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    Al-khiyal is online now Super Moderator
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  2. #2
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    Jeudi 26 Août 2010 -- La banque des fatwas a fait son apparition la semaine dernière sur la Toile en plein mois béni de ramadan. À défaut de lancer Dar el-ifta'e, un projet qui remonte à 2002, et devant la déferlante de fatwas «fast-food», le ministère des Affaires religieuses a décidé de se mettre à la page en investissant internet afin d'assurer le contrôle du contenu et de la conduite religieuse à tenir pour éviter les risques de confusion et limiter la cacophonie actuelle qui caractérise l'émission des fatwas dans le pays. En effet, chaque jour, en ligne, des imams sélectionnés par le ministère des Affaires religieuses répondent aux questions de citoyens. Il faut noter qu'aujourd'hui les fatwas déferlent de partout et les musulmans ne savent plus distinguer le bon grain de l'ivraie. Prêches de certains imams et informations glanées sur internet ou via les chaînes satellitaires, il devient difficile de savoir quoi faire dans le respect de la charia (la loi islamique). Pour éviter de laisser les citoyens dans l'embarras, et après avoir attendu plusieurs années depuis l'annonce de la décision de la création de Dar el-ifta'e, le ministère de tutelle a mis en place, en milieu de semaine dernière, un site web à cette fin. «Cette initiative est destinée à empêcher les fausses interprétations des principes fondamentaux de l’islam», explique Yahia Daouri, directeur chargé de l’orientation au ministère des Affaires religieuses. Comment ça marche ? En ligne, les internautes peuvent adresser leurs questions à des imams, sélectionnés par le ministère. Chaque demande est traitée individuellement et les réponses sont adressées personnellement par mail, ou directement sur le site. Il peut s’agir d’interrogations sur l’un des cinq piliers de l’islam comme le montant de la zakat, l’aumône qui doit être faite aux plus démunis, ou encore sur une conduite à tenir dans la vie quotidienne, de sa vie intime à ses tenues vestimentaires en passant par ses habitudes alimentaires.

    Il faut dire que la profusion de fatwas qui est le fruit du développement des moyens de communication et la particularité de l’islam qui ne tolère pas de clergé fait que les croyants sont souvent déboussolés et victimes de leur crédulité. La dernière fatwa qui a semé le trouble dans les esprits des Algériens est liée à la viande importée en provenance de l’Inde pour réguler le marché de la viande rouge durant le mois sacré. Un prédicateur connu sur la place d’Alger a lancé une fatwa le 2 août à l’encontre de cette viande indienne, la déclarant «haram» car il était impossible de déterminer clairement si la méthode d’abattage était conforme aux rites islamiques. Deux jours après la publication de cette fatwa, le ministre des Affaires religieuses Bouabdellah Ghlamallah a certifié au contraire que la viande importée était halal. La création d’un site officiel devrait mettre fin aux inquiétudes des pratiquants d’autant que tous les imams consultés sont triés sur le volet. Une manière indirecte de faire aussi une distinction entre les véritables hommes de religion et ceux qui s’improvisent comme tels. En se dotant d’une plate-forme officielle, le gouvernement algérien entend barrer la route aux faux muftis. Cette question repose avec acuité le projet de Dâr al-iftâ qui date de plusieurs années. Il convient de souligner que le Haut conseil islamique (HCI) avait déjà émis des réserves à son sujet.

    Après l’annonce solennelle faite par le chef de l’Etat du projet de Dâr al-iftâ, le Chef du gouvernement de l’époque (2002) a demandé l’avis du HCI. Ce dernier s’est réuni et a formulé des réserves sur trois points essentiels : le statut du mufti, les structures que le projet veut lui donner et l’autorité de tutelle dont il doit relever. En premier lieu, le statut du mufti doit être clairement défini pour éviter toute confusion entre ses attributions et celles du ministère des Affaires religieuses, d’une part, et celles du Haut conseil islamique d’autre part. En second lieu, les structures proposées dans le projet sont tellement lourdes qu’elles se substituent pratiquement à celles des autres institutions, à savoir le ministère des Affaires religieuses et le Haut conseil islamique. Enfin, l’autorité de tutelle n’est pas précisée. Est-ce le ministère des Affaires religieuses ? Est-ce le Chef du gouvernement ? Est-ce le Président de la République ? Le Haut conseil islamique a préconisé le ministère des Affaires religieuses comme tutelle, du fait qu’il gère les mosquées et les imâms avec lesquels le futur mufti doit nécessairement collaborer. En attendant de voir comment va évoluer le site web dédié aux fatwas, il convient de mentionner que près de 300 demandes de fatwas parviennent chaque jour au ministère des Affaires religieuses. L’adresse de la banque des fatwas qui n’est actuellement qu’une rubrique sur le site du ministère des Affaires religieuses : www.marwakf-dz.org, gagnerait à être améliorée sur le plan du design graphique afin d’être plus attractive pour l’internaute.

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