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  1. #15
    gn4dz is offline Registered User
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    Sep 2007
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    Abdelhamid Kermali au Jeune Indépendant :

    «On avait les larmes aux yeux»



    Entretien réalisé par Djamel Gherib


    Après plus d’un demi-siècle au service du football, cheikh Abdelhamid Kermali, qui est l’un des principaux éléments de la légendaire équipe du FLN et l’entraîneur qui a donné à l’Algérie l’unique titre majeur, la coupe d’Afrique, se dit toujours prêt à être de la partie.
    Il nous le fait savoir dans l’entretien qu’il a bien voulu nous accorder. Jugez-en, cela vaut bien le détour…


    Le Jeune Indépendant : Tout d’abord comment va cheikh Kermali, la baraka du football national ?
    Abdelhamid Kermali : Je vais très bien El-hamdoulillah. Je vais bientôt avoir 78 ans et j’essaye chaque jour, avec la volonté de Dieu, de soigner ma personne. Je continue d’ailleurs à voyager et à répondre avec beaucoup de plaisir à toutes les sollicitations pour rencontrer les gens et animer des conférences sur le football
    Remontons, si vous le permettez, dans le temps et plus précisément à vos débuts dans le football ?
    J’ai commencé ma carrière de footballeur au sein de l’USM Sétif en 1948 en tant que cadet. A l’instar des supporteurs sétifiens de l’USMS, j’ai été très étonné de lire mon nom dans la composition que l’on affichait jadis dans les cafés qui devait donner la réplique à l’AS Bône (Annaba), un club composé exclusivement d’Européens. Je n’oublierai jamais ce jour ni d’ailleurs cette première rencontre où j’ai inscrit deux buts.
    A chaque fois que vous évoquez l’USMS, vous le faites toujours avec beaucoup de nostalgie…
    Oui, et pourtant je n’y suis pas resté assez longtemps. Avec l’USMS, j’ai eu à disputer la coupe d’Afrique du Nord avant de me retrouver au sein de la grande équipe de l’USM Alger. Mais avec mon esprit immature, j’ai signé deux licences qui m’ont valu une suspension de deux ans. Une erreur de jeunesse, sans plus.
    Et c’est là que vous est venue l’idée de partir en Europe ?
    En effet, je suis parti à l’aventure en Europe que j’ai pu rejoindre grâce à l’aide de certains amis. J’ai intégré en premier lieu le club de Mulhouse. Son l’entraîneur, M. Lucien Troupel, qui appréciait beaucoup mes qualités de joueur, a conseillé les dirigeants de faire les démarches nécessaires auprès de la fédération pour revoir ma sanction à la baisse. Chose qui a été tout de suite faite, puisque je n’ai dû patienter que trois mois pour retrouver la compétition officielle. Puis vint la fameuse rencontre de coupe contre l’AS Cannes au sein de laquelle évoluait feu Mokhtar Arribi. Ce dernier m’informa discrètement, à l’issue de la partie, que les dirigeants de son club voulaient

