Samedi 6 Décembre 2008 -- Lampadaires éteints, absence de signalisation, flaques d'eau, ralentisseurs, embouteillages, chantiers interminables...les routes algériennes sont extrêmement dangereuses la nuit. Même la capitale n'échappe pas à cette dégradation qui touche tout le pays, en dépit des milliards de dollars dépensés pour relancer le secteur des travaux publics. Derrière le projet d'autoroute Est-Ouest, l'une des plus coûteuses au monde, se cache une réalité moins belle : les routes algériennes sont dans un état catastrophique.

En période de pluie, le périphérique entre Dar El Beida et Ben Aknoun est à hauts risques à cause des poids lourds et l'absence d'éclairage public et de signalisation. La route à peine visible est inondée par endroits, rendant la circulation difficile et souvent dangereuse. Autre axe, autres dangers : la voie rapide reliant Alger à l'est du pays est à peine éclairée et la chaussée à peine visible pour les automobilistes. La route est dégradée par endroits. Les routes secondaires qui conduisent vers les quartiers est et ouest de la capitale sont également dans un état catastrophique : absence d'éclairage et chaussée dégradée. La peinture sur la route s'est effacée depuis longtemps. Les fossés sont souvent obstrués. Dans les cités, comme à Bord El Bahri et Bordj El Kiffan à l'est de la capitale ou à Dely Brahim à l'ouest, les automobilistes doivent traverser des pistes et de petits lacs d'eau formés par les eaux de pluie pour arriver chez eux. Certaines cités nouvellement construites sont quasiment inaccessibles aux voitures, faute d'une voirie convenable.

Régulièrement, les autorités lancent des projets de réparation de la voirie, des réseaux d'assainissement ou d'eau potable, mais ces chantiers s'éternisent et les travaux durent plus de temps que prévu. Même les nouvelles routes construites récemment n'offrent pas de bonnes conditions de circulation aux automobilistes. Souvent inondées en période de pluie, ces routes sont déjà parsemées de ralentisseurs d'une nouvelle génération qui causent d'importants dégâts aux véhicules.

La situation catastrophique du réseau routier de la capitale témoigne de la dégradation des conditions de vie dans la première ville du pays, malgré des recettes pétrolières record engrangées par le pays depuis plus de dix ans. En hiver, les Algérois sont confrontés à la boue et aux inondations. En été, ce sont la poussière et le manque d'eau qui rythment leur quotidien.