Mardi 27 Avril 2010 -- Des jeunes filles diplômées, très présentables, le look attractif et d’une sympathie remarquable, sont employées dans des magasins, des restaurants, des supermarchés ou encore dans des librairies des supérettes, des taxiphones et des cybercafés. Ces tâches autrefois réservées au sexe opposé, sont aujourd’hui accomplies par des femmes. Sourire aux lèvres, ces jeunes filles accueillent courtoisement les clients sur les lieux où elles sont employées. En contrepartie, un salaire dérisoire leur est versé alors que la tâche n’est pas aisée et le nombre d’heures travaillées dépasse souvent la norme. Il convient de dire qu’en l’absence d’opportunités, ces jeunes filles sont contraintes d’accepter ces jobs pour gagner un peu d’argent de poche. Si cette nouvelle forme de travail est considérée par certains comme une sorte de métamorphose d’une société reconnue conservatrice, pour d’autres, c’est tout simplement une forme d’esclavage. Interrogées sur leur situation professionnelle et le salaire qu’elles perçoivent, les jeunes filles que nous avons rencontrées soulignent que la rémunération n’est pas fameuse, elle est même dérisoire. «L’essentiel est que je puisse m’offrir quelques produits de beauté et des vêtements», indique une vendeuse dans une boutique de cosmétiques.
Quant à Nadia, 26 ans, elle dit n’avoir aucun complexe car c’est pour aider sa famille dont le seul revenu provient de la maigre retraite de sa mère. «Avec ma licence en sciences commerciales, je n’arrive toujours pas à décrocher un boulot stable. Je travaille depuis deux ans dans un magasin de prêt-à-porter avec un salaire de 8 000 DA par mois et je ne suis pas déclarée à la sécurité sociale. Je ne m’en plains pas car je n’ai pas d’autre choix». Pour Hanane, 24 ans, le petit job qu’elle a pu obtenir grâce à une connaissance est à préserver coûte que coûte. «Je travaille comme gérante de taxiphone avec un salaire de 10 000 DA. Je sais pertinemment que c’est mal vu par les gens mais je n’ai pas le choix. J’ai besoin de travailler pour pouvoir me prendre en charge», souligne cette jeune fille licenciée en droit.
Nombreuses sont les filles qui travaillent chez des particuliers, dans des magasins ou d’autres locaux à usage commercial. Certaines sont exploitées, elles travaillent quasiment 7/7 j pour un salaire de misère. Pis encore, elles ne sont pas déclarées et ne disposent d’aucune protection sociale. Cela veut dire qu’elles exercent ces métiers au noir. En cas d’accident ou autres risques, elles ne pourront pas compter sur l’employeur. «Aujourd’hui, j’ai presque trois ans de travail comme caissière dans un supermarché. Je touche un salaire minable et en plus je ne suis pas déclarée à la sécurité sociale. Je suis totalement consciente des dangers que j’encours en travaillant au noir, mais je n’ai pas d’autres opportunités », déclare Lamia, 27 ans, ajoutant : «L’année dernière j’ai eu un accident sur mon lieu de travail, ce qui a entraîné une incapacité d’exercer de plusieurs mois. Je n’avais reçu aucun sou vu que je n’ai aucune assurance, n’étant pas déclarée.»
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27th April 2010 00:09 #1
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Lynda Louifi :







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