Algeria.com Discussion Forum - Powered by vBulletin


+ Reply to Thread
Page 1 of 2 1 2 LastLast
Results 1 to 7 of 11
  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,686

    Dissolution de l’assemblée nationale :


    Lundi 4 Mai 2009 -- Depuis quelques semaines, Louisa Hanoune multiplie les appels en faveur d'une dissolution de l'assemblée nationale. Dimanche 3 mai, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) a réitéré son appel en faveur de la tenue d'élections législatives anticipées. Deux ans après les législatives du 17 mai 2007, le PT est la seule formation politique à demander avec insistance une dissolution de l'assemblée. Ni les autres partis présents au Parlement (FLN, RND, MSP, FNA, RCD...) ni le FFS qui avait boycotté cette élection n'ont formulé une telle demande. En face, le gouvernement ne dit ni oui ni non. Yazid Zerhouni a même laissé entendre récemment qu'il n'était pas totalement opposé à l'idée d'une dissolution.

    Le dernier argument officiel de Louisa Hanoune a été fourni, dimanche, au cours d'une conférence de presse : « la dissolution de l'actuelle Assemblée est un enjeu majeur pour la restitution de la souveraineté nationale, laquelle a été piétinée par une fraude massive qui n'honore pas le président lui-même qui aspire à l'instauration d'un Etat de droit», a-t-elle déclaré.

    Organiser de nouvelles élections législatives pour effacer la fraude de la présidentielles ? Peu probable surtout que Mme Hanoune n'a aucune garantie que des élections législatives anticipées se dérouleraient sans fraudes. Et puis pourquoi vouloir des législatives anticipées alors que même en cas de victoire avec une majorité absolue, le PT n'est pas assuré de gouverner ? Depuis la dernière révision de la Constitution, le Premier ministre n'est en effet plus Chef du gouvernement. Il n'est donc plus forcément le chef de la majorité parlementaire.

    En réalité, les calculs de Louisa Hanoune sont très loin des considérations de « souveraineté nationale » et « d'Etat de droit » mis en avant par la secrétaire générale du PT. En exigeant des législatives anticipées, Mme Hanoune cherche surtout à punir les cinq anciens députés de son parti qui ont osé la quitter en novembre 2008 pour rejoindre les rangs du FLN. Ces parlementaires ont quitté le PT pour des considérations tout aussi peu honorables : ils ne voulaient pas verser une partie de leurs salaires à leur formation politique comme l'avait demandé Louisa Hanoune.

    En cas d'organisation d'élections législatives, Louisa Hanoune espère que les cinq « traitres » se retrouveront sans liste d'accueil : le FLN va privilégier ses propres militants sur les positions éligibles. Et les autres partis ne risquent pas d'accueillir sur leurs listes des députés peu connus et sans aucune influence.

    En participant à l'élection présidentielle, Louisa Hanoune avait obtenu un début de garantie sur une éventuelle dissolution de l'assemblée. Mais face au silence du président, elle fait monter la pression depuis quelques jours : elle a boudé la cérémonie d'investiture de Bouteflika le 19 avril dernier et multiplie les déclarations sur la fraude...

