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  1. #22
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Samir Allam :


    Lundi 28 Juin 2010 -- Un mois après l’annonce, le 28 mai dernier, du remaniement ministériel, la situation politique du pays reste toujours confuse. Les changements introduits dans l’équipe Ouyahia n’ont pas relancé, comme attendu, la machine gouvernementale qui continue de fonctionner au ralenti malgré l’importance des enjeux et des dossiers à traiter. Ils n’éclairent pas non plus sur l’évolution des relations entre le président de la République et son gouvernement. Dimanche, de retour du Canada où il a pris part au sommet du G20, le président Bouteflika n’a pas été accueilli à l’aéroport par les membres du gouvernement, comme le veut la tradition quand le chef de l’Etat est de retour au pays après un voyage officiel à l’étranger. Le dernier Conseil des ministres date de près d’un mois. Il s'est tenu le 24 mai. Plus problématique, les décrets définissant les missions des nouveaux ministères comme celui de la Communication ou celui de la Prospection et de la statistique confié à Hamid Temmar, ainsi que les nouveaux postes, notamment celui du vice-premier ministre Yazid Zerhouni, n’ont toujours pas été publiés au Journal officiel, rendant les missions de certains membres du gouvernement peu claires et contribuant à la confusion créée par ce remaniement.

    En Algérie, comme à l’étranger, les analystes peinent à faire une lecture convaincante des événements. La confusion a été accentuée par l’état de santé de Yazid Zerhouni qui l’oblige à limiter fortement ses apparitions publiques. Une absence interprétée par certains comme la confirmation de la disgrâce de celui qui a été longtemps présenté comme le bras droit du chef de l’Etat. En réalité, le départ de Zerhouni de l’Intérieur a été effectué à sa demande. En fait, le principal objectif du dernier remaniement était surtout d’écarter Chakib Khelil. L’implication de l’ancien ministre de l’Energie dans le scandale Sonatrach et ses propos sur le «clan présidentiel» faisaient que son maintien au sein de l’exécutif devenait handicapant pour le chef de l’Etat dont il était très proche. Mais malgré des changements à l’Intérieur et dans le ministère des Investissements – deux postes qui étaient détenus par des proches du chef de l’Etat – les rapports de force n’ont pas vraiment évolué entre la présidence et le premier ministère. Le véritable centre de décision se trouve toujours à El Mouradia. Depuis la dernière révision de la Constitution, le chef de l’Etat a récupéré la quasi-totalité des prérogatives de son premier ministre.

  2. #23
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    Mahmoud Tadjer :


    Jeudi 1 Juillet 2010 -- Quatre ministres de souveraineté débarqués et remplacés par d’autres qui ont immédiatement engagé des stratégies ministérielles de réformes différentes. Enfin, quatre styles de gouvernance qui sortent du ronronnement habituel de leurs prédécesseurs. Temmar, Khelil, Zerhouni et Saïd Barkat ont tous été remplacés respectivement par Mohamed Benmeradi, Youcef Yousfi, Daho Ould Kablia et Djamel Ould-Abbès. Ces derniers n’ont pas mis beaucoup de temps pour effacer les stigmates laissés par leurs prédécesseurs. On est loin du style paternel et autoritaire développé par les anciens ministres qui fonçaient droit au but sans essayer de comprendre les motivations des partenaires sociaux ou des travailleurs de leurs secteurs respectifs. Ces quatre ministres ont su mettre en pratique en un laps de temps très court une approche managériale de la chose publique documentée en continu avec des alertes permettant de changer la conception des programmes et des politiques chemin faisant. Ces nouveaux ministres ont été destinataires d’une mission bien précise par le Premier ministre Ahmed Ouyahia : procéder à un réexamen systématique des missions et des structures qui les servent. Certaines de ces missions peuvent être déléguées ou abandonnées. D’autres, au contraire, doivent être renforcées ou exercées différemment. Ils ont été aussi chargés de développer les démarches qualité en ayant à l’esprit que la réforme «renforce la légitimité de l’Etat» et la qualité des services qu’il rend au quotidien aux Algériens.

    Le premier à sonner l’hallali fut, sans conteste, le nouveau ministre de l’Intérieur, Ould Kablia. À peine installé dans ses nouvelles fonctions qu’il se fait remarquer dans l’affaire du passeport biométrique. Un projet défendu bec et ongles par Zerhouni mais qui a fini par être son dernier acte public. En un mot, Ould Kablia efface l’héritage légué par Zerhouni, vieux de 11 ans. Le nouveau ministre de l’Intérieur s’attaque aux grands chantiers de l’heure. Ainsi la signature du traité de paix entre Mozabites et Châambis, intervenu avant-hier à Ghardaïa est un acte à inscrire à l’actif du nouveau ministre. Les grands projets de réforme de l’Etat (code communal, code de wilaya, etc.) seront endossés, selon les informations insistantes. Il est attendu, par ailleurs, que le ministre de l’Intérieur apporte sa petite touche notamment au projet de code communal. Il considérerait que les amendements apportés par l’équipe de Zerhouni ne tiendraient pas compte des réalités de la collectivité locale. Ces retouches seraient considérées comme «antidémocratiques et autoritaristes».

    L’autre département ministériel qui connaît actuellement une reprise en main accélérée est celui de l’Industrie longtemps à la traîne par rapport aux autres départements. Le tout nouveau ministre Mohamed Benmeradi qui a succédé à Abdelhamid Temmar, semble prendre le taureau par les cornes. Sa première sortie publique a été consacrée au fleuron de l’industrie nationale, la SNVI, qui végète depuis une décennie dans d’inextricables problèmes de gestion et de trésorerie. «La SNVI, ce n’est pas de la quincaillerie. Il s’agit d’une entreprise qui dispose d’immenses infrastructures, de compétences hautement qualifiées et d’un savoir-faire», a-t-il dit de cette entreprise qui était vouée à la privatisation par son prédécesseur. En apothéose, il a affirmé aux 5.000 travailleurs de ce complexe que le Comité de participation de l’Etat (CPE) est sur le point d’approuver un nouveau et important programme d’investissement de l’entreprise.

    Le troisième personnage qui est en train de faire changer la position antérieure de son prédécesseur à 180 % est sans conteste le ministre de la Santé, le Dr Ould-Abbès qui a su comment «canaliser» l’ardeur des syndicalistes de la Santé qui sont pourtant connus pour être des «militants actifs». Dans un premier temps, il propose un tour de table avec l’ensemble des partenaires sociaux qui sont au nombre d’une dizaine et il a tenu parole. Ould-Abbès qui préfère la concertation au bras de fer, semble tracer la ligne de conduite qui devra guider son département pour sortir de l’anarchie qui a caractérisé ce secteur depuis deux ans avec Saïd Barkat, pourtant médecin de formation tout comme Ould-Abbès. Ce dernier a su trouver les mots justes et la démarche nécessaire pour faire baisser la tension de plusieurs crans, surtout que l’été est là avec son lot de maladies transmissibles. Reste à voir la suite des événements.

    Quant au dernier ministre, Youcef Yousfi, qui succède à un autre, Chakib Khelil, décrié et malmené par les affaires de corruption et de détournements de fonds, la différence saute aux yeux. Pragmatique et discret, l’ancien-nouveau ministre s’attelle à désamorcer une grave crise de croissance qui a failli emporter la première entreprise algérienne, Sonatrach. Pour l’instant, le calme semble revenir au ministère de l’Energie. Les cadres du secteur sont unanimes à dire que le retour de Youcef Yousfi est salutaire.

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