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  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Jeudi 4 decembre 2008 -- Le rideau s’apprête à tomber sur l’année footballistique 2008. L’heure est au bilan. Et le bilan du football en Algérie prête inévitablement et comme souvent à la désolation. Rien n’a été porteur d’égaiement, si ce n’est le bon parcours de la sélection nationale en éliminatoires de la Coupe du Monde. La violence et une gestion pitoyable ont une nouvelle fois marqué, d’empreinte noire, le ballon rond national, au grand dam des vrais passionnés.

    Dire que le football algérien souffre d’un mal profond n’est en rien un scoop. Loin de là. Cet état de faits dure depuis trop longtemps pour qu’on puisse parler d’un trouble soudain. Toutefois, l’on a toujours du mal à s’y faire et encore moins à comprendre. Comment un sport aussi populaire, symbole de rapprochement des peuples à travers le monde, puisse être aujourd’hui l’une des principales causes de violence sur le territoire algérien. De nombreuses explications ont été avancées, mais aucune n’a un cachet assez crédible pour nous convaincre. Dans les quatre coins du pays, tout au long de l’année, l’on a pu assister à des scènes pour le moins regrettables, mêlant l’inhumanité, la cruauté et la brusquerie. Jamais une épreuve n’avait concentré autant d’incandescence. Les responsables ont fait le dos rond dans le but de mettre un terme à cette contrariété oppressante, mais force est de supposer qu’ils n’y sont pas parvenus. Semaine après semaine, le football, et le sport algérien en général, s’enfoncent inévitablement dans l’agonie, sans le moindre signe d’un possible salut.

    Pas d’échappatoires

    Quels sont les principaux responsables de cette descente aux enfers généralisée au goût des cendres. Bien sûr, instinctivement, ce sont les « supporters » qui sont prioritairement montrés du doigt. Ceux qui se rendent dans les stades dans le simple but de semer sournoisement la pagaille, sous prétexte perfide d’une contre-performance de leur équipe fétiche. A la fin des matches, et même pendant, ils se mettent à tout casser, avec une violence inouïe, portés par une haine inquiétante. Une haine envers qui ? Leur équipe. Mettre en exergue cette hypothèse serait erroné, et nous déraillerait considérablement de la réalité. Non, ce groupuscule de citoyens, si on peut les nommer de la sorte, ne se rebellent pas contre ce sport, et encore moins contre onze joueurs, qui ne font, après tout, que taper dans un ballon et dont l’avenir n’est en rien lié au leur. Leur actes, que l’on devine comme étant organisés, parfois même calculés, sont surtout des signes d’opposition et de frustration contre le pouvoir. C’est d’ailleurs, aux forces de l’ordre, qu’ils s’en prennent le plus souvent. Le rituel est devenu immuable. De Kouba à Oran, en passant par Mostaganem et Arzew, de nombreuses villes constatent à leur désagrément l’affaissement d’une génération. Une génération qui exprime sa lassitude du quotidien, à travers des manifestations inexcusables. Oran a été la ville la plus touchée par ce phénomène, lorsque le club phare d’El Bahia, en l’occurrence le Mouloudia, s’est vu rétrogradé à l’étage inférieur. Une semaine durant, les Oranais avaient alors terni leurs propres biens, provoquant ostensiblement l’effroi, l’anxiété, mais aussi la désolation auprès des leurs. Les hautes instances du pays ont alors sévi avec fermeté, tentant d’éluder ce genre de débordements à l’avenir. Mais en vain. Aujourd’hui, la tourmente en question a gagné tout le pays et les échappatoires apparaissent comme inexistants.

    L’heure désormais n’est plus à la consternation. Des mesures radicales doivent être prises et dans les délais les plus brefs. À ce titre, nos responsables peinent à se montrer efficients. Leurs manœuvres n’ont donc pas servi à grand-chose. Ni leurs promesses. Une litanie de poncifs qui ne tient plus. Sont-ils à blâmer ? Certainement, quand on voit la manière avec laquelle ils ont traité le « dossier Kouba ». Il a fallu l’intervention de la FIFA, pour qu’ils se rendent compte que leur gestion à l’emporte-pièce causait un autre mal dont le football national s’en serait bien passé en ses temps de tourments. À titre de comparaison, en France, l’affaire de la banderole Anti-Chti (« chômeurs, pédophiles, co-sanguins, bienvenue chez les Chtis »), déployée lors d’un match par des pseudo-supporters, ou celle de l’hymne national, sifflé à l’occasion d’une rencontre amicale, avait immobilisé tout un peuple, y compris le président de la République. Son intervention, dans les deux cas, a eu les répercussions attendues, puisque les soucis d’un soir, ont toujours été enrayés le lendemain. Le durcissement de la répression orchestrée par les pouvoirs publics a jugulé le hooliganisme. Des mots forts furent prononcés : agir avec sévérité, ne plus tolérer l’irrespect, plus jamais ça. L’éruption du fléau délictueux a ainsi été évitée. De quoi en prendre de la graine.

