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  1. #36
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    Vendredi 23 Octobre 2009 -- « Alger regarde vers le soleil levant. Pour la photographier dans ses meilleurs moments, c’est le matin qu’il faut le faire. Elle est alors pleinement Alger la Blanche. » Premières lignes d’un guide sur Alger, la capitale, une ville renouvelée, selon l’éditeur Al Bayazin qui publie cet ouvrage de 222 pages. Des lignes au touriste qui découvre une ville qui jadis s’appelait Ikosim. Les Phéniciens l’avaient nommée ainsi en raison des mouettes nombreuses qui survolaient la petite île qui faisait face au port. La ville a été fondée au VIIe siècle avant l’ère chrétienne. Elle est aussi ancienne qu’Isphahan, Londres ou Berlin. « Cité autonome de Maurétanie, Ikosim fera partie en l’an 25 du royaume de Juba II avant son annexion par Rome en l’an 40. La cité devient ensuite un municipe romain sous le nom latinisé d’Icosium », est-il précisé. Bologhine Ibn Ziri, prince ziride de la tribu des Beni Mezghana, est le fondateur de la ville. « C’est dans la seconde moitié du Xe siècle que Bologhine réhabilite pour les uns, fonde pour les autres, la ville qui prendra le nom d’El Djazaïr », est-il noté.

    Photos à l’appui, un voyage dans l’histoire algéroise est offert au lecteur : occupation espagnole du Penon en 1510, arrivée des frères Barberousse en 1514, défaite de Charles Quint en 1541, domination des raïs d’Alger sur la Méditerranée. « De Charles Quint à Charles III, tous les amiraux espagnols n’aspiraient qu’à en découdre avec la Régence d’Alger. Alger, « ville aux mille canons », faisait reculer les plus opiniâtres », est-il relevé. Raïs Hamidou Ben Ali, fils d’un modeste tailleur de La Casbah, était un raïs téméraire, un exemple. Vers 1816, les Anglais détruisaient la flotte algérienne. Alger avait connu la présence ottomane, période prospère, puis l’occupation française après la bataille de Staouéli en juin 1830. Les rédacteurs du guide recommandent la lecture de l’enquête de Amar Hamdani, La vérité sur l’expédition d’Alger », publiée en 1987. Selon l’auteur, les troupes françaises auraient mis la main sur un trésor de monnaies d’or et d’argent trouvées à La Casbah.

    « Alger en 1830, vue par... » est un chapitre consacré à des écrits d’étrangers sur la ville. « Alger donnait aux étrangers l’impression d’une ville calme et disciplinée, peut-être bien plus que les villes européennes contemporaines », écrit André Raymond dans Grandes villes arabes à l’époque ottomane. Il n’y a pas de chiffre exact sur la taille de la population algéroise vers 1830, mais les habitants étaient au nombre de 30 000 à cette date. Alger avait été en grande partie détruite par le séisme de 1716. Une partie du guide est consacrée aux musées d’Alger (Bardo, Antiquités, Beaux-arts) et un autre aux peintures d’Alger. Nadira Laggoune Aklouche relève que les terrasses de La Casbah ont été le thème préféré de la peinture coloniale. Alger, la capitale, est publié dans la collection « Villes du Maghreb et d’ailleurs », sous la direction de Hocine Seddiki.

  2. #37
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  3. #38
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    Jeudi 25 Mars 2010 -- Constitué de plus de trois cents images, de textes et de poésie, le recueil de Tewfik Bendaoud, Algérie : Visages et Paysages, est un parcours de plusieurs régions d’Algérie, visitées au cours des dix dernières années. Ayant associé Frank Hauck et Olivier Brestin en matière d’images pour réaliser son ouvrage, l’auteur Tewfik Bendaoud – lui-même éditeur de Atoucha – a parcouru des milliers de kilomètres à travers le territoire national et le monde arabe pour prendre des visages et des sites. Il a fait plus de 28 000 prises de vues de plusieurs régions. Il a vécu parmi les différentes populations, dialogué dans ses diverses rencontres avec les gens – anonymes – pour mieux les comprendre et être fidèle à ses découvertes. Nous pourrions aisément comparer ce photographe au grand reporter qui, de l’Algérois au Tassili, n’hésite pas à être généreux. Chacune de ces régions est représentée par un visage. Ils sont tous souriants et radieux, les personnages du photographe. Et chaque partie comporte ses textes poétiques ou des proverbes. Pour présenter le Tassili des Ajjers, il est dit : «La différence entre un jardin et un désert, ce n’est pas l’eau, c’est l’homme.» Il est sûrement question de l’homme bleu, l’homme au visage caché, aux yeux perçants à qui s’adresse, une fois de plus, le diseur : «Homme, il faut savoir te taire pour écouter le chant de l’espace, qui affirme que la lumière et l’ombre ne parlent pas.» Dans ces vastes étendues du désert où la nature est pleine de surprises, à commencer par les couleurs du jour et de la nuit, il est conseillé à cet homme : «Bois de l’eau pour te rendre beau. Gave-toi de soleil pour te rendre fort. Et regarde le ciel pour devenir grand.» Au Tassili des Ajjers, le poète sait que «le désert, ce sont tous ces miracles à la fois, autant de sujets d’émerveillement qui nourrissent cette passion qu’éprouve le Touareg pour le désert. Pour eux, nomades, il n’existe rien au monde de plus émouvant, de plus passionnant qu’une caravane sinuant dans les sables ; rien de plus émouvant que la poésie d’un campement nomade à la tombée de la nuit, quand les feux s’allument, que les troupeaux rentrent.» Encore faut-il savoir que, «si loin que nous portent nos pas, ils nous ramènent toujours à nous-mêmes».

