Lundi 19 mai 2008 -- Le président Abdelaziz Bouteflika a réaffirmé l'attachement de l'Algérie aux résolutions de l'ONU sur le Sahara occidental, dans un message adressé lundi aux dirigeants sahraouis pour le 35e anniversaire de la proclamation de la République sahraouie.
Dans ce message, M. Bouteflika réitère «l'importance qu'attache l'Algérie à la mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies» sur le Sahara occidental. En outre, il "forme le vœu" que les négociations directes en cours entre le Maroc et le Polisario puissent "favoriser une solution politique qui permette l'exercice par le peuple du Sahara occidental de son droit à l'autodétermination".
M. Bouteflika souligne par ailleurs que la création du Polisario en 1973 a constitué un "tournant majeur" dans l'histoire du peuple sahraoui. Le Polisario doit célébrer mardi le 35e anniversaire de sa création à Tifariti, dans une région du Sahara occidental officiellement annexée par le Maroc et proclamée "libérée" par le mouvement sahraoui.
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19th May 2008 19:53 #344
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20th May 2008 17:06 #345
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Mardi 20 Mai 2008 -- «La décision de création, en 1973, du Front Polisario a constitué un tournant majeur dans l’histoire de votre peuple dont les aspirations à la liberté et l’attachement à son droit à l’autodétermination jouissent de l’appui de la communauté internationale», a déclaré Abdelaziz Bouteflika dans un message à son homologue sahraoui, M. Mohamed Abdelaziz, à l’occasion du 35ème anniversaire du Polisario, cité par l’APS. Il a adressé au président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), au peuple sahraoui et à sa direction, ses «sincères félicitations» et ses «vœux de succès et de prospérité», et réitéré «l’importance qu’attache l’Algérie à la mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, qui ont clairement établi le cadre dans lequel devront être menées les négociations entre les deux parties au conflit». «Je forme le vœu que ces pourparlers puissent favoriser une solution politique qui permette l’exercice par le peuple du Sahara occidental de son droit à l’autodétermination», a encore une fois souligné le chef de l’Etat.
Les Sahraouis, qui célèbrent également le 35ème anniversaire du déclenchement de la lutte armée pour l’indépendance du Sahara occidental -dix jours après la création du Front- contre l’occupation espagnole puis contre l’armée marocaine, demeurent déterminés pour l’aboutissement de leur lutte. Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, M. Mohamed Salem Ould Salek, a d’ailleurs affirmé à l’occasion de ces festivités que «le peuple sahraoui est déterminé à poursuivre sa lutte nationale jusqu’à la victoire finale». Le ministre a souligné qu’il s’agit, en fait, d’un triple évènement, avec la célébration du troisième anniversaire de l’«intifadha pour l’indépendance», déclenchée le 21 mai 2005 dans les territoires occupés du Sahara occidental. «Nous allons célébrer ces trois dates historiques au moment où l’occupant marocain et ses amis essaient par tous les moyens de retarder l’échéance de l’indépendance du peuple sahraoui, qui est inéluctable, car les Sahraouis sont plus que jamais déterminés et unis», a ajouté M. Ould Salek. Il a affirmé que «le Front Polisario fera tout pour aider les Nations unies à s’acquitter de leur mission de décolonisation au Sahara occidental».
L’ONU supervise des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario, engagées en juin 2007. Quatre rounds de pourparlers ont eu lieu à Manhasset, près de New York, sans parvenir à une avancée. Il est à rappeler que le Comité spécial onusien de décolonisation, réuni en séminaire à Bandung la semaine dernière, a adopté une résolution dans laquelle a été réaffirmé le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Les participants au séminaire régional pour le Pacifique ont appelé les parties en conflit, le Maroc et le Front Polisario, à poursuivre les négociations directes et à «continuer de faire preuve de volonté politique». Il a également appelé les deux parties à «travailler dans une atmosphère de dialogue» et «entamer une phase [de négociations] plus intense et substantielle». Lors de cette rencontre, M. Kamel Fadel, responsable sahraoui en Océanie, a réaffirmé que «la seule solution viable et démocratique pour la question sahraouie est l’organisation d’un référendum libre, honnête et transparent sous les auspices de l’Organisation des Nations unies et de l’Union africaine», soulignant que «la responsabilité de l’Organisation des Nations unies envers le peuple sahraoui doit être assumée». Il a assuré que le Front Polisario est «disposé à coopérer pour la mise en œuvre rigoureuse des résolutions du Conseil de sécurité, réaffirmant la validité et la pertinence du principe de l’autodétermination pour le peuple du Sahara occidental».
