Mercredi 2 Février 2011 -- Les projets des tramways de Sétif et de Annaba commencent à prendre forme. L’Entreprise du métro d’Alger (EMA) a lancé, mercredi 2 février, des appels d’offres pour le recrutement de sociétés spécialisées afin de réaliser les études détaillées et assurer le suivi et le contrôle de la réalisation des premières lignes de ces tramways. Selon l’appel d’offres, la concurrence est ouverte aux bureaux d’études nationaux et étrangers, mais les critères fixés par l’EMA excluent les entreprises algériennes. L’EMA a fixé des conditions de participation qu’aucun bureau d’études algérien n’est en mesure de satisfaire. Pour soumissionner, les bureaux d’études doivent en effet prouver avoir réalisé au cours des dernières années au moins trois projets similaires d’une longueur minimale de 5 km. Aucun bureau d’études national n’a réalisé ce type d’études. Et pour cause : l’étude du tramway d’Alger, seul projet du genre réalisé en Algérie depuis l’indépendance, a été confiée à des étrangers. Plus étonnant, L’EMA a fixé des critères qui écartent les bureaux d’études nationaux de toute participation en tant que membres de groupements pour soumissionner à ces projets. Le chef de file du groupement doit être majoritaire et doit avoir réalisé au cours des dix dernières années au moins trois projets similaires d’une longueur minimum de 5 km. L’EMA a ajouté que chaque membre du groupement doit avoir contribué à la réalisation pendant les cinq dernières années, d’au moins une étude détaillée ou de suivi des travaux de réalisation d’un tramway ou d’un métro. «Les bureaux d’études algériens n’ont pas d’expérience dans le domaine des études de tramways et de métros. S’ils ne peuvent pas participer à des groupements, ils ne pourront jamais acquérir de l’expérience dans ce domaine. Ces projets seront toujours pris par les étrangers», déplore le directeur d’un bureau d’études privé. Cet appel d’offres illustre les contradictions du discours du gouvernement sur le patriotisme économique. Depuis quelques années, les autorités promettent d’augmenter la part des entreprises algériennes dans les contrats publics. Mais invariablement, ce sont les groupes étrangers qui se taillent la part du lion.