Mardi 26 Mai 2009 -- Le métier du taxi clandestin, ou bien « la fraude », n’est plus réservé aux chômeurs, qui en ont eu recours pour survivre, mais d’autres tranches sociales le font aussi, y compris des cadres, des enseignants, à la recherche d’une petite bourse supplémentaires leur permettant d’achever le mois sans soucis financiers, au vue de leurs salaires médiocres. Ce métier « illégal », du point de vue juridique, n’est pas considéré ainsi par la majorité des Algériens. Des centaines de bus et de voitures circulent dans les rues d’Alger, à longueur de journée, ce qui donne l’impression que les Algérois ne sont pas confrontés au problème de transport. Mais, à chaque fois que l’on passe par n’importe quel arrêt de bus ou par une station de taxis, on réalise que le grand nombre de véhicules circulant à Alger, ne signifie pas que la crise de transport a été vaincue. Les taxis ne sont plus le meilleur moyen de transport pour rejoindre son poste travail, ou bien pour ne pas rater un rendez-vous important, parce que le chauffeur du taxi fixe, lui-même, la destination de la course. Ce qui explique le rabattement sur les petites voitures japonaises des clandestins, mais, faut-il relever que le nombre limité des stations de taxis, dans la capitale, a aggravé la situation. Un chauffeur de taxi clandestin, rencontré à la place du 1er mai, à Alger, nous a raconté ses débuts dans ce métier, les raisons qui l’ont obligé à l’exercer, ainsi que les difficultés rencontrées, notamment avec les agents de l’ordre. Une virée dans les rues d’Alger, nous a permis de constater que les clients des taxis clandestins ne sont pas toujours des simples citoyens, il y en a même une catégorie spéciale de clients, qui payent à leurs chauffeurs de taxis clandestins habituels, à la fin de chaque mois. « Beaucoup de cadres supérieurs et des hauts responsables font partie de notre clientèle, » a indiqué l’un des clando rencontré à Alger. Dans ce contexte, la situation n’est pas meilleure dans les wilayas d’Oran et de Constantine, où louer le service d’un taxi est devenu un difficile à réaliser. De ce fait, les taxis clandestins ont pu accaparer le terrain des taxis conventionnels. On compte, au moins, quarante stations de taxis clandestins, uniquement, au centre ville d’Oran. Certains parmi eux ont pris carrément les endroits réservés aux taxis conventionnels, par les services du transport. Les habitués des boites de nuit, des bars et des hôtels éparpillés dans la ville, sont les clients favoris des taxis clandestins, car ils payent bien. Ils sont, souvent, conduits tardivement dans la nuit. À Sidi Belabbes, aussi, nous avons rencontré un enseignant de la langue arabe, travaillant dans un CEM. Il a révélé qu’il exerce le métier du taxi clandestin, en parallèle, avec son métier de formateur, depuis quelques années. Ce dernier a justifié sa conduite par l’accumulation de ses dettes, car son salaire ne suffit guère à faire vivre, dignement, sa famille et pouvoir rembourser ses crédits. Dans ce sens, la ville de Jijel, à l’instar de plusieurs autres villes de l’est du pays, est confrontée à la même situation, vu son caractère rural, les taxis clandestins sont l’unique moyen de transport dans les zones rurales.
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Thread: Taxis clandestins
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26th May 2009 00:52 #1
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26th May 2009 00:53 #2
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Mardi 26 Mai 2009 -- Le phénomène de chauffeurs de taxi clandestins préoccupe de plus en plus les chauffeurs de taxis conventionnels, a déclaré M. Hocine Ait Ibrahim, président de l’Union des chauffeurs de taxis. Mais, il a reconnu, dans ce sens, que le comportement de certains « taxieurs » fait l’objet de beaucoup de critiques. Selon ce dernier, cela ne doit pas justifier la prolifération des taxis clandestins, tout en s’opposant à la remise des licences aux taxis clandestins, ajoutant que le problème des taxis clandestins ne sera jamais réglé à travers l’augmentation du nombre des chauffeurs, mais cela doit passer par l’amélioration des conditions de travail de ces derniers, et l’élaboration d’un plan de circulation pour la capitale. A travers toutes les villes visitées, dans le cadre de la préparation de ce dossier, consacré au phénomène des taxis clandestins, on a pu constaté que les raisons qui ont poussé cette tranche de la société à se rabattre sur ce métier, quoique non permis par la loi en vigueur, ce sont bien, d’une part, les conditions de vie extrêmement difficiles des familles algériennes, et d’autre part, le manque flagrant des moyens de transport, obligeant les citoyens à recourir au taxis clandestins.