    s’offrir mes services. J’ai bien sûr accepté avec joie cette offre grâce à laquelle le rêve de mon enfance, à savoir devenir joueur professionnel allait se réaliser. Et le hasard a voulu que je signe ma licence en même temps que mon compatriote Mustapha Zitouni. Nous étions tous les deux aux anges lorsqu’on a perçu un million de centimes chacun, C’était une véritable une petite fortune (rires). Aussi, nous étions éberlués de nous retrouver dans l’ambiance du festival international du cinéma et voir surtout de près toutes les stars du monde du 7e art. Peu de temps après, et grâce à mon entraîneur Troupel, qui avait pris entre-temps les destinées de l’Olympique de Lyon, je me suis retrouvé parmi l’effectif lyonnais.
    Etait-ce le début de votre carrière professionnelle ?
    Oui ! C’est là où j’ai éclaté dans mon poste de prédilection, à savoir ailier droit. Gabriel Arnaud, qui était sélectionneur national, devait venir me voir, mais il n’a malheureusement pas eu ce plaisir puisque le contact du FLN venait de s’établir suite à un premier signal de Boumezrag. Ensuite le contact est venu de Mokhtar Arribi qui m’avait informé que le FLN a décidé de faire partir les meilleurs professionnels en Tunisie. Dès lors, j’ai pris attache, comme cela m’a été demandé, avec Rachid Makhloufi à Saint-Etienne. Et c’est comme ça que l’on s’est retrouvés avec d’autres compatriotes, à savoir de Brahimi et Bouchouk, à Genève puis à Lausanne avec Ferhat Abbas qui a prononcé cette phrase : «Les enfants, vous venez de faire avancer la révolution de dix ans.» Nous avons tous atterri par la suite en Tunisie pour rejoindre Bentifour, Boubekeur, Zitouni et Bakhloufi qui sont arrivés les premiers en transitant par l’Italie.
    Qu’est-ce que vous avez ressenti en endossant le maillot national pour la première fois ?
    Tous les joueurs avaient les larmes aux yeux. Une ambiance des plus émouvantes pour tous, y compris ce jeune Algérien qu’on a déniché sur place pour compléter l’effectif, car, et il faut le préciser, il manquait le onzième élément. Dommage qu’il soit demeuré, malheureusement, un illustre inconnu.
    Et ce fut donc le début d’une belle et légendaire aventure ?
    Absolument fabuleuse ! Avec maître Bouzida, qui était le chargé politique de la mission, l’équipe a sillonné les quatre coins de la planète.
    Je citerai la Chine, la Yougoslavie, le Vietnam, la Roumanie et beaucoup d’autres grandes nations, juste pour faire connaître la révolution. Là où l’on passait, on était accueillis comme des héros, avec beaucoup de respect et de considération.
    Est-ce qu’on exécutait l’hymne national algérien avant chacune de vos sorties ?
    Tout à fait ! Faire entendre l’hymne national et hisser l’emblème national étaient des conditions sine qua non.
    Dans votre carrière de joueur et d’entraîneur, quel est l’événement dont vous êtes fier ?
    Je le dis sans hésiter : c’est le jour où j’ai rejoint cette glorieuse équipe du FLN.
    Quels sont les titres que vous avez décrochés et qui vous ont marqué le plus ?
    Outre les titres acquis à l’échelle locale avec, notamment, l’ES Sétif et le MC Alger, je citerai en particulier celui de champion d’Afrique junior, celui relatif au championnat afro-asiatique et bien évidemment la coupe d’Afrique des nations seniors en 1990 suivi de celui de la coupe afro-asiatique.
    On peut dire que vous avez été chanceux durant votre carrière ?
    Moi, j’ai eu la chance d’être présent dans les quatre générations et j’ai essayé de m’adapter à chacune d’elle. Je remercie Dieu de m’avoir donné ce don qui m’a permis de voyager, de connaître des gens et de servir mon pays.
    Si l’on vous demandait de donner un conseil aux gestionnaires actuels du football national pour faire sortir cette discipline de son marasme, que leur diriez-vous ?
    D’abord il faut laisser le football aux footballeurs.
    Et puis revenir à notre propre jeu, c’est-à-dire celui basé sur les petites passes en une deux et les combinaisons rapides qui ont fait les beaux jours de notre équipe nationale et des clubs comme le MCA, la JSK et l’ESS.
    Vous savez, les Mattem, Salhi, Kalem, Draoui, Bencheikh, Belloumi, Madjer et Kouici, pour ne citer que ceux-là, n’avaient pas le gabarit des européens ou des Africains, mais une technique hors pair qui faisait des malheurs. Nous devons cependant réapprendre à nos enfants à jouer avec joie. Quand le joueur évolue sur un terrain pour le bonheur de jouer, il allie l’art et la manière. Un spectacle au sens propre du mot. Maintenant, il est grand temps de cesser d’évoquer les centres de formation. Tout le monde en parle et personne ne fait rien. Il est donc plus juste de dépasser le stade des intentions et passer à l’acte. Comme il y a lieu aussi de rassembler les vraies potentialités du pays dans ce domaine et leur donner la possibilité de s’exprimer. Je ne comprends pas pourquoi le savoir et l’expérience des Khalef, Madjer et autres sont mis à profit ailleurs et pas chez nous. Aussi, je demeure convaincu que les membres de l’équipe du FLN, à l’image de Makhloufi, Soukane, Amara et Bakhloufi, sont toujours prêts à contribuer à la construction du football national.
    Qu’en est-il de la fondation de l’équipe du FLN ?
    Elle existe, Dieu merci ! Elle est agréée et dotée d’un local et de différentes structures. C’est un cadre qui affirme toujours notre existence et à travers lequel on continue de servir le football.
    Les dix-sept membres de cette glorieuse équipe du FLN, qui sont encore en vie, peuvent, en effet, apporter leur aide en prodiguant des conseils et en transmettant leur expérience aux entraîneurs existant dans les différentes structures de formation. D. G.