  2. #2
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,686

    Samedi 9 Mai 2009 -- La dissolution de l’Assemblée populaire nationale (APN), cette revendication phare du parti des travailleurs (PT), a été écartée d’un revers de main par le Président de cette institution. «La dissolution de l’APN n’a jamais été à l’ordre du jour et n’a même jamais été envisagée un seul instant» a déclaré hier, Abdelaziz Ziari, président de l’Assemblée tout en soulignant que «la seule personne habilitée à la dissoudre l’APN est le président de la République». S’exprimant sur les ondes de la radio chaîne III de la radio nationale, M. Ziari a ajouté que «la dissolution de l’Assemblée est une question qui, franchement, ne présente aucun intérêt dans l’état actuel des choses». «Croyez-moi ce n’est absolument pas un problème à poser actuellement» a-t-il martelé. Indiquant que la dissolution d’une Assemblée «dépend de périodes de nécessité politique, en particulier des périodes de crises graves», M. Ziari a affirmé qu’actuellement «il n’y a aucune forme de problèmes qui se posent entre l’exécutif et le législatif et qu’il n’y a jamais eu autant d’harmonie entre ces deux pouvoirs qu’en ce moment». Cette sortie de M. Ziari a soulevé de multiples réactions chez les représentants des partis politiques, notamment ceux qui revendiquent la dissolution de l’APN. Contacté par nos soins, M. Djoudi, porte-parole du PT, premier parti a avoir soulevé cette question, a réitéré la conviction de son parti que «la dissolution de cette institution, et sa substitution par une assemblée constituante, reste l’unique alternative à même de répondre aux aspirations du peuple algérien». Considérant que M. Ziari est libre de dire ce qu’il veut, M. Djoudi estime pour sa part que «l’actuelle APN a tourné le dos au peuple, et ne répond guère à ses aspirations». D’où, dit-il, la revendication de son parti de dissoudre cette institution. M. Djoudi souhaite par ailleurs, que «la loi électorale soit révisée de sorte à faire la différence entre la mission de l’élu et le monde des affaires». De son côté, le premier secrétaire national du FFS, Karim Tabbou a estimé la question de la dissolution de l’APN «relève réellement d’un faux débats», et que «l’actuelle APN n’a pas de sens, ni de pouvoir (…) ». Du côté des partis de l’Alliance présidentielle, c’est évidemment un autre son de cloche. Les deux partis majoritaires à l’APN, le FLN et le MSP, eux, soutiennent naturellement le président de l’Assemblée. «Il n’y a pas de raisons pour parler de la dissolution de l’APN, tant qu’aucun disfonctionnement n’y est signalé à présent» estime Mohamed Djamaâ, chargé de communication au MSP. Il estime qu’il n’a aucun commentaire à faire sur la déclaration de M. Ziari, puisque «la dissolution de l’APN n’est pas la revendication du MSP». Abondant dans le même sens, le chargé de communication du FLN, Saïd Bouhadja estime pour sa part, que «la dissolution de l’Assemblée n’a jamais été envisagée». Preuve en est, argue-t-il, «cette question n’a pas été évoquée dans le programme du président, le seul habilité à dissoudre l’APN ou à la maintenir». Pour M. Bouhadja, «ceux qui revendiquent la dissolution de l’APN sont ceux qui veulent laver l’affront du grand échec qu’ils ont essuyé lors des dernières élections présidentielles. Ils sont aussi ceux, qui ont mal choisi leurs élus».

  3. #3
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,686

    Sonia Lyes :


    Lundi 11 Mai 2009 -- La porte parole du parti des travailleurs Mme Louisa Hanoune a assuré hier que la dissolution de l'assemblée populaire nationale, une des revendications de son parti lors de la campagne, est toujours à l'ordre du jour. « La question de la dissolution est dans l'agenda. La discussion est sérieusement ouverte sur la question. Zerhouni a été d'ailleurs très précis (...) l'Etat n'a aucune raison de maintenir la présente Assemblée. C'est la moins bien élue depuis l'indépendance du pays. Il n'y a aucune différence entre elle et un CNT (conseil national de transition) désigné », a t-elle dit hier lors d'une conférence de presse à Alger. « Elle ne prend aucune initiative et aucun débat sur une quelconque question n'y est ouvert. Coupée du peuple, elle ne joue aucun rôle », a-t-elle ajouté.

    Cette sortie de l'ex candidate malheureuse à l'élection présidentielle du 9 avril dernier intervient au lendemain de l'intervention du président de la chambre basse du parlement, Abdelaziz Ziari, sur les ondes d'une radio nationale, lequel avait déclaré que « la dissolution n'est pas à l'ordre du jour ». Relevant que la dissolution est du ressort du président de la république, Louisa Hanoune a estimé que « Ziari défend ses intérêts personnels ». « Il a dépassé les lignes rouges. En sa qualité de président de l'APN, il doit avoir l'obligation de réserve, il est tenu de se comporter en homme d'Etat », a t-elle pesté. « Ziari n'est pas le porte parole de la présidence. Et je sais qu'il n'est mandaté par personne pour parler sur cette question (...) il est le dernier à apprendre les décisions prises en haut lieu. Le PT n'est pour rien si on ne l'associe jamais », a-t-elle encore lâché. Mais en dépit de cette levée de boucliers contre l'assemblée, le PT n'est pas disposée à retirer ses députés. « Ça ne travaille pas la démocratie. Mais nous nous battrons pour sa dissolution », a t-elle conclu.

