Mercredi 24 Octobre 2007 -- C’est aujourd’hui que sera connue l’identité du bureau d’études qui sera chargé de la réalisation architecturale de la Grande-Mosquée d’Alger. C’est Aloui Lakhdar, directeur général de l’Agence nationale de réalisation et de gestion de la Grande-Mosquée d’Alger qui en a fait l’annonce.
Cette attribution de marché qui sera rendue publique à Dar El-Imam a été initialement annoncée par le directeur de l’agence pour hier avant d’être reprogrammée pour aujourd’hui. Énormément d’interrogations planent en effet sur le choix qui sera annoncé aujourd’hui au regard des critiques émises par le président de la République sur la gestion de ce dossier par l’agence. C’est précisément durant le mois du Ramadhan que le chef de l’État a émis des réserves. On se rappelle que le président Bouteflika devait annoncer lui-même le choix du bureau d’études bénéficiaire de la réalisation architecturale de la Grande-Mosquée d’Alger à l’occasion du 27e jour du Ramadhan. Cette échéance a été reportée sans aucune autre indication.
En fait, l’attitude du président de la République qui avait fait faux bond à l’Agence de réalisation de la mosquée tout comme la commission d’évaluation des appels d’offres a une explication toute logique. C’est qu’à la veille du 27e jour du Ramadhan, et plus précisément le 25e jour du Ramadhan, le chef de l’État avait demandé l’affichage au Palais du peuple des propositions de la commission concernant les bureaux d’études méritant de bénéficier du projet de réalisation architecturale. Le chef de l’État avait, précise-t-on, demandé un affichage anonyme via un code, sans mention des bureaux d’études susceptibles d’être retenus.
Le chef de l’État a, dans le même temps, convoqué des experts en architecture, des membres du gouvernement et des membres de la commission d’évaluation des appels d’offres. À cette occasion, il a été très clair : “J’ai des réserves à propos du travail de la commission : le choix des bureaux, le cahier des charges, l’ordre de classement des bureaux d’études.” Le chef de l’État, nous explique-t-on, a même précisé que les bureaux d’études retenus pour la réalisation n’étaient pas fiables car “ils n’ont pas reçu les explications nécessaires par rapport au travail qu’on leur a demandé”, nous explique-t-on.
Le Président a également critiqué la mauvaise gestion d’un projet qu’il a qualifié de grandiose. “L’Algérie attend un important projet et ce que vous avez fait jusqu’à maintenant est hors sujet.” “Un projet d’une telle ampleur vous l’avez fait superficiellement”, a encore martelé le chef de l’État avant de livrer son verdict : “Refaites l’étude à zéro, refaites votre évaluation à zéro tout en tenant compte de l’importance du projet qui symbolisera l’Algérie de l’après-indépendance.”
Il faut dire à ce sujet que l’attitude précautionneuse du président de la République s’est appuyée sur des rapports qui lui ont été adressés par des experts en la matière lui faisant état “d’irrégularités dans l’attribution des marchés et dans la désignation des bureaux d’études chargés de la réalisation de la Grande-Mosquée d’Alger”. Aussi et selon des sources proches du dossier, les soupçons du Président par rapport à la gestion “opaque”, nous dit-on, de ce dossier remonte à juin 2006, mois durant lequel l’attribution provisoire du marché pour l’assistance à la maîtrise d’ouvrage avait été effectuée. “L’attribution ne s’est pas faite sur une consultation. Il y avait uniquement 4 bureaux d’études, le code du marché n’a pas été appliqué et la commission chargée des marchés publiques du ministère des Affaires religieuses a été complètement marginalisée”, est-il indiqué.
C’est aussi à cette époque que des bureaux d’études algériens et étrangers, des architectes ainsi que des bureaux d’études soumissionnaires avaient adressés des écrits au ministre des Affaires religieuses ainsi qu’au chef de l’État concernant la gestion de ce projet. D’autres interrogations subsistent par rapport à la prorogation du premier avis d’appel d’offres fait en novembre 2005 et prorogé jusqu’en mars 2006 concernant l’assistance à maîtrise d’ouvrage. Pourquoi cette prorogation du délai ? s’interrogent les observateurs.
