Lundi 16 Novembre 2009 -- « C’est un véritable guet-apens, un traquenard dans lequel les supporters algériens sont tombés à leur sortie du stade », dit Yacine. L’homme qui parle ainsi, c’est le docteur Yacine Hakimi, chirurgien au CPMC de l’hôpital Mustapha d’Alger il sait exactement de quoi il parle en matière de blessures et de traumatismes. Selon son témoignage, les bus des supporters algériens sont sortis vers 1h de l’enceinte du stade, escortés par la police. Seulement, au bout d’une dizaine de kilomètres, cette escorte a rebroussé chemin pour livrer ceux qu’elle était censée protéger à la furia des supporters égyptiens résolus à tailler en pièces tout Algérien qui leur tomberait sous la main. Une pluie de projectiles a commencé alors à tomber sur les bus ; les vitres ont explosé les unes après les autres. « Je croyais mon heure arrivée », poursuit Yacine.
« Une algérienne déshabillée devant nous »
Le chauffeur du bus égyptien a refusé de continuer sous prétexte que sa vie était en danger. Les malheureux supporters ont été contraints de faire le reste du trajet à pied au milieu d’une foule hostile qui continuait à les bombarder de pavés et de pierres et à les abreuver d’injures. « Ce n’est qu’une fois à l’intérieur de l’hôtel que j’ai pu donner les premiers soins. Là, j’ai eu affaire à une crise d’épilepsie, un cas de traumatisme fermé du coude, un traumatisme grave du bassin, un traumatisme oculaire grave, et deux côtes cassées sans compter les plaies ouvertes sur la face ou au cuir chevelu », raconte encore notre médecin. Malheureusement, ce témoignage est loin d’être un cas isolé. Des témoignages comme celui-là nous en avons relevé des dizaines au sein des supporters algériens. Nesma est étudiante au Caire. Elle raconte les humiliations et les brimades subies au stade. « Des femmes policières nous ont déshabillées alors que leurs collègues hommes nous regardaient. Nous avons été continuellement insultées pendant les trois heures d’attente que nous avons passées à attendre pour entrer dans l’enceinte du stade », dit-elle, en nous montrant les photos de supporters algériens couverts de sang qu’elle a prises avec son propre appareil à la sortie du stade. Elle nous montre également la photo d’un drapeau algérien maculé de sang et celles de personnalités algériennes présentes comme l’acteur Kamel Bouakaz, Souilah et cheb Toufik. Sofiane, supporter venu d’Alger raconte : « À l’entrée du stade, nous autres Algériens avons été fouillés plus de 70 fois. Mêmes nos parties génitales ont été fouillées. » Réda de Biskra, lui, témoigne qu’à la sortie du stade, les Algériens ont été systématiquement tabassés et insultés après vérification de leur identité. « Une Algérienne a été déshabillée par des policiers devant nous », affirme-t-il. Il raconte également le cas d’une autre Algérienne, qui est sortie de la cabine où elle avait été fouillée par des policières, bouleversée et en pleurs. Son mari, présent, est rentré dans une rage folle. Un autre supporter raconte que dans le stade, les robinets d’eau ont été fermés. « Ils nous vendaient une gorgée dans un minuscule gobelet à trois livres égyptiennes ! », dit-il. Témoignage de Brahim : « Après le match, on nous a fait monter dans des bus et lâché dans la nature. Notre bus a été bombardé de toutes parts. À la station de Guizeh, le chauffeur de bus égyptien a abandonné son poste et nous a livrés à la foule. »
Les policiers égyptiens ont laissé faire
Des larmes de rage aux yeux, deux autres supporters racontent : « Nous avons fui notre bus, mais l’hôtel Cleopatra où nous étions descendus a été encerclé par les supporters égyptiens qui brûlaient des drapeaux algériens sous le regard des policiers et sous les applaudissements et les encouragements des automobilistes. Hogra ! Hogra ! Hogra ! » Originaire de Barika, Tarik, lui, raconte qu’à l’hôtel Guizeh Pyramid, ce sont les policiers et les civils égyptiens qui se sont attaqués aux Algériens. Après que leur bus ait été complètement endommagé, la police est venue avec un camion pour le traîner très loin de peur que des journalistes arrivent sur place pour le filmer ou le prendre en photo. Chacun des dizaines de supporters que nous avons rencontrés tenait à apporter un témoignage, des photos et des vidéos de la nuit cauchemardesque qu’il a vécu. Il s’avère qu’une véritable chasse à l’Algérien a suivi immédiatement après