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  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Samir Allam, Samedi 26 Février 2011 :


    Les révolutions dans les pays arabes n’ont pas encore produit de changement de système en Algérie. Mais la pression semble avoir produit un effet inattendu sur la communication des membres du gouvernement. Des mots, jusque‑là tabous et parfois synonymes d’antipatriotisme, ont été utilisés cette semaine par deux ministres importants du gouvernement qui ont ainsi évoqué les centres de détention secrets du DRS, la guerre civile ou encore la perspective d’une présidence à vie de Bouteflika. Jeudi, sur la Chaîne III de la radio nationale, Dahou Ould Kablia, ministre de l’Intérieur, a reconnu l’existence de prisons secrètes, gérées par les «services de renseignements, particulièrement militaires». «On a souvent reproché aux services de renseignements, particulièrement militaires, de détenir des personnes pendant des périodes indéterminées à l’insu de toute autorité ou à l’insu de leurs familles et de leurs avocats», a‑t‑il dit en commentant la levée de l’état d’urgence, avant de reconnaître que grâce à la levée de l’état d’urgence, les choses vont changer concernant le traitement de ces détenus : «Actuellement, le fait que ces personnes soient placées en état de surveillance sous l’égide d’une autorité judiciaire leur offre les garanties de faire appel, communiquer avec leurs avocats et recevoir des visites», a‑t‑il souligné.

    Guerre civile et relève après-Bouteflika

    Son collègue des Affaires étrangères, Mourad Medelci, va encore plus loin. Car c’est à l’étranger, sur une chaîne parlementaire française, qu’il a choisi de briser quelques tabous et pas des moindres. Dans un entretien diffusé vendredi soir, il a répondu sans détour à la question de savoir si Bouteflika envisageait une présidence à vie. «Permettez-moi de dire que ça c’est plutôt une blague», a‑t‑il dit. Avant de détailler : «Lorsque le président est arrivé en 2000, nous étions en train de vivre encore les dernières phases de la guerre civile». C’est la première fois qu’un ministre utilise publiquement l’expression «guerre civile» pour désigner la période de violences politiques qui a suivi l’interruption du processus électoral en 1992. Poursuivant son argumentaire au sujet de l’avenir du président Bouteflika, Mourad Medelci brise un autre tabou. Il concerne le mandat du chef de l’État. «Son objectif premier (ndlr : du président) était de ramener la paix et la réconciliation nationale. Le deuxième objectif était de remettre l’économie sur le chemin de la croissance. Je crois que ces objectifs sont atteints et le président, quelle que soit la date à laquelle son mandat sera terminé aura fait son parcours. Il nous appartient maintenant d’aller vers la relève». Là encore, c’est la première fois qu’un ministre évoque publiquement la succession du chef de l’État et la relève à la tête du pays.

  2. #2
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    Samir Allam :


    Dimanche 27 Février 2011 -- Abdelaziz Bouteflika veut rester jusqu’en 2014 mais ne briguera pas un nouveau mandat. Il compte rompre avec le passé récent et propose de gérer la période de transition qu’il prétend vouloir mettre en place. Une transition qui s’inscrit dans le cadre des révolutions démocratiques en cours dans le monde arabe. Ce sont, selon des analystes interrogés par TSA, les principaux messages délivrés la semaine dernière successivement par le chef de l’Etat lui-même à l'ex-premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin puis par ses ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères dans les médias. Le choix de la presse internationale pour diffuser ses messages montre que le pouvoir s’adresse en priorité aux décideurs étrangers.

    Le premier message a été délivré mardi dernier par Jean-Pierre Raffarin. De retour d'Alger où il avait la rencontré la veille le président algérien, l’envoyé spécial de Nicolas Sarkozy a déclaré sur la radio Europe 1 avoir trouvé Abdelaziz Bouteflika en «forme». Comprendre : il n’est pas malade et il peut terminer son mandat qui s'achève en 2014. Cette affirmation a été complétée par un câble inédit de WikiLeaks, révélé opportunément jeudi par l’agence Reuters. Selon l’ambassade américaine à Alger, le président Bouteflika souffre d’un cancer mais il est en voie de guérison. Avec les révélations de ce câble, même l’option d’une destitution du chef de l’Etat pour des raisons médicales devient compliquée.

