé M. Bajolet. Il a souligné "la très lourde responsabilité des autorités françaises de l'époque dans ce déchaînement de folie meurtrière (qui a fait) des milliers de victimes innocentes, presque toutes algériennes".

    C'est la première fois qu'un responsable français qualifie de "massacres" la répression par les autorités françaises des manifestations d'Algériens en faveur de l'indépendance, immédiatement après la fin de la seconde guerre mondiale. Le prédécesseur de M. Bajolet, Hubert Colin de Verdière, avait qualifié cette répression de "tragédie inexcusable". La déclaration de M. Bajolet intervient cinq mois après un discours du président Nicolas Sarkozy à l'Université de Constantine, dans lequel il avait évoqué "les fautes et les crimes du passé" colonial français en Algérie, qualifiés d'"impardonnables".

  3. #3
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    Dimanche 27 Avril 2008 :


    C’est un grand honneur pour moi d’être reçu aujourd’hui au sein de l’Université du 8 mai 1945 à Guelma. Vous m’offrez aussi, Monsieur le Recteur, le privilège d’être entendu par vos professeurs et vos étudiants. Je vous en remercie du fond du cœur.

    J’ai tenu à vous rendre cette visite pour plusieurs raisons.

    La première tient à ma conviction qu’en Algérie comme en France, la jeunesse est un atout essentiel pour chacun de nos deux pays. Sa formation est la clé de leur développement. La coopération dans ce domaine est au cœur des relations entre nos deux pays et cette priorité est affirmée dans la Convention de Partenariat signée en décembre dernier à l’occasion de la visite d’Etat du Président de la République française. « Il n’est de force, ni de richesse que d’hommes », disait Jean Bodin il y a déjà plus de quatre siècles.

    Je sais les formidables efforts que les autorités et les responsables universitaires déploient pour mener à bien la réforme de l’université algérienne et relever les défis, quantitatifs et qualitatifs, qui se présentent à elle. La récente loi sur l’enseignement supérieur votée par le parlement algérien, les importants programmes d’investissement et l’engagement remarquable des responsables d’université et des enseignants en sont le témoignage.

    Ici à Guelma, l’Université du 8 mai 1945 est une illustration concrète de ces efforts. Que de chemin parcouru en effet depuis que l’Institut national d’enseignement supérieur en chimie industrielle est devenu l’Université de Guelma en 2001 ! Plus de quatre cents enseignants permanents, 13500 étudiants, 3 facultés et 22 départements ; la réforme LMD en marche ; un partenariat engagé dans 9 écoles doctorales ; 51 équipes de recherche avec 169 chercheurs, et sans doute ces chiffres sont-ils déjà dépassés. A l’énoncé de tous ces chantiers ouverts, je ne doute pas, Monsieur le Recteur, que vous suscitiez quelque envie chez votre collègue Président de l’Université de Strasbourg II, aujourd’hui présent parmi nous.

    Je puis vous assurer que la France est et sera à vos cotés dans la formidable entreprise que vous avez engagée, et la France, c’est son gouvernement et son dispositif de coopération, mais ce sont aussi ses universités.

    Les recteurs présents dans cette salle, le président de Strasbourg II, le représentant de l’INSA de Lyon, les professeurs, peuvent en témoigner, comme en témoigne aussi la signature, qui coïncide avec mon déplacement à Guelma, d’un important accord de coopération entre les universités de Guelma, Biskra, Skikda, le centre universitaire d’Oum El Bouaghi et l’Université Marc Bloch de Strasbourg.

    A ce propos, je tiens à remercier les recteurs et le président de l’Université Marc Bloch qui ont accepté de bousculer quelque peu leur programme pour que cette signature, initialement prévue à Oum El Bouaghi, prenne place à l’occasion de ma visite dans l’enceinte de cette Université.

    Je me réjouis de la signature de cet accord, remarquable parce que quadripartite, qui va renforcer, à Guelma, une coopération franco-algérienne déjà importante avec 22 conventions ou accords inter-universitaires associant votre université à des établissements français. Cet accord, qui porte sur des disciplines relevant des sciences humaines (littérature, sociologie, archéologie), élargit le champ de notre coopération. Au cours de cette même semaine, un atelier se tiendra au sein de l’Université de Guelma avec le concours de l’INSA de Lyon, montrant la vitalité de la coopération qui l’associe à ses partenaires français.

