Mercredi 23 Janvier 2008 -- Ayant certainement pris conscience que la lutte contre le terrorisme ne peut se suffire de mesures d’ordre sécuritaire et militaire et même politique, les autorités ont décidé de passer à une autre vitesse pour contrer le terrorisme islamiste. Cette fois-ci, c’est sur le terrain du débat religieux que le gouvernement a préféré transposer la bataille pour combattre la propagande islamiste par des avis religieux émis par d’éminentes personnalités. L’information a été révélée par le quotidien londonien Esharq El-Awsat qui reprend un débat qui a lieu sur les ondes de la radio du Coran.
Cinq personnalités religieuses dont deux Algériens, en l’occurrence Ahmed Saïd Belaïd Ben Abi Saïd et Nabil Mustapha El-Osmani ont participé à l’émission “Tahdhir min attakfir wa ettafdjir”, aux côtés des cheikhs Abou Hazem Adnane Arour d’Arabie Saoudite, Abou El-Hareth Ali Hassan Abdelhamid El-Halabi de Syrie et Abdelmalek Ramdani, un Algérien installé en Arabie Saoudite. Le débat tend à répliquer aux arguments religieux de l’organisation terroriste Al-Qaïda pour le Maghreb islamique qui s’est toujours appuyée sur des fetwas douteuses émises par ses propres conseillers et visant à justifier le terrorisme en Algérie y compris les actions kamikazes. Dans la guerre livrée au terrorisme, ce volet de l’avis religieux jusque-là négligé semble maintenant bénéficier d’un certain intérêt de la part des autorités algériennes.
D’après le journal Esharq Al-Awsat, les avis émis par ces personnalités religieuses lors de l’émission seront reprises et répandues, à travers des tracts, dans les montagnes et maquis terroristes. Il ne s’agit pas seulement de tenter, par le biais de cette opération, de convaincre les membres des groupes armés encore en activité de l’illégitimité de leurs actes du point de vue religieux, mais de répliquer également aux organisations terroristes qui ont investi le réseau Internet pour diffuser à grande échelle leur propagande. Lors de cette émission, les intervenants ont tenté donc de battre en brèche les arguments développés par la nébuleuse pour justifier la mort de civils dans les attentats et autres actions terroristes.
Dans une allusion aux fetwas sur lesquelles s’appuient les groupes armés pour légitimer leurs forfaits, cheikh Abou El-Harith Abou El-Hassan a estimé, à ce propos, que “ces actes (les actions kamikazes) ne reposent sur aucune preuve ni prétexte valable, mais plutôt sur des désirs et des élucubrations”. Il s’en est ensuite pris à la direction de l’organisation terroriste qui avait accusé des personnalités musulmanes de premier plan d’allégeance aux régimes arabes. “Ils ont lancé un chapelet d’accusations contre de grandes personnalités comme El-Albani, Ibn Baz et Ibn Outhaimin. Ça, c’est la logique de celui qui est incapable de répliquer à l’argument par l’argument”, assène-t-il.
Pour sa part, Abdelmalek Ramdani, auteur de plusieurs ouvrages dénonçant les idées véhiculées par la mouvance salafiste djihadiste, a préféré, lui, revenir sur les avis religieux douteux de l’organisation armée justifiant la mort de civils dans les actions terroristes menées contre les bâtiments publics et les sièges des services de sécurité. “Ceux qui appellent au djihad commettent une très grave erreur lorsqu’ils font la promotion de cette idée qu’aucun des ulémas n’a jamais formulée”, soutient-il, qualifiant les auteurs des actions kamikazes de “lâches qui commettent le crime et se présentent en donneurs de leçons”.
Cheikh Ali Hassan Abdelhamid affirme, de son côté, que “les actions ciblant des infrastructures publiques sous prétexte d’affaiblir le régime en place ne font qu’accentuer les difficultés des musulmans”. “Si une centrale électrique est détruite sous prétexte de rendre vulnérable le régime en place, elle sera dans tous les cas reconstruite et par des étrangers. C’est l’argent de la nation qui est gaspillé”, relève-t-il. Plus loin, il qualifie les salafistes djihadistes de “lâches” et les accuse “d’empêcher la nation de relever sa tête”.
Par le biais de ce débat, les autorités veulent placer le débat sur un terrain qui est propre à la mouvance islamiste.
La tâche paraît ardue face à des membres d’une organisation terroriste qui semblent dans une logique suicidaire et il serait, par conséquent, étonnant qu’ils soient prêts à écouter un discours autre que celui qu’on leur a toujours servi. Leurs positions à l’égard des politiques de réconciliation prêchées par le pouvoir démontrent en tout cas l’ampleur atteinte par le travail d’endoctrinement islamiste. L’on peut s’interroger malgré tout sur l’impact que pourrait avoir cette campagne sur des groupes armés qui n’ont pas eu d’ouïe à des édits religieux émis par d’éminentes personnalités du monde musulman, à l’image de cheikh Al-Qaradhaoui.
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23rd January 2008 14:51 #1
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Des ulémas algériens et du golfe se mobilisent contre le terrorisme :
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23rd January 2008 16:03 #2
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Mercredi 23 Janvier 2008 -- On a souvent déploré le silence des ulémas musulmans, quand l’Algérie était livrée aux massacres collectifs perpétrés dans les années 90. Un silence synonyme de complicité de la part de ces exégètes cathodiques qui considéraient alors les groupes armés comme une opposition spoliée d’une victoire électorale qui aurait permis la consécration d’une dawla islamia en Algérie.
Mais aujourd’hui, les masques sont tombés et nombre de ces ulémas, autrefois muets pour ne pas dire consentants, se sont rendus à l’évidence, considérant que les groupes armés ne sont que des tueurs avides de sang, dont la démarche est aux antipodes de l’Islam. Qu’ils décident aujourd’hui de s’impliquer dans le combat antiterroriste, cela ne peut que réjouir.
Leurs fetwas ne manqueront certainement pas d’avoir un impact dissuasif sur ces malheureux candidats au suicide, manipulés par des apprentis sorciers de la religion. Que de voix se sont élevées, notamment après l’apparition du phénomène des kamikazes, pour revendiquer la mise en place d’un travail de sensibilisation et d’explication en direction de jeunes susceptibles d’être réceptifs au chant des sirènes de Droukdel et ses acolytes !
La démarche de ces imams, sans oublier aussi le travail remarquable fait par la gendarmerie dans les établissements scolaires, répond justement à cette demande. En fait, cette nouvelle démarche est fondée sur la sensibilisation en amont qui doit désormais primer. La lutte antiterroriste, qui aura été jusque-là la seule réponse apportée par les forces de sécurité aux groupes armés, doit intervenir désormais en appoint. Encore faut-il que ces imams, mais aussi la gendarmerie et d’autres institutions de l’État inscrivent leur action dans la durée et la coordonnent.
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24th January 2008 23:44 #3
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Jeudi 24 Janvier 2008 -- L'imam de la mosquée Al-Azhar, Cheikh Mohamed Tantaoui, a affirmé, hier, que l'Islam bannit catégoriquement le terrorisme et prône l'entraide et la solidarité pour servir les enfants de la nation musulmane. Dans une allocution à la cérémonie de clôture de la 78e session de formation des imams et prédicateurs qui a bénéficié à 19 imams dont 4 d'Algérie, l'imam d'Al-Azhar a affirmé que l'Islam est une religion qui bannit le terrorisme et la violence et prône la tolérance et le bien. La différence des religions n'empêche pas le dialogue et l'entente pour divulguer les principes de tolérance a insisté Cheikh Tantaoui. L'occasion a été donnée pour l'imam d'Al-Azhar d'exhorter les imams et prédicateurs à accomplir la mission qui leur est dévolue dans la propagation de l'Islam sain. Les imams algériens se sont félicités des conditions dans lesquelles s'est déroulé leur stage et se sont dit satisfaits des contacts qu'ils ont entrepris avec les différents oulémas d'Al-Azhar.
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27th January 2008 16:31 #4
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Dimanche 27 janvier 2008 -- Les cinq personnalités du fiqh à avoir émis un avis religieux sur les actions terroristes sont les trois Algériens Ahmed Saïd Belaïd Ben Abi Saïd, Nabil Mustapha et El-Osmani, le Saoudien Abou Hazem Adnane Arour et le Syrien Abou El-Hareth Ali Hassan Abdelhamid El-Halabi.
Longtemps silencieux, les exégètes sortent de leur réserve pour se prononcer contre les attentats kamikazes et les actes terroristes ayant ciblé l’Algérie ces dernières années. Ces hommes du fiqh sont de renommée internationale et ont une vaste connaissance du domaine religieux.
Ils sont sollicités par nombre de pays pour donner leur avis religieux sur certaines situations particulières. Dans le cas de la situation sécuritaire propre à l’Algérie, ces exégètes se sont prononcés en appelant les auteurs de violences terroristes à renoncer à leurs actes «punis par la religion», et en sensibilisant l’ensemble de la nation autour d’un phénomène qui bouleverse tout le pays.
Car la religion est l’un des paramètres primordiaux dans la construction de la personnalité et la cohésion de la société. Lors de l’émission Tahdhir min ettakfir wa ettafdjir, de la radio nationale, les avis émis par ces personnalités religieuses ont eu une audience favorable, le quotidien londonien Esharq El-Awsat s’en faisant l’écho dans son édition de lundi dernier.
Faisant allusion aux groupes armés du GSPC qui décrètent des fatwas pour légitimer leurs forfaits, cheikh Abou El-Harith Abou El-Hassan a estimé, à ce propos, que «les attentats kamikazes ou les actions terroristes en général ne reposent sur aucun fondement religieux ou prétexte valable, mais plutôt sur les désirs et les élucubrations de leurs propres auteurs».
En poursuivant son explication religieuse sur le cas des terroristes en Algérie, cheikh Abou El-Hareth Ali El-Hassen a estimé, en allusion à l’organisation terroriste, El-Qaïda, que ceux qui avaient accusé des personnalités musulmanes de premier plan, telles qu’El-Albani, Ibn Baz et Ibn Outhaïmin, d’allégeance aux régimes arabes, obéissent à la «logique de celui se trouvant dans l’incapacité de répliquer en opposant un argument».
De son côté, Abdelmalek Ramdani, auteur de plusieurs ouvrages sur le fiqh, dénonçant les idées véhiculées par la mouvance salafiste djihadiste, a abordé la question des avis religieux émis par les organisations armées pour justifier leurs massacres de civils, dans des actions terroristes menées contre les édifices publics et les sièges des services de sécurité.
Sur ce point, il a affirmé que «ceux qui appellent au djihad commettent une très grave erreur lorsqu’ils font la promotion de cette idée qu’aucun des oulémas n’avait jamais formulée». Tout en qualifiant les auteurs des actions kamikazes de «lâches qui perpètrent des crimes et se réclament être des donneurs de leçons».
Cheikh Ali Hassan Abdelhamid, reprenant la parole, a affirmé que «les attentats ciblant les infrastructures publiques, sous prétexte d’affaiblir le régime, ne font que multiplier les difficultés des musulmans». Dans le but de rendre plus sensibles à la question les auteurs de ces crimes, le cheikh a souligné qu’«une centrale électrique détruite par les terroristes, sous prétexte de rendre vulnérable le régime en place, est dans tous les cas reconstruite, et par des étrangers, occasionnant un gaspillage d’argent pour la nation».
Poursuivant sa fatwa, le cheikh a qualifié les «salafistes djihadistes» de «lâches» et les a accusés «d’empêcher la nation de relever la tête». Les autres personnalités religieuses présentes à cette émission ont émis les mêmes avis sur «les fausses fatwas des terroristes pour justifier leurs attentats».
Pour certains experts étrangers des questions d’ordre sécuritaire, «ces avis religieux ont un double effet : sensibiliser les groupes armés du GSPC toujours en activité quant à renoncer à leurs actes terroristes et permettre de répliquer aux organisations terroristes qui ont investi le réseau Internet pour diffuser leur propagande».
De l’avis de ces mêmes experts, «ce genre de fatwa d’envergure mondiale peut, d’une part, influer directement et négativement sur le recrutement des terroristes par l’organisation El-Qaïda et, d’autre part, permettre de réduire au maximum leurs divers soutiens, notamment financiers, sur lesquels s’appuient le terrorisme».
L’objectif recherché à travers ces fatwas de personnalités écoutées est d’arriver à contrecarrer «les idées fausses et les avis religieux non fondés» colportés par les groupes armés, sur lesquels ils se sont toujours appuyés pour commettre leurs forfaits.
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28th January 2008 21:26 #5
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January 28, 2008 -- Eager to combat the forces of extremism and terrorism in their country, Algerian authorities have enlisted the aid of a radio station to broadcast religious messages condemning the violent practices. Islamic scholars from Algeria and Gulf countries have appeared on Radio Qur'an to undermine the doctrinal bases used by al-Qaeda to justify its suicide operations in North Africa.
The government has used Radio Qur'an as a platform for scholars to present religious evidence against the beliefs and fatwas issued by local al-Qaeda emir Abdelmalek Droukdel. The terrorist leader is responsible for the escalation of violence among anti-government groups – including suicide operations and the targeting of civilians – since the April 11th, 2007 bombings in Algiers.
On January 22nd the station aired a seminar entitled: "Warning against the two discords of takfir and bombings". The programme featured participation by Saudi scholar Ibrahim Ben Amer Rahili, Algeria's Nabil Mustapha Osmani, Abdelghani Aouissat and Saudi-Algerian Abdelmalek Ramdani.
In their comments, the scholars explained that the practice of takfir – declaring people to be non-believers – against the government and people of Algeria is not based on firm verses in the Qur'an and the prophet's sunna. They addressed al-Qaeda in Algeria, stressing that shedding the blood of foreigners and justifying their killing as "renegades" and "crusaders" is prohibited, since they came to the land of Muslims peacefully, expecting safety.
Abdelghani Aouissat said, "The bombings and terrorist operations in Algeria are not jihad, but discord." He called on the al-Qaeda groups to put an end to the violence, saying their actions are an "exaggeration of religion" and "disobedience towards the rulers".
In the same vein, Ibrahim Ben Amer Rahili, a professor at the Islamic University in Medina, said the people resorting to bombing and assassination are guilty of sin and responsible for sowing the seeds of discord. If they truly seek reform, he said, they should do it peacefully.
Preacher Amer Rahili asked Algerians to co-operate with the authorities in combating terrorists, whom he described as "people thrilled by the killing of Muslims".
He condemned all suicide operations, saying perpetrators are committing one of Islam's gravest sins, which is the killing of a soul.
Though the FM station is only on the air from 5:00 AM to 11:00 AM, it has already had some impact on the anti-terrorist effort. Citing local and French security findings, Algerian newspapers reported recently that Radio Qur'an has played a pivotal role in recent months in convincing scores of armed men to lay down their arms and benefit from pardons under the laws of national reconciliation, adopted in 2005.
The Algerian government began the radio effort in an attempt to undermine the effect of al-Qaeda's online dissemination of audio and video propaganda and training information. The terrorist group has also begun videotaping all its suicide operations and attacks in Algeria, making the footage freely available to citizens browsing Islamist websites. Some sites even provide videos formatted for viewing and transmission on mobile phones.
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31st January 2008 04:43 #6
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4th February 2008 00:26 #7
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