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  1. #302
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    Samedi 19 Avril 2008 -- Très attendu, le rapport du secrétaire général des Nations unies sur le conflit du Sahara occidental n’apporte rien de nouveau, hormis la requête de prorogation du mandat de la Minurso qui expire le 30 avril. Ban Ki-moon s’en remet également aux deux parties concernées, à savoir le Front Polisario et le Maroc, auxquelles il demande de faire preuve de “réalisme” et “d’esprit de compromis” afin de sortir de l’actuelle impasse politique. Il affirme dans ce rapport au Conseil de sécurité, qui couvre la période des six derniers mois dans la région, que “la consolidation du statu quo ne serait pas un résultat acceptable de l’actuel processus de négociations”.

    Il saisit l’occasion pour encourager donc les deux parties à maintenir leur engagement tel que cela avait été stipulé dans le communiqué final au quatrième cycle de pourparlers qui a eu lieu du 16 au 18 mars dernier à Manhasset, aux États-Unis. Souhaitant que le Maroc et le Front Polisario entrent dans une phase de négociations “plus intensives et substantielles”, Ban Ki-moon recommande au Conseil de sécurité de leur demander de s’engager “sans conditions préalables”.

    Il s’est néanmoins inquiété des restrictions imposées aux observateurs militaires de l’ONU, ainsi que de la situation humanitaire des réfugiés du Sahara occidental. Tout en saluant les avancées réalisées pour permettre les visites familiales, il a souligné qu’un manque de financement de la part de la communauté internationale compromettrait la viabilité de ce type d’initiatives. Enfin, le secrétaire général onusien rappelle que la présence de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) était indispensable au maintien du cessez-le-feu, et recommande ainsi le renouvellement du mandat de la Mission pour six mois, jusqu’au 31 octobre 2008.

    À noter que Rabat “prend note avec intérêt” du rapport du secrétaire général sur le Sahara occidental, dans lequel il se félicite de l’engagement des parties à poursuivre le processus de négociations. Le Maroc a indiqué, dans un communiqué rendu public jeudi, qu’il partageait l’avis du secrétaire général de l’ONU, que seuls le réalisme et l’esprit de compromis permettront aux négociations sur le Sahara d’aboutir, invitant “les autres parties à saisir ce nouvel appel du secrétaire général pour mettre un terme définitif à ce différend régional, hâtant ainsi la construction du Maghreb arabe, en tant qu’espace prospère, démocratique et stable”.

  2. #303
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    UNITED NATIONS, April 21, 2008 (Reuters) - The U.N. mediator in talks on Western Sahara sparked division in the Security Council on Monday when he told members independence for the disputed territory was unrealistic, diplomats said.

    The "assessment" by envoy Peter van Walsum put him at odds with Sahara's Polisario independence movement, which has sought to keep the independence option open in four rounds of talks with Morocco, which annexed the former Spanish colony in 1975.

    The talks resumed a year ago to try to bridge the gap between rival plans put forward by the two sides.

    Morocco offered autonomy for the resource-rich territory of 260,000 people but ruled out independence, while Polisario urged a referendum with independence as one option.

    The negotiations at a private estate near New York have made little headway.

    In his assessment, van Walsum said he had "concluded that there was no pressure on Morocco to abandon its claim of sovereignty over the territory and, therefore, that an independent Western Sahara was not a realistic proposition."

    Current Security Council president Ambassador Dumisani Kumalo said there had been confusion in the council after van Walsum faxed his comments to its 15 members on Monday just before they were to consult on Sahara. The council has to renew the mandate of a U.N. peacekeeping force there by April 30.

    Kumalo said van Walsum's comments "seemed to contradict" a report on Western Sahara by Secretary-General Ban Ki-moon, which was also before the council. Ban's report does not take sides on the merits of the two plans.

    "We decided that we would focus upon the report of the secretary-general," Kumalo told reporters, adding that van Walsum, who also briefed the council orally, had said he was expressing his personal opinion.

    Van Walsum suggested breaking the impasse by basing further talks on two "realities" - that the Security Council would not force Morocco into a referendum but the U.N. would not recognize Rabat's sovereignty over Sahara without an accord.

    "The unfortunate thing is that realism is only applying to the people of Western Sahara, and not on Morocco, and I think indirectly it sends the wrong message to Morocco," Kumalo said, speaking in his capacity as South Africa's U.N. ambassador.

