Lundi 8 Mars 2010 -- Le président de la ligue algérienne des droits de l’homme, Boudjemaa Ghechir trouve que les modifications apportées au code de la famille n’ont aucunement amélioré la condition de la femme algérienne, déclarant que ce n’était que des modifications superficielles qui n’ont pas touché au cœur du problème. Le juriste a, en effet, évoqué les difficultés auxquelles la femme était confrontée lorsqu’elle voulait divorcer, ajoutant que ces modifications n’étaient pas allées à l’essentiel des relations conjugales, «les tribunaux se contentent de la question matérielle en omettant les autres aspects, ce qui est totalement contraires à la Charia».
Ajoutant que la justice imposait aux femmes qui souhaitaient divorcer des conditions dissuasives, leur demandant par exemple une attestation de la cour suprême qui assure que l’époux n’a pas cassé le jugement, dans le cas ou celui-ci décide de le faire, l’affaire peut trainer pendant des années, pendant lesquelles la femme n’est ni mariée ni divorcée. Même chose pour les demandes d’annulation, puisque notre interlocuteur précise « lorsque la femme va jusqu'à verser de l’argent en échange d’une séparation, c’est que les relations au sein du couple sont arrivées à profond niveau d’échec, mais l’obstination de l’époux peut entrainer la femme dans une affaire qui peut durer des années ».
Le juriste a affirmé que dans certains cas, la loi était responsable du désagrément des familles, en demandant à la femme qui souhaite divorcer pour violences conjugales, de déposer plainte auprès de la cour pénale, ne se contentant pas du certificat médical, ce qui conduit à l’arrestation de l’époux. Cette raison pousse certaines femmes à se rétracter. Notre interlocuteur a, par ailleurs, déclaré concernant la question du droit au logement stipulé dans la loi modifiée, qu’il était tout bonnement impossible de l’appliquer sur le terrain, puisque la justice n’applique qu’une somme qui n’excède pas les 6.000 DA, et qui ne suffirait pas a acheter la plus petite des maisons dans une bourgade en Algérie, insistant sur le fait que la femme continue de souffrir de cette loi qui a besoin d’être modifiée en profondeur.
Le président de la ligue algérienne de défense des droits de l’homme, le Pr Mustapha Bouchachi considère pour sa part que la modification du code de la famille de 2005 aura tout de même eu quelques aspects positifs, puisque la femme qui a un enfant à charge a droit au logement de l’époux et que l’époux doit au préalable avoir l’assentiment de la femme s’il désire en épouser une deuxième. Interrogé sur la situation de femmes divorcées sans enfants, qui n’ont de ce fait aucun droit au logement ou à une compensation financière et pour lesquelles des lois européennes prévoient le partage des biens des deux époux, M Bouchachi déclare que la loi est claire sur ce sujet et qu’elle est conforme à la charia, qui accorde à chacun le droit de conserver don indépendance financière.
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Thread: Le Code de la Famille
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8th March 2010 01:33 #43
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9th March 2010 01:05 #44
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Des manifestants dénoncent le Code de la famille :
Le Salon de la femme chahuté
« Maâk ya lamra diri hala ! »
Mardi 9 Mars 2010 -- Un groupe de manifestants réunis par les liens souterrains de Facebook a tenu à célébrer à sa manière l’emblématique journée du 8 Mars en chahutant le Salon international Eve de la femme qui se tient actuellement à la Safex (Pins maritimes). Il était un peu plus de 15h lorsque le groupe d’activistes, composé majoritairement de citoyennes, et regroupé sous l’étendard de « Bezzzef ! », ce collectif d’agitateurs « spécialisé » dans les actions de rue, ont fait irruption dans le hall « S » où se tient ledit salon (qui porte bien l’enseigne « Salon de la femme » comme on dit « Salon de l’automobile ou de l’agriculture »). Le choix du site n’est évidemment pas anodin : « C’est un Salon très "cosmétique" qui fait écho malgré lui à cette volonté de "maquiller" la condition féminine », commente-t-on. Malgré le froid et la pluie ininterrompue, qui n’a cessé de tomber depuis la matinée, le public, principalement féminin, était au rendez-vous.
