Jeudi 18 Mars 2010 -- Pourquoi des taxis refusent-ils certaines destinations et imposent aux clients leur itinéraire ? Les citoyens, qui n’arrivent pas à comprendre cette désolante situation, interpellent les pouvoirs publics. Les usagers des taxis souffrent le martyre. En effet, tout le monde se plaint, en vain. Les responsables n’arrivent pas à mettre fin à cette anarchie. Il faut dire qu’il y a une partie non négligeable de taxis qui imposent itinéraires et prix. Malgré la loi, le jumelage continue de sévir. «Si vous prenez un taxi compteur de la place du 1er-Mai à Bab El-Oued, vous devez payer au moins 80 DA. Je trouve que c’est trop cher, d’autant plus que le taxi continue à jumeler. Donc, la même course est multipliée par quatre», nous fait savoir Mouloud. Cet usager occasionnel souligne que «vu le coût excessif des services de taxi, j’ai eu à solliciter les services des clandestins, avec des tarifs beaucoup plus raisonnables». Les chauffeurs de taxi, pour leur part, soulignent que si les prix sont élevés, c’est à cause des bouchons qui rendent la circulation automobile impossible.

Les citoyens soumis aux règles des taxis

Les citoyens sont ainsi obligés de supporter les caprices et les arnaques de certains chauffeurs de taxis. «Ils nous mènent la vie dure. Ils refusent de s’arrêter même s’ils sont disponibles et en service. C’est insupportable», se désole une dame. Et une autre d’enchaîner : «Je me demande que font les autorités face à cette situation ? Ces gens-là imposent leurs destinations et pratiquent des prix impossibles alors qu’ils sont censés être au service des citoyens.» Quant à cette femme qui a du mal à mettre la main sur un taxi à partir de la place du 1er-Mai, et ce pour rentrer chez elle à Hydra, elle indique : «Souvent, ils nous imposent leur destination et préfèrent repartir vides que de prendre des citoyens qui sont pourtant pressés d’aller dans tel ou tel endroit. Et on prétend que le client est roi ! Pourtant, les taxis ne manquent pas à Alger !» Pour Sid Ahmed, ingénieur de 43 ans, employé dans une entreprise privée et habitant à Bab-El-Oued, «se déplacer quotidiennement vers El-Biar est une vraie corvée». «J’en ai marre de faire le pied de grue tous les matins. Je perds mon temps à attendre un taxi pour pouvoir rejoindre mon travail à l’heure. Regardez, il y a de nombreux taxis, mais aucun ne veut me prendre», déplore-t-il.

Il faut dire que les citoyens qui subissent ce problème quotidiennement sont légion. Une situation qui profite aux taxis clandestins qu’on désigne parfois de fraudeurs. «Franchement, ces clandestins sont des sauveurs vu leur disponibilité aux moments difficiles et lorsque les chauffeurs de taxi refusent de nous prendre», déclare Mohammed, étudiant à la Fac centrale. «Plusieurs chauffeurs de taxi n’assurent que les courses qui les arrangent. Ils prennent rarement deux personnes ensemble. Et quand on est trois, ils n’acceptent même pas de s’arrêter», témoigne un autre usager.