    The Security Council, however, is divided. South Africa and some other nonaligned members believe that as an ex-colony Sahara should have a chance of independence, but the United States and France have praised Morocco's autonomy plan.

    U.S. Ambassador Zalmay Khalilzad told reporters van Walsum's ideas were "worthy of serious consideration". Washington wants an end to the Sahara problem, so the region can focus on combating Islamic militancy.

    Diplomats said a group of countries including the United States was starting on Monday to draft a resolution to renew the mandate for some 230 U.N. peacekeepers in Western Sahara.

    "So it'll be interesting to see whether any of these comments (by van Walsum) are now reflected in the draft," one nonaligned diplomat said.

    Morocco's seizure of Western Sahara prompted a guerrilla war for independence until a U.N.-brokered cease-fire in 1991. The desert territory on Africa's Atlantic coast holds phosphates, rich fisheries and, potentially, offshore oil.

    Morocco had long accepted the principle of a referendum but there was never agreement on how it would be organized and Rabat renounced the idea in 2004. Further peace talks are scheduled with Algerian-backed Polisario, but no date is set.

  3. #304
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    Hafida Ameyar :


    Mardi 22 Avril 2008 -- Le nouvel ambassadeur de la Rasd à Alger, M. Brahim Ghali, estime qu’il est de la responsabilité des Nations unies, de la communauté internationale, du Conseil de sécurité et du secrétaire général de l’ONU de trouver une solution définitive, juste et équitable au conflit.

    Liberté : M. l’ambassadeur, quelle lecture faites-vous du dernier rapport du secrétaire général de l’ONU sur la situation au Sahara occidental ?

    Brahim Ghali : Je pense que c’est un rapport équilibré, dans la mesure où il restitue les évènements qui se sont déroulés pendant la période traitée par le document. Il révèle également certains évènements non abordés jusque-là dans les autres rapports, tels que la situation des droits de l’homme, mais sans entrer dans le détail. Il aurait fallu parler de toutes les violations aux droits humains commis par le Maroc, comme les tortures, les jugements iniques, les arrestations, les emprisonnements des militants sahraouis et de la vraie situation des prisonniers politiques sahraouis, après la grève de la faim entamée ces derniers temps. Je note que dans la partie relative aux violations de l’accord militaire n°1, le rapport parle de trois violations marocaines en les nommant et de dix violations émanant de la partie sahraouie, mais je ne trouve que trois (violations). M. Ban Ki-moon a-t-il omis de signaler les autres violations ou est-ce une manière d’augmenter les écarts ? De plus, sur les trois violations sahraouies citées, figure la destruction des mines sans notification préalable le 16 novembre 2007. Je ne suis pas d’accord avec cela, d’autant que les Nations unies sont en train de mener une campagne internationale pour la destruction des mines, en particulier les mines antipersonnel.

    Or, la partie sahraouie a détruit justement des mines antipersonnel ! J’ai également remarqué qu’à propos des mesures de confiance, le rapport ne donne pas d’indication sur la position du Maroc. Aussi, nous demandons des éclaircissements là-dessus. Mais, comme je l’ai dit au début, le dernier rapport du secrétaire général est une avancée en comparaison avec les rapports publiés précédemment. Nous espérons que c’est le début d’un traitement plus approfondi sur les droits de l’homme au Sahara occidental…

    Sur la question des droits humains ou sur le processus de décolonisation ?

    Je parle ici de la question des droits de l’homme… Il y a des violations systématiques des droits de l’homme, en présence de la Minurso (Mission des Nations unies pour un référendum au Sahara occidental, ndlr), des violations que tout le monde ne connaît pas : il y a boycott d’informations et le territoire sahraoui sous occupation reste fermé aux journalistes et aux observateurs indépendants. Sur un autre plan, le rapport de M. Ban Ki-moon parle de solution devant un problème ou un conflit… comme si nous étions devant n’importe quel problème. Je n’ai pas trouvé dans ce rapport, spécialement dans la partie réservée aux observations et recommandations, que nous sommes devant un problème de décolonisation où l’ONU doit trouver une solution et où le Conseil de sécurité doit assumer sa pleine responsabilité pour trouver une solution qui respecte le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance, en accord avec la charte des Nations unies et les différentes résolutions adoptées par l’Assemblée générale de l’ONU, le Comité des 24, le Comité de décolonisation et les différentes résolutions du Conseil de sécurité. En dépit de tout cela, il y a un certain équilibre dans le traitement des évènements relatés dans le rapport du secrétaire général.

