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  1. #1
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    Remaniement gouvernemental, Avril 27 2009


    Mardi 21 Avril 2009 -- Un remaniement profond du gouvernemental aura lieu jeudi prochain. C’est ce qu’a révélé hier Khaled Bounedjma, président de la Coordination nationale des enfants de chouhada (CNEC). Bounedjema a précisé que, contrairement au dernier remaniement effectué par Bouteflika, le prochain connaîtra plusieurs changements. Autrement dit, plusieurs ministres devraient être remerciés par le président Bouteflika. S’exprimant en marge d’une conférence qu’il a animée au centre culturel communal Azzeddine-Medjoubi, le représentant des enfants de chouhada n’a pas manqué de fustiger l’alliance présidentielle qu’il qualifie de «minorité qui décide à la place du peuple». D’où son appel au président de la République à «élargir les postes de responsabilité à toutes les franges de la société». «Il est temps que les ministres n’ayant pas honoré leurs engagements plient bagage», a-t-il tonné. Cela, enchaîne-t-il, va en droite ligne de la réalisation du changement radical auquel aspire d’ailleurs le Président. Lors de son discours d’investiture prononcé dimanche 19 avril, Bouteflika a affiché sa disponibilité à associer à la gestion des affaires publiques toutes les forces vives de la nation. Saisissant cette déclaration au vol, Bounedjma a décidé de réunir, hier, les enfants de chouhada pour, dit-il, faire part au Président de la «disponibilité de cette frange de la société à s’associer à son action». Pour Bounedjma, «la décision politique doit revenir désormais à la jeunesse». Plus explicite, il a affirmé que «les enfants de chouhada comptent s’impliquer davantage dans la lutte contre la corruption, la hogra et tous les maux qui rongent notre société». Et d’ajouter : «Nous ne sommes pas contre notre Président. Nous nous devons de lutter contre la mafia qui l’entoure.» C’est en ces termes que le représentant des enfants de chouhada a tenu à qualifier ceux qui, dit-il, encouragent la corruption. «Ces derniers se reconnaîtront», a-t-il dit en s’abstenant de citer des noms. Sur un autre plan, Bounedjma n’a pas oublié de confirmer «la reddition des 30 terroristes» dont il avait parlé à la veille du scrutin du 9 avril. À noter enfin que la rencontre des enfants de chouhada a été rehaussée, hier, par la présence du fils du glorieux martyr de la révolution algérienne, Didouche Mourad.

  2. #2
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    Nabila Amir :


    Mercredi 22 Avril 2009 -- La Constitution algérienne ne fait nullement obligation, ni n’impose un délai au Premier ministre pour le dépôt de sa démission après l’élection ou la réélection d’un président de la République. Néanmoins, la tradition veut – et c’est un procédé appliqué de par le monde – que le jour même de la prestation de serment d’un président, le Premier ministre remette sa démission au chef de l’Etat fraîchement élu. Celui-ci peut alors, à ce moment-là, décider soit de sa reconduction ou de son remplacement. En Algérie, les choses paraissent fonctionner autrement. Toutefois, d’après nos sources, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a effectivement honoré cet engagement.

    Il a, en bonne et due forme, remis sa démission à qui de droit. Mais, dit-on, l’entourage du président a préféré, pour on ne sait quelle raison, taire l’information. D’autres sources soutiennent que si les choses se font loin des caméras de télévision c’est parce qu’un nombre important de gens (des gens qui se comptent surtout parmi ceux qui ont joué un rôle lors de la réélection de Abdelaziz Bouteflika) jouent actuellement des coudes pour s’assurer une place dans la nouvelle administration. Ce qui rendrait le choix des hommes de la nouvelle équipe gouvernementale encore plus difficile. « Tous les partis politiques, les organisations de masse, les associations et les personnalités ayant soutenu le président attendent aujourd’hui un geste de sa part », a souligné une personne proche du cercle présidentiel.

