Samedi 13 Février 2010 -- L’ex-chargé d’affaires à l’ambassade des Etats-Unis a propagé à travers un livre paru, il y a quelques jours, des informations mensongères, donnant une fausse image de la situation en Algérie, afin de tromper l’opinion publique américaine. L’ouvrage intitulé Entre la terreur et le tourisme : Voyage au cœur de l’Afrique du Nord, et dont Echorouk a pu avoir un exemplaire, est du célèbre journaliste et écrivain, Michael Mewshaw, spécialiste de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Un de ses chapitres est un entretien-fleuve avec Thomas Daughton, le numéro deux de l’ambassade des Etats-Unis à Alger du temps de Robert Ford, avant qu’il soit appelé en Irak. Au début de l’entretien avec le diplomate, l’écrivain précise qu’à sa demande, la rencontre s’est déroulée au sein de l’ambassade qui compte 50 diplomates dont 20 marines, pour discuter de la situation politique et sécuritaire en Algérie avant les élections présidentielles de 2009.
Daughton a saisi l’aubaine pour tenir un autre discours que celui qu’il adressait aux responsables algériens en maintes occasions. Sur les activités des E.U., le diplomate a déclaré que la représentation de son pays a réalisé plusieurs programmes au profit de l’éducation, la communication, la santé et la culture en plus du financement de stages, d’ateliers et conférences, mais en vain. « Ces programmes ont échoué à sauver l’Algérie de l’effondrement », a-t-il souligné, comme si le destin de l’Algérie dépendait de l’ambassade. Dans son offensive, Daughton a indiqué que l’Algérie était la France et a longtemps appartenu à l’occident, et de par sa situation dans une région stratégique, l’Algérie constitue une jonction entre l’orient et l’occident, mais la réalité est tout autre. Le diplomate américain a continué sur sa lancée en taxant le travail avec le gouvernement algérien de compliqué et épuisant, oubliant les contrats passés avec le même gouvernement et les grands projets dont ont bénéficié les entreprises pétrolières américaines et autres hors hydrocarbures depuis les débuts des années 90. Daughton considère que l’Algérie est un état sous-développé que les E.U. ont tenté d’introduire dans le 20ième, mais sans résultat. « Sans le pétrole l’Algérie serait comme le Zimbabwe ou encore plus arriérée, l’autorité est mentalement pétrifiée et use toujours du modèle soviétique», a précisé le diplomate, ignorant les mutations politiques et géostratégiques que connait le pays depuis la dernière décennie siècle sans parler du 21e. Il pense que l’afflux des travailleurs chinois, qui sont une source de problèmes, est une erreur.
Son interlocuteur lui opposant la forte popularité du président Bouteflika qui a réussi la réconciliation nationale, le diplomate n’a rien trouvé de mieux à dire que la réconciliation a créé des suicidaires et que les jeunes n’ont pas d’autre choix que de partir en clandestins (harraga) ou de se faire terroristes. En dépit de l’écrivain qui a constaté que le pays lui semblait sûr à travers ses balades sans escorte dans des lieux dits dangereux, Daughton a soutenu qu’il avait eu de la chance et s’est emporté lorsque le docteur Mewshaw a insinué que les recommandations de l’état américain quant à la situation sécuritaire n’étaient qu’imaginaires, et l’a averti qu’il serait une cible de choix pour les organisations armées, dont Al-Qaida. Les propos de Daughton dévoilent les dessous de la politique des américains dont nous sommes le deuxième partenaire économique dans le monde arabe et le premier allié dans la lutte anti-terroriste. Jugez-en: «L’Algérie n’a aucune identité, sinon qu’elle a combattu et chassé les français hors du pays». Daughton avait remplacé Ford jusqu’à l’affectation de Price. Il a quitté l’Algérie en 2009 pour rejoindre l’ambassade américaine à Beyrouth. L’écrivain Mewshaw avait de surcroit recueilli les propos d’américains résidant en Algérie. Le livre n’a paru qu’après qu’ils eurent tous quitté le pays ce qui nous a empêché de les contacter pour avoir des éclaircissements sur leurs déclarations contenues dans le l’ouvrage.
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13th February 2010 12:58 #1
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15th February 2010 06:00 #2
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Lundi 15 Février 2010 -- Between Terror and Tourism (Entre la terreur et le tourisme : Virée aux fins fonds de l’Afrique du Nord) est le titre d’un livre du célèbre journaliste et écrivain américain Michael Mewshaw, spécialiste de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, édité le 9 février. Contrairement à la signification que ce titre donne en apparence, le livre exprime en fait le fond de la pensée d’un diplomate américain, Thomas Daughton, ancien chargé d’affaires à l’ambassade des Etats-Unis en Algérie. Ce diplomate, en poste en Algérie de 2006 à août 2009 avant de rejoindre l’ambassade de son pays au Liban, tente de convaincre, dans un long entretien dont des extraits ont été publiés par le quotidien algérien Echourouk El-Youmi dans son édition d’avant hier, que l’Algérie est un pays sans avenir et que «la réconciliation nationale a produit des kamikazes et des harraga» et qu’«il ne restait aux jeunes que de se transformer en terroristes». Ces propos, tenus lors d’un entretien réalisé pendant qu’il était en poste en Algérie, contrastent avec les éloges qu’il faisait de notre pays au cours des rencontres officielles avec des responsables algériens. Leur publication intervient également peu de jours avant l’arrivée en Algérie d’une importante délégation américaine de responsables de vingt-quatre entreprises, et pas des moindres.