À un moment donné, le groupe de contestation a pris subrepticement place au milieu du pavillon S et les activistes commencèrent aussitôt à extirper de leurs sacs leurs accessoires de manif’ : tracts, pancartes et… serpillières. Et même un plumeau ! Une procession s’est aussitôt formée et a commencé à sillonner le salon sous le regard perplexe du public. Les tracts, déclinés en arabe et en français, sont distribués. On peut y lire notamment : «Code de la famille = hogra», «Je ne suis ni un "objet" à exposer, ni un "bijoux" à cacher. Enchantée, je suis une femme». «Réclamons des lois civiles égalitaires». «Le 8 Mars n’est pas une fête mais un jour de lutte pour les droits». Le document rappelle également des articles de loi particulièrement infamants. Sur un autre tract, on peut lire : « Maâk ya lamra diri hala ! » (Avec vous les femmes, allez de l’avant !), détournement, on l’aura compris, du fameux slogan scandé à la gloire des Verts.
La procession, bien que silencieuse, a très vite attiré et attisé la curiosité du public. De charmantes hôtesses officiant dans les stands et autres mannequins élégamment habillées et maquillées pour la circonstance n’hésitaient pas pour certaines d’entre elles à demander un tract. Une femme lance : « Machi el code de la famille, el ibad houma li machi m’lah » (ce sont les hommes qui sont à blâmer, pas le code de la famille). Comme cela commençait un peu à faire désordre, fatalement, la parade des chahuteurs finit par éveiller l’attention du service d’ordre. Des agents de sécurité en costume cravate et talkie-walkie accourent, paniqués. Ils s’abattent sur les pancartes pour les déchirer avant de saisir les tracts d’autorité.
À un activiste qui s’évertue à leur expliquer qu’il s’agit d’une action pacifique, l’un des chargés de la sécurité du salon en costard de rigueur et les cheveux gominés, lance, affolé : « Depuis le matin, nous sommes sur le qui-vive. On nous a dit qu’un groupe dangereux allait envahir le salon. Le téléphone n’a pas arrêté de sonner. Il y a tout le protocole de Madame la ministre (Khalida Toumi devait y faire un tour semble-t-il) qui est en état d’alerte », justifie-t-il. Virés à l’extérieur, les manifestants ne se sont pas découragés pour autant. Ils ont continué à parader en brandissant leurs pancartes et distribuant leurs « prospectus de combat » sous le regard amusé de femmes particulièrement coquettes et néanmoins très à l’écoute. Le Salon de la femme se poursuit. La lutte des femmes aussi…
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9th March 2010 01:09 #45
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Mardi 9 Mars 2010 -- Ouech dek yal qadi est le titre d’une chanson produite en juillet 2003 par l’association de femmes 20 ans barakat, aux fins d’animer une campagne pour l’abrogation du code de la famille. Folklorisé outrageusement, surtout en Algérie, le 8 Mars s’annonce, bon gré mal gré, dans sa dimension internationale de lutte des femmes pour leurs droits. Il est utile de rappeler que nombre d’associations de femmes d’Algérie et de l’immigration se sont constituées en collectif – 20 ans barakat – dès mars 2003, pour mener une campagne contre le code de la famille (adopté le 9 juin 1984). Longtemps dénoncé, ce code fera le sujet de la réalisation d’une chanson. Les discours n’ont pas suffi ou ne passent plus. Alors, pourquoi ne pas offrir un single pour motiver les femmes, en s’adressant directement au magistrat, représentant direct de l’Etat en matière de législation.
L’œuvre est collective, autant que la campagne qui doit être animée, aussi bien en France qu’en Algérie. Ce texte n’est pas une œuvre d’art, mais seulement un outil dont les bénéfices devaient servir aux associations participantes à la campagne en Algérie. Produit simultanément dans les deux pays, il devrait intéresser un large public pour permettre l’ouverture du débat sur la situation des femmes dans la société algérienne ainsi que sur la nature de la société dans laquelle elles veulent vivre. Si les subterfuges connus servent toujours à mettre au silence une voix, il est difficile, voire impossible, de réduire au néant une chanson. «C’est parce que nous savons qu’une chanson vaut parfois mille discours que ce projet est né. Il n’aurait pu se réaliser sans la générosité des artistes, qui y ont participé gracieusement, et sans la conviction partagée par tous qu’il faut toujours se battre contre l’injustice…y compris en chantant !», est-il affirmé par les initiatrices. Ouech dek yal qadi est dû effectivement à la générosité de toutes ces voix féminines et de tous ces hommes qui ont contribué à son écriture, à la composition musicale et à sa diffusion.