    Celle-ci ajoute dans la foulée que l’option de la mise en place de grands départements ministériels dont a parlé le président, il y a deux ans, pourrait se voir concrétiser cette fois-ci. Une option qu’écarte néanmoins bon nombre d’observateurs dans la mesure où, disent-ils, une telle option nécessite une longue préparation et une large concertation. À signaler que samedi dernier, la présidence de la République a sollicité les partis politiques formant l’Alliance présidentielle pour qu’ils lui remettent des propositions de noms de cadres aptes à gérer des postes ministériels. « Les leaders des partis de l’Alliance n’ont montré, pour la première fois, aucun signe de divergences sur ce plan. Seulement,il y a certains SG de partis qui ont demandé à remplacer certains de leurs ministres. Et là, personne ne connaît la position du président sur la question », a indiqué notre source. Hier encore, le président Bouteflika a reçu Ahmed Ouyahia et Abdelaziz Belkhadem pour traiter de la question. Au-delà, ces éléments pourraient laisser entendre que le chef de l’Etat ne se contentera pas d’un simple lifting de l’équipe gouvernementale héritée par Ahmed Ouyahia. Seulement, nombreux sont ceux qui recommandent d’attendre pour voir dans la mesure où Abdelaziz Bouteflika reste un dirigeant imprévisible.

    À mentionner qu’en attendant la constitution du nouveau gouvernement, les ministres en poste actuellement ont reçu instruction de gérer uniquement les affaires courantes. La chambre basse du Parlement est également en stand-by. Les députés ne peuvent ni proposer ni débattre un texte de loi, et encore moins demander des comptes aux ministres. Ces derniers, à l’heure qu’il est, doivent certainement attendre la peur au ventre le verdict de Abdelaziz Bouteflika.

  3. #3
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    Zineb Benzita :


    Mercredi 22 Avril 2009 -- Le président Abdelaziz Bouteflika a reçu, mardi 21 avril dans l'après-midi, le Premier ministre Ahmed Ouyahia à El Mouradia, a indiqué à tsa-algerie.com une source proche de la présidence de la république. L'entretien entre les deux hommes a duré plusieurs heures, selon la même source.

    Ahmed Ouyahia, qui n'a toujours pas présenté sa démission et celle de son gouvernement, était « confiant » à sa sortie de l'entretien, ajoute notre source. La démission du gouvernement actuel intervenir en début de semaine prochaine et un nouvel exécutif sera alors formé.

    Ce « retard » serait lié à des désaccords au sommet de l'Etat sur la répartition de certains postes ministériels importants et le choix de nouveaux ministres qui feront leur entrée au prochain gouvernement dont les commandes devraient être confiées à l'actuel Premier ministre Ahemd Ouyahia.

  4. #4
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    Jeudi 23 Avril 2009 -- Tous les regards sont braqués actuellement sur le prochain remaniement ministériel. Bien que l’actuelle équipe gouvernementale soit toujours en place – la démission annoncée du Premier ministre n’est pas encore intervenue – l’option d’un gouvernement de technocrates revient avec insistance. Si cette hypothèse se précise, elle va contrecarrer celle annoncée depuis fort longtemps, à savoir un gouvernement de coalition formé essentiellement des trois partis de l’alliance présidentielle auxquels il faudrait ajouter ceux désignés par le président Bouteflika. Cette dernière hypothèse est, indique-t-on encore, de plus en plus dans l’air des décideurs au regard des dernières déclarations du chef de l’Etat. Celui-ci ne s’est pas privé pour tancer en public ses ministres, coupables à ses yeux de laxisme et de nonchalance. Ce scénario permettra de renvoyer dos à dos les deux partis qui se disputent le leadership et fermera également la porte aux autres prétendants qui multiplient leurs offres de service.