    Le lecteur de l’ouvrage (re)découvre la diversité complexe de l’Algérie, les paradoxes, la richesse du territoire. Il en est tellement fasciné qu’il se remet à l’évidence qu’Alger est la porte du continent africain, cité méditerranéenne par excellence, une escale maghrébine pour se perdre dans ses faubourgs, festoyer sur son littoral et s’évader en s’installant sur ses balcons pour admirer le panorama. D’autant qu’Alger «apparaît comme accrochée dans le ciel… », où la tristesse n’a pas de raison d’être. Et il vrai que «si la vie est courte, un sourire ne prend qu’une seconde… ». Avant de quitter l’Algérois, il est impossible de faire fi de la Pêcherie, du Bastion 23 et surtout de la Casbah. Car «souviens-toi qu’au moment de ta naissance, tout le monde était dans la joie et toi dans les pleurs. Vis de manière qu’au moment de ta mort, tout le monde soit dans les pleurs et toi dans la joie». Une joie partagée en Kabylie où le Djurdjura vous accueille, non sans vous dire : «Fais ce que ton voisin fait, ou déplace l’entrée de ta maison.» Quel que soit le lieu de la demeure, dans le Constantinois, l’Oranie, les Aurès ou une des régions du Sud, il y a de l’amour et de la générosité. Chaque cité a son histoire à ne pas oublier, celle qui remonte à la Numidie, à Rome ou à Bysance. L’histoire d’une Algérie à laquelle l’aède s’adresse pour lui dire : «Si tu as de nombreuses richesses, donne de ton bien, si tu possèdes un peu, donne de ton cœur.» L’auteur de cet ouvrage semble avoir mis du cœur, afin de nous laisser au moins une trace de son passage dans chaque endroit qui a son propre langage.

    Algérie Visages et Paysages de Tewfik Bendaoud
    Beau libre/2e édition
    Edition Atoucha, novembre 2009
    Collection du Monde arabe
    Traduction en arabe par Rachid Akel
    304 pages, Prix 2 600 DA

  4. #39
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    Mardi 25 Mai 2010 -- Edité par Dalimen, le nouveau beau livre Algérie, vaste, captivante, diversifiée est signé par Ali El-Hadj Tahar et plusieurs photographes. L’ouvrage, dont les textes sont d’Ali El-Hadj Tahar, présente un ensemble d’images de Farouk Abbou, Mourad Amraoui, M’Hamed Kerrouche, Yacine Kessasra, Ratni, Mahrez Amrouche, Hachemi Ameur, Ali El-Hadj Tahar et de plusieurs photographes de l’agence nationale Algérie Presse Service. Il constitue un document appréciable sur les villes et les régions d’Algérie : Alger, Oran, Constantine, Tipasa, Béjaïa, Mostaganem, Tlemcen, Ghardaïa, la Mitidja, le littoral, les Hauts Plateaux, le Sahara, la Saoura. L’auteur fait également une présentation condensée mais riche de l’Algérie sous les angles historique, géographique, politique et économique. De belles photographies en couleur sont proposées en pleine page ou dans le corps du texte. Le lecteur appréciera des paysages naturels ou urbains, la société, la vie des hommes, leurs coutumes et traditions, l’architecture et les fêtes, le travail et le labeur humain, les plantes et les animaux... Terre d’accueil, l’Algérie fait partie de l’Afrique, de la Méditerranée et de l’Orient à la fois par son histoire, sa culture et sa géographie. Le pays, par ses diverses facettes, est captivant. Il a une histoire et une culture diversifiées, une géographie contrastée avec des paysages beaux à couper le souffle, parfois.