L’autre interrogation concerne l’ouverture des plis de la première annonce pour la maîtrise d’ouvrage de juin 2006 d’une valeur de 137 milliards de centimes et qui a été attribué au canadien Dessau-Soprin. Le bureau d’études canadien, qui a eu le projet provisoirement devait attendre dix jours pour être informé de l’attribution officielle. Les dix jours étaient destinés à l’étude des recours. Bien que le délai des 10 jours ait expiré, l’annonce officielle et définitive de l’attribution au bureau canadien n’a pas été faite, nous dit-on, par voie de presse.
L’autre interrogation concerne le fait que la commission d’évaluation s’était déjà engagée en mars 2006 dans la réalisation architecturale avant même d’avoir clôturé le premier dossier en rapport avec l’assistance à maîtrise d’ouvrage. Toutes ces interrogations font qu’aujourd’hui beaucoup d’inquiétudes pèsent sur ce projet. “Fort probablement le président de la République remettra tout en cause. Il pourra demander à ce qu’on refasse tout du début ou alors il prendra des mesures à l’endroit du directeur de l’agence de la mosquée et du SG du ministère des affaires religieuses qui est le numéro 2 après le directeur de l’agence.”
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Thread: New Grand Mosque for Algiers
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24th October 2007 20:27 #22
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25th October 2007 00:16 #23
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Cinq cabinets retenus après l’ouverture des plis :

Jeudi 25 Octobre 2007 -- La séance d’ouverture des plis financiers du concours d’architecture de la nouvelle mosquée d’Alger s’est déroulée, hier, à Dar El-Imam de Mohammadia en présence des représentants des cinq bureaux présélectionnés. Le franco-britannique Atsp/Atkins, le germano-tunisien Krebs Kiefef, l’allemand Ipro Plan, l’iranien Asak Genidar et le français Architecture studio (AS) sont les cinq cabinets qui ont déposé leurs candidatures pour assurer l’assistance architecturale et le suivi de la réalisation du projet.
La commission d’évaluation devait se réunir à partir d’hier après-midi pour étudier les cinq dossiers fournis par les postulants.
L’opération devrait prendre quelques jours à quelques semaines pour aboutir à la sélection de l’entreprise qui aura le privilège et l’honneur de fournir les plans d’architecture pour la nouvelle mosquée d’Alger. Cependant, d’ores et déjà, le bureau d’études iranien, Genidar, semble bien parti pour rafler le marché, tant la proposition financière qu’il a faite, ainsi que les délais prévus pour la réalisation de l’étude lui donne une longueur d’avance sur ses concurrents.
Le bureau en question propose, en effet, ses services pour des honoraires qui avoisinent les 6 millions d’euros, dont 5,97 pour l’étude et le reste pour le suivi du projet. C’est là la proposition financière la moins-disante. En termes de délais qui sont de 12 mois, le bureau se place également en bonne position. Le franco-britannique Atps/Atkins réclame, lui, 2,92 milliards de dinars, soit 9,1% du montant du projet, et des délais n’excédant pas 10 mois. Le germano-tunisien Krebs Kiefef a fait une offre de 35 millions d’euros pour l’étude et 200 000 euros/mois pour le suivi.
Pour la préparation de l’étude, les délais, proposés par ce groupement, sont les plus longs parmi ceux faits par les concurrents, soit 27 mois. Pour sa part, Architecture Studio a fait une offre d’un peu plus de 4,72 milliards de dinars pour des délais de 17 mois et demi.
Pour ce qui est de la proposition financière, elle représente, selon les chiffres fournis hier, lors de la cérémonie, 8,16% du montant global du projet. Enfin, l’Allemand Ipro Plan réclame des honoraires de près de 13 milliards de dinars pour des délais de 11 à 12 mois. Le jury mis en place à cet effet par le maître de l’ouvrage, à savoir l’Agence nationale de réalisation de la mosquée d’Alger, va donc maintenant plancher sur l’évaluation de ces offres pour, enfin, désigner le bureau d’études qui aura la charge de fournir l’assistance architecturale pour le projet en question, ainsi que le suivi, ensuite, de la construction. Après la préparation de l’étude, l’Agence de la mosquée d’Alger va lancer les avis d’appel d’offres pour la sélection des entreprises qui seront chargées de la réalisation de cet immense projet.
