Dimanche 31 Janvier 2010 -- Depuis l’amendement du code des élections, exigeant des partis désireux de participer aux scrutins d’avoir un minimum de 3% des voix du corps électoral, le Ministère de l’intérieur semble avoir décidé de maintenir la liste des partis accrédités en Algérie, à neuf (9). En effet, le ministère a utilisé ce qu’on appelle « les partis microscopiques » pour justifier la réorganisation de la carte partisane du pays et aboutir un « multipartisme sur mesure ». L’Intérieur a essayé de couper court à la multiplication des Partis dont le nombre a atteint 20, accrédités après l’adoption du multipartisme, en Algérie avec la constitution de 1989, parmi une soixantaine d’autres qui sont venus au monde, après la révolte de 5 octobre 1988. Depuis, le même ministère n’a accrédité aucun parti, bien que plusieurs demandes aient été soumises par des personnalités politiques. Le ministre de l’intérieur a rejeté les demandes d’accréditation des partis de l’ancien chef de gouvernement, Sid Ahmed Ghozali, et l’ancien ministre des affaires étrangères Ahmed Taleb Al Ibrahim, pour des raisons qui restent « inexplicables ». En outre, le Ministère de l’intérieur refuse toujours et de la même manière, de remettre les accusés de réception des demandes d’accréditations de plusieurs autres partis, à l’instar de celui de Amara Benyounès et Mohand Said, en attendant le parti de Djaballah, pour ne citer que ceux ci. L’intérieur se défend, en disant que ces dossiers « ne sont pas complets ». Le pouvoir ne voit pas la nécessité d’élargir la carte politique à plus de 9 partis, sous prétexte que la scène politique ne supportera pas la naissance d’autres partis. Cela est, peut être, dû à la régression du taux de la participation du corps électoral, d’un scrutin à un autre. Les services de Noureddine Yazid Zerhouni utilisent un autre prétexte pour justifier le refus d’accréditation de nouveaux partis. « Le business politique » est une autre carte que Zerhouni a fait sorti pour contrarier les « partis microscopiques », qui ont tendance à vendre leur procuration dans les commissions de contrôle des élections. Notons que « la corruption politique » est un phénomène pratiqué même par les « grands » partis en Algérie, à savoir les partis de l’alliance présidentielle, durant les élections du renouvellement partielle des membres du Sénat. On dit : « quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage », c’est le même principe qu’adopte le pouvoir pour condamner le multipartisme, et fermer les champs d’expression libre, chose qui a étouffé la vie politique dans le pays et a fait des rendez-vous électoraux, une obsession intitulée : le boycott.