En juillet 2003, 28 interprètes se sont rencontrées à Paris pour enregistrer ensemble le single. Des Algériennes comme Fettouma Ousliha (comédienne), Aïcha Lebgaâ, Mamia Cherif, mais aussi Annie Flore Batchiellilys du Gabon et Barbara Luna d’Argentine. Les artistes Akli D., Abdelaziz Yousfi, Mourad Inasliyen, Amirouche Inasliyen ont tenu à participer au chœur final, car convaincus de la lutte des femmes. Puis, un clip a suivi : un mix entre les images de l’enregistrement de la chanson et des images d’archives relatives à la lutte des femmes d’Algérie. Les paroles sont essentiellement en arabe populaire, la mélodie s’est créée sur une base chaâbie, tout en étant ouverte à d’autres genres, selon le feeling des chanteuses : polyphonie kabyle, rap, chaoui, tempo africain, raï et bédoui. Une Algérie en musique qui lutte avec toute sa diversité. Un CD de 4 minutes 44 secondes, qui est une véritable fleur à offrir chaque 8 mars.
Ouech dek yal qadi : Eh juge qu’est-ce qui t’a pris !
20 ans barakat : Vingt ans, ça suffit !
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9th March 2010 01:25 #46
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Djafar Bensalah :
Mardi 9 Mars 2010 -- « J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que je refuse l’Ordre nationale de Mérite, car vous n’avez pas œuvré pour lever le voile sur la disparition de mon père et vous avez ignoré la lettre adressée par ma mère », c’est l’expression par laquelle Michelle Audin, la fille de Maurice Audin, un ami de l’Algérie kidnappé par les parachutistes en juin 1957, a refusé l’Ordre national de Mérité accordé à titre posthume à son père par le président Sarkozy. Cette digne réaction est tombée tel un couperet au sein de l’Elysée, puisqu’elle a déterré les crimes du colonialisme français et a coïncidé avec la loi de glorification du colonialisme et le refus de repentance de Sarkozy, au nom « des fils pour les erreurs commis par leurs parents ».
De son côté, Louisa Ighil Ahriz, la combattante de la Guerre de libération, qui a subi toutes sortes de tortures, quand elle avait été arrêtée dans une embuscade dans la région de Chebli. Elle a malmené le général Shmidt et a révélé tout son passé noir à l’opinion publique nationale et internationale, et ce quand elle a intenté un procès contre lui pour « torture ». Cette dernière a pu réaliser, toute seule, des acquis que toutes les organisations révolutionnaires n’ont pu réaliser, et ce uniquement pour l’honneur des martyrs et la déclaration du 1er novembre.
Louisa Ighil Ahriz qui activait dans la 4e région militaire, a pu sauver la vie des milliers de moudjahidine, ses youyous ont raisonné dans les montagnes, annonçant la mort de certains de ses frères combattants. C’est une icône de la révolution, elle mérité d’être décorée le grade de maréchal, comme toutes les femmes des villages et des hameaux, obligées de rejoindre leurs frères qui ont pris le maquis et ceux qui ont pris la mer, tous unis pour un seul objectif : la lutte contre l’armée française et toutes sortes de torture corporelle et morale et même des viols collectifs.
Des jeunes filles pleine de volonté avaient décidé de prendre le maquis, citons à titre d’exemple Malika Gaid, Aicha Hadad, Djoher Akrour et Anna Greky et tant d’autres qui ont été traduites devant les cours françaises et vécu dans les couloirs des condamnées à morts, avec beaucoup de courage. Tout simplement elles croyaient à une indépendance imminente. Malheureusement, une indépendance qui n’a pas profité à tout le monde. Beaucoup de moudjahidine se souviennent des actes de l’OAS, après le 19 mars.
Les mêmes « combattants » qui ont lutté pour libérer l’Algérie, ont ordonné de faire des héroïnes qui ont donné des leçons de courage et d’amour de la patrie, et ce par une suggestion des moudjahidines du dernier quart d’heure, des « bonnes » soumises au code de la famille de 1984, qui a considéré la femme en tant que mineure. La femme a payé cher les erreurs de ce code de la famille, pendant la décennie noire. Rappelons-le, des milliers de femmes ont fait l’objet de viols collectifs et autres tortures par les groupes terroristes, car considérées en tant que butins de guerre. Ces femmes souffrent toujours, en particulier après l’amnistie de leur violeurs, au dépens de l’honneur des femmes qui ont tout donné pour que vive l’Algérie, mais hélas la moindre des choses, la dignité, leur a été refusé.