    Les spéculations vont bon train au sujet du nombre des ministres et de la composante du prochain gouvernement, sa nature, ses objectifs et enfin sur les probables nouveautés qui seront apportées. Au vu de la lenteur dans la prise de décision – même si d’aucuns avancent que l’actuel gouvernement sera quasiment reconduit – certaines sources avancent deux arguments de poids pour expliquer le retard pris dans l’annonce du nouveau gouvernement. La première est d’ordre constitutionnel. Selon ces sources, la révision de la Constitution dans son chapitre ayant trait à la nomination et à la composition du gouvernement a complètement bouleversé les traditions ayant cours jusque-là. Du moment que le Premier ministre est chargé de coordonner l’équipe gouvernementale, il n’est plus désormais tenu de proposer les noms de ministres comme c’était le cas lorsque la fonction de chef de gouvernement existait encore. Aujourd’hui, c’est le chef de l’Etat – et cela est clairement indiqué dans la Constitution amendée – qui établit la liste de la nouvelle composante et nomme les ministres. Le Premier ministre devient ainsi un exécutant sans pouvoir de désignation. La période postrévision de la Constitution a donc réellement commencé.

    Les trois partis de l’alliance présidentielle (FLN, RND et MSP) ont été chargés de soumettre des listes de noms de ministrables, sans que cela influe sur le cours des choses. Auparavant, ces trois partis se livraient à une lutte sans merci pour «placer le maximum de ministres». La seconde raison qui explique ce retard est liée aux nombreux défis, essentiellement économiques, qui attendent le prochain gouvernement. Le président Bouteflika pourrait, le cas échéant, recourir, selon cette source, «aux hommes capables de remettre sur rails une économie nationale qui peine à sortir de la dépendance vis-à-vis du pétrole». «Des technocrates vont faire leur entrée au prochain gouvernement», croit savoir notre source qui ajoute que le «poids de l’alliance présidentielle va considérablement diminuer au profit de personnalités indépendantes».

  5. #5
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    Jeudi 23 Avril 2009 --À la veille de la nomination du nouveau gouvernement, les Algériens s’interrogent si le président réélu proposera de nouvelles têtes pour mener le bateau Algérie qui commence à prendre eau de toutes parts. Certains pensent que Bouteflika n’a le choix que de sanctionner des ministres dont les résultats comptables laissent trop à désirer. D’autres sont convaincus que le président va reprendre les mêmes figures de l’échec qui trônent depuis longtemps et recommencer l’aventure contre vents et marées. El Watan propose un casting non exhaustif de certains ministres que l’opinion publique a trop vu et dont les tableaux de bord sont loin d’être clinquants à la tête de leurs départements respectifs. Quelques-uns conservent leurs postes depuis plus de dix ans avec en sus des mauvais résultats et une sacrée dose d’arrogance. Amar Tou détient sans doute la palme des ministres mal aimés des Algériens après son passage chaotique à la Santé caractérisé par des ruptures chroniques des médicaments vitaux.

    Yazid Zerhouni. Ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales
    (Au gouvernement depuis 1999)

    Cet ancien « malgache » et ancien numéro 2 de la Sécurité militaire est l’un des hommes clés du « système Bouteflika » et l’un des symboles forts de l’autoritarisme version Boutef. Au terme de dix ans de gestion policière du pays, l’homme a réussi à verrouiller le champ politique (rejet du dossier du parti Wafa d’Ahmed Taleb Ibrahimi et du Front démocratique de Sid Ahmed Ghozali) et à durcir les conditions d’obtention d’un agrément pour la plus petite association de quartier. Sans parler du traitement des émeutes populaires et de la réponse musclée aux syndicats autonomes. Mais c’est surtout par sa mainmise sur l’administration et la subordination des collectivités locales au bénéfice de la machine électorale de Bouteflika, comme cela s’est vérifié lors de la dernière élection, que Zerhouni s’est montré le plus habile.

    Djamel Ould Abbès. Ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l’étranger
    (Au gouvernement depuis 2000)