  2. #2
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    La résurgence des Verts

    Bien sûr l’année 2008 n’aura pas été à tout point de vue un désastre pour le football algérien. Encore heureux. Non, même si le fait divers a supplanté le fait d’armes, notre quotidien a été essaimé par le deuxième tour qualificatif pour le Mondial 2006, fagotée avec succès par la sélection nationale. Les Verts ont réussi à se sortir d’un groupe difficile, en réalisant même l’exploit de terminer en tête. A partir du mars prochain, ils sont appelés à retrouver le gratin du football continental et continuer à nourrir l’espoir de retrouver, vingt-deux ans après, le plus prestigieux des tournois planétaires. Tout individu affirmant avoir prévu avant le début de l’épreuve la réussite des hommes de Rabah Saâdane est un affabulateur. En effet, depuis deux décennies, ces derniers ont pris pour fâcheuse habitude d’échouer dans les grands rendez-vous. Cette fois-ci, et au prix de remarquables efforts, cela n’a pas été le cas. Même si les contempteurs ne manqueront pas de souligner qu’ils avaient échappé de peu à l’élimination, nos internationaux ont dérogé à leurs regrettables manies, celles qui avaient le don de décevoir toute une nation. Cette qualification arrachée aux tripes baigne d’une lumière d’or le crépuscule d’une génération hors de commun, incarnant l’avenir tout en ranimant le passé.

    Une génération prometteuse, qui ne s’est pas encore hissée à la hauteur de ses devancières des années 80, mais qui a su faire face à la pression. Les Sénégalais, venus à Blida en septembre dernier, pourront en témoigner. La sélection, réconciliée avec la victoire et l’esprit d’initiative, a aussi se ressouder et se remobiliser autour d’un seul objectif, celui de retrouver des couleurs et reprendre sa marche en avant, interrompue il y a belle lurette. Les puristes feront remarquer qu’il ne s’agissait là que d’un tour de chauffe et que le retour vers les sommets est loin d’être une cavalcade, mais les amoureux de cette équipe, ceux qui au fil des années ont eu le mérite de lui rester fidèle, leur rétorqueront avec intelligence que c’est déjà un grand pas en avant, un pas plein d’espoirs. Et puis, personne ne pourra vraiment leur reprocher de croire en un futur radieux, plutôt qu’à une rechute, du moment que les bases sont solidifiées et que les rivalités claniques, qui gangrenaient auparavant la fédération, semblent en apparence avoir été enterrées. Bien que face au spectacle de leurs constances et de leurs inconstances l’on ne jugera de rien, la fraîcheur affichée par Ziani, Saifi, Ghilas, Yahia et compagnie laisse place à l’optimisme, n’en déplaise à celui qui se pose en garde-fou de toutes les illusions et chasse les faux espoirs.

    Quid de l’avenir ?

    Exception faite de la sélection nationale, il n’existe pas trop de motifs pour être confiant quant au futur du ballon rond algérien, suspendu pour l’instant au dessus du vide. Certes, des clubs locaux commencent de plus en plus à s’affirmer sur la scène internationale, tel que l’ES Setif, mais force est de reconnaître que l’année 2008 invitait les amoureux du football davantage à l’oisiveté ingénue qu’aux braillements hystériques. Il n’existe plus de hasard à végéter sur une telle durée dans la médiocrité, étant donné que les analogies sont beaucoup trop nombreuses pour être fortuites. L’image que renvoie le football dans notre pays se galvaude considérablement et ce n’est pas faire l’apologie des fautes des principaux coupables que de souligner la passivité persistante des dirigeants. Les résultats sportifs ne peuvent, à eux seuls, redonner à ce sport tout son lustre d’antan. La « carotte » du bon côté ne tiendra pas longtemps le choc face au « bâton » du mauvais. Dans ce contexte de sinistrose, une grande sensibilisation s’impose. Le temps n’est plus aux promesses vertueuses mais aux passages à l’acte. Toutes les personnes, concernées de près ou de loin par le football, ont ce devoir de se mobiliser et essayer de trouver les solutions, susceptibles d’en finir à tout ce qui nuit à son essor. Il va de soi qu’ils n’apparaîtront pas du jour au lendemain, mais essayer de les quêter, en tirant tous dans le même sens, serait déjà un bon commencent, car « sans volonté, l’homme livre sa vie au hasard »*.

    * Un proverbe du philosophe Chinois Confucius

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