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23rd April 2010 01:06 #47
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بعد أكثـر من أربع سنوات من بدء تطبيق أحكام قانون الأسرة المعدل في العام 2005، يختلف المختصّون حول إيجابية أو سلبية نتائجه على واقع النساء، بين من يؤكد أن بنوده كانت مجرد لمسات سطحية لم تغير شيئا، ومن يرى انه لم يعد بإمكان القانون أن يقدم ما هو أفضل لتحسين وضع النساء في النطاق الأسري.بينما أظهرت دراسة قامت بها مؤسسة ''فريدم هاوس'' الأمريكية المدافعة عن الحريات، أن الإصلاحات التي نفذت في الجزائر عام 2005 أدت إلى تحسين استقلالية النساء في إطار العائلة، وأزالت إلزامها بطاعة زوجها.
يرى بوجمعة غشير، رئيس الرابطة الجزائرية لحقوق الإنسان، أن تعديلات قانون الأسرة لم تغير من واقع المرأة الجزائرية، مبرزا أنها تعديلات سطحية لم تمس جوهر المشاكل الحقيقية للمرأة.
أبرز الحقوقي بوجمعة غشير في تصريح لـ''الخبر''، أن التعديلات التي طرأت على قانون الأسرة لم تضع حدا لمعاناة المرأة الجزائرية مع التناقضات الموجودة في القانون الذي يبدو شكليا، إيجابيا وفي صالحها، حسبه. وأشار المتحدث إلى الصعوبات التي تواجهها المرأة الراغبة في الطلاق بسبب استحالة الحياة بينها وبين شريكها، مضيفا بأن التعديلات لم تمس جوهر العلاقة الزوجية، مواصلا ''المحاكم الجزائرية لا تنظر إلى الأضرار المعنوية، بل تكتفي بالأضرار المادية، عكس الشريعة الإسلامية''.
وأضاف في السياق ''المحكمة تضع شروطا تعجيزية لطالبات التطليق، حيث يطلب منهن الحصول على شهادة من المحكمة العليا تفيد بأن الزوج لم يطعن في الحكم، وفي حال طعن الزوج تبقى القضية معلقة في المحاكم لسنوات لا تكون فيها المرأة مطلقة ولا متزوّجة''.
وواصل المتحدث أن نفس المشكل تعانيها طالبات الخلع، مضيفا ''عندما تصل المرأة لدفع مقابل مادي للانفصال، فهذا يعني أن العلاقة الزوجية وصلت إلى أقصى درجات الفشل، لكن مع ذلك تعسف الأزواج يبقي المرأة معلقة لسنوات''. وأكد الحقوقي غشير أن القانون يساهم أحيانا في خراب الأسر، عندما يشترط على طالبة التطليق بسبب عنف الزوج مثلا، الذهاب إلى محكمة الجنح لإيداع شكوى بحق الزوج ولا يتم الاكتفاء بالشهادة الطبية، وهذا قد يعرضه للسجن، والراغبات في الانفصال بصمت يفضلن التراجع لهذا السبب''. وعن حق السكن للمرأة الحاضنة الذي ضمنه القانون المعدل، قال المتحدث أنه يبقى مستحيل التطبيق في الميدان، على اعتبار أن القضاء يحكم بمبلغ زهيد لا يتجاوز 6000 دينار في الغالب. وهو مبلغ لا يضمن توفير مسكن في قرية بالجزائر العميقة. مضيفا ''المرأة لا تزال تعاني والقانون بحاجة لتعديلات في العمق''. أما من وجهة نظر الأستاذ مصطفى بوشاشي، رئيس الرابطة الجزائرية للدفاع عن حقوق الإنسان، فإن تداعيات قانون الأسرة للعام 2005، كانت ايجابية على وضع المرأة خاصة فيما يتعلق بتوفير المسكن للمطلقة الحاضنة، واشتراط موافقتها عند رغبة الزوج في زواج آخر. مؤكدا أن هذه القوانين أصبحت تطبق في الميدان بحذافيرها.