    Djamel Ould Abbès se sera surtout distingué par ses talents de serviteur zélé de Bouteflika, un art par lequel il s’est brillamment illustré lors de la dernière élection, tant et si bien qu’il aurait parfaitement mérité le titre de « ministre des courtisans ». Tout le monde se souvient des bus « tadhamoun » qui sillonnaient la capitale en appelant les gens à aller voter. Au lendemain de l’élection du 9 avril, l’homme s’est fendu d’un copieux bilan détaillant les actions consenties par son département pour vendre cette mièvre présidentielle aux Algériens. Ce médecin de formation, natif de Tlemcen, ancien président de l’Union médicale algérienne, a pris en outre l’initiative de faire réaliser un DVD de 26 minutes dédié aux « indjazate » de Bouteflika. Si l’on s’attarde maintenant sur le bilan du « gestionnaire » Ould Abbès, il est à craindre que ses entourloupettes de « derviche voteur » ne l’aient distrait de ses obligations en tant que responsable gouvernemental. Le département qu’il dirige gère, rappelle-t-on, des dossiers aussi sensibles que ceux des victimes du terrorisme et de la « tragédie nationale » ou encore celui des harraga, et il n’est guère certain que les efforts du ministre pour venir en aide aux couches en détresse de la société aient dissuadé les jeunes de prendre le large ou le maquis.

    Abdelhamid Temmar. Ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements
    (Au gouvernement depuis 1999)

    Il a dérouté tout le monde. Il a conduit le pays droit dans le mur avec sa politique. Sa stratégie industrielle, qu’il a pondue au moment où le secteur industriel s’effondrait, n’était, en fin de compte, qu’une tromperie destinée à tenir le secteur et ses salariés sous perfusion permanente. Pour preuve, l’industrie nationale est déstructurée, voire même ruinée. Il faisait partie de la « bande » de ministres que le président avait accusés en 2006 de lui avoir menti. Temmar a récidivé. Ahmed Ouyahia l’avait aussi accusé sur un plateau de télévision de « tromperie ». Enseignant à la faculté de droit des sciences économiques d’Alger durant les années 1970, il réapparaît avec l’arrivée de Bouteflika. Il lui confie les secteurs névralgiques de l’économie. D’échec en échec, Temmar n’a jamais fait le bilan de sa politique opaque des privatisations, des entreprises dissoutes après avoir été confiées aux SGP, encore moins des investissements. Son maintien dans la sphère économique serait aujourd’hui un risque que le pays ne peut pas se permettre le luxe de prendre.

    Khalida Toumi. Ministre de la Culture
    (Au gouvernement depuis 2001)

    Cette ancienne militante féministe et ancienne députée RCD est l’alibi « moderniste » et la vitrine « chic » de l’équipe de Bouteflika. Que lui reprocher ? D’abord la « folklorisation » de la culture, s’inscrivant en droite ligne de la vision « populiste », qu’a son chef putatif de la chose culturelle. Mais la flétrissure suprême endossée par KMT, c’est le fait d’avoir cautionné la censure et l’atteinte à la liberté de pensée et de création. En témoigne l’affaire du livre de Mohamed Benchicou, Journal d’un homme libre, saisi à l’imprimerie par la police, un abus qu’elle a publiquement revendiqué. Citons également le scandale récurrent du Salon international du livre, où moult titres sont interdits à chaque édition, ou encore le nombre de films qui n’ont pas bénéficié de visa d’exploitation. Rappelons aussi l’affaire du limogeage du directeur de la BN, Amine Zaoui, un acte qu’elle a pleinement couvert. Khalida Toumi aura, pour le reste, utilisé le canal de la culture pour soigner l’image d’un régime goujat, mobilisant les grands noms de la culture algérienne pour servir la « diplomatie des paillettes » de Bouteflika.

  6. #6
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    continued.....

    Boubekeur Benbouzid. Ministre de l’Education nationale
    (Au gouvernement depuis 1993)

    Notre ministre de l’Education est le « Highlander » de notre gouvernement. Il devrait à ce titre recevoir une prime d’ancienneté en tant que ministre rescapé de plus d’une dizaine de remaniements ministériels. Depuis 1993 qu’il trône à l’Exécutif, Benbouzid aura servi sous les ordres de trois chefs de l’Etat et sept chefs de gouvernement. Tous les Algériens s’interrogent sur « les sept vies » de Benbouzid qui a pourtant transformé l’école algérienne en laboratoire d’expériences souvent infructueuses. Benbouzid le funambule a toujours su et pu passer sans encombres l’épreuve de passage d’un camp à un autre. On retiendra de son long règne les nombreux scandales de fuite dans les examens mais surtout les résultats exagérés au bac comme ceux du bac du printemps noir 2001 en Kabylie, ceux des inondations de Bab El Oued en 2001 (bac Al hamla) et enfin ceux du séisme de 2003 « bac Zenzla ». Benbouzid est devenu un vestige gouvernemental inoubliable pour le commun des Algériens au même titre que Cherif Rahmani.