    Après plus de deux mois de congé, l'assemblée nationale devrait reprendre bientôt ses travaux. Elle devrait se pencher sur le plan d'action d'Ouyahia qui sera soumis au préalable au conseil des ministres.

  4. #4
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,686

    Nadjia Bouaricha :


    Mardi 12 Mai 2009 -- Louisa Hanoune persiste et signe. La dissolution de l’Assemblée populaire nationale est incontournable pour « réhabiliter l’Etat », a-t-elle affirmé hier lors d’une conférence de presse tenue au Centre international de presse de Kouba. La porte-parole du Parti des travailleurs n’est pas allée de main morte pour critiquer la dernière sortie du président de l’APN en défaveur de l’option de dissolution. « Le président de l’Assemblée a peur pour sa place. Par ses propos, il ne reflète ni la position de son parti et encore moins celle de l’Assemblée. Ziari n’a été mandaté par personne pour parler de la question de la dissolution, ni par le président de la République ni par les députés. Il s’est comporté comme le secrétaire d’une kasma des années 1970, ce qui dénote de la dégradation du niveau de cette dernière Assemblée qui est la pire depuis l’indépendance », indique Mme Hanoune en réponse aux déclarations de Abdelaziz Ziari dans une émission radiophonique.

    « Il a fait preuve d’hégémonisme. Jamais un président d’Assemblée depuis 1997 n’a osé se comporter de la sorte. Il a versé tant de haine sur le PT et d’invectives que nous y décelons l’expression de la pensée unique. De quel droit ose-t-il porter un jugement sur le fonctionnement des partis politiques. Je lui dirais que pour faire de la médecine, il faut pratiquer, mais pour faire de la politique, il faut aussi un don », souligne la porte-parole du PT en soulignant que la dissolution de l’APN est du seul ressort du président de la République. « Je pense que Ziari est le dernier à être consulté par le président », dit-elle avant d’enchaîner « quand il dit qu’il subit des pressions des députés, nous devons lui répondre que ni Saïdani, ni Karim Younès n’ont accepté de céder aux pressions. Je crois plutôt que la pression est dans sa tête ». Louisa Hanoune, toujours aussi remontée contre Ziari, lance au sujet du nomadisme politique que Ziari renvoie à la responsabilité des partis, que « c’est lui qui a encouragé le nomadisme politique, il s’est renforcé d’ailleurs en 2007 à Alger par des cadavres politiques ». Et d’ajouter « honte à lui, qu’il se calme. Cette Assemblée provoque le dégoût et on ne doit pas la garder pour sauver l’intérêt personnel de son président ».

    Le PT indigné

    Mme Hanoune affirme que son parti a demandé la révocabilité des députés qui ne respectent pas leur mandat auprès de leur parti, alors que Ziari, dit-elle, « est pour un mandat impératif, ce qui veut dire qu’il est contre le respect du mandat. Il a même osé me dire que si je continue à plaider pour la dissolution de l’Assemblée, je risque de me faire détester par les députés FLN. Or, beaucoup de députés de ce parti sont pour la dissolution pour barrer la route à ceux qui ont acheté la députation au prix fort ». Ceci et d’indiquer : « Comment peut-on soutenir le maintien d’une Assemblée qui a voté les lois les plus impopulaires notamment l’emprisonnement des harraga ? Une Assemblée qui adopte une loi sur les médicaments alors que le gouvernement avait pris une mesure en faveur de la production nationale », justifie la femme politique. Evoquant les salaires faramineux des parlementaires, la porte-parole du PT s’indigne d’un tel niveau d’indemnité qui, dit-elle, a aggravé davantage la crise de crédibilité dont souffre cette Assemblée, « il est inconcevable qu’un député qui n’a jamais travaillé dans sa vie, soit payé deux fois plus qu’un professeur en médecine, ou qu’un général major. De plus, pourquoi un député doit-il continuer, après la fin de son mandat, à recevoir une retraite. Ce n’est pas normal que quelqu’un qui n’a jamais travaillé, se retrouve un jour député pendant cinq ans, puis sort avec une retraite dorée », s’insurge la porte-parole avant de préciser qu’il faut chasser les milieux des affaires de l’Assemblée pour éviter la « maffiotisation » de la politique. « Il n’existe aucune raison justifiant du maintien de cette Assemblée au sujet de laquelle les députés de tous partis confondus reconnaissent l’inefficacité et qui est devenu un facteur d’instabilité », note la conférencière. Elle ne se prononce toutefois pas pour un retrait de l’APN, car dit-elle, « cela ne servira pas à régler la crise ».