À noter que l’étude topographique du projet a été faite par le Centre national d’ingénierie et de construction (CNIC) et l’étude géotechnique a été assurée par le Laboratoire national de l’habitat et de la construction (LNHC).
À préciser, également, que le jury installé par l’Agence de la mosquée d’Alger regroupe 37 membres, issus pour la plupart du domaine de l’architecture, mais aussi d’autres secteurs, comme le génie civil, les métiers de la construction, la sismologie.
Les grandes entreprises nationales de construction ou de contrôle des constructions, à l’image de Cosider, Batimetal et le CTC, ont leurs délégués dans la commission.
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25th October 2007 04:36 #24
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Jeudi 25 Octobre 2007 -- La dernière étape pour le choix d’un bureau d’études qui assurera l’architecture et le suivi du mégaprojet de la grande mosquée d’Alger a été entamée hier, lors de l’ouverture des offres financières des cinq entreprises retenues après la première sélection des offres techniques. En effet, après les soumissions de dix-sept bureaux d’études dont douze étrangers, l’ouverture des plis des offres techniques s’est déroulée le 18 septembre dernier. Cinq bureaux d’études ont été sélectionnés sur la base de plusieurs critères.
Le comité de sélection qui comprend des experts dans différents domaines (architecture, finances, gestion, droit, sociologie, beaux-arts) a noté les soumissionnaires sur 80 points. Les cinq lauréats de l’étude technique seront notés sur vingt points pour leur offre financière. Il s’agit de AS Architecture Studio (France), ASTP/ATKINS (France-UK), Kiefef Ste Krebs Und (Germano-tunisien), Iproplan (Allemagne) et Génidar Sarl (Iran).
L’ouverture des plis des offres financières qui s’est déroulée, hier à Dar Imam, a permis de constater que l’offre la moins-disante est celle du bureau d’architecture iranien qui propose de réaliser l’étude du mégaprojet et de le suivre, pour la somme de 5,974 millions d’euros (hors taxes ). Un délai de 12 mois est proposé par Génidar Sarl. ASTP/ATKINS, le bureau franco-anglais propose pour sa part de réaliser l’étude dans un délai de 10 mois contre la somme de 2,926 milliards de dinars (toutes taxes comprises ), l’équivalent de près de 29 millions d’euros. Le bureau français d’AS Architecture Studio propose de réaliser l’étude dans un délai de 17,5 mois. Son coût est estimé à 4, 72 milliards de dinars (HT), l’équivalent de près de 47 millions d’euros. Selon l’offre financière de ce bureau français, le coût de l’étude représente 8,76% du coût global du projet dont la réalisation, selon l’estimation de AS Architecture Studio, est de 71,5 mois. Le bureau germano-tunisien Kiefef Ste Krebs Und propose de réaliser l’étude dans un délai de 27 mois contre un cachet de 35 millions d’euros pour l’étude et 200 000 euros/mois pour le suivi de réalisation du projet. La cinquième offre financière soumise hier est celle du bureau allemand Iproplan qui s’élève à 12,91 milliards de dinars HT (l’équivalent de près de 129 millions d’euros) pour délai de 11 à 12 mois.
Le comité de sélection devait commencer, dès hier à 15 heures, l’étude de ces soumissions. Une note sur vingt points va être attribuée à chacun des bureaux d’études. Cette note qui sera additionnée à celle de l’offre technique (sur 80 points), va permettre le classement des soumissionnaires. Une fois cette étape terminée, les cinq propositions seront soumises au président de la République qui devra se prononcer sur le lauréat de cet appel d’offres. Des membres du comité de sélection, rencontrés en marge de l’ouverture des offres financières, ont tenu à répondre aux critiques parues dans certains quotidiens de la presse nationale en précisant que l’opération de sélection du bureau d’études de ce mégaprojet se déroule en toute transparence.