    Chakib Khelil. Ministre de l’Energie et des Mines
    (Au gouvernement depuis 1999)

    En 1999, Chakib Khelil prend sa retraite anticipée de fonctionnaire international. Durant la même année, Abdelaziz Bouteflika est élu président et confie à son ancien camarade de classe, Chakib Khelil, le secteur pétrolier. « Monsieur pétrole », qui revient aux affaires, entreprend, contre l’avis de tous, de libéraliser les hydrocarbures. Son fantasme caché était d’entreprendre la privatisation de Sonatrach, le poumon de l’économie nationale. Il fait introduire un texte très controversé dit « nouvelle loi sur les hydrocarbures », qui avait provoqué les foudres de plusieurs parties influentes au sein même du pouvoir. M. Khelil a été accusé alors de vouloir vendre les derniers bijoux de famille de l’Algérie aux étrangers. Par miracle, il a fini par survivre à cette tempête et célèbre aujourd’hui ses dix ans d’une gestion jugée « catastrophique » des revenus pétroliers, principale source de devises de l’Algérie. Un pays qui continue malheureusement de servir de vache à lait aux prédateurs économiques du monde entier. Entre-temps, les recettes pétrolières continuent d’être gérées dans une totale opacité.

    Saïd Barkat. Ministre de la Santé
    (Au gouvernement depuis 2000)

    Saïd Barkat fait partie du cercle fermé des personnes que le président Bouteflika avait ramenées dans ses bagages lors de son accession au pouvoir en 1999. Inconnu du grand public, ce médecin a quitté son modeste cabinet au centre-ville de Biskra pour faire partie du premier gouvernement de Bouteflika en 2000. Nommé ministre de l’Agriculture, Saïd Barkat s’est employé à labourer de long en large un secteur en jachère sous l’étendard de son fameux plan national de développement agricole (PNDA). « Si Saïd » a eu à gérer une cagnotte qui a fait saliver plus d’un Algérien : 340 milliards de dinars, soit 2% du budget de l’Etat qu’il devait distribuer à ceux qui étaient censés relancer l’agriculture. Mais huit ans plus tard, l’Algérie n’a récolté qu’une gigantesque affaire de détournement de l’ordre de 140 milliards uniquement dans la wilaya de Djelfa dans le cadre de la GCA. C’est le seul « produit » reconnu à Barkat. L’opinion gardera également de son règne la cherté de la pomme de terre et les pénuries cycliques du lait. En guise de sanction pour ces ratages, Barkat est envoyé au secteur de la santé pour s’occuper du médicament.

    Tayeb Belaïz. Ministre de la Justice et garde des Sceaux
    (Au gouvernement depuis 2003)

    Il a été tiré de l’anonymat par Bouteflika en le nommant membre de la Commission nationale de la réforme de la justice du professeur Mohand Issad en 1999. Ironie du sort, c’est à Tayeb Belaïz que le président a confié la mission de réformer la justice à la lumière des conclusions du rapport de la commission. Après un petit « échauffement » d’une année au ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale, l’enfant de Maghnia hérite en 2003 du portefeuille de la justice qu’il garde à ce jour en bon… garde des Sceaux. Personnage plutôt effacé pour un ministre de souveraineté, Tayeb Belaïz a pourtant géré et couvert de nombreuses affaires d’atteinte à la liberté et de déni de justice. Son passage à la chancellerie est marqué par le rétrécissement du droit de la défense souvent décrié par les magistrats. Son nom est également associé à la « justice de la nuit » qui vit Ali Benflis déposé de la tête du FLN en 2004, sur ordre des autorités politiques. Colonne vertébrale du système Bouteflika, la justice version Belaïz est, pour le commun des Algériens, rendue… sur instruction. Tayeb Belaïz devrait conserver son poste pour ses « loyaux services », notamment dans le procès Khalifa où ce furent les lampistes qui payèrent les sales factures au grand soulagement des intouchables qui ont pourtant publiquement assumé…au mieux la prévaricarité.

