Samedi 5 Juin 2010 --Le Président du front des forces socialistes (FFS), Hocine Ait Ahmed, n’a pas manqué l’occasion de la tenue samedi du conseil national de son parti à Alger pour tirer la sonnette d’alarme et appeler à la « vigilance » après l’annonce notamment de la création depuis Paris du gouvernement provisoire de Kabylie. « Je voudrais vous alerter, vous inviter à la vigilance et dénoncer l’exploitation faite de certains événements de l’actualité politique nationale », a-t-il déclaré d’emblée dans un message adressé aux membres du conseil national. «D’aucuns essayent de mobiliser sur des thèmes à caractère religieux, régionalistes et même ethniques. Ils poussent à une surenchère régionaliste, tout particulièrement en Kabylie, pendant que d’autres instrumentalisent l’extrémisme armé à des fins politiques surtout dans la région du Sahel », a-t-il expliqué.
Pour Hocine Ait Ahmed, ces « menées aventureuses, ces politiques de hasard procèdent d’une même approche stratégique qui met en péril l’unité et la cohésion du pays ». « Un éclatement qui serait parfaitement conforme au remodelage des Etats, pensé et voulu par les plus puissants ; surtout quand l’Etat est fragilisé et le pouvoir illégitime », a-t-il estimé. Et ce qui rajoute à ses yeux au danger, c’est la faiblesse et l’illégitimité des tenants du pouvoir. « Les pouvoirs illégitimes, même s’ils avaient des velléités de résistance à ce mouvement, sont incapables de faire face ; ils n’ont d’autre choix que de se soumettre et de soumettre leur société par la violence », a-t-il affirmé.
Rappelant que c'est grace à son « unité » que le peuple algérien a défait le colonialisme français, Aït Ahmed soutient que les auteurs de ces entreprises sont atteints de délire. « Les apprentis sorciers qui se livrent à ces surenchères oscillent tous entre le délire individuel et la dérive collective ». « Ne perdons pas de vue que l’actualité internationale montre que ces dérives politiques se situent, à tous les coups, en amont ou en aval de violations massives des droits de l’homme, de génocides, de crimes contre l’Humanité et de guerres civiles fratricides. Ni pureté religieuse, ni pureté ethnique et ni pureté idéologique, ne peuvent constituer un projet politique viable », a-t-il ajouté. « Il n’appartient pas à un homme ou un parti politique conséquent de réaliser les fantasmes qu’ils soient individuels ou collectifs », soutient-il encore. Mais suggère-t-il aussi, ces dérapages n’ont été rendus possible que par l’absence de vie politique dont est coupable le pouvoir. « Depuis l’indépendance, nous faisons face au même régime qui mène les mêmes politiques. Depuis le coup d’Etat de janvier 1992, l’histoire balbutie en Algérie. Le pays est malade du vide politique voulu et organisé et de l’absence de gouvernants légitimes. C’est le facteur principal d’instabilité dans le pays », affirme Aït Ahmed.
Dans son message destiné à proposer à ses militants des thématiques en perspective de la tenue de la conférence nationale d’évaluation, Aït Ahmed appelle à un large débat, à une réorganisation du parti et à une révision de sa stratégie. « Oui nous avons besoin de débattre en toute liberté de nos problèmes, de rejeter tous les conservatismes y compris ceux qui ont cours dans notre parti. Nous devons privilégier l’analyse politique et rigoureuse des faits pour échapper à l’intoxication de l’espace public. C’est le seul moyen de respirer, en phase avec notre société, c’est le moyen d’empêcher que les uns et les autres « décident de nos têtes au dessus de nos têtes ». Aït Ahmed va désigner prochainement les membres de la commission chargéë de la préparation de cette conférence.
+ Reply to Thread
Results 1 to 3 of 3
-
5th June 2010 17:56 #1
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,661
Sonia Lyes :
-
5th June 2010 17:57 #2
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,661
Hocine Aït Ahmed :
Chers amis,
Dans mon message adressé à la précédente session du Conseil National tenue le mois de mars dernier, je vous invitais à la préparation et à l’organisation de la Conférence Nationale d’Evaluation du parti. Dans ce message, je tentais de vous faire partager mes questionnements et vous indiquer quelques pistes de réflexion ; je me promettais également de vous transmettre mes propositions concernant cette conférence à laquelle j’attache une importance décisive. Avant d’entrer dans le détail de ces propositions, permettez moi de faire un détour ou un retour sur les aspects politiques de la situation dans le pays ainsi que dans le parti ; non par coquetterie intellectuelle, mais parce que je voudrais vous alerter, vous inviter à la vigilance et dénoncer l’exploitation faite de certains événements de l’actualité politique nationale.
