Samedi 2 Octobre 2010 -- On se marie de plus en plus tard en Algérie. Les spécialistes donnent le chiffre effarant de 33 ans comme âge pour convoler en justes noces. On évoque même le fatidique nombre de huit millions de personnes non mariées, selon les statistiques nationales. Pas plus tard qu’en 2008, l’ONS (Office national des statistiques) a rendu publique une enquête, révélant que l’âge moyen au premier mariage en Algérie était de 33 ans pour l’homme et de 29 ans pour la femme. Dix ans auparavant (1998), il était de 31 ans pour les hommes et 27 ans pour les femmes. «Cela devient gravissime. Qu’est-ce qui se passe pour que nos garçons et nos filles en soient arrivés là ?» s’inquiète Sid Ahmed un homme de 52 ans, père de 7 enfants dont l’aîné est âgé de 28 ans. Notre interlocuteur, natif d’El-Biar, un quartier situé sur les hauteurs d’Alger, tient à souligner qu’il s’est marié à l’âge de 23 ans. «J’ai épousé ma femme en 1981. Je travaillais à l’époque au ministère des PTT. Quant à ma femme, elle était âgée de 19 ans. Nous allons fêter bientôt nos 30 ans de mariage», ajoute cet homme apparemment heureux. Sid Ahmed n’omet pas aussi de rappeler qu’il a dû occuper une chambre dans l’appartement familial composé de trois pièces. «J’étais l’aîné, mes parents m’ont dégagé une pièce de 16 mètres carrés. Après une dizaine d’années, j’ai eu la chance d’obtenir un logement par l’intermédiaire de mon employeur. Al hamdoulillah», nous dit Sid Ahmed qui tient aussi à nous révéler qu’il est grand-père depuis 6 mois. Et d’ajouter : «J’ai marié mon fils à 26 ans. Et voilà que Lyes (son fils) est aujourd’hui papa d’une jolie poupée prénommée Chérifa. Je suis un homme comblé».
Il faut dire que le cas de Sid Ahmed a tendance à se faire rare de nos jours. La crise financière qui a généré une crise chronique du logement a porté un sacré coup à l’institution du mariage. Les sociologues parlent de «freins matériels», pour expliquer ce phénomène. «L’Algérien ne refuse pas le mariage. Il refuse d’entretenir une liaison illégale compte tenu de la foi islamique qui reste ancrée dans notre société. Si les gens se marient tard, c’est à cause du logement, en premier lieu», nous explique un spécialiste. Notre interlocuteur poursuit : «Il y a aussi le fait que des familles continuent d’exiger beaucoup d’argent au prétendant. La dot est aussi un frein au mariage.» Un imam corroborant les propos du sociologue nous dit que le mariage est perçu souvent comme synonyme de «ruine» par de nombreuses familles. «On ne veut pas sortir des sentiers battus, c’est-à-dire faciliter l’union sacrée entre le jeune homme et la jeune fille qui veulent sceller leur avenir dans le cadre des préceptes de Dieu», souligne cet homme de culte qui officie dans une mosquée d’Alger. Les traditions algériennes en la matière ont beaucoup évolué (dans le mauvais sens ?) dans la mesure où la salle des fêtes, la limousine, le coffret plein de bijoux et autres folies deviennent presque obligatoires dans la célébration d’un mariage. Il y a quelques années, nos aînés se contentaient de peu. Ce qui leur importait, c’était la stabilité du couple. La’hna yaghlab laghna.
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2nd October 2010 00:10 #1
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Lynda Louifi :







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