    Votre université porte le nom du 8 mai 1945.

    Le 8 mai 1945, date historique qui a marqué pour le monde le terme du second conflit mondial et la fin du régime nazi, mais a dans cette ville d’autres résonances qui renvoient à l’un des épisodes les plus dramatiques de l’histoire de l’Algérie coloniale. Et c’est là l’autre raison de mon déplacement à Guelma, car, à l’approche de la date anniversaire du 8 mai, on ne peut oublier la terrible tragédie qui a ensanglanté votre ville et toute la région il y a maintenant 63 ans.

    Le 8 mai 1945, alors que les Algériens fêtaient dans tout le pays, au côté des Européens, la victoire sur le nazisme, à laquelle ils avaient pris une large part, d’épouvantables massacres ont eu lieu à Sétif, Guelma et Kherrata.

    Ce déchaînement de folie meurtrière, dans lequel les autorités françaises de l’époque ont eu une très lourde responsabilité, a fait des milliers de victimes innocentes, presque toutes algériennes, ainsi que des milliers de veuves et d’orphelins, même s’il ne faut pas oublier que plusieurs dizaines de civils européens ont également été assassinés au cours des affrontements.

    Ces journées, qui auraient dû être pour tous celles de la liberté retrouvée, de la fraternité redécouverte dans un combat commun et d’une égalité encore à bâtir, ont été celles de la haine, du deuil et de la douleur. Elles ont fait insulte aux principes fondateurs de la République française et marqué son histoire d’une tache indélébile.

    Si pour l’essentiel les faits sont aujourd’hui connus, du travail reste à faire, entre autres pour déterminer le nombre exact des victimes et l’enchaînement précis des évènements. Mais cela est du ressort des historiens.

    D’ores et déjà, et aussi durs que soient les faits, je peux vous dire, Messieurs les Recteurs, chers Professeurs et étudiants, que la France n’entend pas, n’entend plus, les occulter. Le temps de la dénégation est terminé.

    Dans son discours de Constantine, le 5 décembre dernier, le Président Sarkozy avait rendu hommage aux « victimes innocentes d’une répression aveugle et brutale ». Il avait évoqué « les fautes et les crimes du passé », qu’il avait qualifiées d’ « impardonnables », et dénoncé, en des termes plus forts qu’aucun responsable français avant lui, l’injustice du système colonial. Ce dernier, en séparant les communautés et en leur conférant un statut inégal, contraire à nos principes essentiels, a été pour beaucoup dans les drames tels que celui du mois de mai 1945.

    Mais condamner le système colonial n’est pas condamner les Français qui sont nés en Algérie, ont vécu et travaillé sur cette terre qu’ils ont tant aimée, et à laquelle ils ont été arrachés un jour brutalement. Beaucoup d’entre eux entretenaient des relations fraternelles avec leurs voisins musulmans qui aujourd’hui les accueillent chaleureusement lorsqu’ils reviennent au pays.

    Historiens et universitaires ont pris un temps d’avance et ont beaucoup progressé dans l’établissement objectif des faits. Des débats ouverts et contradictoires, auxquels les médias et le cinéma ont contribué, se sont tenus. Ils ont permis aux Français et aux Algériens de connaître et de comprendre certains faits qu’ils ignoraient. Votre université, Monsieur le Recteur, participe à ce travail, à travers le cycle de colloques qu’elle a initié depuis plusieurs années. Le prochain et 6ème d’entre eux réunira de nouveau dans quelques jours des historiens des deux rives de la Méditerranée.

    En effet, pour que nos relations soient pleinement apaisées, il faut que la mémoire soit partagée et que l’histoire soit écrite à deux, par les historiens français et algériens. La France doit faire sa part de chemin, la plus grande, sans aucun doute, car c’est elle qui détenait l’autorité, mais elle ne peut pas la faire toute seule. Il faut que les tabous sautent, des deux côtés, et que les vérités révélées fassent place aux faits avérés.

