Samedi 12 juillet 2008 -- Une rencontre tripartite gouvernement-UGTA-patronat est attendue le mois prochain, soit à quelques jours du mois de Ramadan, a-t-on appris de source sûre. La rencontre, à l’initiative du nouveau chef du gouvernement, devrait intervenir une fois que le partenaire social, l’UGTA, aura installé sa structure dirigeante, le secrétariat national. La composante de ce secrétariat sera connue à l’occasion de la réunion de la Commission exécutive nationale (CEN) dont la date n’est toujours pas fixée. Mais, il n’en demeure pas moins que si la tripartite doit se tenir au courant du mois d’août prochain, la composante du secrétariat national verra le jour avant la fin de l’été en cours. Nos sources indiquent qu’avant cette rencontre tripartite, Ahmed Ouyahia compte tenir deux importantes réunions. La première avec les présidents-directeurs généraux des banques publiques et la seconde avec les responsables des SGP, en sa qualité de président du Conseil de participation de l’Etat (CPE). Le chef du gouvernement rencontrera, ensuite, d’une manière informelle le secrétaire général de l’UGTA, la coordination patronale signataire du pacte économique et social mais également le président du Forum des chefs d’entreprises.
Pour rappel, le président du Forum des chefs d’entreprises, M. Rédha Hamiani, avait salué l’arrivée d’Ahmed Ouyahia à la tête de l’exécutif, tout en demandant la tenue d’une rencontre bilatérale entre les deux parties (FCE-gouvernement) «le plus tôt possible». A ce propos, il n’est pas exclu que le Forum des chefs d’entreprises participe pour la première fois depuis sa création à la tripartite d’août prochain, «en sa qualité de partenaire patronal créateur de richesses». Il est à rappeler que le FCE recèle plusieurs patrons d’entreprises privées, qui, dit-on, «sont largement représentatifs du monde patronal». La tripartite aura dès lors à débattre les questions relatives à la question économique en «prenant en considération les revendications formulées aussi bien par le patronat que par l’UGTA à travers le soutien à l’entreprise publique performante ». A ce titre, le chef du gouvernement, en collaboration avec son ministre de l'Industrie et de la Promotion de l'investissement, a décidé du redéploiement du secteur public avec à la clé «un vaste programme de mise à niveau» de près de 2 500 entreprises.
Dans l’intervalle, il a été décidé de suspendre le programme de privatisation qui «risque», ajoute-t-on, de «contredire l’action du gouvernement pour la création de 400 000 postes d’emploi avant la fin de l’année en cours». Des sources concordantes indiquent que le ministre de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement s’est longuement entretenu, il y a quelques jours, avec Ahmed Ouyahia sur la question économique. A ce sujet, on indique que M. Temmar a souligné auprès de M. Ouyahia «l’importance du redéploiement du secteur public» dont la participation à la valeur ajoutée dans l'industrie est de 25 %». M. Temmar, souligne-t-on encore, qui a fait part au chef du gouvernement de la situation qui prévaut dans le secteur industriel, a indiqué que «dans certaines branches comme l'acier, le ciment, l'agroalimentaire, la pharmacie, les chantiers navals, l'électronique, la mécanique, l'aluminium, les engrais, la pétrochimie, pour ne citer que ceux-là que l'Etat est majoritaire à 80 %».
Récemment, M. Temmar avait décidé «d'arrêter la privatisation des entreprises pour mener de larges consultations tant au plan national qu’international », d’où l’idée d’associer le FCE. La mise à niveau des entreprises publiques étant ainsi décidée, «nous allons la faire nous-mêmes en tant qu'Etat», avait soutenu le ministre. «Je sais que je vais être critiqué en tant que libéral, mais c'est là une analyse d'expert que j'ai faite. Je ne veux pas perdre ces branches. Evidemment si je trouve un investisseur étranger, qu'il soit le bienvenu !» La même invitation a été lancée à l’investissement national, «responsable et créateur de richesses». Ahmed Ouyahia, qui n’a pas hésité avant de succéder à Belkhadem à la tête du gouvernement de critiquer la double question socio-économique qui prévaut dans le pays, veut frapper fort à la veille d’une rentrée socio-politique des plus chaudes. Réussira-t-il à relever le défi ?
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12th July 2008 19:22 #1
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