    Le jeune-independant 10-04-2008

  2. #16
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    Jeudi 10 avril 2008 -- Flash-back : en 1958, alors que les grandes nations du football se préparaient au Mondial suédois, et que les joueurs bataillaient pour aller jouer cette coupe du monde, d’autres footballeurs pourtant pré-sélectionnés pour ce Mondial, des Algériens évoluant dans le championnat français, préfèrent aller combattre, à leur manière, balle au pied, pour l’indépendance de leur pays.

    Ils formeront à Tunis cette merveilleuse équipe dont les joueurs ont été surnommés par des médias européens les «diamants bruns». Les figures de proue de ce groupe de footballeurs hors pair ne se lassent jamais de rappeler aux jeunes générations que cette formidable équipe est née à partir d’une idée qui a germé dans la tête de feu Mohamed Boumezrag (dont le stade de Chlef porte aujourd’hui le nom), après son retour du Festival mondial de la jeunesse tenu en 1957 à Moscou.

    La suite, tout le monde la connaît. Les «joueurs-combattants» algériens, en application d’un ordre «secret» du FLN, devaient rejoindre Tunis. Commence alors la grande épopée avec l’évasion de France des footballeurs algériens qui passeront en «catimini» ou incognito de nombreux postes frontaliers limitrophes de la France (Suisse, Espagne et Italie). Les joueurs de talent qu’étaient Mustapha Zitouni, Rachid Mekhloufi et feu Abdelaziz Bentifour ont fait preuve, d’ailleurs, d’un sens élevé du patriotisme en renonçant à des carrières prometteuses et surtout à une participation avec l’équipe de France au Mondial 1958 en Suède.

    Rachid Mekhloufi, l’ancien maître à jouer de l’AS Saint-Etienne, donne une véritable leçon de patriotisme : «Je n’ai pas hésité à déserter, en étant sous les drapeaux au bataillon de Joinville. Vous savez, les gens raisonnent aujourd’hui en termes de carrière, de palmarès et de finances à la coupe du monde ; bien sûr, j’y pensais, mais ce n’était rien au regard de l’indépendance de mon pays.» A leur manière, balle au pied, ces footballeurs militants participaient à la lutte de libération nationale. L’idée de départ était d’avoir une équipe de football qui puisse symboliser «l’image d’un peuple en lutte pour son indépendance». «Avec le recul, je peux dire qu’aucun d’entre nous ne regrette. Nous étions militants, nous étions révolutionnaires. J’ai lutté pour l’indépendance. C’était nos plus belles années», lance fièrement Mohamed Maouche.

    Après avoir raté son évasion avec le premier groupe en avril 1958, il avait été arrêté par la police française et emprisonné. Il ne sera cependant pas jugé comme déserteur. Cela ne l’empêchera pas de rejoindre le groupe à Tunis en novembre 1958 où ils sont déjà une trentaine de footballeurs algériens à entrer dans la légende. La véritable mission de cette équipe du FLN commençait alors avec les tournées effectuées chez les pays frères et amis qui ont accepté de braver l’interdiction de la FIFA qui considérait les Algériens comme des «factieux du football».

