Dimanche 6 Mai 2007 -- 13 citoyens, 10 policiers blessés, et 60 personnes interpellées, des institutions publiques saccagées (daïra, inspection des Impôts, Sonelgaz et un commissariat de police). Bilan : près de deux millions de dinars de dégâts. C’est à la suite d’un match de football opposant deux clubs de la même division en l’occurrence l’ASBG de Bordj-Ghedir et du ROC de Ras-El-Oued chacun des deux clubs se bat pour l’accession Interrégions Est, palier précédant la nationale II.
Le match s’est déroulé jeudi à Bordj-Ghedir où cette dernière est sortie vainqueur (1-0). Selon les citoyens de Ras-El-Oued, des supporters de l’équipe ROC se ont vu interdire l’entrée du stade par la police malgré l’achat de billets. Ce qui apparemment a déclenché la vague de violence. En effet, si la police n’avait pas pris les dispositions sécuritaires, le stade de Bordj-Ghedir serait devenu le colisée de l’empire romain où l’on a jeté les protagonistes aux lions pour le plaisir des spectateurs.
Le vendredi, à Ras-El- Oued, des jeunes se sont accaparés la rue pour exprimer leur mécontentement. Ils se sont pris aux institutions publiques, aux affiches des candidats toutes tendances politiques confondues, et les forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène pour décourager les jeunes déchaînés. Selon des sources, la violence autour d’un match n’est qu’un prétexte de luttes sociales dont le générateur est le chômage, le manque de loisirs, la malvie et la corruption qui gangrènent les institutions républicaines. La violence serait-elle devenue une culture qui échappe à l’ordre républicain ?
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6th May 2007 11:17 #1
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ASBG de Bordj-Ghedir versus ROC de Ras-El-Oued
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7th May 2007 09:14 #2
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Lundi 7 mai 2007 -- Les escarmouches ont duré tout le week-end et se sont prolongées jusqu’à samedi. La ville de Ras El-Oued, située à plus d’une trentaine de kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya Bordj Bou Arréridj, a vécu de violentes émeutes menées par des jeunes.
Barricades dans les rues, routes coupées, pneus en flammes et affrontements avec les forces de l’ordre ont meublé le climat durant les trois jours qu’ont duré les émeutes de Ras El-Oued. Le face-à-face des manifestants avec les brigades anti-émeutes a complètement paralysé l’activité de la ville.
Les établissements scolaires et les commerces ont fermé et les citoyens se sont cloîtrés chez eux. Les édifices publics se trouvant au chef-lieu de la commune ont subi d’énormes dommages. Les dégâts ont été estimés à plusieurs milliards.
Les émeutiers ont notamment ciblé le siège de la sûreté de daïra, le tribunal, le siège de la Sonelgaz et celui de la recette des contributions diverses. Même un centre de santé n’a pas échappé à la destruction. Le siège de l’APC et le parc communal ont aussi été saccagés par les manifestants tandis que le foyer des œuvres sociales a vu tout son mobilier détruit.
Devant la gravité de la situation, les gendarmes et les policiers se sont déployés au niveau des points stratégiques de la ville pour parer à toute éventualité et surtout pour sécuriser les biens et les personnes. Les émeutiers, en dépit de l’intervention des notables, ont refusé de «céder» la rue et s’asseoir à la table de dialogue, comme les y ont invités les autorités locales.
Ils ont même répondu à l’invitation en défiant les forces de l’ordre par des jets de pierres. Hier, ces incidents malheureux ont pris une autre tournure lorsque les manifestants ont scandé des slogans qui n’ont rien à voir avec la rencontre de football : ils ont revendiqué le rattachement de leur circonscription à la wilaya de Sétif.
D’autres voix ont tenté de récupérer le mouvement en appelant au boycott des élections législatives. C’est d’ailleurs une série de slogans anarchiques qu’on entendait à chaque coin de rue. Des notables et des sages de Ras El-Oued n’hésitaient pas à pointer un doigt accusateur sur certaines forces occultes qui, d’après les mêmes sources, ont intégré les rangs des jeunes manifestants pour les pousser à commettre l’irréparable, n’était la présence des forces de l’ordre.
