Lundi 4 Janvier 2010 -- Paris et Washington viennent de prendre des mesures durcissant les contrôles des voyageurs provenant de plusieurs pays, dont l’Algérie. Des décisions intervenues après la tentative d’attentat du Nigérian Omar Farouk Abdulmutallab. Ce dernier a tenté, fin décembre, de faire exploser un avion américain assurant la liaison Amesterdam-Détroit en utilisant un explosif que les appareils de surveillance n’ont pas pu détecter. L’Algérie se retrouve ainsi dans les mêmes listes que le Yemen, la Somalie ou l’Afghanistan, des pays où l’Etat a cessé d’exister depuis plusieurs années. Un pays comme le Maroc, dont les ressortissants sont régulièrement impliqués dans des attentats ou des tentatives d’attentats, ne figure curieusement sur aucune liste.
L’inscription de l’Algérie sur ces listes pose aussi un autre problème. À plusieurs reprises, de hauts responsables américains ont loué les efforts de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme. On découvre aujourd’hui que ces déclarations, très médiatisées par les médias officiels algériens, ne sont en réalité que des formules diplomatiques qui cachet de réels inquiétudes occidentales concernant la gestion de la lutte antiterroriste par l’Algérie. D’ailleurs, le Département d’Etat américain n’a jamais levé le « travel warning » adressé aux ressortissants américains qui se rendent en Algérie. La série d’enlèvement de touristes occidentaux dans le Grand Sud algérien, au Mali et en Mauritanie a suscité beaucoup d’inquiétudes à la Maison blanche. À Washington, on ne comprend pas pourquoi Mokhtar Belmokhtar, présenté comme le chef des groupes terroristes du Sud, n’est toujours pas localisé. Et on s’interroge sur les raisons de non jugement de Abdelrazak El Para, en détention depuis quatre ans, alors qu’il a été reconnu responsable du kidnapping des touristes allemands en 2003.
«Les activités terroristes et criminelles dans le Maghreb et la région du Sahel continuent d’être une menace pour toute la région et au-delà. Je suis venu entendre les points de vue des responsables civils et militaires algériens sur la situation”, a déclaré à Alger le général William E. Ward, chef du Commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom), lors de sa visite en décembre 2009. Le général Ward a été reçu par le président Bouteflika et par les principaux responsables de l’armée algérienne. Le sous-secrétaire d’Etat chargé du Proche-Orient Jeffrey Feltman et la sous-secrétaire adjointe à la Défense, Vicki Huddleston, sont également venus à Alger pour, entre autres, discuter sur le combat mené par les autorités algériennes contre Al Qaida au Maghreb. Et Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, qui s'est rendu à Washington le 11 décembre 2009, a eu à répondre à des questions précises posées par les experts du Conseil de sécurité de la Maison Blanche, par Daniel Benjamin, coordonnateur pour le contre-terrorisme au département d’Etat, et par le général James Jones, conseiller du président Barack Obama pour les Affaires de sécurité nationale.
À Paris, la décision de mettre l’Algérie dans la liste des pays à risques semble s’inscrire dans une logique de confrontation née de la crise du diplomate Hassani et de la relance de l’affaire des Moines de Tibhirine. Les relations politiques entre les deux pays traversent une profonde zone de turbulences depuis plus d’une année. La visite des officiels dans les deux sens sont devenus rares. Et le déplacement du président Bouteflika, qui devait avoir lieu en juin 2009, a été reporté sine die. Mais, c’est la première fois que Paris remet en cause d’une manière implicite les capacités algériennes à mettre fin au phénomène terroriste. Les services de sécurité des deux pays ont toujours travaillé en étroite collaboration sur ses dossiers. Cela dit, l’ambiguïté dans le discours officiel algérien partagé entre nécessité d’éradiquer le terrorisme et appel incessant à la réconciliation nationale, a ouvert la voie à toutes les interrogations sur la volonté de rétablir complètement la sécurité dans le pays par les moyens conventionnels. Enfin, l’inscription de l’Algérie sur ces deux listes de la honte n’a donné lieu à aucune réaction officielle. Lundi, le Nigéria a réagi en déplorant le fait qu’il figure sur la liste américaine. À Alger, on observe toujours le silence alors qu’une telle annonce aurait pu au moins provoquer une convocation des ambassadeurs américain et français à Alger.