    À noter que le Parti des travailleurs a adressé une lettre au président de la République où il demande entre autres propositions, la dissolution de l’Assemblée nationale. Dans cette lettre, Louisa Hanoune invite Bouteflika à « se démarquer des résultats des élections du 9 avril en mettant fin à la pratique de la fraude » et à organiser des élections législatives anticipées « pour débarrasser l’Etat, l’administration et l’économie nationale, des tentacules du clientélisme, et pour fermer la parenthèse de la tragédie nationale et réhabiliter l’Etat ». Louisa Hanoune demande en outre, le rapatriement des réserves de fonds se trouvant à l’étranger, le gel de l’accord d’association avec l’UE pour préserver la production nationale, la renationalisation des biens de l’Etat, et l’application d’un SMIG à 35 000 DA. Elle a par ailleurs demandé, lors de la conférence de presse, au ministre de l’Agriculture de sauver le terrain agricole que l’industriel Issad Rebrab promet de transformer en supermarché.

  5. #5
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,686

    Mardi 12 Mai 2009 -- Le parti des travailleurs (PT) revient à la charge pour appeler le président de la République à «dissoudre l’Assemblée populaire nationale (APN) et organiser des élections législatives anticipées pour l’élection d’une Assemblée constituante». Dans une lettre ouverte adressée au chef de l’Etat, lue hier à l’occasion d’une conférence de presse qu’elle a animée au Centre international de presse d’Alger, Mme Hanoune a fait part au président Bouteflika de l’initiative politique de sa formation visant «la construction d’une véritable démocratie qui donnera une véritable immunité politique à l’Etat ainsi qu’à la nation». Le PT réitère, en cette occasion, sa ferme conviction que cette ambition doit passer impérativement par «la dissolution de l’actuelle Assemblée et l’élection démocratique d’une véritable Assemblée nationale». C’est là, a indiqué Mme Hanoune, «la pierre angulaire pour redonner de la crédibilité aux institutions de l’Etat». Pour y parvenir, Mme Hanoune estime que «cela exige naturellement la révision de l’actuelle loi électorale qui ne garantit pas le respect du libre choix et le respect du mandat de l’élu». Et comme il fallait s’y attendre, la secrétaire générale du PT a tenu à répondre au président de l’APN, M. Abdelaziz Ziari, qui avait déclaré vendredi dernier que la dissolution de l’Assemblée n’a jamais été à l’ordre du jour. «Est-il le porte-parole de la présidence pour se prononcer à la place du président de la République ?» s’est-elle interrogée. Et d’ajouter que M. Ziari «a souvent dépassé ses prérogatives de président de l’Assemblée pour s’immiscer dans les affaires des partis politiques». S’agissant des dysfonctionnements de l’APN, écartés par M. Ziari, la première dame du PT estime que sa réaction est l’expression pure et simple d’une panique, voire d’un dysfonctionnement. Pour étayer ses dires, Mme Hanoune, qui ne croit pas en l’existence d’un pouvoir législatif en Algérie, a considéré que «les propositions des ministres sont souvent meilleures que celles des députés siégeant à l’APN». Et si le ministre de l’Intérieur a évoqué dernièrement la question de la dissolution de l’APN, souligne-t-elle encore, cela «ne relève en aucun cas d’un lapsus verbal, mais d’une réalité qu’il connaît assez bien». Mme Hanoune est affirmative : «M. Zerhouni a toujours reconnu les dysfonctionnements de cette Assemblée». Toutefois, la secrétaire générale du PT a écarté le retrait de ses élus de cette institution, car, estime-t-elle, « leur présence à l’APN permettra au parti de mener son combat politique». Dans sa conclusion, Louiza Hanoune espère que «le président de la République se démarquera des lobbies du monde des affaires pour réhabiliter l’Etat de droit».

