Dimanche 23 novembre 2008 -- Une liaison aérienne entre l’Algérie et le Koweït sera prochainement créée afin d’accompagner le développement économique et commercial entre les deux pays. Ces derniers prévoient également la mise en place d’une société d’investissement mixte pour faciliter le flux des capitaux koweïtiens vers l’Algérie. Les deux projets ont été annoncés hier par le ministre des Finances, M. Karim Djoudi, à l’occasion de la tenue à la résidence El-Mithaq de la 5e session de la commission mixte bilatérale, la première depuis 1987. Les deux pays ont donc convenu d’ouvrir une ligne aérienne qui effectuera pas moins de 7 mouvements hebdomadaires. Cependant le ministre n’a pas indiqué la date où elle sera effective. «Nous sommes en phase d’exécution de l’accord», a-t-il déclaré. L’autre projet d’envergure sur lequel les deux parties semblent s’être entendus porte sur la création d’une société d’investissement semblable à celle créée il y a quelques mois entre l’Algérie et l’Arabie saoudite. A ce sujet, le ministre a laissé entendre qu’il sera créé une telle société «chaque fois qu’un pays souhaite développer des investissements en Algérie». «S’il y a un fort potentiel d’investissement, il vaut mieux avoir un support financier conséquent», a-t-il affirmé.

M. Djoudi a expliqué qu’une société d’investissement a plusieurs objectifs, dont «le financement des investissements, l’évaluation de leurs opportunités et la participation à l’amélioration de leur management». Même si les banques sont là, M. Djoudi a estimé qu’un «investisseur qui vient en Algérie a besoin de trouver en face de lui une société qu’il connaît plus ou moins, qui soit mixte (avec son pays) et qui puisse lui identifier les opportunités d’investissement et les conditions de les réaliser». Pour le ministre, il ne fait aucun doute qu’en cette période de crise internationale «il y a intérêt à ce que les investisseurs koweitiens puissent participer à la croissance de l’Algérie» qui atteint 3,3 % en 2008. Il est vrai que les investissements koweitiens restent limités, de l’avis même du ministre, selon lequel «il y a trois ou quatre projets d’investissement qui sont sur le marché algérien et des échanges commerciaux de moins de 10 millions de dollars entre les deux pays». Les dernières statistiques sur les investissements directs étrangers en Algérie publiés par le réseau Anima parlent de 6 projets enregistrés entre 2003 et 2007 pour un montant de 2,08 milliards de dollars.

L’Algérie n’a pas besoin de capitaux, selon le Koweït

Pour élever le niveau des investissements koweitiens dans notre pays, le ministre des Finances a signifié à son homologue Mustapha Djassem Echamali que l’Algérie a mis en place un cadre juridique «très encourageant» pour les IDE et que de grandes opportunités existent dans le domaine de l’agriculture, de l’industrie et dans la privatisation. M. Echamali a reconnu néanmoins que «l’Algérie n’a pas besoin de capitaux mais plutôt d’expérience et d’assistance dans le domaine de la gestion». Selon lui, l’investissement demeure «l’affaire des opérateurs privés». «Notre responsabilité en tant que gouvernement est d’ouvrir le champ devant le secteur privé», a-t-il dit. Dans cette perspective, il a également été décidé la création d’un conseil d’affaires algéro-koweïtien pour identifier les opportunités d’investissement existantes. Le ministre algérien des finances, a indiqué que tout ce qui a été convenu doit être consigné dans une feuille de route «pour que nous puissions suivre les relations à tout moment et y apporter des correctifs». Les travaux de la commission mixte se sont conclus par la signature de plusieurs accords devant consacrer les décisions susmentionnées, mais également la coopération dans le domaine des archives et du secteur énergétique. M. Echamali a souligné que les deux pays ont une grande expérience dans le domaine des hydrocarbures. L’accord ne porte pas sur «des projets précis», mais «le champs est ouvert pour la coopération», a-t-il dit.