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19th July 2009 00:39 #3
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Dimanche 19 Juillet 2009 -- On fait appel à leurs services lorsqu'on est pressé ou encore lorsqu'on ne trouve pas de transport. Mais aux yeux de la loi, ils sont, comme leur nom l'indique, des clandestins, communément appelés «clando». De concurrents obstinés des chauffeurs de taxis mais qui sont toujours là au bon moment et prêts à aller au bout du monde. Qui sont ces clandestins et comment sont-ils devenus si indispensables dans certaines situations ? Ils n'ont pas un profil bien déterminé. Ils sont des employés dans des entreprises ou dans des administrations. Ils sont aussi des fonctionnaires du secteur de l'éducation ou encore des personnes qui travaillent pour leur compte et qui, dans les moments libres, font du transport. Un seul critère pour intégrer cette «profession», avoir son propre véhicule et évidemment son permis de conduire. Pour travailler, ils se sont appropriés des espaces de stationnement un peu partout dans la ville et en dehors du centre-ville. Ils commencent leur travail généralement très tôt le matin ou en fin d'après-midi. Avant ou après les heures de bureau. Pour trouver la clientèle, ces «clando» ont leur astuce. Ils se font une réputation de transporteur de bouche à oreille. Ils proposent aussi leurs services sur la voie publique, un peu dans la discrétion. Mais pour les reconnaître, pas besoin d'être expert. Ils savent comment séduire le client. Certains ont même su comment fidéliser leur clientèle qui a dû renoncer au service taxi et faire toujours appel à un clandestin en cas de besoin. Fathi, 50 ans, père de trois enfants, a décidé de travailler comme clandestin depuis qu'il a acheté sa nouvelle voiture en recourant à un crédit bancaire. Le salaire qu'il touche ne lui suffit pas et il a opté donc pour le transport pour arrondir ses fins de mois et rembourser son crédit. Entre midi et 14 h, il est souvent appelé par ces fidèles clients pour le transport. Et à partir de 17 h, il stationne sa voiture à la Place des Victoires, attendant qu'un client sollicite ses services. Sur le gain qu'il récolte chaque jour, Fathi est plutôt satisfait et il compte continuer à faire ce «double boulot» au moins jusqu'au remboursement du prêt bancaire.
L'été sent les bonnes affaires !
La saison d'été est la période où ces transporteurs ne chôment pas. Entre les courses à la corniche ou autres plages limitrophes et les mariages, ils gagnent bien leur vie. Salima n'a pas de voiture. Chaque fois qu'elle est invitée à un mariage, elle fait appel à un clandestin pour lui assurer le transport à la salle des fêtes et le retour à la maison vers 5 h du matin. Le transporteur, elle le connaît bien. C'est un habitant du quartier en qui elle a confiance. «C'est un voisin que mon mari connaît très bien. Chaque fois que nous avons besoin de transport, mon mari fait appel à lui. L'avantage est que nous avons un transport à domicile même si on doit payer plus cher », souligne Salima. Bien sûr, ces clandestins travaillent à la course. Leurs tarifs varient entre 200 dinars pour une courte distance et 1.200 dinars à destination de la corniche. Plus le kilométrage augmente, plus la facture est salée. Amel raconte que le jour où les émeutes ont éclaté dans la ville d'Oran suite à la relégation du Mouloudia en 2e division, une crise du transport s'est installée, et ce durant trois jours. La ville a été paralysée et le transport avec. Les chauffeurs de taxis, de peur d'être agressés et leurs véhicules saccagés, refusaient pour la plupart d'embarquer des clients. Ce sont les clandestins qui ont trouvé leur compte dans cette situation de crise. « Pour aller du centre-ville à Bir El-Djir, j'ai dû payer 800 dinars. D'habitude, je paye 120 dinars par taxi pour la même distance». Si par le passé, le clandestin se faisait tout petit et redoutait d'empiéter sur le terrain réservé au taxi, aujourd'hui, il ne se cache plus. Pire encore, il fait dans la provocation en s'aventurant dans la chasse gardée des chauffeurs de taxi. Ces derniers n'hésitent pas à traiter ces «intrus» dans la profession de tous les noms et à les diaboliser, les considérant comme leurs pires ennemis.