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4th January 2010 18:45 #1
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6th January 2010 00:05 #2
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Salima Tlemçani :
Mercredi 6 Janvier 2010 -- L’ambassadeur d’Algérie à Washington, Abdellah Baali, a qualifié de « discriminatoire » la mesure déclarant les Algériens voyageurs à risque pour les Américains. Il affirme qu’il déposera une protestation dès qu’il recevra un avis officiel. L’Algérie, seul pays du Maghreb concerné par cette liste noire, n’a pas réagi au fait que la France ait décidé de déclarer suspects tous les voyageurs algériens se rendant sur son territoire depuis le 1er janvier 2010. L’Algérie, par la voix de son ambassadeur aux Etats-Unis d’Amérique, a réagi à la décision de considérer les Algériens à destination des USA comme étant des passagers à risque, au même titre que les Afghans, les Irakiens, les Pakistanais, les Saoudiens, les Yéménites, les Libanais et les Nigérians. Dans une déclaration à la presse américaine, Abdellah Baali a qualifié, hier, les mesures imposées par l’Administration Obama de «discriminatoires à l’égard des Algériens», tout en reconnaissant que les USA « ont le droit » d’assurer la sécurité de leurs citoyens. « Les USA ont le droit de protéger leurs citoyens, mais il s’agit de mesures discriminatoires à l’égard des citoyens d’Algérie qui ne posent pas de risques particuliers pour les Américains », a indiqué l’ambassadeur, avant de préciser qu’il déposera une protestation officielle une fois qu’il recevra un avis officiel des changements opérés dans les mesures de sécurité relatives aux passagers à destination des USA.
Bien que timide, il s’agit là de la première réaction de l’Algérie après que Washington ait décidé de la classer parmi les pays dont les ressortissants présentent un risque pour sa sécurité, au même titre que ceux des pays en proie à la violence comme l’Afghanistan, l’Irak, la Somalie et le Yémen. La situation en Algérie n’est pourtant ni celle de l’Afghanistan et encore moins celle de l’Irak ou de la Somalie. Il est d’ailleurs incompréhensible que l’Etat français emboîte le pas aux USA pour classer les voyageurs algériens parmi les Maliens, les Afghans, les Pakistanais et les Somaliens en tant que passagers suspects. À ce titre, elle a sommé les compagnies aériennes de transport, notamment Air Algérie, de transmettre leur filiation complète dès la réservation du billet, sous peine d’une amende de 50 000 euros et ce, dès le 1er janvier 2010. L’élaboration d’une telle liste suscite des interrogations, surtout lorsqu’on sait que des pays voisins, de la région maghrébine, marqués par des activités terroristes et des attentats kamikazes, n’y figurent pas. Est-ce par intérêt ? Force est de croire que c’est le cas. Sinon, y a-t-il une autre explication qui puisse justifier que les 4 millions d’Algériens qui vivent en France ou les 35 millions qui vivent en Algérie puissent devenir, du jour au lendemain, des terroristes potentiels, sachant que les auteurs des attentats kamikazes de Madrid et de Londres, pour ne citer que ceux-là, ne viennent pas d’Algérie. Il est cependant désolant qu’en face, les autorités algériennes continuent à faire le dos rond et ne réagissent que timidement face à une campagne d’accablement qui n’a d’autre but que d’enrichir les multinationales d’assurances et de ce fait, saigner le Trésor public à travers la hausse du risque Algérie, au moment où le pays est un immense chantier où se bousculent les partenaires économiques.
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6th January 2010 12:58 #3
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Yazid Slimani :
Mercredi 6 Janvier 2010 -- Les décisions américaine et française de renforcer les contrôles de sécurité sur les passagers en provenance de pays dits à risque terroriste, dont l'Algérie, a violemment fait réagir certains d'entre eux, placés sur cette liste noire. Ainsi, le Nigéria a qualifié d’« injuste de discriminer 150 millions de personnes en raison de la conduite d'une seule », en référence au jeune Nigérian de 23 ans qui a tenté de commettre un attentat à bord d'un avion qui faisait la liaison Amsterdam-Détroit, la semaine de Noël. Officiellement, c’est cette tentative qui est à l’origine des mesures annoncées par Paris et Washington. Pour sa part, Cuba a officiellement protesté, lundi, contre son inscription sur cette liste. En Algérie, il n'y a eu aucune réaction officielle du gouvernement. Pourtant dans un passé pas très lointain, Alger était plus prompt à s’insurger lorsque l'image du pays semblait injustement attaquée. La situation actuelle rappelle ainsi le bras de fer entre la France et l'Algérie au milieu des années 90, également dans le secteur de l'aérien. Deux époques, deux attitudes radicalement opposées.
