Lundi 30 juin 2008 -- Abdelaziz Belkhadem devra animer une conférence de presse le 2 juillet prochain au Palais de la culture à l'occasion du 46e anniversaire de l'indépendance du pays qu’organise le parti sous le thème générique «la promotion de l’individu et les défis de la mondialisation ». Ce sera sa première sortie médiatique en tant qu'ex-chef du gouvernement dont le limogeage imprévisible a dérouté plus d'un. Que va dire Belkhadem en guise d'argument à son éviction à laquelle ni la classe politique, encore moins ses militants, qui ont reçu une véritable douche froide suite à l'annonce de son départ impromptu de la tête du gouvernement, ne s’attendaient ? Pour Saïd Bouhadja, le chargé de la communication, «ce n’est pas un limogeage mais une simple manœuvre tactique». Notre interlocuteur enchaîne : «Belkhadem demeure un ministre d’Etat, représentant personnel du président.» Un statut qui le maintient dans le giron du sérail. «Il aura la charge, poursuit-il, de mener la campagne pour l’élection présidentielle en faveur du président de la République. Chose qu’il ne pourrait pas faire s’il avait la charge du gouvernement. »
A la question de savoir si la direction va continuer à soutenir Boutelika en dépit du fait qu’il a évincé Belkhadem de la tête du gouvernement alors qu’il y a deux ans, un véritable forcing a été engagé pour exiger que ce soit le parti de la majorité parlementaire qui jouisse du pouvoir exécutif, le chargé de la communication du FLN rétorque : «Nous continuerons à soutenir Bouteflika comme nous l’avons fait pour la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Nous attendons l’annonce de la révision constitutionnelle pour organiser le conseil national et plébisciter Bouteflika.» En dépit de cet optimisme béat dont fait preuve ce membre de la direction, il n’en demeure pas moins que le FLN traverse une nouvelle crise qui ne va pas connaître son épilogue de sitôt. Le départ de Belkhadem affaiblit considérablement la position du parti qui se «désagrège » au fil du temps d’abord pour des considérations d’ordre organique — nombre de structures de base n’ont pas été mises en place — sans compter que les rangs du parti n’arrivent pas à se souder pour cause de manque de légitimité, conséquence du 8e congrès bis dont les résolutions sont toujours décriées.
Trois ans après l’organisation du congrès dit réunificateur, l’eau ne coule toujours pas sous les ponts. Le désormais ex-chef du gouvernement est dans une situation des plus critiques après le camouflet que lui a infligé le président de la République en le poussant vers la porte de sortie de façon cavalière. Si son avenir au sein du gouvernement a été scellé avec le retour tonitruant et triomphal du patron du RND, Ahmed Ouyahia, son avenir à la tête du FLN est des plus incertains. Il risque, en effet, de subir le même sort. Son limogeage par une simple notification de la présidence et sans que Bouteflika le reçoive, comme le veulent les us et coutumes, le met dans une mauvaise posture. Il a tout du «courtisan» tombé en disgrâce, devenu la proie facile de ses détracteurs qui réclament avec acharnement sa tête.
Rencontrés au siège du FLN, des cadres faisant partie du mouvement des contestataires qui se recrutent dans les rangs des «légalistes » veulent reprendre les rênes du parti dont ils accusent la confiscation par «les redresseurs» qui en ont fait un parti au service de Bouteflika et de son clan. Les initiateurs de ce mouvement, créé suite aux dernières élections législatives, ont décidé de passer à la vitesse supérieure profitant du «lâchage» en haut lieu dont a fait l'objet le secrétaire général du parti pour réclamer ni plus ni moins que son départ, «ayant montré ses limites dans la gestion des affaires du parti». Cette demande est devenue de plus en plus pressante et ils comptent en faire part à la prochaine réunion du secrétariat exécutif. Certains de ces cadres ont même décroché de leurs bureaux le tableau représentant le président pour dénoncer ce qu'ils appellent «le culte de la personnalité ». Les noms de Abdelkader Bounekraf, Abdelkrim Abada ou encore Abdelkrim Ghrieb et même Ali Benflis, qui a connu les affres «du lâchage» en 2004 du même pouvoir, sont avancés pour remplacer Belkhadem à la tête de la formation politique. L'on se souvient que l’ancien secrétaire général du FLN a pris le chemin des Lieux Saints pour prendre ses distances. Après ses déboires politiques, Belkhadem est parti pour une «omra» dès la passation des pouvoirs avec le leader du RND Ahmed Ouyahia.