    La connaissance et la reconnaissance du passé ne doivent pas accaparer seules notre attention, mais elles peuvent nous aider, Français et Algériens, à mieux aborder, ensemble et fraternellement, l’avenir que nos jeunes sont en droit d’espérer, eux qui n’ont pas connu les déchirements du passé mais doivent savoir à quels excès peuvent mener l’aveuglement et l’oubli des valeurs humaines fondamentales.

    L’acte de responsabilité des deux ennemis d’hier est de porter plus haut un message d’entente, de concorde et d’amitié. Pour bâtir un avenir porteur de richesses et d’échanges, il faut en finir avec la dénégation des injustices, des fautes et des crimes du passé, mais aussi avec les simplismes, les exagérations, le manichéisme ou l’affrontement des mémoires exploité, d’un côté comme de l’autre, à des fins politiques. Rien de positif pour l’avenir des deux pays ne sera bâti sur la rancœur et l’amertume, car il est plus facile de réveiller les douleurs que de les calmer.

    Le Lorrain que je suis sait la difficulté de tourner la page quand les familles ont versé, à trois reprises en moins d’un siècle, le prix du sang, mais il mesure aussi de quelles promesses sont porteuses la confiance et l’amitié retrouvées entre les peuples. Ce qui a été réussi en Europe peut l’être aussi en Méditerranée. Il revient aux générations actuelles d’achever la réconciliation entre ceux qui se sont battus hier pour ouvrir aux plus jeunes un avenir de partage et de prospérité.

    Je vous remercie.

  4. #4
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    Lundi 28 Avril 2008 -- Le choix de l’université du 8-Mai-1945 de Guelma, par Bernard Bajolet, ambassadeur de France à Alger, pour la signature d’un important accord de coopération entre les universités de Guelma, Biskra, Skikda, le centre universitaire d’Oum El-Bouaghi et l’université Marc-Bloch de Strasbourg est loin d’être fortuit. Initialement prévue à Oum El-Bouaghi, la signature de cet important accord prend pied sur la proximité de la date anniversaire des tragiques évènements du 8 Mai 1945, pour finalement élire domicile dans une ville symbole du martyre du peuple algérien et servir ainsi de bon prétexte au diplomate français pour traduire les avancées, dans le discours officiel hexagonal autour de la France coloniale.

    En effet, le discours prononcé par Bernard Bajolet, hier à l’université du 8-Mai-1945 de Guelma s’il s’inscrit en droite ligne du discours du président Nicolas Sarkozy à Constantine, n’en recèle pas moins un nouveau développement qui a la prétention de réduire pour ainsi dire l’écart entre Français et Algériens dans leur vision du fait colonial. Sans détour, l’ambassadeur de France déclarait que ces journées, de Mai 45 “ont fait insulte aux principes fondateurs de la République française et marqué son histoire d’une tache indélébile”. Et de souligner : “D’ores et déjà, et aussi durs que soient les faits, je peux vous dire, que la France n’entend pas, n’entend plus, les occulter. Le temps de la dénégation est terminé.” “Il faut en finir avec la dénégation des injustices, des fautes et des crimes du passé”, disait l’ambassadeur de France estimant que “le 8 Mai 1945, date historique qui a marqué pour le monde le terme du second conflit mondial et la fin du régime nazi, mais a dans cette ville d’autres résonances qui renvoient à l’un des épisodes les plus dramatiques de l’histoire de l’Algérie coloniale”.

    Le diplomate justifiera son déplacement à Guelma par le devoir de mémoire. “À l’approche de la date anniversaire du 8 Mai, on ne peut oublier la terrible tragédie qui a ensanglanté votre ville et toute la région, il y a maintenant 63 ans”, dira-t-il. Ceci en reconnaissant la lourde responsabilité des autorités françaises de l’époque dans le déchaînement de la folie meurtrière, qui a fait des milliers de victimes innocentes, presque toutes algériennes, ainsi que des milliers de veuves et d’orphelins. Non sans mentionner toutefois, “les dizaines de civils européens qui ont également été assassinés au cours des affrontements”.