Début 1995, après la prise d'otage de l'avion de la compagnie Air France en décembre 94, la France décide de renforcer le contrôle sur les liaisons entre la France et certaines destinations jugées à risque en matière de menace terroriste. L'Algérie est bien sûr en première ligne, et sa compagnie nationale, Air Algérie – seule à desservir l’Algérie à cette époque après le départ des compagnies étrangères – également. Paris décide de transférer la compagnie de l'aéroport d’Orly, où elle est présente depuis près de 50 ans, vers un terminal spécial à Roissy, le T9, jusque là réservé aux vols charters. Air Algérie se retrouve isolé, Paris pensant ainsi limiter les risques et les dommages en cas de menace terroriste – enlèvement, attentat – sur un de ses vols. Cette décision, prise sans concertation, est très mal prise par Air Algérie, qui dénonce une stigmatisation de son personnel et de ses clients. La compagnie refuse de déménager à Roissy et la polémique se déplace au plus haut niveau des deux Etats. Le ministre des Transports de l'époque, Mohamed Areski Isli, se rend en France pour plaider la cause d'Air Algérie. Sans succès. La France campe sur ses positions. Mais Alger refuse aussi de céder devant ce qui est considéré comme une humiliation, et Air Algérie boycotte les aéroports parisiens. Pendant deux ans, les voyageurs parisiens – surtout des binationaux ou des Algériens qui ont émigrés en France – devront se rendre à Lille, Lyon ou Marseille pour embarquer vers l'Algérie.
Aujourd'hui, même si les mesures décidées par la France et les Etats-Unis ne sont pas aussi dures, l'Algérie brille par son absence de réaction officielle. Il faut croire que l'époque est révolue où les autorités algériennes réagissaient immédiatement et avec fermeté lorsque les Algériens ou l'image du pays étaient malmenés à l’étranger. D'autant plus qu'au milieu des années quatre-vingt dix, la situation du pays ne permettait pas des bras de fer avec des puissances comme Paris. Le terrorisme avait mis le pays à feu et à sang dans la quasi-indifférence internationale, l'économie était en déroute, les comptes de l'Etat dans le rouge et la politique économique contrôlée par le FMI, la Banque mondiale et l'Union Européenne. Malgré cela le pays avait eu la force de faire entendre sa voix. Aujourd'hui, l'Algérie s'est relevée de la décennie noire, et l'économie, boostée par les hydrocarbures, a entamé sa mutation vers la modernité. Les groupes étrangers se battent pour décrocher des contrats. Pourtant dans ses relations avec les Européens et les Américains, elle n'a jamais paru aussi effacée.
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6th January 2010 13:01 #4
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ALGIERS, January 6, 2010 — Algeria’s ambassador to Washington has complained that new U.S. security measures for airline passengers from some countries — including his — are discriminatory. The U.S. Transportation Security Administration has directed airlines to give full-body, pat-down searches to U.S.-bound travelers from 14 countries including Algeria. Ambassador Abdellah Baali wrote in an essay in Wednesday’s El Watan newspaper saying "the United States has the right to protect its citizens." But he called the measures discriminatory against Algerians, "who pose no particular risk to Americans." The essay was the first official Algerian reaction to the U.S. measures ordered Monday after a failed effort by a Nigerian to ignite explosives on a Detroit-bound flight on December 25.
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7th January 2010 13:55 #5
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Samir Allam :
Jeudi 7 Janvier 2010 -- La France et les Etats-Unis sont deux pays engagés dans la lutte contre Al-Qaïda. Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, en mai 2007, Paris est devenu le principal allié de Washington dans cette guerre mondiale contre le terrorisme. La France a remplacé l’Espagne et la Grande-Bretagne, qui ont pris leurs distances avec la politique américaine dans le monde arabe et musulman après le désastre irakien. Mais si Paris et Washington combattent officiellement le même ennemi, ils ne semblent pas avoir la même perception du danger terroriste ni de sa provenance. Sinon comment expliquer la différence entre les listes des pays à risques publiées par la France et les Etats-Unis. Pourquoi deux pays, l’Arabie Saoudite et la Libye, sont-ils présents sur la liste américaine alors qu’ils sont absents de la française ? Pourquoi le Maroc, dont les ressortissants sont à l’origine des attentats sanglants de Madrid en 2004, est-il absent des deux listes ? Pourquoi l’Algérie est-elle présente sur ces deux listes, alors qu’aucun de ses ressortissants n’a commis d’attentats à l’étranger depuis ceux de Paris en 1995 ? Autant de questions qui suggèrent une interprétation politique plus que technique des deux listes. Dans le cas des Etats-Unis, le but est clair : calmer l’opinion en établissant une liste contenant les noms de pays considérés comme étant liés au terrorisme ou simplement hostiles à l’Amérique. C’est ce qui explique la présence de Cuba, un pays communiste sans aucun lien avec Al-Qaïda, sur cette liste. C’est aussi ce qui explique celle de l’Arabie Saoudite, le principal allié des Etats-Unis dans le monde musulman.