    Pendant deux ans, l’équipe combattante a émerveillé les publics des pays où elle s’était produite avec un total de 91 matches, 65 victoires, 13 nuls et 13 défaites. Mekhloufi et ses «frères d’armes» avaient inscrit 385 buts et en ont encaissé 127. «Ces rencontres avaient lieu la plupart du temps avec des sélections de plusieurs villes qui ressemblaient comme deux gouttes d’eau aux équipes nationales. Je me souviens que nous avions battu la Yougoslavie 6-1. Un exploit qui avait marqué les esprits, rappelle Mekhloufi.

    D’ailleurs, il ne s’est pas empêché de déclarer, lors d’une précédente cérémonie : «Les membres composant cette glorieuse équipe étaient non seulement de niveau mondial, mais formaient l’une des plus fortes équipes du monde. Et si l’on avait participé à un Mondial on serait allé loin», a-t-il conclu. Ces propos suffisent à résumer toute la valeur de cette légendaire équipe du FLN qui a contribué, sinon activement participé à sa manière, à l’indépendance de l’Algérie.

  3. #17
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    Samedi 12 Avril 2008 -- Rachid Mekhloufi n'avait rien demandé. Le 11 avril 1958, il y a cinquante ans de ça, la vie de l'attaquant de Saint-Etienne a basculé lorsque deux footballeurs, originaires comme lui de Sétif, sont venus le voir à la veille d'un match du championnat de France contre Béziers pour lui annoncer tout de go : "Rachid, demain on part en Tunisie."

    Rachid Mekhloufi fait partie des dix joueurs professionnels qui, entre le 12 et le 14 avril 1958, ont quitté clandestinement la France pour constituer l'équipe du Front de libération nationale (FLN). Jusqu'en 1962, cette sélection d'une nation sans Etat a servi de porte-voix au gouvernement provisoire de la République algérienne.

    "Quand Mokhtar Arribi (ex-Lensois) et Abdelhamid Kermali (Olympique lyonnais) sont venus à ma rencontre, ils m'ont juste dit que nous partions pour jouer au football, se souvient l'ancien espoir stéphanois, âgé aujourd'hui de 72 ans. A partir du moment où deux Sétifiens me rendaient visite, cela signifiait que l'affaire était importante. Je leur faisais d'autant plus confiance que ces footballeurs comptaient parmi mes idoles."

    La date du 12 avril n'a pas été choisie par hasard. Le match Monaco-Angers programmé ce jour-là rassemble cinq candidats au départ : quatre côté monégasque (Mustapha Zitouni, Abdelaziz Ben Tifour, Abderrahmane Boubekeur et Kadour Bekhloufi), et un côté angevin (Amar Rouaï). Mais Rachid Mekhloufi se blesse pendant la partie et perd connaissance. Le 14 avril au petit matin, c'est en pyjama, couvert d'un imperméable et un pansement sur la tête, qu'il quitte l'hôpital de Saint-Etienne en compagnie d'Arribi et de Kermali. Direction Lyon, où le trio doit retrouver le footballeur toulousain Abdelhamid Bouchouk avant de filer en voiture vers la frontière suisse. Un autre joueur de Toulouse, Saïd Brahimi, a préféré prendre le train pour Lausanne, l'un des deux lieux de rendez-vous fixés par le FLN, avec Rome.

    "La disparition soudaine de Mustapha Zitouni, l'arrière central de l'équipe de France, à quelques mois de la Coupe du monde en Suède, et celle de Rachid Mekhloufi, le buteur de Saint-Etienne sélectionné lui aussi chez les Bleus, ont provoqué un bruit énorme", témoigne le journaliste Michel Naït-Challal, qui vient de sortir un livre sur cette épopée politico-footballistique (Dribbleurs de l'indépendance, Editions Prolongations). C'est comme si, aujourd'hui, Lilian Thuram ou Karim Benzema disparaissaient tout d'un coup de la planète foot ! A 19 heures, Paris Inter annonce la fuite des quatre Algériens, mais les douaniers qui contrôlent leur véhicule n'ont apparemment pas écouté la radio. Ils reconnaissent le buteur stéphanois et l'interrogent... sur son parcours chez les Bleus. La voiture repart, les fugitifs s'envolent bientôt pour la Tunisie. Deux autres joueurs seront stoppés dans leur fuite, le Monégasque Hacène Chabri et le Rémois Mohamed Maouche. Dix hommes réussissent finalement à rejoindre Tunis. Ces footballeurs sans histoire dans leurs clubs deviennent, sur l'autre rive de la Méditerranée, "des militants de la cause algérienne en mission pour le FLN", selon Abderrahmane Meziane Cherif, l'actuel consul général d'Algérie à Paris et ami d'enfance d'Amar Rouaï. "Les Algériens étaient heureux d'apprendre cette nouvelle, les sportifs du monde arabo-musulman étaient surpris, les Français étaient frappés de stupeur, raconte le diplomate algérien. Des footballeurs de haut niveau qui ne manquent de rien et décident de partir : la preuve était faite qu'ils souffraient malgré tout, parce que leur pays était meurtri."

