Jeudi 31 Mars 2011 -- Où est passé Said Sadi ? Le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) est le grand absent de la scène politique ces derniers jours. Alors que la plupart des responsables de tous bords se sont exprimés, notamment sur la question de la transition démocratique et de la révision constitutionnelle, Said Sadi, lui, est resté silencieux. Le RCD continue bien de s'exprimer, via plusieurs communiqués, sur la situation sociale et politique, mais son chef lui n'a pas parlé publiquement. Même depuis l'annonce dimanche dernier par la CNCD‑partis politiques de sa «plate‑forme pour le changement démocratique», un texte important dans l'optique d'une future transition à laquelle les membres de la CNCD seront sans doute appelés à participer, Said Sadi n'est pas apparu pour commenter ces propositions. Mais surtout, il n'était pas présent lors des deux derniers rassemblements organisés les samedis 19 et 26 mars par la coordination. Le samedi 12 mars, il avait été violemment empêché de participer au rassemblement de la CNCD par les forces de l'ordre. Selon son témoignage publié sur le site Dernières nouvelles d'Algérie (DNA), des policiers l’ont pourchassé en voiture dans le centre‑ville d'Alger pour le décourager de se rendre place du 1er Mai où avait lieu le rassemblement et ensuite l’isoler au niveau de l'hôpital Mustapha Bacha. Est‑ce ce harcèlement des forces de l'ordre qui a quelque peu échaudé Said Sadi ? En tout cas, depuis cette date il se fait plus discret. Cette absence est d'autant plus remarquable et remarquée qu'elle contraste avec la stratégie choisie par le leader du RCD depuis le début des protestations en Algérie. Il y a quelques semaines encore, il battait le haut du pavé avec les autres membres de la CNCD. Aux côtés d'Ali Yahi Abdennour, il était l'un des principaux porte‑parole du mouvement de protestation lancé par la société civile et plusieurs partis politiques pour réclamer, dans la foulée des évènements tunisiens, un changement de système politique. Une attitude qui avait d'ailleurs été critiquée par certains, qui l'accusaient de vouloir tirer la couverture à lui et d'en faire trop en apparaissant à la veille d'une manifestation sur plusieurs chaînes de télévision françaises. C'est d'ailleurs en partie cela qui a poussé plusieurs associations et syndicats à faire scission et à créer la CNCD‑Barakat. Cette nouvelle stratégie de Said Sadi est‑elle une réponse du leader du RCD ? C'est peut‑être en tout cas une façon de rassurer ses partenaires de l'opposition.