Dans le cas de la France, la confection de la liste vise au moins deux objectifs : éviter de se fâcher avec des pays à fort potentiel de business et réaffirmer son influence sur le Maghreb, qui reste sa zone stratégique historique. En renonçant à inscrire la Libye et l’Arabie Saoudite sur sa liste, Paris a surtout cherché à éviter d’entraver des négociations en cours avec ces deux pays sur d’importants contrats civils et militaires. Les Américains sont moins sensibles à ce type de représailles de la part des pays concernés, alors que les entreprises françaises ont par le passé déjà été victimes des prises de position de Paris. En revanche, Paris a décidé d’inscrire l’Algérie sur cette liste même si les contrôles des voyageurs se faisaient déjà de manière très sévère – Air France pratique la fouille corporelle depuis son retour en Algérie, en 2003. Alger et Paris coopèrent également de manière très étroite en matière de sécurité. Les deux pays ont signé en 2008 un accord majeur dans ce domaine. Il prévoit des équipes de policiers mixtes algéro-françaises pour lutter contre le terrorisme, le trafic de drogue et le blanchiment d’argent, la formation de 55 000 gendarmes algériens en France, la fourniture de matériel à la police et la gendarmerie, etc. Grâce à cet accord, l’Algérie est devenu le premier pays arabe à pousser sa coopération sécuritaire avec la France à un tel niveau. Cette inscription est en réalité un message politique : si Alger peut utiliser l’arme économique comme outil de représailles contre la France, Paris a des moyens encore plus puissants. Les Algériens ont en mémoire l’épisode du départ d’Air France, après le détournement de l’Airbus en décembre 1994. Ce départ avait donné le coup d’envoi d’un boycottage massif du pays qui avait duré près de 10 ans. La France avait réussi à montrer que le Maghreb, y compris l’Algérie, était sa zone d’influence. Elle vient encore de le démontrer : sur cette région, les Américains ont suivi la France, en inscrivant l’Algérie sur leur liste. Ils n’ont touché ni au Maroc ni à la Tunisie, deux alliés dociles de Paris.
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7th January 2010 18:25 #6
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Jeudi 7 Janvier 2010 -- Le nouveau dispositif de sécurité aérienne adopté en France et incluant l'Algérie parmi les pays à risque "n'est dirigé contre aucun pays" et ne "stigmatise" aucune population, a déclaré jeudi 7 janvier le ministère français des Affaires étrangères, par l'intermédiaire de son porte-parole, Bernard Valero. Il était interrogé sur les inquiétudes que suscitait cette mesure en Algérie. "La France, a déclaré M. Valero, n'a pas oublié le combat douloureux mené par l'Algérie contre le terrorisme" lors du conflit opposant le pouvoir aux islamistes dans les années 90. Or, "ce combat n'est pas terminé car la menace demeure même si elle a changé d'intensité et de nature". Le porte-parole a "salué la détermination de nos partenaires algériens à lutter contre le terrorisme. Nous continuerons de travailler en étroite coordination avec eux", a-t-il dit. En outre, M. Valero a plaidé pour que des "réponses communes" européennes soient mises au point "en matière d'échange de données, de contrôle de sûreté dans les aéroports ou de sûreté des vols arrivant en Europe".
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9th January 2010 14:58 #7
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Rafik Tadjer :
Samedi 9 Janvier 2010 -- L’Algérie ne réagira pas officiellement aux décisions française et américaine de l’inclure sur leurs listes de pays à risque, dont les ressortissants subiront des contrôles corporels plus stricts dans les aéroports. Selon une source proche du gouvernement, Alger ne va pas protester officiellement auprès des deux pays après ces décisions qui ont cependant choqué la population. Pourtant, mercredi dernier, l’ambassadeur d’Algérie à Washington avait indiqué à nos confrères d’El Watan qu’il comptait déposer une protestation officielle une fois qu'il aura reçu « un avis officiel de changements opérés dans les mesures de sécurité relatives aux passagers à destination des USA ». Une déclaration uniquement destinée à l'opinion publique algérienne. Et pour cause : les mesures annoncées sont déjà en vigueur dans les aéroports américains. Pour les Algériens, la décision française est surtout «politique». Elle s’inscrit dans le cadre des tensions entre les deux pays qui durent depuis plusieurs moyens. Elle est même considérée comme une réponse de Paris aux décisions économiques qui pénalisent ses entreprises et ses ports. Quant à la décision américaine, elle est liée, selon notre source, à l’impatience de la nouvelle administration Obama de voir ses « alliés » dans le monde musulman, dont l’Algérie, aboutir à des résultats concrets et rapides en matière de lutte contre le terrorisme. C’est d’ailleurs ce qui explique la présence de deux des premiers alliés américains dans la région, l’Arabie Saoudite et le Pakistan, sur la liste.







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