وحول سؤال ''الخبر'' لبوشاشي عن وضعية المطلقات اللاتي لا يمارسن الحضانة، وتجريدهن من أي حق في مسكن أو مقابل إيجار، رغم أن بعض القوانين الغربية، تقر ضرورة اقتسام ما اكتسب أثناء الزواج بين الشريكين في حالة الطلاق، قال المتحدث إن القانون واضح في هذا الشأن ويتطابق تماما مع الشريعة الإسلامية، التي تمنح كل واحد الحق في الاحتفاظ باستقلالية ذمته المالية.
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15th May 2011 20:26 #48
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Eleanor Beardsley, May 15, 2011:
Algeria, which shares a border with both Tunisia and Libya, is so far just watching the upheaval across the Arab world. Most Algerians say their country is still too scarred by a decade of violence in the 1990s to endure another uprising. Nearly every Algerian now calls that a lost decade, but no one feels it more acutely than Algerian women. At the end of the 1980s, massive protests brought many political and personal freedoms to civil society in Algeria, but the gains were short-lived. With Islamists poised to win elections in 1991 and institute Shariah law, the government canceled the elections. After that, the Algerian state battled an Islamist insurgency and nearly 200,000 people died. During that time, women's position in society regressed, feminists say, and the country has turned more conservative. Now, women say they feel like they're waking up after a long sleep.

The Family Code
Children play in the crowded lanes of the Algiers Casbah, a hilly neighborhood of mosques and cramped houses that overlooks the Mediterranean Sea. Most of the women there are veiled; some even cover their faces. But the traditional quarter is also the birthplace of Algerian female emancipation. It was in the Casbah that women joined men to fight the French during the war for independence in the late 1950s. The famous Battle of Algiers took place in the Casbah in 1957, and photos of the female martyrs hang on tea house walls. Across town, in a more modern neighborhood, Nadia Ait Zai runs a women's association. She says Algerian men and women are equal under some laws, like the ones governing the workplace. But a special law called the family code keeps women from true emancipation. "Algeria and Morocco still have these archaic, rigid Muslim laws that govern family life," she says. "They allow the husband to be able to unilaterally divorce his wife, and permit polygamy for the man. So it's these kinds of things that are holding us back." Ait Zai says in real life, Algerian women take more rights than they are given on paper. The protests at the end of the 1980s brought political reform and greater freedom for everyone, especially women, with increased female literacy and employment. But that era of hope and openness ended when the Islamist insurgency plunged the country into a brutal civil war that lasted through the 1990s. Ait Zai calls that decade a devastating setback for women. "It was horrible because the Islamists' first targets were women," Ait Zai says. "For them, the change in society began with the total submission of women. They wanted women to stay home, wear the veil and just be procreators."
Proving themselves in the classroom
Ait Zai and other women say they're only just now regaining what they lost during the civil war, known as the Black Decade. While most people reject extremist Islam, society is more conservative now, says Ait Zai. She says more women wear the veil, and most don't work outside the home. One exception is the medical profession; more than half of Algeria's doctors are women. Dr. Amel Abbess practices forensic medicine at one of Algiers' main hospitals, and she also teaches at the local university. Abbess says Algerian society is macho, like the rest of the Mediterranean world. But she says young women are proving themselves today by excelling in their studies. Most of her female students might wear the veil, but it doesn't mean they don't stand up for their rights, she explains. "I see their reactions when I teach some things about our criminal code. They're revolted. They don't agree. And they show their disgust with the male students who are generally more conservative," she says. Abbess is referring to Algeria's laws that don't allow victims of rape to receive an abortion, unless the rapist is a terrorist. Abbess says that caveat was added by the government during the warped decade of the civil war.
True emancipation
On the streets in Algiers, many women wear the veil; others don't. But Algerian women say the veil is not an issue in their emancipation — what matters is their family situation. Unlike most Algerian women her age, 40-year-old Salima Benhadid is not married and she has a paying job. Both give her a rare independence. "The Algerian woman is always dependent on a man, especially if she doesn't work," Benhadid says. "And if she divorces, she may end up with nothing and then be dependent on her brothers or her parents. That's the real problem." Benhadid, feminist Ait Zai and other women here say their lower status within the family is at the core of their inequality. They say true emancipation will come with work, independence and, of course, amendments to the Family Code.







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