D’aucuns essayent de mobiliser sur des thèmes à caractère religieux, régionalistes et même ethniques. Ils poussent à une surenchère régionaliste, tout particulièrement en Kabylie, pendant que d’autres instrumentalisent l’extrémisme armé à des fins politiques surtout dans la région du Sahel. Ces menées aventureuses, ces politiques de hasard procèdent d’une même approche stratégique qui met en péril l’unité et la cohésion du pays. Un éclatement qui serait parfaitement conforme au remodelage des Etats, pensé et voulu par les plus puissants ; surtout quand l’Etat est fragilisé et le pouvoir illégitime. Les pouvoirs illégitimes, même s’ils auraient des velléités de résistance à ce mouvement, sont incapables de faire face ; ils n’ont d’autre choix que de se soumettre et de soumettre leur société par la violence.
Je réaffirme avec force que les Algériennes et les Algériens ont mené une guerre de libération exemplaire qui a marqué l’histoire des peuples colonisés ; c’est bien la preuve qu’ils étaient une Nation jouissant d’une profondeur historique. Si les femmes et les hommes de notre pays ont refusé l’abdication et la soumission devant une des plus grandes puissances coloniales, non seulement sur toute l’étendue du territoire mais aussi en France, c’est qu’ils formaient un peuple uni et solidaire. Un grand peuple pour un grand pays. Les apprentis sorciers qui se livrent à ces surenchères oscillent tous entre le délire individuel et la dérive collective. Ne perdons pas de vue que l’actualité internationale montre que ces dérives politiques se situent, à tous les coups, en amont ou en aval de violations massives des droits de l’homme, de génocides, de crimes contre l’Humanité et de guerres civiles fratricides. Ni pureté religieuse, ni pureté ethnique et ni pureté idéologique, ne peuvent constituer un projet politique viable. Il n’appartient pas à un homme ou un parti politique conséquent de réaliser les fantasmes qu’ils soient individuels ou collectifs. Depuis l’indépendance, nous faisons face au même régime qui mène les mêmes politiques. Depuis le coup d’Etat de janvier 1992, l’histoire balbutie en Algérie. Le pays est malade du vide politique voulu et organisé et de l’absence de gouvernants légitimes. C’est le facteur principal d’instabilité dans le pays.
Chers compatriotes,
Mes amis,
Demain sera aussi la conséquence et les résultats de nos actes d’aujourd’hui. Je sais que c’est presqu’un miracle que le peuple algérien ait survécu à ce siècle. C’est presque un miracle que chaque enfant, chaque femme et chaque homme continue malgré tout, à faire face à un quotidien terrible. Je n’ignore rien de vos meurtrissures, de vos blessures, de vos doutes mais aussi de vos espérances. Mais je connais la force, sans cesse renouvelée qui porte ce peuple à se dépasser. Je connais ses fureurs de vivre, de travailler, de voyager et de lutter. Je n’oublie à aucun moment que certains ont choisi délibérément la vacance de la démocratie dans le pays. Alors me direz vous : à quoi sert un parti politique dans cet environnement mortifère et hostile ; dans un Etat d’urgence permanent. Je vous répondrai : Il y a toujours quelque chose à faire pour un peuple, un parti ou des hommes qui ont choisi la construction, la formation et la proposition politiques. Je vous répondrai : C’est à faire et nous le ferons ! Je vous répondrai : Nous le ferons ensemble, nous le ferons avec tous ceux qui refusent de se soumettre ou de se résigner ; j’ajouterai qu’aux horizons bouchés d’aujourd’hui, il est non seulement de notre devoir mais aussi à notre portée de faire face en traçant des perspectives d’avenir. Nous voulons nous montrer dignes de ceux qui nous ont précédés et des générations futures. Notre parti s’inscrit dans la continuité historique du mouvement national et constitue un maillon important, un relais dans la chaine des luttes d’émancipation menées par les Algériennes et les Algériens.
Nous avons d’abord besoin de débattre et de réfléchir. Oui nous avons besoin de débattre en toute liberté de nos problèmes, de rejeter tous les conservatismes y compris ceux qui ont cours dans notre parti. Nous devons privilégier l’analyse politique et rigoureuse des faits pour échapper à l’intoxication de l’espace public. C’est le seul moyen de respirer, en phase avec notre société, c’est le moyen d’empêcher que les uns et les autres « décident de nos têtes au dessus de nos têtes ». Nous avons notre projet, nous savons ce que nous voulons, nous avons la conviction profonde qu’un débat élargi s’impose pour répondre en toute lucidité et en toute cohérence aux exigences et défis de la situation. Oui nous nous devons d’adapter et d’actualiser l’organisation de notre parti à la fois pour organiser ce débat et pour renouveler notre stratégie.
Après le pourquoi, le comment faire pour tenir une conférence nationale d’évaluation crédible. Je vous propose les thématiques de débat qui m’apparaissent essentielles.
- À quoi sert une organisation politique dans un contexte de fermeture brutale de l’espace public ?