    Bouteflika n’est pas malade mais il revendique également une légitimité pour se maintenir au pouvoir. Ce second message a été délivré vendredi soir par Mourad Medelci sur la chaîne parlementaire française Public Sénat. «Lorsque le président est arrivé en 2000 (…) son objectif premier était de ramener la paix et la réconciliation nationale. Le deuxième objectif était de remettre l’économie sur le chemin de la croissance. Je crois que ces objectifs sont atteints». Comprendre : un président qui a atteint ses objectifs ne peut pas être chassé du pouvoir et doit terminer son mandat. D’autant que le président Bouteflika s’engage à ne pas briguer un quatrième mandat. Interrogé sur cette éventualité, Mourad Medelci, qui ne s’exprime jamais sans l’autorisation du chef de l’Etat, a en effet répondu : «permettez-moi de dire que ça, c’est plutôt une blague».

    Le troisième et dernier message concerne la rupture revendiquée avec le passé et la volonté d’engager une transition. Dahou Ould Kablia a parlé de prisons secrètes du DRS. Mourad Medelci a qualifié de «guerre civile» la décennie noire du terrorisme. Selon les deux ministres ces tristes épisodes sont désormais derrière nous. Désormais, le pouvoir évoque ouvertement la relève, synonyme de transition. «Il nous appartient maintenant d’aller vers la relève. Tous, les uns et les autres», a expliqué Medelci sur la chaîne française. Selon lui, ce changement en Algérie «est encore plus inévitable lorsqu’on observe ce qui se passe» dans les pays arabes, notamment chez les voisins en Tunisie et en Libye. Comprendre : la transition que le pouvoir propose de mener s’inscrit dans la même logique de changement démocratique que les révolutions dans le monde arabe. Reste à savoir si ces propositions font l'unanimité au sommet du pouvoir ou reflètent uniquement la vision d'un clan, celui du chef de l'Etat.

  3. #3
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    Rafik Tadjer :


    Mercredi 2 Mars 2011 -- Dahou Ould Kablia s’est exprimé ce mercredi 2 mars, sur plusieurs sujets d’actualité. Il est revenu sur ses déclarations concernant les centres de détention secrets du DRS et l’octroi d’agréments à de nouveaux partis politiques. Dahou Ould Kablia, qui s’exprimait devant des journalistes en marge de la cérémonie d'ouverture de la session de printemps du Conseil de la Nation, a démenti avoir déclaré qu'il existait des «lieux de détention secrets» en Algérie. «La loi sur l'état d'urgence donnait au ministre de l'Intérieur la faculté de placer des personnes suspectes en internement administratif, cette disposition a été levée en même temps que l'état d'urgence», a‑t‑il souligné cité par l’agence APS.

    Concernant l’agrément de nouveaux partis politiques, Dahou Ould Kablia s’est montré plus nuancé. Il a indiqué que «l'État prend des mesures en commençant par les questions prioritaires pour le citoyen d'ordre économique et social (…). Les préoccupations politiques suivront et c'est le gouvernement qui décidera du moment opportun». Jeudi dernier, s’exprimant sur la Radio chaîne III, le ministre de l’Intérieur avait exclu l’agrément de nouveaux partis politiques. Le 10 février, TSA avait révélé que quatre nouveaux partis ont été agréés. L’annonce devait intervenir avant la marche du 12 février mais elle a été reportée.

    Dahou Ould Kablia a rappelé que l’interdiction des marches à Alger est toujours en vigueur malgré la levée de l’état d’urgence. Il a expliqué cette position du gouvernement par des considérations d’ordre sécuritaire. «Il y a des impératifs de sécurité. Les marches à Alger risquent de créer du désordre», a‑t‑il déclaré. Selon le ministre, ces impératifs «concernent d'abord la sécurité des marcheurs eux‑mêmes et ensuite la protection de la ville contre toute menace terroriste». «Dans tous les pays du monde, les réunions et manifestations publiques sont régies par des lois et personne ne manifeste s'il n'obtient pas d'autorisation», a‑t‑il ajouté. Enfin, il a jugé «exagéré» le chiffre de 35.000 policiers déployés à Alger les jours des marches non‑autorisées de la CNCD. Selon lui, ce chiffre représente la moitié de l'effectif de la Sûreté nationale «en service» pendant 8 heures.

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