Lundi 29 Novembre 2010 -- Une autorité en charge du transport urbain sera bientôt créée par le gouvernement. «Cette autorité va agir pour le compte de l’Etat et des collectivités locales. Cette autorité est une pièce maîtresse dans le dispositif prévu pour le développement du transport urbain. Un projet de décret sera bientôt soumis au gouvernement en vue de sa création», a annoncé Saïda Benbouab, directrice du transport routier et urbain au ministère des Transports, invitée lundi 29 novembre de la Chaîne III de la radio nationale. Tous les transporteurs seront soumis à un cahier des charges qui sera élaboré par la nouvelle autorité. «Cela concerne autant les systèmes lourds tels que le tramway ou le métro que les réseaux de bus», a-t-elle précisé. Selon elle, cette autorité aura des missions de contrôle et va fixer aux exploitants les modalités techniques d’exécution des activités de transport urbain. «Elle travaillera également sur l’harmonisation de la tarification et sur la planification du développement du réseau de transport urbain. L’autorité va définir la qualité de service aux opérateurs, l’offre de transport, c'est-à-dire, les itinéraires et l’implantation des stations et des arrêts, les fréquences et les horaires de passage ainsi que la mise en place d’un système d’information à l’adresse des usagers», a-t-elle dit.

D’après Mme Benbouab, le transport urbain collectif s’est développé dans le désordre depuis 1988. «L’ouverture de ce type de transport aux opérateurs privés a permis l’augmentation de l’offre mais n’a pas permis l’émergence de grandes entreprises mais des entités de taille artisanale. Le rythme de construction d’infrastructures d’accueil des voyageurs n’a pas suivi celui de l’augmentation du nombre d’opérateurs», a-t-elle noté. Les établissements publics de transports urbains offrent une meilleure prestation de service et une meilleure régularité que les opérateurs privés, selon Mme Benbouab. «Il y a des inspections inopinées et régulières effectuées par les directions des transports au niveau des wilayas. Quand des infractions sont constatées, liées à l’insalubrité des véhicules, à la non disponibilité des tickets ou au comportement des chauffeurs, les autorisations d’exploitation sont immédiatement retirées aux opérateurs», a-t-il elle indiqué. L’augmentation anarchique de la tarification peut aussi conduire au retrait de ces autorisations. Le gouvernement, d’après elle, ne veut pas faire disparaître les petits transporteurs. «Ne disparaîtront que ceux qui ne veulent pas s’aligner sur la même qualité de service que les établissements publics de transport urbain», a-t-elle souligné.