M. Abdelli, architecte-enseignant à l’EPAU (Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme) et membre du comité de sélection a précisé que dix-sept bureaux d’études des 43 qui avaient retiré le cahier de charges ont soumissionné : «Il nous a fallu un travail de plusieurs jours pour noter et sélectionner les cinq bureaux des dix-sept. Plusieurs critères ont été étudiés. Il est vrai que nous n’avons pas un règlement national, ou si vous voulez un guide national, pour les concours, mais nous nous sommes référés au cahier des charges.»
Concernant le critère de 8 milliards de centimes de chiffre d’affaires annuel exigé pour l’éligibilité à la soumission d’un bureau d’études, M. Abdelli rappelle que «le projet est énorme et il faut faire appel à des bureaux d’études de référence avec des capacités financières et une grande expérience professionnelle. Ceux qui émettent ce prétexte pour dire qu’ils ont été exclus peuvent constater qu’il y a des bureaux d’études de renommée mondiale qui se sont associés pour soumissionner. Nous n’avons exclu personne».
Quand au reproche d’avoir fait appel à des architectes-enseignants pour être membres du comité de sélection, M. Abdelli se suffit de rappeler : «J’ai quarante ans d’enseignement, je ne suis peut être pas un architecte-concepteur, mais j’ai l’aptitude d’évaluer et de sélectionner un travail d’architecte.» Au reproche de l’écartement du bureau d’études canadien, Dessau Soprin, choisi pour l’assistance à la maîtrise d’ouvrage, M. Abdelli a rappelé que ce dernier ne pouvait pas être membre du comité de sélection afin d’éviter qu’il n’influence le jury d’une part, et d’autre part, sa collaboration a été demandée dans un volet autre que celui de la sélection.
Pour appuyer ses déclarations, M. Kassab Nacer, le directeur de l’Ecole des beaux-arts qui est également membre du comité de sélection a assuré que «la composition du comité de sélection qui a un caractère pluridisciplinaire s’inscrit parfaitement avec l’essence de l’architecture». Il a été également rappelé par les membres du jury, que le projet de la grande mosquée d’Alger date de très longtemps.
En 1934, l’association des Ouléma avait demandé à Hadj Bouchama de faire un croquis d’une grande mosquée. Il y a eu aussi en 1963, une proposition sur le site des Anassers. En 1968, Oscar Muller, l’architecte brésilien de renommée mondiale avait proposé un croquis au milieu de la Méditerranée, face au Jardin d’Essais. En 1985 et lors de la réalisation du grand projet d’El Hamma, le ministère des Affaires religieuses avait proposé la relance du projet de la grande mosquée et, enfin, il y a eu une proposition du bureau Sahraoui pour la construction de cette mosquée dans un site près de l’université islamique, sis au Caroubier (Alger). A préciser que la grande mosquée d’Alger comprendra quatre structures : la mosquée, le minaret, un centre culturel et un institut pour les sciences du Coran. Son édification devra être «à la hauteur de l’histoire et des ambitions du peuple algérien», avait déclaré le ministre des Affaires religieuses.
Il est à indiquer enfin que le début du chantier de ce projet est attendu pour l’année prochaine après la fin de la conception de quelque 70 000 planches, nécessaires pour la réalisation de ce mégaprojet.
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7th November 2007 07:51 #25
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7th November 2007 07:54 #26
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Mercredi 7 novembre 2007 -- La short liste a été réduite de 5 à 3 projets. Un audit de faisabilité a été demandé. Deux projets, Architecture Studio et ATSP-Atkins, ont opté sur l’audace et le troisième, Kreber-Kiefef, sur la référence traditionnelle. Des Algériens sont encore en course dans le concours.
