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  1. #1
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    Situation en Tunisie en Égypte et en Libye : Quelles conséquences pour l’Algérie ?


    Samedi 15 Janvier 2011 -- La coïncidence est troublante. En 1987, un mois avant de défaire le président Bourguiba, Zine El Abidine Ben Ali avait effectué une visite inhabituellement longue à Alger. Le 12 décembre dernier, le ministre tunisien de la Défense, Ridah Grira, arrivait à Alger pour une visite de 5 jours. Durant son séjour en Algérie, M. Grira a été reçu comme un chef d’Etat. Il s’est surtout longuement entretenu avec les hauts responsables de l’armée algérienne, y compris ceux du DRS. Car même si la rue tunisienne a joué un rôle majeur dans le départ du président, il s’agit bien d’un coup d’Etat mené par l’armée. Elle a d’abord observé une surprenante neutralité en refusant d’intervenir contre les émeutiers. Quand la situation s’est dégradée ces derniers jours, elle a pris les choses en main. Comme l’armée algérienne en 1992 avec Chadli, les militaires tunisiens ont destitué Ben Ali en douceur, sans donner l’impression d’avoir joué un tel rôle.

    L’Algérie a-t-elle donné son aval à l’armée tunisienne pour évincer Ben Ali ? Il est difficile de le savoir mais une chose est sûre : l’évolution de la situation actuelle en Tunisie va impacter fortement les rapports de force au sommet de l’Etat algérien. Elle sera aussi déterminante pour l’avenir de la démocratie en Algérie. Si l’armée tunisienne parvient à gérer la transition dans de bonnes conditions, le rôle des militaires algériens se retrouvera renforcé. L’armée algérienne pourrait se retrouver alors dans le rôle de garante d’une probable future transition démocratique en douceur en Algérie, selon un scénario qui pourrait ressembler à celui de la Tunisie. Les militaires algériens ont déjà eu à endosser ce rôle en 1992. Mais la transition a mal été gérée, débouchant sur une fermeture du champ politique. Certes, ils avaient l’excuse du terrorisme qui a suivi ce coup de force. Un «joker» qu’ils ne pourront pas utiliser une seconde fois.

    Si la transition en Tunisie échoue et que le pays sombre dans la violence ou qu’un islamiste arrive au pouvoir à l’issue de l’élection présidentielle qui devrait se tenir dans 60 jours, l’effet risque d’être désastreux pour l’Algérie. La conséquence pourrait en être un renforcement de la cohésion au sommet du pouvoir, entre militaires et civils, ce qui éloignerait la perspective d’une ouverture démocratique pour le pays. Tous les mouvements de protestation seraient alors durement réprimés. Cette fois, l’excuse ne serait plus l’islamisme comme dans les années 1990 mais la «situation chaotique» chez le voisin tunisien. Une partie de l’avenir de la démocratie en Algérie se joue actuellement en Tunisie.

  2. #2
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    Riyad Hamadi :


    Samedi 15 Janvier 2011 -- Le parti Ennahda a félicité samedi le peuple tunisien qui «a réussi à se débarrasser d’un régime dictatorial» avec le départ du président Zine El Abidine Ben Ali, après 23 ans de règne sans partage sur la Tunisie, dans une déclaration rendue publique. Le parti islamiste souhaite au peuple tunisien de retrouver «la stabilité dans un nouveau système pluraliste et des élections libres et transparentes pour élire des institutions crédibles et démocratiques». Ennahda appelle les autres régimes arabes à «tirer les leçons de ce qui vient de se passer en Tunisie pour entamer des réformes politiques avant que les peuples ne se révoltent pour mettre fin aux dictatures».

  3. #3
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    Riyad Hamadi :


    Samedi 15 Janvier 2011 -- Le secrétaire général du parti El Islah (opposition), Djamel Benabdeslam, a appelé samedi à la dissolution de l’APN et à un référendum populaire pour réviser la constitution afin d’établir l’équilibre des pouvoirs entre les différentes institutions. «Nous appelons à l’instauration d’un gouvernement d’union nationale, à l’organisation d’un référendum pour la révision de la constitution pour équilibrer les pouvoirs entre les institutions, la dissolution de l’APN et la tenue de législatives anticipées», a déclaré M. Benabdeslam à TSA, en réaction au départ du président tunisien Ben Ali, après un mois de contestation populaire dans son pays. El Islah félicite le peuple tunisien qui «a réussi à se débarrasser d’un dictateur», a-t-il dit. «On souhaite l’instauration d’un régime démocratique en Tunisie». Les régimes doivent «tirer les leçons de ce qui s’est passé en Tunisie pour aller rapidement dans les réformes économiques et sociales et installer des gouvernements démocratiques», a plaidé M. Benabdeslam. Le chef d’El Islah a estimé que le régime déchu de Ben Ali présentait des similitudes avec le régime algérien notamment en ce qui «concerne la fermeture des champs médiatique et politique». L’Algérie comme la Tunisie est confrontée «aux problèmes du chômage et à la crise du logement», a-t-il dit.

  4. #4
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