    Rachid Mekhloufi, qui vit aujourd'hui entre Alger et Tunis, se souvient : "Les gens qui avaient un père ou un fils en Algérie savaient qu'une guerre s'y déroulait, mais une grande majorité de Français ne connaissait rien de la situation sur place. C'est en apprenant notre engagement aux côtés du FLN qu'ils ont pris conscience de la gravité de la situation", estime l'ex-international.

    Outil de propagande, l'équipe a vocation à populariser l'insurrection algérienne partout dans le monde. Entre mai 1958 et juin 1962, en dépit des pressions de la France et de la Fédération internationale de football (FIFA), les joueurs du FLN disputent 91 matches (dont 65 victoires) dans les pays arabes, en Europe de l'Est et en Asie.

    A leur arrivée sur le sol tunisien, les footballeurs découvrent les conditions matérielles que leur a réservées l'organisation du FLN : prise en charge des loyers et des salaires ; fourniture de costumes et des équipements sportifs nécessaires ; présence permanente d'un commissaire politique, Mohamed Allam. C'est lui qui, par exemple, alerte les joueurs, avant le match contre l'Etoile rouge de Belgrade en mars 1961, de la présence dans les tribunes de l'ambassadeur de France. "Il était affolé. On est rentré sur le terrain et on a fait un match terrible : le FLN l'a emporté 6-1", sourit Rachid Mekhloufi.

    "Lors du premier tournoi que le FLN a disputé, la Tunisie, pour ménager la FIFA, n'a pas hissé le drapeau algérien. Le président Bourguiba, à son arrivée dans le stade, a exigé de voir les couleurs de l'Algérie", raconte l'écrivain Rachid Boudjedra, alors étudiant à l'université de Tunis. Scénariste du film inspiré de cette histoire prévu pour la fin de l'année, l'écrivain ajoute que "jamais une équipe n'avait eu une telle mission d'ambassadrice". Les "Diamants bruns", surnom donné aux joueurs algériens pendant leur première tournée en Europe de l'Est en avril 1959, brilleront jusqu'en Chine populaire et au Vietnam.

    "Ces années m'ont fait connaître des peuples et des chefs d'Etat de premier plan, Ho Chi Minh, Tito, le roi de Jordanie. Moi, le Sétifien marqué par les violences de 1945, le dernier d'une famille de huit enfants, le petit footballeur qui avait posé ses valises à Saint-Etienne à 18 ans dans l'espoir d'intégrer un club pro", raconte Rachid Mekhloufi. Il sera le premier à demander et obtenir d'Ahmed Ben Bella, en juin 1962, l'autorisation de rentrer en France. "A 25 ans, ma carrière n'était pas terminée", se justifie le joueur, qui retrouva les Verts dès la saison suivante.

  4. #18
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    Samedi 12 avril 2008 -- Nombreuses sont les situations, les étapes et les personnalités dont seule l’Histoire leur restera fidèle à travers les années qui défilent, et même l’oubli n’accepte de les omettre au regard des épopées qu’elles ont réalisées. Ceci est le cas pour certains joueurs de l’équipe de football du FLN, qui ont timidement fait l’objet de citations ou de récits en dépit de leur présence parmi "le groupe des 32 révolutionnaires".

    La glorieuse équipe du FLN, qui commémore aujourd’hui son cinquantenaire, comptait 32 joueurs, plutôt "32 moudjahidine", alors décidés de se sacrifier pour la cause nationale à travers ce qu’ils maîtrisaient le mieux, le football, malgré toutes les offres alléchantes qu’ils recevaient (...) et même jouer à la phase finale de la Coupe du monde de 1958 en Suède.