Il faudra attendre encore quelques jours avant de connaître le lauréat du concours d’architecture de la grande mosquée d’Alger. Un audit technique sur la constructibilité des trois derniers projets retenus a été demandé lors d’une réunion de l’agence publique en charge de l’ouvrage. Trois projets et non plus cinq. Les deux offres financières la moins chère et la plus chère ont été éliminées de la short liste à présenter – incessamment – au président Bouteflika pour le choix du lauréat qui assurera les études et le suivi de réalisation de la grande mosquée d’Alger. C’est ce qui ressort, de sources proches, des dernières délibérations autour de l’attribution de ce mégaprojet dont le coût final oscillera entre 300 et 550 millions d’euros selon l’offre retenue. Les Iraniens de Genidar Sarl n’ont pas intégré une estimation globale de leur mission, ce qui a permis de proposer un devis inférieur à 6 millions d’euros, tandis que les Allemands de IPRO-Plan ont facturé à 129 millions d’euros leur prestation trois fois plus haut que la moyenne des quatre autres offres. La conséquence en serait que la grande mosquée d’Alger ressemblera au projet d’une des trois dernières agences encore en course, la française de Architecture Studio, la germano-tunisienne de Kreber-Kiefef ou l’anglo-franco-algérienne de ATSP-ATKINS. Si le paramètre financier devait seul décider de l’attribution, le projet ATSP-ATKINS l’emporterait car revenant (en étude et réalisation) à 28 de milliards de dinars TTC, lorsque les deux autres projets sont évalués à 50 milliards de dinars (Architecture Studio) et 54 milliards de dinars (Kreber-Kiefef) en hors taxe. Mais l’aisance financière algérienne étant ce qu’elle est, le critère du coût ne sera pas seul à peser sur le choix présidentiel. Le projet germano-allemand de Kreber-Kiefef se distingue des deux autres par une référence plus marquée à la tradition architecturale mauresque. « C’est une option à double tranchant, selon que le président Bouteflika veuille encenser l’ancrage algérien dans le patrimoine almohade, ou se singulariser par un trait de contemporanéité », estime un urbaniste près du dossier. « L’audace » demandée est plus perceptible dans les deux autres projets, « ce qui fait aussi leur force et leur fragilité face au projet germano-tunisien ». Les agences qui proposent ces deux projets « audacieux » satisfont à l’exigence présidentielle de la qualité de la signature internationale.
Des architectes algériens dans la course
Architecture Studio (AS) est un bureau de huit architectes associés, né en 1973 et dirigé par Roueidia Ayache depuis 2001, peut-on lire sur son site internet. AS, une centaine d’employés, reconnu comme une agence prestigieuse sur la place de Paris, a signé en France quelques-unes de ses œuvres emblématiques, l’Institut du monde arabe, l’église Notre-Dame de l’Arche d’Alliance, ou encore le Parlement européen de Strasbourg. Architecture Studio s’est fortement développé à l’international ces dernières années, notamment en Chine. L’agence a des signatures dans 23 pays dans le monde. Au Maroc, on lui connaît le nouveau siège de Maroc Télécom achevé en 2005. ATSP-ATKINS est un groupement d’études. Atkins Global, basé à Londres, est tout simplement le numéro un mondial de l’engineering. Son portefeuille de métiers fait, par exemple, qu’il est à la fois l’auteur des études de Bordj Al Arab de Dubai et de l’aile de l’Airbus A 380, le plus gros porteur de l’aviation civile. C’est ATSP qui a amené Atkins à Alger. L’agence parisienne d’une quarantaine d’employés est le fruit de l’association d’un architecte algérien, Salah Eddine Saïdoune, formé à l’Epau et diplômé dans plusieurs filières (graphisme- management de projet-magistrature) en France et en Algérie, et d’un architecte américain, Tom Sheehan, honoré en 1997 d’un prix pour avoir été chef de projet architectural du Stade de France. ATSP a d’ailleurs remporté les concours restreints pour les nouveaux stades de 40 000 places d’Oran et d’Alger-Est. L’équipe bénéficie en outre de la participation de Abdelkader Abdi, le désigner algérien de notoriété mondiale. Les deux agences AS et ATSP ont été rivales dans plusieurs concours d’architecture en Algérie ces derniers mois, le dernier en date étant celui du siège algérois de BNP Paribas. Chacune a un siège permanent en dehors de la France. Celui de AS est à Shanghai, celui de ATSP est à Alger.
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11th November 2007 17:16 #27
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Bataille technique autour de la future mosquée d’Alger :
Traditionnalistes et modernistes s’opposent
Dimanche 11 novembre 2007 -- Le rapport final du concours international d’architecture qui doit attribuer l’étude et le suivi du projet de la grande mosquée d’Alger n’a pas pu être transmis à la présidence de la République à la fin de la semaine dernière.