  6. #6
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,686

    Mardi 12 Mai 2009 -- La polémique entre Louisa Hanoune et Abdelaziz Ziari sur la question de la dissolution du Parlement enfle. Les dernières déclarations de l’actuel président de l’APN sur les ondes de la Chaîne III, où il a assuré que la dissolution du Parlement n’est pas à l’ordre du jour et que le député n’est pas prisonnier de son parti, ont piqué au vif la pasionaria du PT. “Ziari a dépassé les limites et toutes les lignes rouges”, fulmine-t-elle lors d’une conférence de presse animée hier au Centre international de presse (CIP) de Kouba. “En sa qualité de président de l’APN, il a l’obligation de réserve et il est tenu de se comporter en homme d’État”, rappelle-t-elle. Tout en lui déniant le droit de parler au nom de l’institution parlementaire, Mme Hanoune accuse le troisième personnage de l’État de s’accrocher à son poste et de ne se soucier que de son intérêt personnel. Et de rappeler que la dissolution de l’Assemblée nationale est une prérogative exclusive du président de la République.

    “Ziari n’est pas le porte-parole de la présidence. Et je sais qu’il n’est mandaté par personne pour parler sur cette question”, assure-t-elle avant d’enfoncer le clou : “il est le dernier à apprendre les décisions prises en haut lieu. Le PT n’est pour rien si on ne l’associe jamais.” Les griefs de Mme Hanoune contre Ziari ne s’arrêtent pas là. Elle lui fait le reproche d’encourager le nomadisme politique et de porter atteinte au multipartisme. Mais sa présente passe d’arme avec le troisième personnage de l’État, Mme Hanoune l’inscrit sur le seul registre politique. Elle se défend d’avoir un quelconque différend personnel avec son adversaire du jour. La preuve ? Le vote de son parti pour… Ziari le jour des élections pour la présidence de l’APN. Mais sur cette question de la dissolution du Parlement, la porte-parole du PT semble être très sûre de son fait. À l’entendre parler, c’est presque une chose acquise. “La question de la dissolution est dans l’agenda. La discussion est sérieusement ouverte sur la question. Zerhouni a été, d’ailleurs, très précis”, assure-t-elle. À ses yeux, l’État n’a aucune raison de maintenir la présente Assemblée. “C’est l’Assemblée la moins bien élue depuis l’Indépendance du pays. Il n’y a aucune différence entre elle et un CNT désigné. Elle ne prend aucune initiative, et aucun débat sur une question quelconque n’y est ouvert. Coupée du peuple, elle ne joue aucun rôle”, assène-t-elle. Pis, elle est allée jusqu’à crier à la “mafiotisation de la politique” en désignant du doigt les lobbies financiers qui ont investi aussi bien l’Assemblée nationale que les instances locales. Simple question : pourquoi alors le PT ne décide-t-il pas d’y retirer ses députés ? Réponse de Louisa Hanoune : “Le retrait ne résoudra pas le problème. Nous nous battons pour la dissolution de l’Assemblée.” Louisa Hanoune estime que le Président doit prononcer la dissolution de l’APN. Mais avant d’aller à des élections législatives anticipées, il y a lieu de réviser d’abord la loi électorale.

    D’ailleurs, Mme Hanoune a révélé avoir envoyé une lettre au président de la République lui demandant d’assainir la situation politique et économique du pays pour réhabiliter l’État. Une réhabilitation qui passe aussi par sa démarcation de la dérive du 9 avril et la dissolution de l’APN. “L’Algérie a besoin d’un nouveau Parlement qui servira de pilier pour le président de la République pour qu’il puisse se libérer des entraves et des pressions des différentes clientèles”, explique-t-elle. D’autre part, Mme Hanoune estime qu’une situation “des plus étranges” prévaut dans le pays. Aussi elle appelle le président de la République à corriger le tir en matière d’orientation économique. Sur ses entrefaites, Mme Hanoune ne semble pas apprécier l’achat par le patron de Cevital, Issad Rebrab, d’un terrain à Bouira pour implanter un projet agroalimentaire. “M. Rebrab n’a pas le droit de prendre possession de terres agricoles à Bouira pour y implanter un supermarché même s’il a fait la promesse de créer plus de 2 000 emplois. Ces terres doivent rester entre les mains des agriculteurs. À la suite du président de la République, le ministre de l’Agriculture a juré qu’aucune terre agricole ne se verra détournée de sa vocation”, a-t-elle soutenu avant de se reprendre : “C’est vrai qu’il n’y a pas que Rebrab. Un homme d’affaires s’est vu offrir toutes les Epic de la capitale en récompense à son soutien financier au candidat Bouteflika.” Mais, curieusement, hormis celui de Issad Rebrab, pas un seul nom n’a été cité par la porte-parole du PT.