la sortie des supporters du stade sous le regard complice des forces de l’ordre égyptiennes. On parle de morts dont le nombre varie entre un et quatre. « Celui qui est mort, je l’ai vu de mes propres yeux. C’est un gars de Tizi Ouzou qui avait le sigle de la JSK peint sur sa nuque », raconte Nabil, qui dit également avoir vu un blessé grave allongé par terre, la tête couverte de sang et auquel personne ne prêtait assistance. Des dizaines d’Algériens auraient été admis dans les hôpitaux du Caire. D’autres auraient été arrêtés par la police et seraient actuellement détenus en prison. « Je connais un groupe dont l’un des membres a été arrêté par la police et on leur a demandé 1800 euros pour le faire sortir », intervient un autre supporter. À l’ambassade d’Algérie au Caire et au consulat où nous nous sommes rendus, la mort d’un seul supporter nous a été confirmée par les services consulaires. « C’est un véritable cafouillage général. Comment avoir des informations dans une ville de 22 millions d’habitants, alors que les autorités égyptiennes verrouillent toute information sur ce sujet. Le Caire est une ville immense et il n’est pas facile de chercher les blessés algériens dans les hôpitaux. Pour le moment, nous ne pouvons confirmer qu’un seul décès parmi nos supporters », admet un officiel algérien. Devant les portes de l’ambassade, des dizaines de supporters étaient agglutinés dans l’espoir d’obtenir un visa pour Khartoum. Malgré le drame qu’ils ont vécu, ils tiennent absolument à se rendre au Soudan pour encourager leur équipe. En fin d’après-midi, l’ambassadeur d’Algérie, Abdelkader Hadjar est arrivé accompagné de quelques collaborateurs. Il a aussitôt été interpellé par des Algériens qui voulaient lui livrer des informations sur des compatriotes, morts, disparus ou gravement blessés. L’ambassadeur et ses collaborateurs veulent des informations précises, des noms d’hôpitaux ou de victimes, mais les supporters, dans la plupart des cas, ne possèdent que des renseignements approximatifs. Ne connaissant rien du Caire, ni ses rues, ni ses quartiers, ni ses hôpitaux, ils n’ont que des photos et des vidéos à montrer à l’ambassadeur, qui avoue ne pas savoir où chercher exactement. C’est ainsi qu’à l’heure où nous mettons sous presse, aucune autorité ne semble disposer de chiffres précis sur le nombre de victimes algériennes. Le voile commence à peine à se lever sur le drame qui s’est joué en dehors de l’enceinte du stade loin des caméras, mais sous les yeux complices de la police égyptienne. Cela s’est passé alors que les Egyptiens avaient gagné le match pour revenir à la hauteur des Algériens. On n’ose pas imaginer ce qui se serait produit si le score en était resté à un but à zéro.
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16th November 2009 01:04 #1002
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16th November 2009 01:05 #1003
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Rachid Belarbi :
Lundi 16 Novembre 2009 -- En Égypte, le football n’est plus un jeu. Depuis hier, c’est devenu une des causes de mortalité des plus tragiques, en particulier lorsqu’il s’agit de tout ce qui se rapporte à l’Algérie. Cette chasse à l’Algérien a ainsi fait une première victime (M. Benkhedda, marié et père de deux enfants) et près de 150 blessés au cours des agressions caractérisées enregistrées à l’issue de la rencontre de samedi où c’était pourtant l’Égypte, pays hôte, qui en est sorti vainqueur. Tout a commencé sur le chemin du retour des supporters algériens vers leur lieu de résidence et hôtels, dont la majorité se trouvent à El-Guiza (Gizeh), là précisément où plus de 5 000 ans d’histoire et de civilisation trônent du haut des célèbres pyramides. Mais du civisme, il n’y en a eu point de la part de ces supporters égyptiens déchaînés après le succès des leurs et qui ont envahi les rues, boulevards et artères du Caire pour défiler et fêter leur victoire. Abandonnés à leur sort dès la fin du match et laissés aux portes de sortie du Cairo Stadium sans aucune assistance policière, alors que sur le chemin de l’aller, de leurs hôtels respectifs vers le stade, ils ont été escortés par un impressionnant cordon sécuritaire, les supporters des Verts ont vécu le pire et vu, pour la majorité d’entre eux, la mort en face, car pris dans un vil traquenard par une impressionnante horde d’écorchés vifs égyptiens.