    Hélas!, les hommes et le temps ne leur ont pas été favorables, un grand nombre de ces joueurs, vivants ou disparus, n’ont pas été sous "les feux de la rampe" et n’ont pas eu leur droit à l’image, la génération d’aujourd’hui les ignore, n’a pu les reconnaître comme il se doit pour diverses raisons.

    Des raisons qui ont eu pour seul résultat l’ignorance d’une grande partie de la jeunesse algérienne de détails étincelants d’une glorieuse épopée ayant pleinement servi la Révolution algérienne. Si certains noms éminents tels Abdelhamid Kermali, Rachid Mekhloufi, les frères Soukhane et Mokrane Oualikène, Mustapha Zitouni, le regretté Abdelaziz Bentifour, Mokhtar Aribi et autres, sont toujours retenus par la mémoire nationale pour avoir poursuivi leurs carrières sportives au lendemain de l’Indépendance et entraîné quelques clubs ou encadré des projets sportifs, une grande partie de la glorieuse équipe du FLN reste inconnue pour les jeunes d’aujourd’hui.

    Le cinquantenaire de cette équipe historique ne pourrait être ignoré, l’occasion est la leur, cette commémoration aussi, d’où la nécessité d’un arrêt à la mémoire de ces hommes vaillants, en l’occurrence, les regrettés Saïd Haddad, les frères Chérif et Hocine Bouchache, H’sen Bourtal, Abdelhamid Bouchouk ou, parmi les vivants, Mohamed Hedhoud dit Settati, Mohmed Bouricha et autres membres de cette équipe qui a marqué l’Histoire en étant la seule à avoir utilisé le football comme arme pour le combat libérateur.

    Les jeunes d’aujourd’hui ou encore ceux nés après l’Indépendance, ne connaissent pas bien les membres de cette illustre équipe de football, à l’image de l’enfant de la Casbah, le regretté Saïd Haddad (né le 22/08/1922), le pivot de l’équipe ayant grandement contribué dans ses triomphes. Pour ses débuts footballistiques, le regretté défenseur jouait au du FC. Sète (1944-47), puis rejoignit l’O.Marseille (1949-52) et enfin Toulouse (1956-58), avant de répondre à l’appel de la patrie en intégrant la glorieuse équipe du FLN (1958-62) avec laquelle il a pris part à 22 matchs. Saïd Haddad a été rappelé à Dieu en 1981.

    Même chose pour son coéquipier Abdelhamid Bouchouk, natif de la ville de Azzaba et décédé à l’âge de 78 ans à Toulouse (France), ville où il brilla de mille feux au sein de son équipe de football dans les années 50. Il intégra les rangs de l’équipe du FLN en 1958. Après l’Indépendance, le défunt Bouchouk bénéficie d’une bourse d’études qui le conduira en Yougoslavie, où il reçoit une formation spécialisée dans le domaine de la gestion sportive, au terme de laquelle il regagne l’Algérie pour occuper le poste de directeur des sports au ministère de la Jeunesse et des Sports, entre autres postes qu’il occupa par la suite.

    Parmi les stars du football n’ayant pas joui de la renommée des autres joueurs de cette équipe du FLN, il y a Mohamed Bouricha, un des artisans de ses grandes victoires. Etant un grand mordu du football, il participe après l’Indépendance à la formation des stars du WA Boufarik, d’abord en qualité de joueur puis en tant qu’entraîneur et encadreur. L’évènement étant en premier lieu une occasion de fête, il suffira aux médias de jouer le rôle qui leur incombe et à ces stars leur appartenance à une équipe historique, dont les réalisations parlent d’elles-mêmes dès qu’il s’agit d’un débat sur la glorieuse révolution d’Algérie.

    Dans le souci de faire passer le message aux générations futures, pour que la flamme du 12 avril 1958 reste allumée, les membres de cette équipe, en majorité des septuagénaires, envisagent de poursuivre "la lutte" en mettant leur expérience au profit de la jeunesse d’aujourd’hui, à travers la fondation.