    Dans l’introduction du livre, nous pouvons lire : « Les paysages d’Algérie semblent se renouveler sans cesse. Grandes plaines, vallées, basses montagnes et hautes cimes, dépressions telliennes, chaînes calcaires et massifs, lacs, chotts et zones humides, forêts, élévations, dépressions, dénivellations, pics traversés par des gouttières, grandes étendues inclinées contre bastions et promontoires, qui montent et montent encore pour se transformer en monts, puis encore une fois redescendent pour aboutir aux plaines et aux vertes vallées… Une infinité de paysages dans un même pays. La montagne tantôt s’avance vers la mer, attirée par un instinct de départ inscrit dans la géologie même de cette terre, tantôt elle se rétracte comme pour rentrer dans un territoire où elle se sent protégée. Une géographie aussi diversifiée n’existe qu’à l’échelle continentale. Ici, elle l’est dans un seul pays… Poésie du silence, poésie des herbes chétives qui y poussent en été, poésie d’un champ infini raviné par la chaleur torride des juillets et des aoûts, poésie rare d’une herbe hivernale et printanière qui pousse et qui tapisse la terre jusqu’à l’infini avec des milliers de fleurs jaunes et oranges, poésie d’un ciel en ébullition, où un oiseau tente de rejoindre une lointaine ombre fraîche, poésie de la rosée qui perle le burnous des vendeurs de truffes, pour deux sous, sur les abords d’une rocade qui fonce droit devant, tracée au cordeau pour pénétrer l’horizon, telle une flèche. Celui qui découvre l’Algérie par son désert sera étonné de voir autant de verdure au Nord ! »

  5. #40
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    Jeudi 3 Juin 2010 -- Edité par Baghdadi, le portfolio du photographe Mohamed Ali Guellati est une invite à la découverte du Sahara, des Hauts-Plateaux, de la montagne ou de la mer. Le parcours du photographe qu’est Mohamed Ali Guellati semble très patient et passionné. Dans son introduction, l’éditeur Mohamed Baghdadi souligne le «regard averti» de ce talentueux artiste qui «a su me surprendre, me convaincre tout en me laissant voyager à travers ses magnifiques photographies, que finalement ce vaste pays n’a pas fini de nous ébahir…». Composé de six chapitres, l’auteur l’a intitulé Imzad et non pas tout simplement Algérie. Et il invite à «découvrir la beauté du paysage algérien au rythme» de cet instrument exceptionnel. En nous offrant 153 images, il nous plonge dans l’Ahaggar, le Tassili N’Ajjer, les merveilles de la Saoura et le Gourara, avant de nous emmener à Aïn Sefra et finir dans le littoral en passant par les gorges de Kherrata et la Kabylie. Un tour qu’il n’est pas aisé d’accomplir. D’autant qu’il faut avant tout mettre en évidence les différents contrastes, les diverses couleurs qui varient selon les saisons et la beauté du paysage à saisir dans toute sa dimension.

    Dans la présentation de cet ouvrage, l’universitaire Mohamed Lakhdar Maougal écrit notamment : «Quand le premier contact avec ce pays féerique du tropique du Cancer s’établit, l’être est saisi par le ciel d’un bleu pur et incessant, littéralement inondé par la luminosité inégalée d’un soleil généreux et franc, englouti par l’immensité des sables incandescents aux couleurs quasi uniformes à perte de vue, mais ondulantes comme des mirages entre les saillies fumantes des dunes, les contreforts mystérieux des plateaux tabulaires rabotés à la ligne d’horizon et déchiquetés ça et là, par d’immenses rochers aux formes érodées en des contours fantasques, signe d’une vie légendairement active, en sourdine depuis des millénaires».

    Aussi, le photographe a-t-il eu recours à la poésie des Touareg, mettant également en valeur un patrimoine ancestral des plus riches. Imzad trouve sa richesse dans l’esthétique d’images traitées avec soin et dans le souci du moindre détail. Certains sujets s’apparentent à des tableaux de peinture et il n’est pas impossible que son auteur ait une démarche de plasticien. Nous apprécions cela dans la prise de vue de Guelta Izernan, les cascades d’Afilal ou le Lac El Ouerka. Il n’y a pas de photographie sans intérêt artistique, thématique ou poétique.

    Imzad, photographies de Mohamed Ali Guellati, Editions Baghdadi, 2010, 162 pages, 153 photos


    Quelques expositions

    1979 : Nouveau Salon de Paris : paysages d’Algérie
    1980 : Salle du Centre culturel de la wilaya d’Alger : paysages d’Algérie
    1981 : Mulhouse et Bourtwiller sur le séisme d’El-Asnam
    1981 : El-Mouggar sur la Casbah d’Alger
    1983 : Centre C.W.A. sur les paysages d’Algérie
    1988 : Salle Frantz-Fanon sur l’Ahaggar
    1988 : Bruxelles, château de Molenbeek avec Algérie-Voyages animée par une troupe de 17 touareg
    Editions Baghdadi 630 titres, 5 prix dont 2 livres d’or

  6. #41
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