Jeudi 16 Avril 2009 -- L’Association des ulémas musulmans algériens risque de disparaître faute de production intellectuelle, savante et civilisationnelle. C’est ce qu’a révélé hier le président d’honneur de l’Association des ulémas musulmans algériens, M. Amar Metatla, lors de l’émission radiophonique de la Chaîne I, «Tahaoulat», à l’occasion de Youm el-ilm qui sera commémoré aujourd’hui à travers le territoire national.

M. Metatla a remémoré à l’occasion l’illustre savant musulman, fondateur de l’Association des ulémas, cheikh Albelhamid Benbadis. Il a estimé que l’Algérie fait face à des difficultés énormes pour la sauvegarde du patrimoine légué par cheikh Benbadis. Il a regretté l’ignorance des jeunes générations qui tournent le dos à l’héritage des défunts ulémas tel cheikh El-Bachir El-Ibrahimi. Il a fait remarquer également que la société civile algérienne se désintéresse de plus en plus des actions initiées par les ulémas, «fondateurs d’une association prodigieuse» il y a plusieurs années.

«L’association des ulémas algériens est réduite aujourd’hui à préserver l’image et la réputation au niveau mondial léguées par ses vénérables animateurs. On a tant vanté l’itinéraire de cette association qui tend à être oublié aujourd’hui. «Il n’y a malheureusement pas eu de relève pour inciter les jeunes à s’intéresser davantage pour connaître, au minimum, l’histoire d’une association à caractère religieux, scientifique mais aussi politique et révolutionnaire», a-t-il indiqué.

Il a appelé l’Etat à redynamiser l’association dont le siège, rappelons-le, est resté fermé pendant longtemps, avant sa réouverture en 1992. Il insisté sur la formation des ulémas. Il a ajouté aussi que par cette initiative, «l’Algérie incitera les futures générations à rester toujours attachées à la religion ainsi qu’au nationalisme, tel que le fondateur du mouvement des ulémas l’a transmis».

Il est à rappeler que le mouvement des ulémas, créé en 1931, a forgé l’histoire de l’Algérie par la lutte contre le colonialisme français, mais aussi par la recherche scientifique et religieuse. La devise de l’Association fut : «L’arabe est ma langue, l’Algérie est mon pays, l’islam est ma religion».

L’invité de l’émission «Tahaoulat» a parlé également de l’un des plus grands amis de Benbadis, à savoir Mohamed Bachir El-Ibrahimi, qui l’avait accompagné pendant longtemps dans sa quête de développement de la science à travers l’islam. El-Ibrahimi a acquis une notoriété dans le domaine livresque en signant de nombreux ouvrages de référence.