  5. #19
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    Dimanche 13 Avril 2008 -- Choisie pour abriter une partie des festivités du 50e anniversaire de la création des « premiers ambassadeurs » de la Révolution, la ville des Roses aura vécu un après-midi qu’elle n’oubliera pas de sitôt. Le stade Tchaker a revêtu ses plus beaux habits pour la circonstance. Même s’ils n’étaient pas tous là, ils étaient venus quand même. Amara, Bekhloufi, Bouricha, Kermali, Kerroum, Defnoun, les 2 frères Soukhane, Mekhloufi, Maouche et Zouba étaient présents à Blida. II y avait aussi les Marocains Mahdjoub (ex-Racing de Paris) et Akesbi (ex-Stade de Reims) ainsi que les Tunisiens Taoufik Benothmane et El Ayari. C’était le Maghreb uni du football ! Manquaient à l’appel Zitouni et Doudou retenus chez eux par la maladie. Tous ces présents avaient, bien sûr, une pensée pour leurs amis qui n’étaient plus de ce monde : l’entraîneur Boumezrag, Arribi, Benfaddah, Bentifour, Boubekeur, les frères Bouchache (Cherif et Hocine), Bouchouk, Bourtal, Brahimi, Chabri, Haddad, Ibrir Abderahmane, Mazouza et Oudjani. Outre les anciens joueurs de l’équipe FLN qui avaient pris place dans la tribune officielle, on reconnaissait une pléiade d’invités de marque appartenant au monde du sport mais aussi politique, artistique et industriel. Ainsi on reconnaissait Haddadj (FAF), Saâdane, Zaïm, Hannachi... Certains se retrouvaient après plusieurs années de séparation. Tout ce beau monde avait un peu oublié que le match d’ouverture entre l’EN filles et le Racing de St-Etienne (France) avait déjà débuté. Mais nos filles ont vite fait d’« accrocher » l’attention de ces spectateurs avertis en pratiquant un football qui souleva l’admiration des puristes. L’EN "B" a donné la réplique à l’USMB et l’ont emporté par 2 à 1, Metref sur 2 coups francs directs et Chehloul.

  6. #20
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    Dimanche 13 Avril 2008 -- Il est des décisions courageuses qui restent comme des exemples de bravoure pour l’histoire. Des choix audacieux qui mettent l’intérêt collectif au-dessus des petits calculs personnels et rendent, en premier, justice à l’homme opprimé. En toute discipline que ce soit, il y a cette éthique à respecter avant toute autre considération pour passer maître dans son art. Artiste, sportif, politicien ou simple ouvrier, on se doit d’obéir à certaines règles fondamentales pour donner un contenu humain à son activité. A ce titre, il y a des causes qu’on ne peut monnayer sans vendre son âme au diable. Bien au-dessus de la réussite sociale et des vanités que procure la célébrité, le triomphe de ces valeurs caractérise inévitablement toutes les grandes œuvres. L’épopée de l’équipe de football du FLN emprunte beaucoup à cette logique innée qui place «l’homme au-delà de ce qu’il fait».

    Le 13 avril 1958, une dizaine de footballeurs professionnels algériens, évoluant dans les clubs les plus prestigieux de France métropolitaine, ont discrètement déserté leurs équipes pour former une sélection du FLN, alors en lutte pour l’indépendance de l’Algérie. De grandes stars comme Rachid Mekhloufi et Mustapha Zitouni, véritables maîtres du jeu de la première équipe de France qui s’apprêtait à disputer le Mondial de Suède quelques mois plus tard, ont volontairement renoncé aux lauriers de la renommée pour défendre le droit de leur peuple à l’autodétermination et à la liberté. Une vingtaine d’autres athlètes se joindront quelques jours plus tard à l’appel de la patrie pour former une équipe de légende qui allait faire connaître la cause du peuple algérien aux quatre coins du monde. Au lendemain de cette fugue historique, unique dans les annales du football mondial, les médias internationaux et la presse mondiale se saisirent du sujet pour apporter un éclairage nouveau sur la situation dramatique du peuple algérien qui combat un ordre colonial inique.