Rappelons enfin que le Front Polisario a présenté une proposition pour un règlement durable et global dont le Conseil de sécurité a pris note lors de ses dernières résolutions alors que le Maroc tient à son projet d’«autonomie». Une proposition considérée par les responsables du Polisario comme unilatérale et visant à saper le processus d’autodétermination, à maintenir le statu quo ainsi qu’à légitimer l’occupation de leur pays. Cette proposition considère de fait le Sahara occidental comme une partie du Maroc alors que la question du Polisario est une affaire de décolonisation.
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21st May 2008 01:42 #346
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Souhila Hammadi :
Mercredi 21 Mai 2008 -- Une certaine ambivalence a empreint l’impression générale dégagée du premier jour des festivités de célébration du 35e anniversaire du déclenchement de la lutte armée du Sahara occidental contre la colonisation espagnole. Si la poursuite des négociations avec le Maroc telle que cadrée par le Conseil de sécurité des Nations unies dans ses résolutions 1754 et 1783 adoptées en 2007, est fortement défendue, l’option du retour vers les armes gagne sensiblement du terrain. Les jeunes, investis dans les études pour porter la future République sahraouie ou enrôlés dans l’armée, ne jurent que par la guerre, seul moyen, selon eux, d’arracher l’indépendance. Ils nous donnent pour exemple l’expérience algérienne incarnée par la guerre de Libération nationale.
Il n’en demeure pas moins que les dirigeants sahraouis privilégient la solution de sortie du conflit, adoptée par l’ONU, c’est-à-dire mettre le Sahara occidental et le Maroc autour d’une table de négociations et les inciter à parvenir à un terrain d’entente pour le règlement de la crise. Bien que ce qui convient d’appeler le processus de Manhasset (référence à la ville près de New York où se rencontrent les deux parties) semble quelque peu compromis par la persistance du Maroc à ne pas concéder une once de son plan d’autonomie, qui suggère simplement et purement l’annexion du Sahara occidental au royaume. Les récentes déclarations de Peter Van Walsum, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, sur le caractère irréaliste de la revendication inhérente au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, ont complètement rompu le principe d’impartialité conféré à son rôle d’intermédiaire entre les deux parties en conflit. Il a aussi détérioré les conditions des négociations, qui n’arrivaient déjà pas à trouver une vitesse de croisière.
Le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar a, d’ailleurs, déclaré juste avant le lancement du programme commémoratif du 35e anniversaire du Front Polisario par une parade militaire et civile, que la date du 5e round des négociations de Manhasset n’est pas encore fixée. Il a insinué que ces pourparlers ne reprendront pas avant le remplacement de Peter Van Walsum. Le cas échéant, cela deviendra une exigence officielle de l’État sahraoui. Revenant à l’événement du jour, le Premier ministre de la Rasd a insisté sur l’organisation de la fête d’anniversaire de la date du 20 mai 1973 sur le territoire libéré, “malgré les menaces des Marocains de torpiller toute action du Front Polisario à Tifariti”. Il a estimé que c’est “une preuve qu’ils ne peuvent rien faire et qu’ils n’ont qu’à se rendre à l’évidence et accepter le processus de l’autodétermination”.
Pour mieux marquer l’instauration d’un État sahraoui par le sceau de l’irréversibilité, le 2e congrès du Front Polisario, en décembre 2007, a adopté des résolutions en faveur de la reconstruction et du repeuplement des territoires libérés. Des infrastructures et des services de base sont en construction à Tifariti, grâce au financement de plusieurs pays ayant reconnu officiellement l’existence de la République arabe sahraouie démocratique, à l’instar de l’Algérie et de l’Afrique du Sud. Nous y reviendrons avec plus de détails.
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21st May 2008 16:36 #347
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Mercredi 21 Mai 2008 -- Le Front Polisario a fait une démonstration de force, hier mardi, à l’occasion de la célébration du 35ème anniversaire de la création de du Front Polisario et du déclenchement de la lutte armée pour la libération du Sahara occidental. Les troupes militaires du Polisario ont donc défilé, dans une atmosphère poussiéreuse, devant le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) Mohamed Abdelaziz et les dizaines d’invités venus des «quatre continents».