    Pour ce dernier, la présence de la Minurso est indispensable pour maintenir le cessez-le-feu ? Il propose, sur cette base, la prolongation de son mandat jusqu’au 31 octobre 2008. Finalement, la Minurso est chargée de quelle mission ?

    Je crois que le nom de la Minurso résume bien sa mission. La Minurso est la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental. Elle n’est pas en charge seulement du maintien du cessez-le-feu, qui n’est qu’un point du plan de règlement, adopté par le Conseil de sécurité et accepté par le Maroc et le Front Polisario. Malheureusement, les obstacles dressés par le Maroc et le fait que les Nations unies n’assument pas pleinement leurs responsabilités ont vidé le plan de règlement de sa substance… ils sont restés attachés au seul cessez-le-feu. Même si la Minurso n’a pas encore organisé le référendum, sa mission n’a pas changé : sa raison d’être au Sahara occidental est le plan de paix tout entier...

  4. #305
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    continued.....

    Concernant la publication du rapport de 2006 du Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme, M. Ki-moon se réfère uniquement à la demande du secrétaire général du Polisario. Trouvez-vous normal qu’il garde le silence sur les requêtes du Comité onusien des droits de l’homme et de bon nombre d’ONG ?

    Effectivement, la demande de publication du rapport du Haut-Commissariat pour les droits de l’homme n’émane pas seulement du secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, mais il y a beaucoup d’ONG, surtout des ONG spécialisées dans la défense des droits de l’homme, qui ont demandé la publication officielle du rapport. Ces organisations considèrent injuste et incorrect qu’un rapport du Haut-Commissariat pour les droits de l’homme, recommandé par le secrétaire général des Nations unies pour s’enquérir de la situation des droits de l’homme au Sahara occidental, et qui a été rédigé suite à une visite sur les lieux, soit gardé dans le secret. Par ailleurs, le Comité des droits de l’homme de l’ONU s’est penché, lors de sa dernière session, sur la question des droits de l’homme au Sahara occidental. Il a exprimé son insatisfaction devant la situation qui prévaut dans les territoires sahraouis occupés et son incompréhension devant la non-publication d’un rapport traitant sur les droits de l’homme. Je dois dire que c’est la première fois qu’un rapport sur les droits de l’homme est entouré de secret. Malgré nos nombreuses demandes au secrétaire général et, à travers lui, au Conseil de sécurité, la Minurso reste l’unique mission de l’ONU qui n’a pas encore une composante des droits de l’homme, pour protéger la population sahraouie, publier et informer sur les affaires de droits de l’homme.

    M. Ki-moon propose aux deux parties d’engager des négociations plus intenses et portant sur les questions de fond. Que vous inspire de telles recommandations ?

    Les quatre rounds de négociations entre le Maroc et le Front Polisario ont été organisés sur la base des résolutions 1754 et 1783 du Conseil de sécurité, lequel a demandé au Maroc et au Front Polisario d’engager des négociations de fond sans conditions préalables. Seulement, le Maroc, appuyé par des membres du Conseil de sécurité, essaie d’exiger son seul plan comme base de discussions. À cause de ses pré-conditions, nous n’avons pas pu aller vers des négociations plus intenses et plus profondes ni évoluer vers une solution du conflit. C’est la première fois que Ki-moon appelle le Conseil de sécurité pour qu’il demande aux deux parties d’engager des négociations sur des questions de fond.

    À mon avis, cet appel veut dire qu’il y a une partie qui s’accroche aux pré-conditions, qu’elle doit abandonner cette position et entrer dans des négociations conformément à la plate-forme du Conseil de sécurité. Celle-ci est claire, puisqu’elle mentionne l’existence de deux propositions sur la table des négociations, l’offre marocaine et la proposition sahraouie. Un autre élément montre que le message du secrétaire général est destiné au Maroc, quand le secrétaire général dit que le Front Polisario a accepté tous les points sur les mesures de confiance, proposés par son envoyé personnel, M. Peter Van Walsum ? Cela veut dire que le Maroc n’a accepté aucun point et qu’il doit, par conséquent, participer aux négociations, avec bonne volonté et sans pré-conditions.

    En parlant de M. Van Walsum, M. Ki-moon laisse entendre qu’il a le pouvoir de rechercher une solution. Qui de l’ONU ou de l’envoyé personnel du secrétaire général a les prérogatives de rechercher une solution ?