Un très sérieux contretemps menace les orientations du jury. En effet, l’assistant du maître d’ouvrage, le canadien Dessau-Sauprin, sélectionné pour suivre la procédure d’organisation du concours, a différé sa contresignature sur le rapport. Le bureau d’études canadien veut s’assurer de la conformité du rapport avec le code des marchés publics. « En langage diplomatique, cela signifie que le rapport n’est pas conforme à la législation. Il faut savoir que le chef de projet pour Dessau-Sauprin pour le suivi de la grande mosquée d’Alger est Serge Vezina, connu pour avoir dirigé l’étude du monument des martyrs, Riadh El Feth. Il a une réputation de rigueur et n’avalise pas n’importe quoi », explique un architecte proche du concours.
La controverse viendrait du fait que le classement proposé par le jury n’agrée pas le ministère des Affaires religieuses qui penche ouvertement en faveur d’un ouvrage traditionaliste qui souligne « l’identité culturelle et architecturale algérienne ». Or, parmi les trois projets retenus dans la short liste de cinq, celui qui se rapproche de la vision des fonctionnaires du ministère des Affaires religieuses, appuyé par le ministre Bouabdellah Ghlamallah, n’a obtenu que le troisième rang, notamment à cause de sa « relative convenance conceptuelle » et de son coût plus élevé.
La pression de la tutelle se serait - rapporte une source sûre - exercée de plusieurs manières, notamment en demandant un audit technique avec l’arrière-pensée de faire éliminer les deux projets high tech de Architecture Studio (France) et de Atkins-ATSP (Grande-Bretagne, France, Algérie), en les faisant butter sur le test de constructibilité. L’audit aurait finalement conforté ces deux projets dans leur faisabilité, tant et si bien que le lobbying du ministère des Affaires religieuses, au profit du projet le plus classique, est devenu trop pressant pour ne pas faire dérailler la procédure de sa feuille de route juridique.
Cafouillage
C’est l’agence germano-tunisienne Kreber-Kiefef qui a signé le projet « style mosquée de Casablanca » qui semble emporter les faveurs de Ghlamallah, au point de provoquer « une manipulation du rapport final au détriment des deux projets classés avant lui par le jury ». Kreber-Kiefef présente toutes les garanties financières même si sa signature n’est pas aussi prestigieuse que celle du bureau parisien Architecture Studio (AS) ou du n° 1 mondial de l’engineering, Atkins partenaire avec ATSP de l’autre projet favori pour la grande mosquée d’Alger. Kreber-Kiefef est surtout connu en Algérie pour avoir signé l’étude du centre ultramoderne de criminologie de la Gendarmerie nationale à Bouchaoui, attribué de gré à gré à Brown Root and Condor (BRC), la joint venture en cours de dissolution de Sonatrach et KBR, après la révélation d’un immense scandale sur la surfacturation de ses prestations.
Pour rappel, des trois dernières agences qui se disputent le concours d’architecture de la grande mosquée d’Alger, Kreber-Kiefef a présenté l’offre financière la plus coûteuse. Le directeur général de l’agence nationale en charge de l’ouvrage, Mohamed Alloui, a démenti de son côté que le jury ait pu exprimé une préférence à ce stade de ses travaux. « Nous avons opté pour une procédure d’évaluation des projets au standard mondial. Cela implique énormément de paramètres qu’il faut étudier convenablement. Le jury est composé de personnalités compétentes qui travaillent d’arrache-pied et en toute autonomie. Le président de la République vient d’ailleurs de renouveler sa totale confiance dans les délibérations du jury. »
L’architecte algérien Halim Faïdi, qui a assuré avec son agence parisienne une mission complète sur le nouveau ministère des Affaires étrangères (plateau des Annassers), a saisi l’occasion de ce cafouillage pour rappeler sa position au sujet de ce concours international. « Il devrait être annulé et les concurrents dédommagés. La procédure est viciée. Le cahier des charges ne définit par les programmes et les surfaces. Les offres financières ne sont pas comparables. C’est ce qui explique pourquoi nous avons eu seulement dix-sept souscriptions dans un concours de taille mondiale. Il manque les grandes signatures internationales dans ce domaine. Pour un projet transcendant qui va configurer la baie d’Alger ce n’est pas normal. »
Pour d’autres architectes proches du concours, la sortie au grand jour d’un parti pris « conservateur » dans ce concours annonce « la politisation des arbitrages ». L’identité française de Architecture Studio, noté légèrement devant Atkins-ATSP, pourrait devenir « un enjeu masqué » à quelques semaines de la visite d’Etat de Nicolas Sarkozy en Algérie. Le président Bouteflika a également la possibilité de faire valoir la présence prédominante d’architectes algériens dans le projet Atkins-ATSP, pour échapper au grand écart géopolitique.