- Peut-on continuer à considérer possible une voie légale et pacifique vers la démocratie ? Quels types d’actions concrètes dans l’environnement actuel ?
- Alternances claniques ou alternatives politiques ; quel contrat politique pour le pays ?
- Le débat sur l’économie peut-il ou pas échapper aux conditions qui perturbent les autres champs de la connaissance, en premier lieu l’opacité ?
- Quel est le processus de la prise de décision économique ?
- Nos statistiques sont-elles fiables ?
- Quel bilan économique et quelles propositions ?
- La question sociale : inégalités et injustices. Pour un Etat juste, responsable et comptable aux Algériennes et algériens
- Les mécanismes d’alerte et de contrôle
- Dans une société au développement politique insuffisant l’absence de rente induit-elle des comportements plus rationnels et moins maffieux ? Les richesses naturelles induisent-elles systématiquement une situation de rente ?
Il me parait aller de soi que pour l’éthique et l’efficacité, cette évaluation doit répondre aux critères de transparence et de liberté. Les objectifs assignés et les résultats attendus dépassent le cadre partisan étroit. C’est pourquoi je vous recommande principalement que la commission d’organisation de la conférence travaille en toute liberté et indépendance ; notamment vis-à-vis des instances exécutives du parti. Ces instances apporteront l’appui et les moyens nécessaires à la réussite de la conférence d’évaluation. Je me propose de transmettre au Premier secrétaire, dans les prochains jours, la composition de cette commission. Tout en vous soumettant pour discussions, enrichissement et adoption ces propositions, je vous salue chaleureusement.
Hocine Aït Ahmed
-
6th June 2010 00:13 #3
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,661
Dimanche 6 Juin 2010 -- Le président du Front des forces socialistes (FFS), Hocine Aït Ahmed, avertit contre «les menées aventureuses» qui mettent «en péril l’unité et la cohésion du pays» et assure que les Algériens forment «un peuple uni et solidaire» et «une nation jouissant d’une profondeur historique». Aït Ahmed s’exprimait dans une lettre adressée au Conseil national de son parti, réuni en session extraordinaire hier à Alger, pour l’examen de la proposition qu’il a faite, relative à la tenue d’une Conférence nationale d’évaluation. Une occasion pour le leader révolutionnaire de «faire un détour ou un retour sur les aspects politiques de la situation dans le pays». «Non par coquetterie politique», a-t-il écrit à l’adresse des membres de son conseil, mais pour «vous alerter, vous inviter à la vigilance et dénoncer l’exploitation faite de certains évènements de l’actualité politique nationale».
Aït Ahmed dénonce, d’abord, ceux qui «essayent de mobiliser sur des thèmes à caractère religieux, régionaliste et même ethnique». Ceux-ci poussent, a-t-il relevé, «à une surenchère régionaliste, tout particulièrement en Kabylie, pendant que d’autres instrumentalisent l’extrémisme armé à des fins politiques, surtout dans la région du Sahel». «Les apprentis sorciers qui se livrent à ces surenchères oscillent tous entre le délire individuel et la dérivé collective», a tranché le président du FFS. «Ces menées aventureuses, ces politiques de hasard procèdent d’une même approche stratégique qui met en péril l’unité et la cohésion du pays. Un éclatement qui serait parfaitement conforme au remodelage des Etats, pensé et voulu par les plus puissants (…)», a averti l’un des deux survivants du Groupe des 9 chefs historiques ayant déclenché la révolution du 1er novembre 1954. Aït Ahmed «réaffirme avec force que les Algériennes et les Algériens (qui) ont mené une guerre de libération exemplaire […] étaient une nation jouissant d’une profondeur historique», et qu’ils «formaient un peuple uni et solidaire». «Un grand peuple pour un grand pays», a-t-il encore dit. «Ni pureté religieuse, ni pureté ethnique, ni pureté idéologique ne peuvent constituer un projet politique viable» et «n’appartient pas à un homme ou à un parti politique conséquent de réaliser les fantasmes qu’ils soient individuels ou collectifs», a conclu Aït Ahmed son analyse de la situation du pays.
Pour les questions internes au FFS, Aït Ahmed a proposé des thématiques qui seront «profondément débattues et enrichies avant leur adoption par le conseil national», a expliqué le premier secrétaire Katim Tabbou, cité par l’APS. Ces thèmes sont relatifs notamment aux «actions concrètes» à entreprendre pour l’instauration de la démocratie ainsi que les «alternatives politiques» possibles. Au plan économique, le président du FFS propose de débattre, entre autres, le processus de la prise de décision économique, de la fiabilité des statistiques, du bilan économique et des questions sociales.







LinkBack URL
About LinkBacks
Reply With Quote
Bangladesh
Ecuador
Morocco
Nepal
Nicaragua
Puerto Rico
Russia
Scotland
South Africa
Ukraine
Virtual Countries