Lundi 19 Mai 2008 -- L’ex-«émir» national de l’Armée islamique du salut (AIS), une organisation terroriste autodissoute en 1997, s’aménage à nouveau une tribune médiatique et annonce sur un ton de certitude la réunion en congrès, courant septembre, de l’ensemble des fractions du Front islamique du salut (FIS) dissous. Madani Mezrag signale la corrélation qu’il établit entre la convocation de ce conclave et l’élection présidentielle d’avril 2009, ajoute-t-il de son propre chef. Un paramètre à dessein d’épaissir la complexité de l’équation politique ou met-il sa foi d’islamiste à honorer activement un deal passé ?
Si l’annonce ainsi faite de réunir un congrès des anciens de l’AIS autodissoute n’est pas nouvelle, la connexion qui lui est sciemment établie avec l’élection présidentielle l’est en revanche. Madani Mezrag, qui s’est exprimé hier dans les colonnes du journal arabophone El Bilad, déclare franchement avoir retenu l’organisation dudit congrès en septembre pour le faire coïncider avec le rendez-vous des élections présidentielles. Mezrag ne se donne pas tout ce mal à asseoir cette coïncidence par pure coquetterie. Bien au contraire, il ambitionne de positionner la structure qu’il aura charpentée par rapport à la perspective. Dans l’absolu, cela s’apparente à une offre de service. Mais, examinée à l’aune de la réalité et des contextes politiques nationaux, l’affirmation de l’ex-«émir» terroriste pourrait être, en vérité, l’expression prudente d’un arrangement pour l’heure inavouable avec le pouvoir. Car, même s’il se retient de le claironner vivement, Mezrag semble courir des dividendes politiques bien calculés en contrepartie d’un investissement actif dans la prochaine joute électorale. Et l’on imagine bien qui des potentiels compétiteurs pourrait bénéficier des «ferveurs militantes» d’un Mezrag qui s’est érigé, depuis quelques années, en héraut louant la réconciliation nationale. Ceci même s’il reste vrai qu’il se montre à chaque fois insatisfait de ce qui est accompli en la matière, risquant par occasion le reproche au pouvoir, donc à l’artisan de cette réconciliation d’avoir occulté, voire trahi un chapitre de l’accord conclu et qui voudrait que la démarche chemine vers la liberté d’initiative partisane.
Autrement dit, vers une réhabilitation, sous une forme ou sous une autre, du Front islamique du salut dissous. Mezrag sent-il l’entreprise aujourd’hui possible, conditionnée, cependant, à un appui à l’ambition prêtée au président Bouteflika de renouveler son bail pour le palais d’El Mouradia ? Il ne serait pas si surprenant que cela d’assister au congrès projeté pour septembre - s’il venait à se tenir, bien entendu - exprimer un soutien à une prolongation des mandats présidentiels pour Bouteflika. Ce dernier est perçu, à juste titre, au demeurant, par les repentis, ceux de l’AIS autodissoute notamment, comme le politique le plus à même de consentir, voire aider à leur réhabilitation politique. Le ministre de l’Intérieur reviendra t-il sur son niet catégorique qu’il a toujours opposé à la perspective partisane de Madani Mezrag et ses fidèles, à présent que le congrès annoncé est lié d’objet à la présidentielle de 2009 ? Jusque-là, il a invariablement soutenu que la voie est légalement obstruée devant un éventuel retour du FIS dissous sur la scène politique. Mais, en même temps, on a vu comment fut accueilli un Rabah Kebir lorsqu’il revint de son exil. Il ne manquait que le cérémonial dû aux chefs d’Etat. C’est dire que tout peut arriver et qu’il n’y a pas, à vrai dire, de position politique immuable.
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19th May 2008 16:37 #1
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Un congrès de l'ex-FIS annoncé pour septembre :







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