Vendredi 21 Janvier 2011 -- Les députés ont adopté, jeudi 20 janvier, presque à l’unanimité, la loi sur le règlement budgétaire pour l’exercice 2008. De toute l’Histoire de la République algérienne, c’est la troisième fois que cette loi est soumise à l’approbation des membres de l’Assemblée populaire. Le gouvernement ne s’est soumis à ladite disposition qu’à deux reprises : la première fois en 1978 et la seconde en 1981. Cette obligation est, pourtant, instituée par la Constitution, qui offre ainsi aux élus nationaux le pouvoir d’exercer un contrôle sur les dépenses publiques et surtout sur la consommation effective des budgets ordinaires ou spéciaux pour les fins auxquelles ils ont été alloués. À l’occasion de ce vote, la commission des finances et du budget de l’APN a préconisé, dans son rapport final présenté en plénière avant de procéder au vote des députés, la disparition des fonds spéciaux dont «les ressources financières n'ont pas servi» ou «ceux ne disposant pas de programmes clairs définis par les ordonnateurs financiers et ceux ne disposant pas encore de textes réglementaires». Il est vrai que l’Exécutif a tendance à créer un fonds spécial, approvisionné par le Trésor public, à chaque fois qu’il met en œuvre un projet ou une action, qualifiée, à l’occasion, de «spéciale». À ce titre, il existerait près de 80 fonds spéciaux, dans lesquels des milliards de dinars dormiraient. Précisément, leur nombre a été estimé à 76, en 2006, par le ministre du Commerce de l’époque, Mourad Medelci, interpellé sur la même préoccupation par les sénateurs. «Le nombre de fonds spéciaux sera revu à la baisse afin de permettre une meilleure transparence dans la gestion des dépenses publiques. J’estime, et c’est là une conviction personnelle». Quatre ans plus tard, cette résolution est restée du domaine de la profession de foi.