Samedi 7 Mai 2011 -- La nomination de l’Américain Henry S. Ensher au poste d’ambassadeur à Alger est en voie de finalisation. Le diplomate, qui a déjà servi à l’ambassade américaine à Alger il y a plus de onze ans, devrait prendre ses fonctions d’ambassadeur en Algérie dans les semaines à venir, succédant ainsi à David Pearce, nommé en 2008 par George W. Bush. Après avoir été désigné à ce poste par le président Barack Obama en mars dernier, le futur ambassadeur à Alger a été auditionné cette semaine par la Commission des Affaires étrangères du Sénat. Lors de son audition à Washington, Henry S. Ensher a affirmé que son objectif premier est de faire avancer les intérêts américains en Algérie. «Je veillerai à faire avancer les intérêts cruciaux de la sécurité nationale et de la politique étrangère américaine en Algérie en utilisant nos outils diplomatiques pour promouvoir la sécurité et la prospérité économique», a‑t‑il dit devant les Sénateurs.
Henry S. Ensher n’a pas caché son enthousiasme face à une Algérie riche de son pétrole et de son gaz. Dès les premières minutes de sa déclaration, le futur ambassadeur l’a rappelé : «L’Algérie est le plus important producteur de pétrole et de gaz sur le continent africain et un important fournisseur d’énergie pour l’Europe et les États-Unis». «L’Algérie exporte presque deux millions de barils de pétrole par jour. Les États-Unis sont de loin le plus large partenaire commercial de l’Algérie, dans une proportion de presque un quart des ventes d’hydrocarbures», s’est félicité M. Ensher. Cependant, il a fait remarquer que la réciproque n’est pas vraie. «Quand il s’agit des importations algériennes, les États‑Unis n’apparaissent même pas dans le top 5. Si je suis confirmé au poste d’ambassadeur, je veillerai donc à ce que les compagnies américaines développent davantage de partenariat» avec l’Algérie, a assuré Henry S. Ensher. En effet, d’après les informations publiées par le Département d’État américain, en 2010 les échanges commerciaux des États‑Unis vers l’Algérie se sont élevés à seulement 1,13 milliard de dollars alors que les importations américaines ont atteint 13,29 milliards pour la plupart sous forme de pétrole brut.
Les relations américano-algériennes semblent prendre davantage d’importance dans le climat actuel dans le monde arabe. Certes, contrairement à son voisin tunisien, l’Algérie n’a pas connu d’importantes vagues de soulèvements populaires. Les quelques tentatives entamées ont été rapidement réprimées par les forces de l’ordre et tout rassemblement dans la capitale a été déclaré illégal. Mais la tension sociale est persistante. Dans un geste d’apaisement, le président Abdelaziz Bouteflika a levé l’état d’urgence et annoncé une série de réformes politiques. Les États‑Unis ont salué cette décision prise par le président algérien mais attendent sa concrétisation sur le terrain, comme l’a fait remarquer une nouvelle fois Henry S. Ensher : «Comme beaucoup de pays dans la région, l’Algérie est concernée par les évènements du "Printemps arabe". Le président Bouteflika a récemment annoncé d’importantes réformes du système algérien et nous attendons de voir leur mise en œuvre».
En attendant, dans un contexte marqué par un enlisement de la situation en Libye, les États‑Unis ont tout intérêt à maintenir la stabilité en Algérie. D’une part, d’un point de vue sécuritaire et de lutte contre le terrorisme. Et d’autre part, d’un point de vue économique et énergétique. La Libye, à feu et à sang depuis près de trois mois, a vu sa production d’or noir chuter significativement. Selon le United States Institute of Peace, le pays, qui exportait environ 1.5 million de barils par jour avant la crise, n’exporte plus que 850.000 barils par jour actuellement. Certes, les États‑Unis ne sont pas de gros consommateurs de pétrole libyen. Pour autant, cela ne signifie pas que les Américains ne peuvent pas être affectés par les conséquences de la crise libyenne sur les marchés énergétiques. En tant que premier consommateur de pétrole au monde, les États‑Unis sont particulièrement sensibles à la volatilité des prix. Les retombées de la crise libyenne ont déjà poussé le prix du brut au‑dessus $100 le baril. Et cette hausse a déjà été répercutée à la pompe, au grand dam des entreprises et des ménages américains.
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7th May 2011 22:25 #1
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Hajer Naili :







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