La situation de l’Algérie a-t-elle changé depuis août 2009 ou bien ce diplomate a-t-il dit ce qu’il pensait réellement ? C’est ainsi que ce diplomate a déclaré : «L’Algérie a appartenu à la France et à l’Occident durant longtemps et, malgré sa superbe situation (géographique, NDLR) qui pouvait faire d’elle un lien entre l’Ouest et l’Est, la réalité montre le contraire». Pour Thomas Daughton, «le travail avec le gouvernement algérien est épuisant et complexe», mais il ne dit pas un mot sur les nombreux contrats conclus par son pays avec l’Algérie, représentée par ce gouvernement qu’il critique aujourd’hui, avant l’arrivée d’une délégation d’hommes d’affaires américains considérés comme des leaders mondiaux dans leurs domaines respectifs. Cette ambivalence dans les faits et les appréciations rappelle celle politique qui consiste à dire que l’Algérie est un partenaire stratégique des Etats-Unis en matière de lutte internationale contre le terrorisme mais, d’un autre côté, cette même Algérie doit figurer sur une liste de pays soutenant ce même terrorisme.
Hélas, Thomas Daughton ne s’arrête pas là. Il a tenté de discréditer notre pays aux yeux de l’opinion publique américaine en disant que «l’Algérie est toujours un pays sous-développé que les Etats-Unis ont tenté d’amener au XXe siècle, à défaut du XXIe siècle, mais ont échoué». Et d’ajouter : «S’il n’y avait pas le pétrole (l’Algérie) ressemblerait au Zimbabwe ou serait même plus arriérée que ce pays.» Concernant le pouvoir algérien, il le qualifie de rigide, fonctionnant au rythme soviétique. Dans cet entretien, Michael Mewshaw, l’auteur du livre, lui porte l’estocade en disant que l’Algérie lui paraissait sécurisée et qu’il a eu à constater cela personnellement en se promenant, sans gardes, dans les rues de La Casbah d’Alger et dans plusieurs autres quartiers réputés être dangereux. Ce à quoi Thomas Daughton répond en lui disant qu’il était tout simplement «chanceux», refusant, ainsi, de reconnaître l’amélioration de la situation sécuritaire en Algérie. Il est utile de souligner que cet entretien a eu lieu au siège de l’ambassade des Etats-Unis en Algérie alors que Thomas Daughton était toujours en poste. Il assumait l’intérim de Robert Ford, nommé ambassadeur en Irak.
Les «convictions» de ce diplomate rappellent cette «alerte» donnée, il y a quelques années, par cette ambassade sur un «éventuel attentat terroriste au centre de la capitale», semant la panique parmi la population. Thomas Daughton était en poste, à cette époque, en Algérie. Ce diplomate, apparemment allergique à la réconciliation qui est synonyme de stabilité et de paix dans les pays qui l’appliquent, ne devrait pas faire des déclarations similaires au pays du Cèdre où il est actuellement en poste. À quels desseins ces propos mensongers ont-ils été tenus par ce diplomate ? Veut-il apporter de l’eau au moulin d’une machine de guerre visant à affirmer la présence de la terreur partout pour justifier l’intervention ? En tout cas, ces propos ne sont pas faits pour aller dans le sens de la vérité, celle des efforts consentis par l’Algérie dans plusieurs domaines, qu’ils soient économique, sécuritaire ou autres.