    Cette sélection «clandestine», dont la puissance occupante avait pris soin d’empêcher l’adhésion aux instances de la FIFA, fera parler d’elle d’une fort belle manière. De 1958 à 1962, elle a disputé 58 matches contre des ténors de l’époque, à l’instar de la Tchécoslovaquie, de la Yougoslavie, de l’ex-URSS, de la Roumanie, de la Hongrie ou de la Bulgarie. Elle en a gagné 44, fait 10 matches nuls et concédé uniquement 4 défaites. Les Zouba, Brahimi, Maouche, Ben Tifour, Boumezreg et consorts ont inscrit 246 réalisations et encaissé 66 buts. Un parcours exceptionnel digne des grandes sélections nationales de l’époque avec en prime un rôle d’ambassadrice de la révolution algérienne qui a gagné la sympathie de millions de gens à travers le monde.

    Après quatre années d’intenses activités «diplomatiques», l’équipe brisera la chape de plomb coloniale pour montrer le visage hideux de l’occupation et susciter l’adhésion de larges pans de l’opinion publique mondiale en faveur de l’indépendance de l’Algérie. Sitôt cet objectif atteint en juillet 1962, nombre de ces footballeurs ont renoué avec leur club d’origine, en France même, où ils étaient reçus en héros. Cette épopée exceptionnelle de l’équipe du FLN reste à ce jour une source d’inspiration inépuisable pour de nombreuses formations «militantes». Elle a eu également le mérite de replacer le sport dans sa véritable mission de rapprochement et d’amitié entre les peuples avant même l’impératif de la performance et du résultat. C’était un peu le pot de terre qui a pulvérisé le pot de fer.

  7. #21
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    April 18, 2008 -- Imagine Algeria-born Zinedine Zidane - in his playing days - quitting the France national team right before a major international tournament.

    He then decides to leave the European country in order to join a new team from a rebel army fighting France.

    It sounds far fetched.

    But it's exactly what happened 50 years ago this week.

    In 1958, as the French national team prepared for the World Cup in Sweden, Algeria was engaged in a bloody war of Independence against the French colonial masters.

    Several Algerians were playing professionally in France and a few were part of the French national team.

    10 footballers, acting in the greatest secrecy, quit France, and went through Italy to reach the Tunisian capital Tunis.

    Among them were Mustaphe Zitouni of Monaco, considered the best centre half in France, and Rachid Mekhloufi, the St Etienne striker.

    Both were in a preliminary France squad of 40 for the World Cup.

    Instead, they made the strongest of stands for Algerian independence.

    In Tunis they met with a senior official of the Algerian army fighting for independence, the Front for National Liberation or FLN, and the FLN team was born.

    According to a FLN communique, the stars acted out of patriotism.

    "At a time when France is fighting a war without mercy against their people and their fatherland, they refused to give to French sport their qualities, which are universally recognised," the communique read.

    "As serious patriots, putting the Independence of their fatherland above everything, our footballers were determined to give a proof of courage, correctness and lack of self-interest to the Algerian youth."

    The FLN decided to form a team, and asked for FIFA recognition.

    The Algerians' first match was a suitably triumphant 5-1 win over Tunisia, which had already achieved its freedom.

    But FIFA, considering Algeria to still be part of France, did not recognise the FLN team, and even banned Morocco's Federation when the Atlas Lions played a game against the Algerians.

    All the Algerian players were suspended by FIFA, too, meaning they couldn't return to their professional careers in France.

    However many countries, in particular communist ones from Eastern Europe, did play against the FLN side, which became a formidable publicity tool for the Algerian cause.

    The results on the pitch were pretty impressive too.

    The side played 83 matches between May 1958 and December 1961, winning 57, drawing 14 and losing only 12, scoring an incredible 349 goals.

    In 1962, however, Algeria succeeded in winning its independence from France.

    The FLN team, its work done, became the Algerian national team, a side good enough to beat Czechoslovakia and West Germany in the mid 1960s.

    Several of the stars of the side, like Mekhloufi, returned to France to play club football there.

    But there is no doubt their greatest moment came when they took the political and personal decision to play for their independence.

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