    Mardi 12 Mai 2009 -- Contacté, le président du groupe Cevital, Issad Rebrab, s’est dit étonné par une telle sortie du porte-parole du PT, avant d’ajouter : “Ce sont des terres acquises en toute propriété qui serviront d’assiettes de terrain pour des investissements dans l’agroalimentaire, qui créeront plus de 1 500 postes de travail.” Le président du groupe Cevital précise que “le ministère de l’Agriculture a donné son feu vert pour ce type de projet, qui consiste à la régulation du marché des produits alimentaires et agroalimentaires.” M. Rebrab rappelle, à ce titre, “la tension qu’a connue le stockage de la pomme de terre, l’année dernière. Ces techniques de stockage seront généralisées à travers le territoire national pour combler le retard dans ce domaine qui s’élève à près de 10 millions de m3, avec des spécificités pour chaque région. Enfin, tout ce qui a été réalisé l’a été conformément à la loi, et les terres, dont il est question, ont été choisies parmi les moins fertiles, donc déclassées.”

  7. #7
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,686

    M.A. Boumendil :


    Mardi 12 Mai 2009 -- Après avoir dénoncé les résultats officiels du scrutin présidentiel auquel elle a complaisamment participé alors que tous les acteurs politiques et les observateurs le savaient joué d'avance, la présidente à vie du Parti des travailleurs, Louiza Hanoune, fait de la dissolution de l'Assemblée populaire nationale son cheval de bataille. Tant et si bien que le président de cette auguste assemblée, non sans agacement, lui a signifié qu'une telle initiative n'est pas à l'ordre du jour.

    Se soucier du renouvellement anticipé du Parlement dans une Algérie où le champ politique est entièrement muselé et où les élections sont arbitrées à coups de quotas décidés on ne sait par qui et on ne sait où, c'est comme de s'inquiéter de la peinture écaillée d'un navire qui prend eau de toute part et qui coule à vue d'œil.

    En dehors de débats homériques à l'occasion de la présentation des lois de Finances, débats portant à chaque fois sur l'importation ou non d'alcools et sur la suppression ou non de l'autorisation d'importation de véhicules usagés, quels sont donc les hauts faits d'armes de cette assemblée ? Une seule fois, en 1997, les députés ont osé constituer une commission d'enquête parlementaire portant sur la fraude électorale. Les résultats de l'enquête, accablants pour le parti majoritaire de l'époque, n'ont jamais été soumis à la plénière et n'ont jamais connu de suite.

    Le renouvellement de l'APN, à terme ou par anticipation, n'aurait de sens qu'à deux conditions qui, malheureusement, sont loin d'être réunies. La première est de garantir l'honnêteté des scrutins afin que les résultats sortis des urnes reflètent la volonté populaire et non celle de tel ou tel centre de décision. La seconde consiste à réviser les prérogatives du Parlement, de sorte qu'il cesse d'être une chambre d'enregistrement des desiderata de l'Exécutif qu'il est censé contrôler et, le cas échéant, sanctionner.

    Dans ses diatribes qui sonnent comme un désir de rachat aux yeux de l'opinion, Louiza Hanoune a qualifié l'APN, où elle siège toujours avec les députés de son parti, de « cathédrale dans un désert.» L'image est tout à fait édifiante car elle sait, pour sa part, qu'elle prêche justement dans le désert. Le fait est qu'au jour d'aujourd'hui, la réalité étant ce qu'elle est, dissoudre l'Assemblée nationale pour la renouveler, ou même la supprimer, ne changerait rien à l'ordre des choses. Sa suppression aurait d'ailleurs plus de sens : elle permettrait de lever le voile «démocratique» qui couvre pudiquement le vrai visage du régime.

Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts