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  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Lundi 13 Octobre 2008 -- Montée du salafisme, prolifération de fetwas, contrôle des imams, surveillance des mosquées, recrutement de kamikazes, présentation devant la justice de personnes pour non-observation du jeûne, évangélisation et d’autres sujets sensibles ont été abordés par le ministre des Affaires religieuses dans cette interview exclusive qu’il nous a accordée.

    Liberté : Six personnes ont été condamnées à six ans de prison avant d’être relaxées par le tribunal de Biskra pour non-observation du jeûne ; qu’en pensez-vous en tant que ministre des Affaires religieuses ?

    Bouabdellah Ghlamallah : Tout d’abord, je tiens à dire que cela participe de la relation des Algériens avec la religion. La religion chez nous véhicule la notion d’appartenance. On ne peut pas dissocier notre appartenance à la religion de notre appartenance au pays. Car pour nous, les Algériens, l’islam et la patrie, c’est une même chose. Les ONG, par médias interposés, commencent à nous envoyer des lettres nous demandant de séparer la religion de la politique. Personnellement, je ne souhaite pas en arriver là. Mais si c’est le cas, cela va demander beaucoup de temps. Pour revenir à ces condamnations, comme l’a si bien dit l’un de leurs avocats, il n’y a pas dans le code civil un article de loi sur lequel on peut se baser pour condamner les non-jeûneurs. Mais la société a sa propre position sur le sujet.

    Avez-vous été consulté sur cette affaire ?

    Si le procureur de la République qui les a présentés à la justice m’avait demandé mon avis, bien entendu, je lui aurais dit de laisser “cette affaire entre eux et Dieu”. Il fallait peut-être juste les sermonner, les convoquer et leur dire que ce n’est pas bien de se comporter de cette manière. De là à les mettre en prison, je ne suis pas d’accord. Cette affaire est rentrée dans l’ordre sans mon intervention. Le tir s’est rectifié de lui-même. Il faut être rationnel. Je sais qu’il y a dans mon entourage des jeunes qui n’observent pas le jeûne, et après ?

    Ne faut-il pas redouter que ce cas n’ouvre la voie à d’autres abus, rétrécissant davantage le champ des libertés ?

    La justice les a condamnés non sur la base de la religion, mais sur la base d’une atteinte à la société. Ces personnes n’ont pas changé de religion. Elles ont violé une organisation sociale. Quant à celui qui change de religion, il est libre de le faire. Le Coran dit que nul ne doit être contraint à pratiquer une religion de force.

    Comment sont organisées actuellement les prononciations de fetwas ?

    Les fetwas sont du ressort des conseils scientifiques. Le HCI se prononce uniquement sur les questions sans antécédents que lui soumet le président de la République à titre exceptionnel.

    Pourtant, le HCI s’est dit opposé à ce que l’argent de la zakat soit collecté par le ministère des Affaires religieuses et qu’il ait servi parfois au financement des microentreprises en faveur des jeunes…

    Le Haut-Conseil Islamique a un avis sur la question, et on a le nôtre. L’Islam est vaste. Le président du HCI a le droit de donner son avis uniquement en tant que personne, et non au nom de l’institution qu’il dirige.

    En attendant la nomination d’un mufti de la République, comment comptez-vous gérer la prolifération des fetwas dans les mosquées autour notamment des boissons comme le Coca-Cola ? Faire en sorte que l’Algérien qui, avant d’entamer une quelconque démarche, se réfère souvent à la religion et ne se perde pas dans le labyrinthe des fetwas tantôt contradictoires, tantôt irrationnelles ?

    On a les conseils scientifiques au niveau régional qui prononcent des fetwas devant être suivies par tous les Algériens en fonction d’une conviction nationale. Si Dieu le veut, on va bientôt créer une institution de fetwas au niveau national. Maintenant, le problème qui se pose est la prolifération des sites de fetwas sur le Net. Ces gens- là sont libres. C’est au citoyen de choisir entre la fetwa nationale ou de suivre l’avis de telle ou telle personne. Il y a toutefois des gens qui se basent sur leurs convictions politiques en prononçant une fetwa. Ceux-là sont dangereux.

    Parfois, ce sont des imams désignés par l’État qui s’adonnent à ce genre de pratiques…

    Les imams désignés par l’État se réfèrent aux conseils scientifiques. Il y a toutefois certains qui ont attaqué Djezzy et la firme Coca-Cola. C’est des exceptions qui ne font pas la règle.

    Vous les avez sanctionnés ?

    On les a mis en garde.

    Envisagez-vous de raffermir le contrôle des imams et des mosquées pour empêcher la prolifération de ces dérapages ?

    Le mot contrôle ne veut pas dire la mainmise. Les imams sont libres s’ils respectent le consensus national autour de l’intérêt du pays. On ne leur impose pas le texte du prêche, Certains sortent de ce contexte, profitant justement de cette marge de liberté. Mais si cette marge de liberté n’existait pas, il n’y aurait pas eu de création.

    L’implication de l’imam de la mosquée d’Appreval a été évoquée dans le recrutement de jeunes kamikazes. Depuis, n’avez-vous pas révisé votre position sur cette notion de liberté accordée aux imams ?

    Cet imam a été innocenté par la justice après avoir purgé trois mois de prison. Supposons que cela soit vrai. C’est l’implication d’un imam sur les 22 000. C’est une exception. Les kamikazes sont “fabriqués” sur la base d’une idée vieille et archaïque. Avant, on disait que la terre qui n’appartient pas aux musulmans est la terre des mécréants. On est un pays musulman. La preuve est l’adhan qui s’enchaîne d’El-Tarf à Souk-Ahras, de Annaba à M’sila jusqu’à Tindouf. Le djihad n’est pas permis en Algérie.....

  2. #2
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    continued.....

    Votre département a entamé récemment une campagne de sensibilisation contre le phénomène de harragas, kamikazes, émeutiers… Y a-t-il un répondant ?

    Oui. Des parents témoignent que grâce à certains imams, leurs enfants ont été détournés de cette voie. Les auteurs des tueries sont les ennemis du pays et les ennemis de l’Islam. Ils utilisent souvent l’appât de la drogue pour enrôler les jeunes dans leurs rangs. Ces jeunes fument un jour un joint et deviennent l’esclave de celui qui lui procure la drogue. On met en garde les jeunes contre la résolution de leurs problèmes par la violence en leur donnant des exemples puisés dans l’histoire et la réalité même du terrain. Toute une pédagogie a été mise en place pour récupérer ces jeunes.

    Quelle est actuellement l’emprise des salafistes sur la société ?

    Notre devoir est de chercher à faire en sorte que l’Algérien puise ses positions en fonction de la réalité algérienne. Il y a des salafistes qui ont célébré comme les Saoudiens l’Aïd mardi, et non pas mercredi comme nous. Quelle différence y a-t-il entre eux et les évangélistes ? Aucune. Ils portent tous les deux atteinte à la nation en acceptant une immixtion dans les affaires du pays. On a le devoir de dire que toute position qui n’émane pas de l’identité nationale algérienne est nuisible à son auteur et son environnement. Comment s’est constituée la salafia ? Elle s’est constituée à travers les médias, par le biais de ceux qui leur facilitent les procédures de visas et de bourses et par ceux qui veulent avoir un pied dans l’État.

    Qui sont ces gens ?

    Il y a des parties diverses.

    Les groupes terroristes ne se réfèrent plus comme avant à l’Islam dans leurs communiqués. Pourquoi ?

    Ils ont arrêté de se référer à l’Islam parce qu’on les a démasqués. Ils savent que la mosquée a prouvé que ces actes sont contraires aux préceptes de l’Islam. Ils justifient maintenant leurs actes par des convictions politiques. Ils prétendent livrer bataille aux Américains en tuant des Algériens. C’est absurde. Le citoyen a découvert la supercherie. Il n’est plus preneur de tout ce qu’on lui présente au nom de l’Islam. La mosquée et, de façon générale les intellectuels, en plus de la presse, ont contribué à cette prise de conscience.

    Vous avez déclaré récemment soupçonner les évangélistes de chercher à créer une minorité chrétienne pour “une immixtion étrangère dans les affaires du pays”. Pouvez-vous être plus explicite ?

    Je voulais dire qu’en tant que pays et nation, on doit renforcer notre immunité nationale. Il ne faut pas qu’il nous arrive ce qui se passe au Soudan, au Nigeria ou en Thaïlande. En dépit de nos problèmes, il ne faut pas qu’on s’entre-tue au nom de la religion. C’et un point essentiel. Si l’on en arrive là, je dirai que, comme le défunt Amirat, “entre l’Algérie et la démocratie, je choisirai l’Algérie”. “Entre le christianisme et l’Algérie, je choisirai l’Algérie.” Le pays est essentiellement musulman.

    Cette campagne d’évangélisation, vous la considérez comme un danger réel ou une démarche circonscrite ?

    Actuellement, elle ne constitue peut-être pas un danger. Si l’on se réfère toutefois à ce que rapporte le journal Chourouk, il y a de quoi s’inquiéter. Il est dit dans un article qu’un prêtre français d’origine juive, lors d’une messe, présente environ une cinquantaine de personnes comme étant des fidèles qu’il a sortis de l’obscurantisme de l’islam pour la lumière du christianisme. Puis, il s’est adressé à l’assistance en parlant de société kabyle qui doit faire barrage aux politiques de l’État algérien dans la région. Précisant que l’État applique une politique non nationale en Kabylie. C’est en effet inacceptable qu’une personne venue de l’étranger veuille créer la zizanie entre les citoyens du même pays et prôner le régionalisme.

    Qui contrôle les églises sur le sol algérien ?

    Il n’existe pas de contrôle au sens d’une surveillance institutionnalisée. On a l’église catholique et protestante et personne ne l’importune. Mais que des personnes comme ce prêtre viennent des États-Unis et de France pour semer des idées contraires à l’unité nationale, c’est cela le danger. Ils veulent créer un conflit entre les fils d’un même pays autour de la question de la religion. Soit chrétien ou même athée, c’est ton affaire, mais ne porte pas atteinte à l’unité de la nation.

    Vous dites que chacun est libre de choisir sa religion à condition qu’il ne porte pas atteinte à l’unité nationale. Pourtant une jeune femme a été condamnée par la justice à Tiaret à une peine de trois ans de prison pour “pratique non autorisée d’un culte non musulman”…

    Elle a été condamnée pour avoir entamé une opération d’évangélisation et de prosélytisme qui est interdite en Algérie. Le prosélytisme est interdit même en France et aux États-Unis. Chacun est libre d’être juif, chrétien et même de n’avoir aucune religion. Toutefois, appeler les gens à se convertir à d’autres religions, cela n’est pas acceptable.

    Il y a des étrangers qui se convertissent également à l’islam. Dans chaque religion, on veut attirer de nouveaux adeptes. C’est peut-être de bonne guerre aussi ?

    C’est de la mauvaise guerre. Il y a des chrétiens qui veulent se convertir à l’islam. Mais de quelle manière ? Est-ce qu’on leur a dit que le christianisme n’est pas bien ? Qu’ils doivent se convertir à l’islam pour s’opposer aux chrétiens ? Si j’apprends qu’un individu a entamé une telle démarche pour agresser les chrétiens, je le présente personnellement au parquet.

    Est-il vrai que des enquêtes sur les convertis à l’islam sont en cours ?

    On fait beaucoup d’enquêtes effectivement. On ne délivre pas le certificat de la conversion à l’islam avant d’être sûr que la personne l’a fait par conviction et non pas pour ses affaires.

    Peut-on espérer voir régner la tolérance dans notre société un jour ?

    Quelle est la cause de l’intolérance, c’est la frustration. On travaille pour que les Algériens soient tolérants. Le Prophète respectait les juifs, les chrétiens. On veut suivre cette voie. Mais on observe que l’islam est attaqué sur notre propre territoire. Je dis au nom de quoi ? De qui ? Au nom de la liberté ? La liberté ne permet pas à une personne d’empiéter sur la liberté des autres. Il n’est pas tolérable d’attaquer l’islam et d’agresser les musulmans au nom de la liberté. Dans notre pays, l’islam, ce n’est pas uniquement une religion, c’est aussi la patrie, l’identité. La liberté est une notion commune. La tolérance, c’est le respect de l’autre.

  3. #3
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    Jeudi 16 octobre 2008 -- Dans l’entretien, publié par Liberté (13 octobre 2008), le ministre des Affaires religieuses a évoqué le procès de Habiba K. qui s’est déroulé le 20 mai 2008 devant le tribunal correctionnel de Tiaret, en affirmant : “Elle a été condamnée pour avoir entamé une opération d’évangélisation et de prosélytisme qui est interdite en Algérie.”

    La défense de l’inculpée tient à apporter les précisions suivantes :

    1- Contrairement aux affirmations du ministre, Habiba K. est inculpée de “pratique d’un culte non musulman sans autorisation” et non “d’évangélisation et de prosélytisme”.

    2- Elle n’a pas, non plus, été condamnée. Lors du procès du 20 mai 2008, le ministère public avait requis 3 ans de prison ferme. Le 27 mai 2008, le tribunal correctionnel avait ordonné un “complément d’information” contre lequel la défense avait interjeté l’appel. Nous attendons toujours la suite qui sera donnée à cet appel.

    3- S’agissant d’une affaire toujours pendante devant les juridictions, la défense déplore cette immixtion intempestive d’un membre du gouvernement dans un dossier judiciaire en cours. Ces déclarations, outre qu’elles sont contraires à la réalité des faits exposés devant le tribunal, constituent une violation inacceptable du principe de séparation des pouvoirs, d’indépendance de la justice et de présomption d’innocence.

    Me Khéloudja Khalfouni avocate au barreau de Tizi Ouzou

  4. #4
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    Dimanche 19 octobre 2008 -- La réaction indignée d’internautes, après la condamnation en première instance de six citoyens de Biskra à quatre années de prison ferme pour « non-respect du Ramadhan », accompagnée d’une pathétique question : « Comment en est-on arrivés là, quarante-six ans après l’indépendance », est malheureusement encore plus d’actualité après les propos du ministre des Affaires religieuses, rapportés dernièrement par le quotidien Liberté.

    Evoquant les dangers du courant salafiste sur la société, Bouabdallah Ghlamallah a supposé que la véritable intention de cet intégrisme islamiste qui a, durant longtemps, inspiré, justifié et légitimé le terrorisme, serait, selon lui, de « mettre un pied dans l’Etat ». On est tenté de répondre de prime abord à ce ministre de la République que cela s’est sans doute déjà fait et que l’aspiration de la « salafia » est d’avoir plutôt les deux pieds dans l’Etat, encouragée par l’attitude timorée, sinon complice du pouvoir, ou de certains représentants de clans qui en font partie. Bien sûr, les propos « réconciliants » d’un chef de l’Etat mettant sur un pied d’égalité les courants laïc et fondamentaliste au sein de la société algérienne et de les renvoyer dos à dos parce que ni l’un ni l’autre ne conviendrait, selon Abdelaziz Bouteflika, aux Algériens. Cette attitude présidentielle d’absoudre un courant qui n’a pas hésité à user de la violence armée pour tenter de « domestiquer » la société, de la « talibaniser ».

    Quant au pouvoir, il y a longtemps que les intégristes y ont mis un pied. Déjà sous l’ère de Chadli Bendjedid, un des prédécesseurs de M. Ghlamallah s’était « fendu » d’une chronique publiée la veille d’un mois de Ramadhan dans l’officieux quotidien El Moudjahid dans laquelle il appelait au crime contre les « apostats que sont tous ceux qui ne respectent pas le mois sacré ». Et à notre éclairé ministre de rappeler que l’apostat est puni de mort, pas moins, pas plus. Fort heureusement, les propos pousse-au-crime du ministre du culte n’ont pas été accompagnés d’effet. Quelques années, un autre ministre des Affaires religieuses, un « repêché » de l’ex-FIS dissous, mais non moins intégriste, n’a rien trouvé de mieux qu’à exhorter les terroristes à ne pas prendre les policiers pour cibles de leurs attentats d’autant plus que ce ne sont pas des communistes...

    Aucune réaction officielle, tandis que du côté de l’opposition, on fait le dos rond. La suite, on la connaît malheureusement. De surenchère en surenchère, de compromis en compromissions vis-à-vis de l’intégrisme islamiste – salafiste ou autre – les régimes qui se sont succédé depuis 20 ans ont par leur attitude, leur pratique quotidienne, en quelque sorte laissé libre cours à la talibanisation du pouvoir qui a progressé de manière inexorable, au point de prendre le caractère inquiétant qu’on lui connaît aujourd’hui.

    Tout ou presque participe à renforcer ce climat de suspicion, de chasse aux sorcières dignes des âges farouches. On ne recule devant rien, jusqu’à agiter l’épouvantail d’une soi-disant évangélisation massive, fomentée de l’étranger. Un épouvantail qui semble pour l’instant n’effrayer que ceux qui l’agitent, tant les Algériens dans leur majorité n’y croient pas beaucoup, préoccupés davantage par la persistance des attentats, la dégradation des conditions de vie, des fins de mois difficiles, alors qu’il y a « beaucoup d’argent dans les caisses et dans les coffres du Trésor américain » !

    Le plus inquiétant c’est sans doute ce manque d’« ijtihad », de suite dans les idées de la part des milieux religieux officiels quant à apporter une réponse à de telles préoccupations, jusqu’à la violence intégriste rejetée du bout des lèvres par un ministre qui estime que le « djihad entre musulmans n’est pas permis ».

    Sans plus, une attitude qui tranche nettement avec la véhémence des propos lorsqu’il s’agit de la soi-disant évangélisation à laquelle on lui prête un caractère de complot, d’entreprise de déstabilisation, menée à partir de l’étranger. En cela et en bien d’autres choses, le ministre est resté fidèle à son Président.

  5. #5
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    Lundi 22 Juin 2009 -- Lors d’un point de presse organisé avant-hier, en marge de la visite qu’il a effectuée dans la wilaya de Boumerdès, le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Bouabdallah Ghlamallah, a affirmé que les mosquées ne sont gérées ni par des salafistes ni par un quelconque autre groupe. “La mosquée ne doit en aucun cas subir l’influence d’aucun groupe, mais nous ne pouvons interdire à quiconque l’accès à nos mosquées”, a indiqué M. Ghlamallah, avant d’ajouter que “les inspecteurs qui ont effectué des contrôles au niveau des mosquées n’ont pas relevé de cas semblables, mais plutôt des problèmes de gestion de certaines associations”.

    Le ministre a soutenu que la gestion de la mosquée relève de la seule compétence de l’imam, qui doit être désigné par le ministère ou la Direction locale des affaires religieuses sous certaines conditions, notamment son niveau de formation et ses diplômes, précisera-t-il. Il ajoutera que les mosquées au niveau national exercent selon la réglementation en vigueur. “Les mosquées en Algérie sont gérées conformément aux lois de la République, et il n’appartient à aucune mosquée établie dans le pays d’exercer en dehors de ces règles”, a averti le ministre. Il exhorte, par ailleurs, les associations de mosquées à s’investir davantage dans l’application des lois de la République. “Je souhaite que les associations respectent la réglementation et veillent à son respect car la mosquée n’appartient pas à l’association, mais au peuple”, a ajouté M. Ghlamallah, en invitant les mêmes associations à participer dans la limite de leurs prérogatives à la gestion de la mosquée qui est une institution de l’État et doit être gérée conformément aux règlements et lois en vigueur. “C’est le slogan que nous avons toujours mis en avant pour gérer les mosquées. Bien qu’il se trouve quelque deux ou trois cas isolés, comme dans d’autres secteurs d’activité, ils ont été invités à respecter la loi”, a-t-il précisé.

    Abordant le cas des “moussalat” exerçant parfois illégalement, le ministre a annoncé que ces “moussalat” qui exercent à titre provisoire seront dotés d’imams en attendant la construction et l’achèvement des mosquées en cours de réalisation. “Le cas de ces “moussalat” seront étudiés au cas par cas avant qu’ils ne soient autorisés à exercer à titre exceptionnel, notamment au niveau des sites de chalets compte tenu de la conjoncture”, a indiqué M. Ghlamallah, précisant que les “moussalat” seront fermés dès que les mosquées seront opérationnelles. “Nous avons fermé plus de 17 “moussalat” à Alger et ont été remplacés par des mosquées”, a affirmé le ministre. M. Ghlamallah n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction sur les différents projets de son secteur réalisés ou en cours de construction dans la wilaya de Boumerdès. Il s’est dit “très impressionné par certaines mosquées comme celle de Boudouaou en cours de réalisation, qualifiée de l’une des meilleures du pays”. Le ministre avait inspecté dans la matinée plusieurs projets relevant de son ministère avant de clôturer sa visite avec une réunion regroupant tous les imams de la wilaya de Boumerdès.

  6. #6
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    Dimanche 26 Juillet 2009 -- Interrogé il y a juste un mois, à Boumerdès, sur le comportement des salafistes et de certains imams de mosquée qui prônent des discours radicaux lors des prêches, le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Bouabdallah Ghlamallah, a affirmé que “les inspecteurs, qui ont effectué des contrôles au niveau des mosquées, n’ont pas relevé de cas semblables, mais des problèmes de gestion au niveau de certaines associations”. Or, voilà que ce vendredi, un imam payé avec l’argent public a invité les fidèles d’une localité de la wilaya de Boumerdès à ne pas fréquenter les plages à cause de la mixité : “C’est mauvais d’aller à la plage où il y a beaucoup de choses à ne pas voir.” L’imam suggère ensuite aux fidèles de ne pas passer leur temps à la plage au détriment de la prière. Un autre imam a carrément critiqué le programme de la télévision. “Regarder les fêtes et les chanteurs en train de danser à la télévision, c’est mauvais”, précisera-t-il encore. Surpris, certains fidèles se sont demandés si l’imam “antaâ doula” ou s’il est envoyé par un autre courant religieux.

    Dans une autre localité proche du chef-lieu de wilaya, un imam est devenu célèbre par ses prêches virulents à tel point que des salafistes viennent de plusieurs wilayas pour y assister le vendredi. À chaque sortie de la mosquée où exerce cet imam, on se croirait à Peshawar. Et ce n’est pas propre à cette commune ou à la wilaya de Boumerdès ; dans plusieurs régions du pays et, contrairement à ce qu’avance le ministre des Affaires religieuses, les salafistes envahissent les mosquées, encouragés parfois par des imams payés par l’État algérien et qui, malheureusement, véhiculent ces mêmes idées. “La mosquée ne doit en aucun cas subir l’influence d’aucun groupe mais nous ne pouvons interdire à quiconque l’accès à nos mosquées”, avait indiqué M. Ghlamallah lors de sa visite effectuée à Boumerdès. Mais il ne s’agit plus de groupes extérieurs à la mosquée, c’est plus grave, puisque c’est “la mosquée” elle-même qui à travers certains de ses imams prône le discours radical et extrémiste. L’on se rappelle que les élus de l’APW de Boumerdès avaient tiré la sonnette d’alarme, il y a deux mois, lors d’une session plénière, en interpellant les pouvoirs publics pour mettre fin aux agissements des salafistes. Un des élus de cette assemblée, bien qu’il soit membre du MPC (Mouvement de la prédication et du changement) de Menasra, a déclaré que la plupart des mosquées de la wilaya de Boumerdès sont sous l’emprise des salafistes. “Ces groupes de salafistes, qui se sont emparés des mosquées, représentent une réelle menace pour la cohésion et l’union des fidèles”, avait indiqué, pour rappel, cet intervenant tout en s’interrogeant sur l’attitude des autorités et responsables concernés. La réponse viendra du ministre deux semaines plus tard, mais elle ne sera pas convaincante et les propos des élus de l’APW sont plus que jamais confortés.

    Il y a quelques semaines, ce sont les bureaux tabac de certaines localités de la capitale qui étaient contraints d’abandonner leur activité après avoir reçu la visite de faux prédicateurs qui ont usé de la bonne parole s’apparentant en fait à des menaces déguisées. Cette offensive discrète et rampante des salafistes, qui veulent imposer leur diktat, intervient au moment où les pouvoirs publics ont décidé de fermer plusieurs établissements de vente de boissons alcoolisées. Différents prétextes sont utilisés pour persuader les propriétaires de bars et restaurants de fermer boutique ; de la fameuse licence à l’enquête commodo-incommodo même pour ceux qui exercent depuis plus de cinquante ans. Fermer par n’importe quel moyen. On n’en reste pas là, il y a même des walis qui l’ont annoncé ouvertement et publiquement. “On saisira toutes les occasions pour fermer les établissements qui existent déjà et on ne donnera plus d’autorisation à de nouveaux établissements pour la vente de boissons alcoolisées”, avaient affirmé récemment certains walis. De telles initiatives et de tels discours ont apporté de l’eau au moulin des salafistes qui n’en demandaient pas tant.

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