    Cependant, Bajolet relèvera, en ce sens, la singularité de la situation qui présente le colonialisme, sous un jour sombre, en disant que “le 8 Mai 1945, alors que les Algériens fêtaient dans tout le pays, aux côtés des Européens, la victoire sur le nazisme, à laquelle ils avaient pris une large part, d’épouvantables massacres ont eu lieu à Sétif, Guelma et Kherrata”. Pour mieux signifier que la France ne compte pas, ou plutôt ne compte plus occulter les méfaits du colonialisme, Bernard Bajolet fera référence au président Nicolas Sarkozy quand dans son discours de Constantine, le 5 décembre dernier, il rendait hommage aux “victimes innocentes d’une répression aveugle et brutale”, évoquait “les fautes et les crimes du passé”, qu’il avait qualifiés d’“impardonnables” et dénonçait “l’injustice du système colonial”.

    L’ambassadeur ajoutera sa touche personnelle au discours de Sarkozy en estimant toute en nuance “condamner le système colonial n’est pas de condamner les Français, qui sont nés en Algérie, ont vécu et travaillé sur cette terre qu’ils ont tant aimée, et à laquelle ils ont été arrachés un jour brutalement. Beaucoup d’entre eux entretenaient des relations fraternelles avec leurs voisins musulmans qui, aujourd’hui, les accueillent chaleureusement lorsqu’ils reviennent au pays”.

    Se tournant vers l’avenir des relations algéro-françaises, le diplomate soulignera que “la connaissance et la reconnaissance du passé ne doivent pas accaparer seules notre attention, mais elles peuvent nous aider, Français et Algériens, à mieux aborder, ensemble et fraternellement, l’avenir que nos jeunes qui sont en droit d’espérer, eux qui n’ont pas connu les déchirements du passé, mais doivent savoir à quels excès peuvent mener l’aveuglement et l’oubli des valeurs humaines fondamentales”. Pour ce faire, il en appellera au travail des historiens ; estimant “pour que nos relations soient pleinement apaisées, il faut que la mémoire soit partagée et que l’histoire soit écrite à deux, par les historiens français et algériens. La France doit faire sa part de chemin, la plus grande, sans aucun doute, mais elle ne peut pas la faire toute seule. Il faut que les tabous sautent, des deux côtés, et que les vérités révélées fassent place aux faits avérés”.

    Abondant toujours dans ce sens, il soulignera que “si pour l’essentiel les faits sont aujourd’hui connus, du travail reste à faire, entre autres pour déterminer le nombre exact des victimes et l’enchaînement précis des évènements. Mais cela est du ressort des historiens”. “Historiens mais aussi universitaires auxquels il reconnaît le mérite d’avoir pris un temps d’avance et d’avoir beaucoup progressé dans l’établissement objectif des faits”. Des débats ouverts et contradictoires, auxquels les médias et le cinéma ont contribué, se sont tenus. Ils ont permis aux Français et aux Algériens de connaître et de comprendre certains faits qu’ils ignoraient, soulignait Bajolet. Et de conclure : “Il revient aux générations actuelles d’achever la réconciliation entre ceux qui se sont battus hier pour ouvrir aux plus jeunes un avenir de partage et de prospérité.”

  5. #5
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    Lundi 28 Avril 2008 -- À quelques jours de la commémoration du 63e anniversaire des massacres du 8 Mai 45, Son Excellence l’ambassadeur de France à Alger, M. Bernard Bajolet, était, hier, en visite à Guelma. En effet, Son Excellence M. Bajolet a visité d’importants sites historiques en relation directe avec les massacres du 8 Mai 45, comme la stèle commémorative des évènements, lieu du départ de la célèbre marche, la carrière, un autre lieu de massacres et, enfin, le cimetière chrétien et le théâtre romain.