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20th February 2010 00:12 #3
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Samedi 20 Février 2010 -- L’ambassade des Etats-Unis en Algérie tient à souligner que les propos attribués à Thomas Daughton, ancien consul américain à Alger, ne sont qu’une «grossière déformation». En effet, dans une mise au point adressée au Jeune Indépendant, titre ayant repris un confrère selon lequel l’ancien diplomate a qualifié «l’Algérie de pays sous-développé et de pourvoyeur de terroristes», l’ambassade américaine dit avoir contacté M. Daughton. Ce dernier, cité dans un livre édité le 9 février 2010 par le journaliste et écrivain américain Michael Mewshaw, a avisé ses collègues d’Alger que «le livre comprend à la fois des informations et des citations inexactes dont beaucoup sont des fabrications complètes et donc déforme grossièrement son point de vue». La représentation diplomatique américaine à Alger remet ainsi les pendules à l’heure, au moment où les relations algéro-américaines tendent à se crisper. Cela d’autant que tout Algérien se rendant aux Etats-Unis est perçu, selon la liste noire dressée par le département d’Etat américain, comme un terroriste potentiel. L’Algérie a catégoriquement refusé que ses citoyens soient traités de la sorte, d’autant plus que les Etats-Unis ne cessent de souligner l’excellence des relations bilatérales, rappelant que la nature de ces relations est bâtie sur le respect mutuellement exprimé par les deux nations. En effet, dans sa mise au point adressée au Jeune Indépendant, l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Alger revient avec insistance sur cet aspect. «Les Etats-Unis attachent une grande importance à leurs relations avec l’Algérie et cherchent à les renforcer dans tous les domaines. […] Tout ce qui donne à penser autrement ne reflète ni la valeur ni l’importance que le gouvernement américain accorde à ces relations bilatérales importantes», souligne le représentant de la Maison-Blanche à Alger. Le livre en question, en fait une longue interview accordée par Thomas Daughton à Michael Mewshaw (le consul est nommé actuellement à Beyrouth), avait attribué au diplomate des propos qui frisent l’intolérable, dont celui présentant l’Algérie comme «un pays éternellement sous-développé et que les Etats-Unis ont tenté d’amener au XXe siècle, à défaut du XXIe siècle, mais ont échoué». On peut également lire : «S’il n’y avait pas le pétrole [l’Algérie] ressemblerait au Zimbabwe ou serait même plus arriérée que ce pays.» Dans sa mise au point, l’ambassade des Etats-Unis n’a pas souligné si l’interviewé allait porter plainte contre Mewshaw pour fausses déclarations.
L’ambassade n’a aucun commentaire à faire sur ce sujet
M. Daughton n’est plus là pour parler pour lui-même. Cependant, nous l’avons contacté et il désavoue son évocation dans ce livre. Il nous a avisé que le livre comprend à la fois des informations et des citations inexactes dont beaucoup sont des fabrications complètes et donc déforment grossièrement son point de vue. Les Etats-Unis attachent une grande importance à leurs relations avec l’Algérie et cherchent à les renforcer dans tous les domaines. Tout ce qui donne à penser autrement ne reflète ni la valeur ni l’importance que le gouvernement américain accorde à ces relations bilatérales importantes.
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17th March 2010 15:59 #4
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Yazid Slimani :
Mercredi 17 Mars 2010 -- L'ambassade américaine à Alger a du mal à cacher son embarras sur ce qui s'avère être une bourde diplomatique d'un de ses ex employés. L'histoire commence en 2009. Michael Mewshaw, un écrivain américain passe quelques jours à Alger dans le cadre du travail d'écriture d'un livre: Entre la terreur et le tourisme : Voyage au coeur de l'Afrique du Nord. Il y rencontre le numéro deux de l'ambassade américaine, le chargé d'affaires Thomas Daughton avec qui il mène une discussion à batons rompus sur la situation politique et sécuritaire en Algérie. Au cours de cete conversation, le diplomate se lâche littéralement, en tout cas selon Michael Mewshaw. « Le gouvernement (algérien, ndlr) est sclérosé et corrompu. Nous avons tenté de les tirer vers le 20ème siècle », aurait ainsi déclaré Daughton. « Oubliez le 21ème siècle », aurait-il ajouté, comparant le pays au Zimbabwe « le besoin d'un changement de régime et de gouvernant est le même pour ces deux pays ». Sur la violence, Daughton aurait affirmé à son interlocuteur: « Ici, il y a 50 à 100 personnes tuées chaque mois et on n'en entend jamais parler ».
Des propos qui ont secoué le Département d'Etat américain, peu habitué à voir ses diplomates s'exprimer ainsi sur un pays étranger. Immédiatement, le porte-parole du Bureau des affaires du Proche Orient au Département d'Etat, Michael Ratney, a accusé Michael Mewshaw d'avoir retranscrit des propos qui s'étaient tenus « en off », c'est-à-dire dans le langage médiatico-politique avec interdiction de les publier en citant leur auteur. De plus, il accuse Mewshaw d'avoir déformé certains propos de Daughton. Ratney a notamment évoqué la description de l'ambassade américaine faite par Mewshaw, qui parle de 30 marines présent en permanence pour assurer la sécurité et de la porte blindée du bureau de l'ambassadeur. Des « erreurs » pour le porte-parole « qui me laisse penser qu'il y a des problèmes avec la nature entière de la conversation rapportée par Mewshaw ». l'actuel ambasadeur américain en Algérie a lui aussi nié dans la presse que Thomas Daughton ait pu tenir de tels propos. Pour l'auteur, cette défense qui se focalise sur des points de détail sert à faire diversion sur la vraie portée des propos de Thomas Daughton, aujourd'hui en poste au Liban. Surtout, il affirme qu'à aucun moment le diplomate ne lui a dit ou suggéré que ses propos devaient rester « off ».







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