Bloqués dans les embouteillages, mitraillés par les projectiles
Après avoir remarqué que ces centaines de supporters, répartis en neuf groupes selon les agences de voyages qui les avaient pris en charge, étaient “orphelins” de toute assistance policière et bloqués à l’intérieur de leurs autocars, dans les denses embouteillages, les supporters égyptiens, descendus fêter la victoire dans la rue, ne tardèrent pas à les “charger” violemment, à les bombarder de divers sortes de projectiles et à tenter même de les attaquer physiquement. “C’était cauchemardesque ! On était pris dans un traquenard géant. On était envahis par une marée humaine de barbares qui s’en sont pris à notre autobus avec une violence indescriptible et inimaginable. C’était horrible ! Nous étions terrorisés, surtout que nous ne pouvions même pas fuir vu que notre autocar était bloqué en plein embouteillage et ne pouvait ni avancer ni faire marche arrière, encore moins prendre une autre direction. Même notre chauffeur qui est, du reste, égyptien n’a rien pu faire, sinon prier pour que son véhicule ne soit pas brûlé ou calciné”, témoignera, la voix encore tremblante, Nabil. Et d’enchaîner : “Même ceux qui sont descendus du bus pour éviter de prendre un bloc de pierre à la tête ou tout autre projectile contondant et dangereux, n’ont pas échappé à cette chasse à l’Algérien puisqu’il y en a qui ont été passés à tabac par la foule, agressés, volés et humiliés. C’était des images terrifiantes qui défilent encore dans ma tête. Dans ces moments, vous ne pouvez qu’imaginer le pire quand vous voyez près de cinquante ou soixante-dix personnes maculées de sang.”
Six heures de torture pour arriver aux hôtels
Arrivé quelques heures après à leur hôtel, ce groupe de supporteurs, dont notre interlocuteur Abdelkader d’Oran, résidant à l’hôtel Es-Siak, faisait partie, n’était pas pour autant au bout de leurs mauvaises surprises, tout comme, du reste, les autres groupes d’Algériens dont les agences de voyages ont choisi El-Guiza comme lieu de séjour. “Après plusieurs heures, nous sommes finalement arrivés à notre hôtel dans un état vraiment lamentable. Agressés, blessés, choqués et, pour la plupart, ensanglantés. Quelques-uns de nos amis, perdus dans la foule ou ayant fui pour échapper à une mort certaine, ne sont arrivés que vers 4h du matin, alors que le match s’était terminé à 21h40, heure locale. Le fait que les éléments de la police qui ont assuré notre sécurité la veille n’y étaient plus nous a d’entrée effrayés. Notre pressentiment que quelque chose de terrible se préparait s’est, malheureusement, transformé en réalité, quelques minutes plus tard seulement puisque les Égyptiens nous ont attaqués, toujours avec la même férocité. Ne possédant aucun moyen de défense, beaucoup se sont enfermés à double tour dans leur chambre. Plusieurs autres, leurs blessures étaient tellement graves qu’ils ont été transportés à l’hôpital le plus proche, pour recevoir les soins nécessaires. Ils étaient au moins quatre-vingts !” relatera l’un de ces blessés, Amine résidant à l’hôtel Europa, qui fut même “chassé de l’hôtel par le propriétaire”, car, précisera notre interlocuteur, “il a découvert que j’ai voulu utiliser le réseau Internet mis à notre disposition pour envoyer, par mail, les images de nos compatriotes blessés”. Cette psychose gagnera très vite tous les supporters de l’EN présents au Caire, au point où certains avaient même peur de quitter leur chambre d’hôtel, ne serait-ce que pour prendre un café.