    Il s’agit en fait de la responsabilité des Nations unies, de la communauté internationale, du Conseil de sécurité et du secrétaire général de l’ONU de trouver une solution définitive, juste et équitable au conflit. Limiter la recherche d’une solution à M. Van Walsum, c’est vouloir débarrasser les Nations unies de la responsabilité qui leur incombe pour parachever le processus de décolonisation au Sahara occidental. Nous ne sommes pas en train de parler d’une première expérience que l’ONU doit effectuer…

    Que répondez-vous à certains commentateurs qui pensent que la présence de Peter Van Walsum aux négociations tend à favoriser le plan marocain tel quel ou remodelé ?

    Très sincèrement, je n’exclus pas cela, mais je tiens à rappeler qu’il serait invraisemblable de reproduire la même manœuvre. Depuis l’invasion du Sahara occidental par le Maroc, et donc après plus de 32 ans de conflit, il y a des tentatives de rééditer les mêmes erreurs, les mêmes crimes, qu’en 1975. Cette tendance d’imposer une solution qui ignore la volonté du peuple sahraoui existe encore au niveau de certains membres du Conseil de sécurité. Ont-ils influencé M. Van Walsum ? Le rôle de ce dernier est de faciliter la tâche aux deux parties, en vue l’application des résolutions du Conseil de sécurité, c’est-à-dire trouver une solution respectant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. J’ajouterai que toute solution qui ignore la volonté et le droit du peuple sahraoui est vouée à l’échec. Le message lancé, depuis le 21 mai 2005, par le peuple sahraoui, par des Sahraouis nés après le 26 février 1976 et après le 6 septembre 1991, n’est, hélas, toujours pas compris par la communauté internationale, les Nations unies et son Conseil de sécurité.

    Dans la partie réservée aux prisonniers de guerre, détenus et personnes disparues, on ne trouve aucune indication…

    Je pense que les questions humanitaires sont traitées de façon superficielle par le Comité international de la Croix-Rouge et les Nations unies. Côté sahraoui, nous avons plus de 500 personnes civiles disparues et 151 prisonniers de guerre qui ont été capturés vivants… Depuis l’entrée en vigueur du plan onusien de règlement, donc depuis le 6 septembre 1991, nous demandons au HCR, au CICR, à la Minurso et aux Nations unies, des informations les concernant, mais aucune réponse ne nous a été livrée à ce jour. Nous savons que le CICR a la responsabilité de présenter un rapport détaillé sur ce qu’a fait le Maroc sur le registre des prisonniers de guerre et des disparus, sur la position marocaine et les explications données par Rabat sur ce dossier. Nous voulons savoir ce que dit le rapport du CICR sur les disparus sahraouis, militaires ou civils.

    M. l’ambassadeur, le Conseil de sécurité tiendra très prochainement sa réunion sur le Sahara occidental. A quoi vous attendez-vous ?

    Nous espérons voir l’adoption d’une résolution conséquente avec la responsabilité entière de l’ONU dans un processus de décolonisation. Une résolution qui fasse pression, même indirectement, sur la partie qui obstrue le processus de négociations, c’est-à-dire la partie marocaine.

  5. #306
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    Mardi 22 Avril 2008 -- C’est un coup dur pour le peuple sahraoui, au lendemain de la publication du rapport du Secrétaire générale de l’ONU accueilli favorablement par le Polisario. Lundi 21 avril, devant le Conseil de sécurité, le médiateur de l'ONU pour le conflit du Sahara occidental Peter van Walsum a contredit son Secrétaire général : il a estimé que l’indépendance du Sahara occidental ne constituait pas à ses yeux « un objectif atteignable ».

    Selon le quotidien français Le Monde qui rapporte cette information, M. van Walsum a prononcé un discours devant le Conseil dans lequel il a notamment affirmé avoir conclu, dès janvier 2006, qu'en l'absence de "pression sur le Maroc pour qu'il abandonne sa revendication de souveraineté", un "Sahara occidental indépendant n'était pas une proposition réaliste". Pour lui, les négociations engagées il y a un an entre le Maroc et les représentants du Front Polisario à Manhasset, près de New York est une perte de temps qui ne "ne mène nulle part".

    « Pour sortir de l'impasse, Peter van Walsum propose au Conseil de demander aux deux parties de retirer pour six mois leurs propositions respectives et de négocier «en présumant temporairement qu'il n'y aura pas de référendum offrant l'indépendance comme possibilité ».