Le wali, accompagné des membres chargés de la sécurité au niveau de la wilaya, s’est rendu à Ras El-Oued pour rencontrer des citoyens et des représentants de la société civile. De leur côté, des jeunes accusent la Ligue régionale de football de Batna d’avoir organisé le derby ASBG-ROC inopportunément en plein milieu de la campagne électorale.
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9th May 2007 02:42 #3
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Mardi 8 mai 2007 -- Le wali de Bordj Bou Arréridj a procédé à l’installation d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les évènements de la daïra de Rass El-Oued, à l’issue de la rencontre de football ayant opposé le ROC de Rass El-Oued à l’AS Bordj-Ghedir à l’issue de laquelle des dégâts matériels importants avaient été causés.
Selon une source sécuritaire, 49 personnes arrêtées ont été remises en liberté, dont 11 mineurs, tandis que 16 autres seront présentées devant le juge d’instruction. Une rencontre a regroupé, hier, le wali de Bordj Bou Arréridj et la société civile à Rass El-Oued.
Elle a permis dans un premier temps de débloquer la situation et d’apaiser la tension qui régnait dans la ville depuis vendredi dernier suite à des manifestations de rue provoquées par des supporters de l’équipe de Rass El-Oued. D’ailleurs, au moment de la tenue de la réunion, un groupe d’individus, à l’extérieur de la salle, tentait de chahuter et de perturber son déroulement.
Les représentants de la population ont axé leurs interventions sur trois préalables, à savoir la libération des personnes arrêtées, la création d’une commission d’enquête pour établir les responsabilités des émeutes et l’implication de la FAF et du ministère de la Jeunesse et des Sports pour élucider les faits survenus au cours de la partie ASBG-ROC.
Les joueurs du ROC ont également pris la parole pour narrer leur mésaventure à Bordj-Ghedir, où trois joueurs du club ont été hospitalisés. Certaines de ces revendications ont trouvé écho favorable auprès du wali, dont la libération des personnes arrêtées, le retrait partiel des forces de l’ordre, la création d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur cette affaire qui n’a pas été épargné, semble-t-il, par la manipulation.
Après cette rencontre, l’activité a repris à Rass El-Oued avec l’ouverture des établissements scolaires et des commerces.
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28th May 2007 17:37 #4
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Lundi 28 mai 2007 -- Cette rencontre présidée par le wali, assisté des membres du conseil de sécurité de la wilaya, a été marquée par l’intervention du directeur des affaires religieuses. Celui-ci, dans une allocution, a rappelé tous les préceptes de l’islam qui prônent le pardon et la tolérance envers le prochain.
Les initiateurs de cette rencontre visaient à inciter les deux parties à faire honneur à la charte pour la paix et la réconciliation nationale qui s’inscrit dans la consolidation de la paix et de l’unité nationale. A son tour, le wali a invité l’assistance à faire preuve de disponibilité pour avancer sur le chemin de l’entente entre les populations de ces deux villes voisines.
«La résolution de ce problème, survenu à cause d’une rencontre de football, revêt un caractère important, car il faut encourager la cohabitation après ce qui s’est passé. Nous devons nous accepter mutuellement et vivre ensemble pour le développement de la région.» Ce responsable a rappelé également toute l’histoire de Ras El-Oued et de Bordj Ghedir.
«Il n’y a pas de quoi être fier. Il y a des gens qui ont poussé à la fitna en exploitant la rencontre ASBG– ROC.» Les officiels présents, et qui ont pris la parole, ont confirmé que les manifestations de rue qui se sont produites à Ras El-Oued, en pleine campagne électorale pour les législatives du 17 mai, sont l’œuvre de personnes qui voulaient semer le trouble.
«Les jeunes ont été manipulés», ont-ils asséné. Les représentants des localités ont prononcé en fin de cérémonie des discours dans lesquels ils se sont engagés à déployer des efforts pour faire régner un climat de solidarité dans la région.Profitant de cette cérémonie, le wali a remis les clefs de deux bus aux présidents de l’ASBG et du ROC, attribués par le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale à l’issue de sa visite dans cette wilaya la semaine écoulée.







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