Cette rumeur des sept cercueils envoyés d’Alger
Pour en savoir davantage sur cette journée noire et de deuil qu’ont vécue tous les compatriotes établis ou en mission au Caire, Liberté s’est, naturellement, orienté vers l’ambassade algérienne. Le chargé de communication de ladite représentation diplomatique, M. Baghdadi en l’occurrence, a d’ailleurs confirmé “le décès d’un supporter algérien, venu en Égypte pour suivre la rencontre de ce samedi”, nous invitant du reste à nous rapprocher du service consulaire afin d’avoir de plus amples détails, car, s’excusera-t-il, “je ne suis pas habilité à le faire”. Injoignable, le service consulaire sus-indiqué aurait, toutefois, laissé entendre que “seulement un supporter est décédé et que tout ce qui s’est dit à propos d’autres morts est infondé”. Pourtant, une information persistante fera état de plusieurs autres décès. “Malheureusement, ce n’est pas un, mais plusieurs inconditionnels des Verts qui ont péri des suites de leur agression par les Égyptiens. On m’a téléphoné à l’instant d’Alger (ndlr, 17h30, heure algérienne), de l’aéroport plus précisément pour me dire que sept cercueils seront envoyés dans les plus brefs délais au Caire. On a même parlé de onze autres qui auraient été commandés”, indiquera, sur ce point précis, un cadre algérien présent en Égypte pour les mêmes raisons liées à la rencontre de samedi. Une affirmation que Liberté n’a pu ni confirmer ni infirmer au niveau de l’ambassade algérienne au Caire, où “la seule information officielle et véridique qui est en notre possession fait état, jusqu’ici, d’un seul décès”, précisera un membre du corps diplomatique.
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16th November 2009 01:06 #1004
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Salim Koudil :
Lundi 16 Novembre 2009 -- Dans cet entretien, Adlène Aït Djaouad, 25 ans, est rentré du Caire hier matin dans un état de choc. Voici son témoignage.
Que s’est-il passé ?
Tout était préparé à l’avance par leurs supporters et surtout par les autorités égyptiennes. Le bus qui nous ramenait de l’hôtel vers le stade était escorté par trois motards qui ont disparu à 400 mètres de l’arrivée en nous laissant devant des hordes de jeunes en furie. Le bus a été bloqué par des jeunes et des moins jeunes qui voulaient entrer dans le bus et on se défendait comme on pouvait. C’était incroyable. C’est après avoir combattu qu’on a pu entrer au stade et prendre nos places dans les tribunes. Dieu merci, ils ont pu marquer le second but, sinon je suis sûr qu’ils nous auraient tué tous. Nous sommes restés bloqués au stade jusqu’à 1h30 du matin.
Vous avez essayé de rejoindre votre hôtel ?
Exact, mais c’est inimaginable ce qu’on a subi et vu. Le long du parcours, nous avons vu des choses incroyables et jusqu’à maintenant, je n’arrive pas à y croire. Il y avait des bus, remplis d’Algériens, qui étaient bloqués. Ils ont été caillassés mais pas seulement. Plusieurs dizaines d’Égyptiens sont entrés dans ces bus et se sont mis à massacrer tous ceux qui étaient dedans. Je ne peux pas oublier l’image de ce jeune qui portait le maillot de la JSK. Il était par terre et une dizaine de jeunes étaient en train de le frapper sans pitié. Je suis sûr qu’il est dans un état très grave et j’espère qu’il n’est pas mort.
Comment s’est passé le retour ?
C’était encore une aventure incroyable. J’ai vu la mort devant moi et je n’arrive pas à croire que je suis encore vivant. On n’a pas dormi la nuit et on a dû rejoindre l’avion presque en courant. Al Hamdoulah, je suis rentré sans blessures mais j’ai peur pour ceux qui sont restés sur place. Ils doivent vivre l’enfer.