    Selon le Monde, la France et les Etats-Unis ont été les deux seuls pays à avoir accueilli favorablement les conclusions de Peter van Walsum. Ces deux pays ont en effet traditionnellement soutenu les positions marocaines dans ce dossier. En revanche, l’Afrique du Sud a souligné les contradictions des déclarations de M. van Walsum avec les conclusions du rapport du Secrétaire générale de l’ONU Ban Ki-moon. Pour sa part, le représentant du Front Polisario à l'ONU a estimé que l'envoyé spécial onusien a "lui-même remis en cause la neutralité élémentaire qui doit guider tout médiateur".

  6. #307
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    Mercredi 23 Avril 2008 -- Le représentant personnel de Ban Ki-moon estime l’indépendance du Sahara occidental irréaliste. Réponse du berger à la bergère. «Nul ne peut se substituer au peuple sahraoui dans le choix de son destin...», a répondu Omar Mansour, représentant du Polisario en France.

    Les propos de l’émissaire de l’ONU, l’Organisation des Nations unies, concernant le Sahara occidental, ont été révélés par l’ambassadeur d’Afrique du Sud. M.Dumisani Kumalo a déclaré, avant-hier à la presse, que le Conseil de sécurité qu’il préside a reçu deux documents «apparemment contradictoires». L’un émanant du Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies et l’autre de M.Van Walsum, son représentant personnel pour le Sahara occidental. Dans son document reflétant en toute apparence une «opinion personnelle», ce dernier «évoque ce qu’il appelle l’option réaliste, selon laquelle l’indépendance pourrait être hors d’atteinte pour le peuple sahraoui, affirmant que le Front Polisario devrait devenir réaliste», a fait savoir M.Kumalo. La pilule est dure à avaler. 32 ans après une longue lutte et de lourds sacrifices qui doivent mener le peuple sahraoui à son indépendance. Les réactions à ce type de pirouette ne se sont pas fait attendre. Ce n’est toutefois pas encore la volée de bois vert.

    M.Omar Mansour, représentant du Front Polisario en France, a vivement réagi «avec ce genre de déclarations qui cherchent à influer sur les débats, M.Van Walsum annonce sa couleur et se disqualifie comme médiateur». Van Walsum out pour le prochain round de négociations entre le Maroc et le Polisario? Gaffe involontaire ou gaffe tout court? Celui qui devait servir de médiateur entre les deux parties en conflit, a visiblement outrepassé ses prérogatives. Le facilitateur de l’ONU était chargé, notamment d’essayer de faire appliquer les résolutions 1754 et 1783 du conseil de sécurité.

    Ces dernières appellent à une solution pacifique négociée, juste et durable, qui respecte le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination à travers l’organisation d’un référendum. Pour rappel, les quatre précédentes tentatives pour essayer de rapprocher les points de vue des délégations marocaine et sahraouie se sont soldées par un échec. Le Royaume chérifien campe sur ses positions et ne jure que par son plan d’autonomie sous souveraineté marocaine. Peter Van Walsum s’y serait-il plié? Les Américains y ont déjà manifesté de l’intérêt. «L’idée de M.Van Walsum mérite d’être sérieusement prise en considération», a déclaré le représentant américain au Conseil de sécurité de l’ONU, Zalmay Khalilzad. «Si nous nous engageons dans cette voie, nous devrions aussi dire aux Palestiniens de renoncer», a déclaré, pour sa part, l’actuel président du Conseil de sécurité, le Sud-Africain Dumisani Kumalo.

    Le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara occidental a pourtant été qualifié de «rapport équilibré» par l’ambassadeur de la République arabe sahraouie à Alger. Ce rapport est équilibré...«Il constitue une avancée en comparaison des rapports publiés précédemment», a déclaré M.Brahim Ghali à un quotidien de la presse nationale. Comment alors dans ce cas-là, deux sons de cloche puissent intervenir d’une institution internationale telle que l’Organisation des Nations unies? L’ONU serait-il ce «machin», comme l’avait qualifié le général de Gaulle en son temps?

    La détermination du Front Polisario est sans égale pour mener le peuple sahraoui à son indépendance. «Nul ne peut se substituer au peuple sahraoui dans le choix de son destin en toute liberté et démocratie», a tenu à souligner et à rappeler le représentant du Front Polisario en France, Omar Mansour. Et comme pour mettre l’Organisation des Nations unies devant la politique du deux poids, deux mesures, il ajoute: «Au nom de quel droit peut-on défendre l’indépendance du Kosovo et faire des acrobaties pour justifier l’occupation illégale du Maroc au Sahara occidental?» Les déclarations de Peter Van Walsum risquent de mettre un peu plus d’huile sur le feu à un conflit qui dure depuis plus de 32 ans. Une remise à l’ordre du représentant personnel de Ban Ki-moon n’est pas à écarter.