Par ailleurs, le mécontentement gronde aussi au niveau de la base. Ainsi, le mouvement de dissidence du centre conduit par Ahmed Arbouche appelle «tous les militants au niveau des mouhafadhas à se préparer pour un rassemblement au niveau du siège du parti». Les contestataires exigent, dans un communiqué rendu public, «l’organisation d’un congrès extraordinaire qui étudiera toutes les questions organisationnelles et organiques et qui clarifiera les horizons du parti». Ils veulent «le retour aux anciennes structures tels le bureau politique et le comité central et donner à la base ses prérogatives au lieu de constituer un conseil national composé de 500 personnes dont certaines n’ont même pas de carte de militant». Ils vilipendent avec ironie la direction du parti qui considère la perte des centaines de sièges au niveau national et local comme une réussite et l’éloignement du parti de la chefferie du gouvernement comme étant une promotion. Belkhadem, resté sourd aux appels de la base, va-t-il poursuivre sa politique de l’autruche en courbant davantage l’échine ou va-t-il, sous la pression, quitter le parti en attendant que le vent tourne en sa faveur ?
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Thread: Sale temps pour Belkhadem
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30th June 2008 00:49 #1
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2nd July 2008 22:08 #2
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Nadia Mellal :
Mercredi 2 juillet 2008 -- Le départ de Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), du gouvernement, remet en branle la contestation au sein de cette formation politique. Les animateurs de la fronde au FLN reprennent ainsi du poil de la bête et décident de renouer avec la contestation. C’est ainsi qu’une rencontre de la cellule de crise du parti est prévue aujourd’hui à Oran. Cette rencontre devra rassembler, explique un membre de cette cellule de crise, des “mouhafidhine des régions de l’Ouest et du Sud entrés en dissidence avec la gestion du parti par l’actuelle équipe ainsi que des responsables de la cellule de crise au sein de ces deux régions”. L’ordre du jour de cette rencontre, “débattre de la situation du parti et l’attitude à adopter à l’issue du départ de Belkhadem de la tête du gouvernement”, note un responsable de la cellule de crise au niveau de l’Ouest. À ce propos, les animateurs de la cellule de crise, contestataires des listes électorales élaborées par l’équipe de l’actuel secrétaire général, notent qu’“il y a eu échec à tout point de vue dans la gestion du parti. Nous avons demandé des explications à l’actuelle équipe, mais sans pour autant avoir un vis-à-vis”. Tout en notant : “Nous voulons qu’on nous écoute et qu’on sache ce que les mécontents veulent et contestent.”
À ce sujet, notre interlocuteur explique que la contestation compte organiser, au courant de ce mois, une journée de protestation nationale qui se déclinera en un sit-in devant le siège national du FLN à Hydra. “Nous dirons à la direction nationale les quatre vérités et son échec dans toute la gestion du parti et toutes les exclusions dont nous avons fait l’objet depuis le congrès rassembleur, organisé en janvier 2005 à la coupole du 5-Juillet d’Alger.” “Nous lui dirons aussi qu’il n’est pas normal que le FLN perde le gouvernement au profit d’Ouyahia. Il doit y avoir quelque chose qui cloche pour que nous perdions la tête du gouvernement”, note le responsable de la cellule de crise de l’Oranie. Avant d’ajouter : “De plus, Ouyahia ne va pas rester en si bon chemin, il va dégommer des ministres FLN de son gouvernement qu’il jugera incompétents, c'est-à-dire ce n’est pas encore fini pour nous.” Dès lors, la contestation demande la tenue d’un congrès extraordinaire et non pas un conseil national. “C’est vers un congrès extraordinaire qu’il faut aller pour mettre tout à plat au sein du FLN, de telle façon à nous écouter sur toutes les questions qui intéressent le parti et faire le point sur les choses qui nous bloquent dans notre progression”, note notre interlocuteur. Une exigence est formulée à ce propos. Le congrès extraordinaire “doit être préparé par des personnes indépendantes qui n’ont aucun parti pris”, dira notre interlocuteur.