    Même symbolique l’après-midi, lors du discours qu’il prononcera à l’université du 8-Mai-45 de Guelma, à l’occasion de la signature d’un protocole de coopération entre les universités de Guelma, Skikda, Biskra, le centre universitaire d’Oum El-Bouaghi, côté algérien, et l’université Marc-Bloch de Strasbourg, côté français. “Le 8 Mai 1945, alors que les Algériens fêtaient à travers tout le pays, aux côtés des Européens, la victoire sur le nazisme, à laquelle ils avaient largement contribué, d’épouvantables massacres ont eu lieu à Sétif, Guelma et Kherrata.”

    Une fois le mea-culpa fait, la France, à travers son ambassadeur, veut aller à l’essentiel, en affirmant que “les faits sont aujourd’hui connus, un travail reste à faire, entre autres, pour déterminer le nombre exact des victimes et l’enchaînement précis des évènements”. La balle est dans le camp des historiens des deux côtés de la Méditerranée du moment qu’aussi durs qu’ils soient, ces faits, la France n’entend plus les occulter. Au volet de la coopération, l’ambassadeur de France insistera sur la coopération entre les deux pays pour aider les deux peuples à se développer dans la fraternité.

    “En Algérie, comme en France, la jeunesse est un atout dans la marche pour le développement et le progrès”, précisera-t-il. “La coopération dans ce domaine est au cœur des relations entre nos deux pays et cette priorité est affirmée dans la convention de partenariat signée en décembre dernier à l’occasion de la visite d’État du président de la République française en Algérie”, conclut l’ambassadeur de France à Alger.

  6. #6
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    Salim Tamani :


    Lundi 28 Avril 2008 -- “Le massacre du 8 Mai 1945 est une tragédie inexcusable.” La déclaration est de l’ancien ambassadeur de France à Alger, Colin de la Verdière. C’était en 2005. C’était il y a plus de trois ans alors qu’il effectuait une visite dans une région qui a connu, dans le lot des massacres du 8 Mai 1945, les affres du colonialisme français. Il est vrai que Colin de la Verdière voulait surtout, à l’époque, dénoncer à sa manière la loi du 23 février 2005 adoptée par le Parlement français et qui glorifiait les bienfaits du colonialisme. Mais au-delà de cette considération interne à la France qui vivait une montée en puissance de l’extrême droite à deux années de la présidentielle, le diplomate entendait marquer un pas dans le processus d’assainissement des relations tendues entre Paris et Alger sur le plan de l’histoire.

    Si l’ancien président Jacques Chirac est intervenu pour abroger le très controversé article 4 de la loi du 23 février 2005, pour Alger, le geste était nettement insuffisant. La tension était alors relancée avec la demande algérienne d’excuses officielles sur les crimes coloniaux commis en Algérie, qualifiés par le président Bouteflika de “génocide”. Paris rejette en bloc la doléance légitime des Algériens et évoque la nécessité d’engager un débat sur “le devoir de mémoire”, une notion qualifiée de “très vague” par Alger.

    Avec l’élection du président Sarkozy, Alger qui entend laisser le temps au nouveau locataire du palais de l’Élysée met en veilleuse la demande de repentance. La visite en Algérie de Sarkozy, en décembre dernier, avait permis d’élaguer cette brûlante et délicate question du dossier algéro-français, et Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à déclarer que les fautes et les crimes du passé “étaient” impardonnables.

    Aujourd’hui et à quelques jours de la 63e commémoration de la tragédie du 8 Mai, l’ambassadeur de France à Alger, Bernard Bajolet, remet une couche en affirmant que “ces journées, qui auraient dû être pour tous celles de la liberté retrouvée, de la fraternité redécouverte dans un combat commun et d’une égalité encore à bâtir, ont été celles de la haine, du deuil et de la douleur. Elles ont fait insulte aux principes fondateurs de la République française et marqué son histoire d’une tache indélébile.”

    Tout en admettant “la difficulté de tourner la page quand les familles ont versé, à trois reprises en moins d’un siècle, le prix du sang”, le diplomate dit mesurer aussi “de quelles promesses sont porteuses la confiance et l’amitié retrouvées entre les peuples”. En attendant, ce discours doit trouver désormais sa concrétisation à travers le projet de l’union pour la Méditerranée, une nouvelle politique des visas et un effort beaucoup plus soutenu en faveur du développement économique…

  7. #7
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