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16th November 2009 12:45 #1005
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Amer Naili :
Lundi 16 Novembre 2009 -- Le match Egypte-Algérie de samedi s’est déroulé dans un climat de violence. Les joueurs et les supporteurs algériens ont été agressés à la fin de la rencontre par des hooligans égyptiens, avec la complicité de la police égyptienne. Au moins un Algérien a été tué dans ces violences. Les autorités des deux pays n’ont pas fait état de morts. La Fédération internationale de football (FIFA) garde le silence sur ces évènements et cette violence, alors que l’instance dirigeante du football mondial a plutôt d’habitude la main lourde pour sanctionner des violences en Europe. La FIFA se range ainsi du coté de l’Egypte, dont la qualification au Mondial 2010 en Afrique du sud, n’est pas encore acquise. Mercredi à Khartoum, les Pharaons devront battre des Verts plus que déterminés pour se qualifier. En évitant de sanctionner l’Egypte après l’agression jeudi des joueurs de l’équipe nationale par des supporteurs locaux, la FIFA porte l’entière responsabilité des violences du Caire. Cette agression rarissime dans l’histoire du football n’a même pas été condamnée par la FIFA, qui s’est contentée de demander des garanties écrites à la Fédération égyptienne de football sur la sécurité des joueurs algériens. En fait, la FIFA n’a pas pris au sérieux les informations d’avant match sur la tension extrême qui régnait dans la capitale égyptienne. La FIFA a bafoué sa propre réglementation et se range ainsi du coté de l’Egypte dont la qualification en Afrique du sud serait plus rentable que celle de l’Algérie sur le plan financier pour l’instance dirigeante du football mondial. La Fédération algérienne de football (FAF) a également sa part de responsabilité en acceptant de jouer le match après l’attaque du bus de l’équipe nationale par des supporteurs égyptiens. Son président Mohamed Raouraoua a-t-il cédé à des pressions politiques de la part d’Alger pour engager l’équipe nationale dans l’enfer égyptien?
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16th November 2009 12:46 #1006
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Rafik Tadjer :
Lundi 16 Novembre 2009 -- Le joueur Khaled Lemmouchia est en colère. Malgré le véto de la Fédération algérienne de football (FAF) qui impose le silence aux Verts, il a décidé de parler. Lundi, dans un entretien au journal français L’Equipe, il revient longuement sur le match de samedi au Caire face à l’Egypte. Lemmouchia décrit une équipe nationale terrorisée par l’agression de jeudi au Caire. « Des joueurs étaient blancs, livides avant la rencontre. D’autres étaient paralysés et cela s’est vu sur le terrain. Nous sommes des êtres humains, nous avons des familles, des peurs, des joies, comme tout le monde et la FIFA nous a laissé évoluer dans ce contexte », explique le joueur des Verts. Pour Lemmouchia, la FIFA porte une grande responsabilité dans les événements du Caire. «Personne ne bouge au niveau des instance internationales (...). Cette absence de prise de conscience me dépasse. On a l'impression qu'il ne s'est rien passé, que l'on a juste disputé un match tranquille alors que la peur était présente, cela se sentait», regrette le joueur. « Si (la FIFA) préfère voir les Egyptiens à notre place en Coupe du monde, qu’elle le dise clairement », précise-t-il. Avec ce comportement, la FIFA a envoyé un message négatif au monde du football. « Il suffit donc d’organiser des agressions pour remporter un match? », s’interroge-t-il. Mais pour Lemmouchia, la FIFA n’est la seule responsable de cette situation. La FAF a été inconsciente, en acceptant de jouer le match de samedi dans ces conditions. « Leur responsabilité est également engagée. Ils ont été inconscients sur ce coup. On a, je le répète, joué ce match avec des garçons qui ont été blessés. Moi, on m’a posé trois points de suture sur le cuir chevelu et personne ne m’a demandé si cela me gênait ou non », raconte Lammouchia. Avant de s’interroger : « que se serait-il passé à votre avis si les Egyptiens avaient été agressés de la sorte à Alger ? Ils auraient immédiatement fait demi-tour, seraient rentrés chez eux, auraient demandé la victoire sur tapis vert et l'auraient obtenu. Là, il n'y a rien et dans deux ou trois mois, si nous sommes éliminés, personne ne se souviendra des évènements du Caire. C'est ça le sport ?» Malgré cette violence et l’état de choc, les Verts restent confiants, selon Lemmouchia. « On repart tous gonflés à bloc même si cela sera du cinquante-cinquante. Depuis ces incidents on a eu le temps de se dire des choses. Notamment que les Egyptiens avaient remporté une bataille, mais pas la guerre. »