Du côté de la direction du FLN, l’heure est à la sérénité : “Nous n’avons pas de problèmes et les choses vont bon train au sein du parti.” “Belkhadem va bien et les militants du parti sont plus que jamais mobilisés autour de lui puisqu’il s’est libéré de la charge du gouvernement pour mieux se consacrer au parti”, note le membre de la direction du parti, avant d’indiquer : “Nous travaillons dans les conditions les plus normales.” La guerre psychologique entre l’actuelle direction et la contestation continue. Mais, ce sont les prochaines échéances politiques et électorales qui feront basculer le rapport de force dans un sens ou dans un autre.
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3rd July 2008 23:52 #3
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Jeudi 3 juillet 2008 -- «J’étais au courant au préalable de mon départ du gouvernement, mon départ était prévisible et attendu», a déclaré hier le désormais ex-chef de gouvernement et secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), en marge d’une rencontre scientifique organisée par le parti au palais de la Culture à l’occasion de la célébration du 5 Juillet. Abdelaziz Belkhadem, rentré deux jours plus tôt des Lieux saints, où il avait effectué une omra, s’est prêté au jeu des questions-réponses des journalistes non sans un évident effort de paraître le moins affecté du retournement de situation dont il a récemment fait les frais. Un retournement, a-t-il tenu à expliquer, qui n’a rien à voir avec ses déclarations sur le projet français d’une union pour la Méditerranée (UPM) ou à un quelconque poste de vice-président de la République, dès lors que son parti n’a pas introduit cette disposition dans son projet d’amendement de la Constitution. Un projet, faut-il le rappeler, qu’il a pris à bras-le-corps depuis plus de deux ans. «Les changements sont de la nature de l’activité politique et à chaque période ses hommes […] Nous devons nous entraider dans l’intérêt du pays. Quand j’ai été nommé à cette responsabilité, je n’ai pas été emporté par la joie et quand on me l’a retirée, je n’en ai pas été affligé» dira-t-il comme pour signifier sa totale indifférence quant aux événements survenus.
Quant à savoir si le chef de l’Etat l’a informé des motifs de son remplacement par Ahmed Ouyahia, le concerné a répondu en précisant que le premier magistrat du pays «n’est pas tenu de justifier ses décisions qu’il prend conformément aux prérogatives dont il dispose». Interrogé sur les conséquences de l’affaiblissement de son parti et de sa propre personne après son départ de la direction de l’Exécutif, Belkhadem dira que cette situation n’a pas de conséquences sur le poids et le fonctionnement de son parti, et que, s’agissant de lui, il n’est pas plus qu’un «militant». Cela étant, a-t-il aussi tenu à rectifier, son départ du gouvernement ne signifie pas un désaveu de l’équipe de l’Exécutif, étant donné que ce sont les mêmes ministres qui étaient avec lui et qui ont été reconduits après son départ. S’agissant de la tenue du congrès extraordinaire et du conseil national du FLN prévus, initialement, juste après l’aval par le Parlement de la révision constitutionnelle, le premier responsable du parti déclare que le programme est maintenu tel quel et que les préparatifs vont bon train dans ce sens. Le FLN, apprend-on par ailleurs, devrait hériter prochainement de la direction de l’Alliance présidentielle, détenue depuis plus de 6 mois par le Rassemblement national démocratique (RND). Une rencontre au sommet des chefs des trois partis devrait se tenir dans un proche délai, fera savoir Belkhadem.