    El Hachemi Djaâboub. Ministre du Commerce
    (Au gouvernement depuis 2002)

    Il passe de l’industrie au commerce. Mais cela ne l’empêche pas d’accumuler des échecs. Lui aussi peine, à ce jour, à réguler le marché et particulièrement celui de la « patate ». Député à l’APN en juin 1997, sous la bannière du Mouvement de la société pour la paix (MSP), l’arrivée de El Hachemi Djaâboub aux commandes de deux ministères-clés, celui de l’Industrie et du Commerce est qualifiée par bon nombre d’observateurs de « bel » accident de parcours. Sous son commandement, le bateau du commerce n’a cessé de chavirer sous l’effet de l’informel, de la contrefaçon, de souffrir d’un grave défaut de régulation et de la flambée des prix. Sous son règne, les commerçants continuent à faire la loi à tous les niveaux. Incapable de redresser son bateau, M. Djaâboub n’a cessé de perdre des batailles. Il a été aussi incapable de boucler le dossier de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC. Pourtant, El Hachemi Djaâboub n’a cessé de dire tout fier que « l’adhésion à l’OMC est dans la poche ! ».

  7. #7
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    Jeudi 23 Avril 2009 -- C'est ainsi depuis toujours : à chaque rumeur de changement de gouvernement, l'Algérie des sommets se partage en deux. Il y a ceux qui sont déjà en place, bien au chaud dans leur ministère, mais qui sentent comme un malaise indéfinissable que les gens au fait des choses simples de la vie appellent tout simplement « peur.» Ils sont tenaillés par la peur de se voir remerciés sans tambour ni trompette, sans explication ni excuses, comme cela est consacré dans les us et coutumes du Palais d'El Mouradia. La peur de se voir évincer est toutefois atténuée par la certitude acquise que jamais personne ne leur demandera des comptes sur leurs années de gestion.

    Hors du gouvernement, il y a ceux qu'on a convaincu qu'ils ont les qualités requises pour être ministrables, qui se sont offerts avec zèle à chacune des trois campagnes électorales qui ont mené ou qui ont maintenu le président à son Palais. Ceux-là ne souffrent pas de peur, mais d'espoir. L'espoir d'être désignés ministres et l'angoisse indescriptible qui découle de leur ignorance des intentions de celui qui a en main les clés de leur destin, et du contenu de ses tablettes secrètes. Cette crise d'espoir est au moins aussi méchante que la peur de ceux qui ne savent pas s'ils doivent s'en aller.

    Il y a, bien sûr, une troisième catégorie : les indécrottables. Ceux- là, sont d'un moindre intérêt parce qu'ils échappent régulièrement aux incertitudes qui habitent leurs collègues moins ancrés dans le système ou moins appréciés par le Palais. Ils se savent intouchables, leur sort étant définitivement lié à celui de leur mentor.

    Tout en bas, chez les Algériens, on déroge un peu aux habitudes consacrées en pareilles circonstances. D'habitude, pendant ce genre de périodes, les paris vont bon train et les spéculations aussi. Non seulement les noms des partants sont désignés par la plèbe qui s'ennuie, mais elle donne aussi les heureux arrivants et va même jusqu'à préciser le portefeuille qui échoît à chacun d'eux. Aujourd'hui, rien de tout cela. À peine si l'on fait référence au changement de gouvernement, le plus souvent sur le mode sarcastique.

    Ce royal désintérêt de l'Algérie d'en bas pour les révolutions de palais du pays d'en haut est symptomatique, à plus d'un titre, de ce que les voies de communication entre les deux entités sont gravement et durablement interrompues. Le petit peuple, comme on se plaît à l'appeler, est réduit à mener des combats plus prosaïques, plus terre à terre : il est déjà assez occupé par la lutte inégale qu'il livre à la pomme de terre et à la sardine.

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