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19th November 2007 08:26 #28
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Lundi 19 novembre 2007 -- Le président de la République a décidé de geler la procédure initiée dans le cadre de la conception technique et architecturale du projet de la Grande mosquée. Des rapports lui sont parvenus mettant en doute l’intégrité du bureau d’études canadien chargé de l’accompagnement technique du projet et font aussi état de « manipulations » dans les procédures. Abdelaziz Bouteflika a chargé Mohamed Moulay Guendil, son directeur de cabinet du suivit du dossier.
L’étape technique de réalisation du projet connaitra un retard, selon la déclaration d’une source officielle à El-Khabar. La raison est due aux réserves émises par le président Bouteflika sur la procédure qui a mené au choix du bureau en charge de l’accompagnement technique du projet. La société canadienne Dessau-Soprin avait été sélectionnée après un appel d’offres international en juin 2006. Quatre autres bureaux d’études spécialisés avaient participé à l’appel d’offres. Les réserves du président ont été émises, selon les précisions de cette même source, sur la base de rapports attirant son attention sur de nombreux litiges internationaux entre ce bureau d’études et des pays l’accusant de manquer à ses engagements. Parmi lesquels, il y a le Vietnam et les Philippines. Il est précisé que l’Etat s’était engagé à verser 137 milliards de centimes pour couvrir les frais des études architecturales du projet.
Selon cette source, parmi les points soulevés par les rapports transmis au Président, les recours introduits par deux bureaux d’études ayant participés à l’appel d’offres l’année passée. Ces bureaux d’études, un français et un canadien, ont introduit des recours auxquels l’agence nationale chargée de la réalisation de la Grande mosquée n’a pas répondu. Ces rapports soulignent également que l’attribution définitive du projet n’a pas été annoncées dans la presse à l’instar de l’attribution provisoire qui a suivit immédiatement les résultats de l’appel d’offres. Ce qui a amené le Président à douter des conditions qui ont entouré toute l’opération et a décidé de la geler temporairement. Il a chargé Mohamed Moulay Guendil, son directeur de cabinet, de lui élaborer un rapport approfondi sur cette question.
Le directeur de cabinet du Président a d’ailleurs été aperçu la semaine passée à Dar Al-Imam afin de tenir des rencontres avec les cadres liés au projet. Le Président a décidé de changer l’appellation du projet qui devient la « Mosquée d’Alger » après avoir été la « Grande Mosquée ». Il aurait suivit l’avis de proches. Ces derniers ont argué que l’inauguration éventuelle d’une plus grande mosquée après sa réalisation ferait perdre à celle d’Alger ce qualificatif. Des sources bien informées ont affirmé à El-Khabar que Mohamed Moulay Guendil a rencontré le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs à Dar Al-Imam la semaine passé en marge de la rencontre sur les droits de l’enfant.
Les observations sur les « insuffisances » dans la gestion technique du projet ont amené, selon les mêmes sources, le président de la République à annuler la deuxième étape. Elle consiste en la désignation du bureau qui serait chargé de la conception architecturale de la future mosquée. L’ouverture des plis avait eu lieu le 18 septembre dernier lors d’une cérémonie à laquelle a assisté le Président. Le choix d’un bureau n’avait pu être réalisé à ce moment là à cause des réserves émises par le Président. L’étape de réalisation technique est prévue pour le début de l’année prochaine. Nos sources estiment qu’il y aura un retard pour le commencement des travaux.




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