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3rd July 2008 23:53 #4
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Jeudi 3 juillet 2008 -- Large sourire, tenue décontractée, répondant sans gêne aux questions, Abdelaziz Belkhadem, le désormais ministre d’État, représentant personnel du président de la République, n’avait absolument rien à voir avec un Chef du gouvernement qui vient d’être remercié de son poste, la semaine dernière par le chef de l’État. “Je n’avais pas eu la folie du poste quand j’étais Chef du gouvernement et je ne suis pas triste en le quittant”, a-t-il lancé tout de go à l’important parterre de journalistes venus l’interroger hier au Palais de la culture abritant une journée d’étude à l’occasion de l’anniversaire de l’Indépendance, sous la houlette du Front de libération nationale (FLN), son parti.
M. Belkhadem, qui a marqué une halte en fait au salon d’honneur avant de rejoindre la salle des conférences, n’avait pas refusé de répondre aux journalistes avec une grande aisance. À la question de savoir pourquoi Belkhadem a été démis de ses fonctions, le patron de la formation majoritaire dira : “Mon départ de la chefferie n’a absolument aucun rapport avec mes déclarations sur l’Union pour la Méditerranée comme l’ont écrit certains”, dira-t-il avant d’enchaîner : “ça n’a pas non plus de rapport avec le poste de vice-président de la République !” Ceci pour une raison simple : le FLN n’a jamais revendiqué l’institution d’un poste de vice-président de la République devant être créé à la faveur d’une révision de la Constitution, explique M. Belkhadem en indiquant que “le FLN n’a jamais été porteur d’une telle revendication”. Existe-t-il un rapport entre un éventuel échec de la politique du Chef du gouvernement dans le domaine économique et son limogeage ? “Si tel était le cas, ce serait l’ensemble du gouvernement qui serait parti et non pas une seule personne, le Chef du gouvernement !” répondra-t-il. Peut-on donc expliquer raisonnablement le départ du Chef du gouvernement ? “Cela entre dans le cadre des situations normales du travail politique”, expliquera M. Belkhadem tout en précisant que son départ était prévisible et programmé. “Mon départ était prévisible et je savais que j’allais partir de la chefferie du gouvernement, le Président m’en a informé quand je l’avais rencontré”, dira-t-il serein. “Le Président n’est pas tenu de me donner des précisions et des explications”, dira-t-il à la question de savoir quelles ont été les explications du président de la République à propos de son départ.
Quoi qu’il en soit, le patron du FLN reste serein et n’est nullement déstabilisé, du moins en apparence, par son départ de la tête du gouvernement. Ceci est également perceptible quand il s’est agi d’une éventuelle rencontre, qui serait programmée pour aujourd’hui entre les ministres FLN et le Chef du gouvernement Ahmed Ouyahia. “Nous soutenons le gouvernement dans ce qu’il fait et dans toutes ses initiatives. Nous travaillons solidairement avec le gouvernement qui est mobilisé pour l’intérêt public”. Questionné sur la sempiternelle question de la révision de la Constitution et à propos de la prolongation de la session de printemps du Parlement qui suppose que celle-ci peut intervenir en juillet, M. Belkhadem dira qu’“on peut convoquer une session extraordinaire des deux Chambres sans prolongation de la session parlementaire”. Ce disant, le FLN souhaite que la révision de la Constitution intervienne le plus vite possible, note le patron du parti. À propos des affaires internes de son parti, une question demeure : M. Belkhadem a-t-il été affaibli au sein du FLN après son limogeage de la tête du gouvernement ? “Je ne suis qu’un militant au sein du parti”, se contentera de dire M. Belkhadem. Interrogé tout aussi sur le congrès extraordinaire, le secrétaire général du FLN dira que “nous sommes en train de préparer le congrès extraordinaire qui sera précédé d’un conseil national”. Toutefois, le patron du FLN ne donnera aucune précision sur la date de ces deux rendez-vous organiques éminemment importants pour l’avenir de la formation majoritaire.







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