  7. #308
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    Mercredi 23 Avril 2008 -- Dans un document remis au Conseil de sécurité, reflétant son opinion personnelle, Peter van Walsum évoque une “option irréaliste”, selon laquelle “l'indépendance pourrait être hors d'atteinte pour le peuple sahraoui”. Par cette prise de position inattendue et incompatible avec sa mission de facilitateur dans le conflit du Sahara occidental, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU se range du côté d’une des deux parties en conflit, en l’occurrence le Maroc, en violation des dispositions des résolutions sur le dossier. Plus grave, Peter van Walsum se met en porte-à-faux avec le rapport remis par Ban Ki-moon au Conseil de sécurité dans lequel il recommande aux parties de poursuivre leurs négociations directes sous l'égide de l'ONU “pour tenter de trouver une solution de consensus”.

    C’est d’ailleurs ce qu’a relevé l'ambassadeur d'Afrique du Sud, Dumisani Kumalo, qui préside le Conseil de sécurité en avril, en indiquant à la presse qu'à l'occasion de consultations sur la question du Sahara occidental lundi, le Conseil avait reçu deux documents, “apparemment contradictoires”, de la part de M. Van Walsum et du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. L’émissaire onusien s’est même permis d’affirmer que le Front Polisario devrait renoncer à l’option d’indépendance.

    Les craintes des dirigeants sahraouis de voir l'émissaire des Nations unies pour le Sahara occidental, Peter van Walsum, s'employer à favoriser le plan marocain d'autonomie sous souveraineté marocaine de ce territoire étaient donc fondées. Dans notre édition d’hier, Brahim Ghali, l’ambassadeur sahraoui à Alger avait pourtant mis en garde contre tout dépassement du diplomate batave en affirmant : “Le rôle de M. Van Walsum est de trouver une solution respectant le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, et j'ajoute que toute solution ignorant la volonté et le droit du peuple sahraoui est vouée à l'échec.”

    De son côté, le représentant en France du Front Polisario, Omar Mansour, a souligné, hier dans un communiqué de presse, que l’émissaire spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, Peter Van Walsum, qui a estimé “irréaliste l’indépendance sahraouie, se disqualifie comme médiateur”. Insistant sur le fait qu’au moment où les débats du Conseil de sécurité se poursuivaient, à la lumière des recommandations du secrétaire général des Nations unies, le représentant sahraoui dira : “M. Walsun a donné son appréciation selon laquelle l’indépendance n’est pas une solution réaliste et que les deux positions (l’indépendance et l’autonomie) doivent être écartées pour rechercher une option qui ne soit pas l’indépendance totale.”

    Il rappellera que “le Conseil de sécurité a passé en revue le rapport du secrétaire général des Nations unies sur le Sahara occidental qui préconise la poursuite et l’intensification des négociations entre le Front Polisario et le Maroc, engagées à Manhasset, ainsi que la prolongation du mandat de la Minurso de six mois”. Selon M. Mansour, avec “ce genre de déclarations, qui cherchent à influer les débats, M. Walsun annonce sa couleur et se disqualifie comme médiateur”, alors que “son rôle est de défendre le rapport du secrétaire général et d’agir dans son contexte”.

    Poursuivant son raisonnement, il expliquera qu’“il ne faut pas oublier que la question du Sahara occidental n’est pas un conflit frontalier, dans lequel il faut chercher le compromis”, mais un “problème de décolonisation d’un territoire non autonome interrompu par l’invasion du Maroc” qui a violé “l’avis du Tribunal international de justice et les résolutions des Nations unies”.

    Enfin, mettant l’accent sur le fait que “nul ne peut se substituer au peuple sahraoui dans le choix de son destin en toute liberté et démocratie”, il s’interrogera : “Au nom de quel droit peut-on défendre l’indépendance du Kosovo et faire des acrobaties pour justifier l’occupation illégale du Maroc au Sahara occidental.” Il conclura en réaffirmant que le Front Polisario “continuera à coopérer avec les Nations unies et poursuivra son engagement en faveur des négociations substantielles et sans préalable dans le cadre des résolutions 1754 et 1783 du Conseil de sécurité, en vue de parvenir à une solution garantissant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance”.

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