Trop «exigeants» les taxis !
Qu'est-ce qui a encouragé ces clandestins à se voir pousser des ailes et venir concurrencer les professionnels du transport ? L'explication sur la prolifération des clandestins, nous l'avons trouvée chez les concernés eux-mêmes, les «taxieurs», et aussi chez les usagers. Les clandestins avancent comme argument la cherté de la vie, la baisse du pouvoir d'achat et aussi la demande croissante pour ce transport. Les chauffeurs de taxis estiment, pour certains, que si «ce métier» connaît un essor actuellement, c'est parce que le chauffeur de taxi ne joue pas bien son rôle de transporteur. Cette autocritique vient d'un ancien de la profession qui a plusieurs décennies d'activité. Ce chauffeur de taxi, toujours en activité, ne va pas avec le dos de la cuillère en estimant que si le clandestin a pris la relève, c'est à cause de comportements irresponsables de certains chauffeurs de taxis. «Ces derniers sont devenus très exigeants dans le choix de leur clientèle. Ils ne font pas monter plus de deux personnes qui sont ensemble. Ils ne s'arrêtent pas lorsqu'ils voient une femme avec ses enfants. Ils travaillent à la carte. Que vers les destinations qui les arrangent. Le comble est que certains n'hésitent pas à travailler par course pour des dessertes qui doivent être facturées au compteur. S'il faut maintenant répondre aux conditions du chauffeur de taxi avant de monter, mieux vaut alors solliciter un clandestin sans conditions et disponible à tout moment», argue ce vieux de la profession. Pour notre interlocuteur, «même si le clandestin travaille dans l'illégalité, il répond à un besoin en matière de transport. Le citoyen fait appel à lui et le défend même lorsqu'il est verbalisé par les services concernés ». Pour les usagers, ce type de transport constitue souvent une bouée de sauvetage aux moments de crise et pour les déplacements de nuit, par exemple pour une urgence médicale. Même si le risque de tomber sur des clando pas honnêtes et d'être escroqués ou agressés par ces gens qui ne sont pas recensés à la direction des transports, ni chez les différents syndicats des chauffeurs de taxis, est omniprésent, le métier de clandestin a de beaux jours devant lui. Tout comme les chauffeurs de taxis, ils ont été eux aussi victimes d'agressions et de violence. Le risque du métier est partagé avec leurs frères ennemis.
107 véhicules mis en fourrière
Dans le cadre de la lutte contre ce phénomène, la commission chargée de veiller au respect du code de la route, qui se réunit deux fois par mois, a prononcé 107 mises en fourrière au courant de cette année 2009 à l'encontre de personnes assurant le transport clandestin. La mise en fourrière est la sanction du 3e degré prévue dans le code de la route à l'encontre des personnes exerçant le transport illégalement. Ces sanctions sont-elles suffisantes pour lutter contre le phénomène ? Pour notre chauffeur de taxi, tant que la demande existe et tant que le taxi ne joue pas son rôle convenablement, le citoyen aura toujours recours au clandestin pour ses besoins en matière de transport.
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20th February 2010 00:25 #4
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BORDJ BOU ARRERIDJ, Samedi 20 Février 2010 -- Les chauffeurs de taxis "clandestins", qui évoluent depuis des années en terrain conquis à Bordj Bou Arreridj, voient leur part de marché s'amenuiser comme une peau de chagrin depuis la toute récente apparition de radio-taxis. Si les propriétaires de véhicules s'adonnant illicitement au transport de personnes voient "Nourik" (nom de la société de radio-taxis) d'un mauvais œil, les usagers, exaspérés par le "diktat" des fraudeurs, ne manquent pas de s'en féliciter. Et ils le font savoir. Pour Abdelbaki (45 ans), un fonctionnaire, père de famille, résidant au quartier populaire de Lagraph, c'est carrément "la fin du chantage !". Il y a quelques semaines, assure-t-il, pour se rendre à l'hôpital de la ville en cas d'urgence, et devant l'absence des taxis réguliers qui n'ont jamais assuré une permanence de nuit, il n'y avait "qu'eux" (les clandestins) pour proposer leurs services, et au prix qu'ils fixent eux-mêmes.







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