Samedi 20 Février 2010 -- Une fois le congé de maternité épuisé, faire garder ses enfants de moins de 4 ans devient un véritable parcours du combattant pour les femmes actives. Entre la crèche et la nourrice, les avis restent partagés. Si certains parents optent pour une nourrice (dont celle à domicile), d’autres préfèrent inscrire leur enfant dans une crèche. En effet, nombre de mères de familles que nous avons rencontrées justifient le recours aux nourrices par l’équilibre que celles-ci peuvent apporter à leurs enfants. «En confiant mon bébé de 10 mois à une nourrice, j’aurai la conscience tranquille. Mon enfant ne sentira guère la différence», dit Ahlem, jeune maman, travaillant dans le secteur de la communication. Elles sont plusieurs, en effet, à recourir aux nourrices, à l’image de Zahia, 35 ans, médecin à l’hôpital de Rouiba, qui estime que le recours à la crèche n’est qu’une solution au cas où il n’y pas de nourrice. «Pour mon premier bébé, une fois mon congé de maternité épuisé, j’ai regagné mon poste de travail, confiant la garde de mon nouveau-né à une voisine, en contrepartie d’une somme d’argent. Elle s’en occupait à merveille. Dès que mon enfant a atteint l’âge de 2 ans et demi, nous avons convenu, son père et moi, qu’il aille à la crèche, cela d’autant que ma voisine était tombée malade», révèle Zahia, avant d’ajouter : «En recourant à la crèche, je n’avais, en fait pas le choix, dans la mesure où personne ne pouvait s’occuper de lui. Il me fallait très vite trouver une solution. Et c’était la crèche».

Par ailleurs, d’autres parents estiment avoir préféré faire appel aux crèches, sous prétexte que c’est un lieu où l’enfant peut évoluer avec d’autres enfants de son âge. À l’exemple de Anissa, 40 ans, travaillant dans une société privée, qui révèle avoir changé de nourrice plus de trois fois, et ce pour le confort de sa fille âgée de 12 mois. «Chez une nourrice, l’enfant ne peut pas évoluer. En outre, à la moindre gaffe, il peut faire l’objet d’une raclée de la part de celle qui est censée prendre soin de lui. À la crèche, les choses sont différentes. Il est très important que l’enfant côtoie des enfants de son âge. Cela contribuera à son épanouissement», dit-elle. De son côté, Leila, qui préférait ramener une nourrice à la maison pour garder son enfant de trois ans, avoue qu’elle ne fait plus confiance à une personne étrangère. «Mon mari m’a parlé de son collègue de travail qui a fait l’objet d’un vol de la part d’une nourrice ramenée pour s’occuper de son enfant», indique cette jeune mère de famille.

Jamais sans mon enfant !

D’autres familles sont tout à fait contre. Pour elles, un bébé a besoin de sa maman. «Je suis contre le fait que mon bébé de 9 mois soit gardé par une autre femme que sa maman. On ne sait même pas comment elle est chez elle et donc comment elle se comportera avec ma fille. C’est ce qui m’inquiète le plus», nous dit Fatiha, la quarantaine, médecin et actuellement en congé sans solde de trois ans. Cet avis est partagé par beaucoup de mères actives qui ont opté pour le foyer et disent refuser de sortir leurs bébés, parfois à 5h30. Devant cet état de fait, nombre de femmes actives estiment que les crèches d’entreprises constitueraient la solution adéquate pour mettre un terme au problème de garde de leurs enfants. Une expérience menée, d’ailleurs, par plusieurs grandes entreprises en Europe. Cependant, nombre de spécialistes préconisent à la maman d’élever elle-même son enfant. «Entre 0 et 3 ans, l’enfant a besoin de sa mère. Ce dernier mérite quand même ce petit sacrifice, au cas où sa maman travaille», souligne une psychologue.