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16th November 2009 12:47 #1007
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PARIS, November 16, 2009 (Reuters) -- FIFA should have postponed Saturday's tense World Cup qualifier between Egypt and Algeria after the visiting team bus was attacked in Cairo, Algeria midfielder Khaled Lemmouchia said. Three players from Algeria's team were slightly hurt on Thursday when youths stoned their bus as they arrived in the Egyptian capital. The incident prompted FIFA to ask Egypt for written guarantees confirming additional security measures to protect the Algerian squad, while the Egyptian FA claimed the incident was staged by the Algerians. "Allowing this game to go ahead was recklessness," Lemmouchia, one of the players injured, told French sports daily L'Equipe on Monday. Egypt and Algeria will return to the pitch in neutral Sudan on Wednesday to settle the last of Africa's qualifying berths for the 2010 World Cup after a dramatic late goal gave the home side a 2-0 win on Saturday. Substitute Emad Moteab's header five minutes into stoppage time gave Egypt the winning margin they needed over Algeria and ensured they finished level at the top of Group C, forcing a sudden-death playoff. "I can tell you that in our side, some players were pallid, others were like paralysed before the game," added Lemmouchia. "We are human beings, we have families, fears and joys, just like everybody and FIFA let us play in that context. If they prefer to see Egypt than us at the World Cup, they'd better say it clearly. "We did play that game with players injured. I had three stitches on my scalp and nobody asked me if it was of any discomfort," he said. "What do you think would have happened if Egyptians had been attacked like that in Algiers? They would have turned back and asked for a walkover and they would have got it."
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16th November 2009 12:48 #1008
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Hakim Arous :
Lundi 16 Novembre 2009 -- Depuis l'agression des joueurs algériens au Caire avant la rencontre de samedi et les violences d'après-match contre les supporters des Verts, la toile s'enflamme. Les vieilles querelles des frères ennemis reviennent à la surface. « Il faut à présent considérer l'Egypte comme Israël, et rompre tout rapport avec cette Etat » écrit un lecteur sur le forum de TSA. Sur les forums, l’Egypte est rebaptisée « Masraël » et ses habitants des « Egypchiens ». Une des cibles favorites des Algériens est l'animateur de télévision égyptien Amr Adeeb, qui appelle actuellement au calme après avoir participé à chauffer les esprits avant le match. Sur le réseau social Facebook, les insultes fusent, et l'animateur est renvoyé dans les cordes. « On ne veut plus de votre fraternité, répond un internaute. Le mal est fait, on est arrivé à un point de non retour ». Suivent des appels à la vengeance : « il y aura des morts côté « égypchiens », écrit ainsi un algérien sur Youtube. La FIFA aussi est prise pour cible, accusée d'avoir fermé les yeux sur tout ce qui s'est passé au Caire. « La FIFA, organe occidental par excellence, porte la honte », écrit un internaute. « Mr Blatter, pourquoi deux poids deux mesures? Maradona a écopé de 2 mois sans foot et 16 000 euros pour une insulte envers des journalistes, et l'Egypte s'en sort sans rien, même si du côté Algérien on compte un mort et des blessés ! », ajoute un autre. Les autorité algériennes non plus n'échappent pas à la critique : « lâches que vous êtes, pour avoir accepté de jouer le match! », s'insurge un supporter. « Sous les cieux où les dirigeants rendent des comptes à leur cité, les voix « autorisées » se seraient déjà faites entendre sur tous les canaux de l'information... Chez nous, c'est la rumeur qui fait autorité et deux jours après ces drames meurtriers, nous n'avons toujours pas entendu nos officiels », s'étonne un autre. Au milieu de ce déferlement de colère, quelques voix tentent d'appeler au calme, en rappelant que c'est sur le terrain que tout se jouera. « N'usons pas de violence les amis, boycottons leurs produits et gagnons sur le terrain mercredi inchallah! », réclame une supportrice sur facebook. Pas sûr que ce message pacifique soit entendu.







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