Parce qu’il est utile de souligner que, même si leur nombre a diminué cette année par rapport aux années précédentes, nombreux sont les délégués venus de plusieurs pays, parfois issus des grands de ce monde, ou venus simplement de pays dont la seule présence porte d’énormes symboles. Il s’agit notamment de l’Iran, représenté par le chargé d’affaires de son ambassade à Alger, après une rupture qui a duré plus de vingt-huit ans. D’autres pays tels que le Brésil, le Mexique, l’Italie - représentée par un responsable de la Ligue du Nord, un parti d’extrême droite membre de la coalition au pouvoir - de la Russie, de 14 pays africains aux côtés,
bien entendu, de l’Algérie et de l’Espagne, dont les délégations sont plus importantes.
Côté algérien, en dépit de l’absence d’officiels, puisque aucun membre du gouvernement n’est présent, beaucoup de partis politiques et d’organisations sont visibles au premier rang. On remarque Bouguettaya du FLN, Tayeb El Houari qui a présidé la délégation parlementaire, Moussa Touati du FNA, Chalabia Mahdjoubi du MJD et d’autres personnalités. Sur le plan politique, cet anniversaire est aussi un défi. Parce que, au-delà de la limite des moyens dont dispose le Polisario, le défilé d’hier est, pour beaucoup de Sahraouis, comme une preuve que «le Maroc ne peut rien faire». Et le Premier ministre, Abdelkader Taleb-Omar, l’a dit à haute voix devant de nombreux représentants des médias venus du monde entier : «Les festivités d’aujourd’hui sont une preuve que nous pouvons exercer notre souveraineté sur nos terres et que le Maroc est incapable de mettre à exécution ses menaces.»
Et les menaces dont parle Taleb-Omar sont relatives à la violation du cessez-le-feu que le Royaume alaouite avait brandi en décembre de l’année dernière, lorsque le Front Polisario, avec l’aide de plusieurs pays, avait annoncé, dans la foulée de l’organisation de son congrès, qu’il allait ériger plusieurs institutions à caractère politique, sportif, culturel et hydraulique au niveau de la localité de Tifariti, une zone considérée par la RASD comme territoire libéré et par le Maroc comme faisant partie de la zone tampon, démilitarisée. Et ce n’est certainement pas demain que le problème sera réglé. Puisque le quatrième round des négociations entre le Front Polisario et le Maroc, tenu au mois de mars à Manhasset, dans la banlieue new-yorkaise, n’a rien apporté.
Et la date pour l’organisation du cinquième round, dont le principe a été retenu, n’a toujours pas été fixé. Mais d’ores et déjà, les responsables sahraouis n’y croient pas vraiment, à l’image du Premier ministre et du ministre de la Défense qui disent n’attendre rien de la suite des négociations. D’habitude plus nuancé, le président Mohamed Abdelaziz, a quand même affiché son impatience en indiquant que l’Organisation des Nations unies «est responsable de l’échec du processus de l’autodétermination du peuple sahraoui» qui lutte pour son indépendance depuis des décennies.
Seulement, toutes les options restent ouvertes, d’autant plus qu’aucune option sérieuse ne se profile à l’horizon. Pis, de nombreux Sahraouis rencontrés soit dans les camps des réfugiés de Tindouf, soit à Tifariti n’écartent plus la reprise des hostilités. Et beaucoup pensent que la reprise des armes est l’ultime solution à leur problème, même si la direction du Polisario préfère temporiser. Pendant ce temps, le peuple sahraoui continue à souffrir presque dans l’indifférence. Le pire est-il à venir ? Toutes les probabilités restent possibles dans un conflit qui reste tout de même l’un des derniers cas de colonisation dans le monde.
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22nd May 2008 16:11 #348
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23rd May 2008 00:28 #349
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Jeudi 22 Mai 2008 -- Le Front Polisario veut faire entendre la voix de la raison et de la paix, malgré son statut de pays occupé. Après avoir rappelé, mardi dernier, l’attachement de son organisation à la paix et aux principes des Nations unies, le président de la RASD est passé, hier en fin de matinée dans la localité de Tifariti, à l’acte avec une opération de déminage de pas moins de 2 500 mines antipersonnel posées par le royaume du Maroc pour empêcher les combattants sahraouis de se déplacer librement. Ces engins de la mort, qui ont fait une autre victime l’année dernière, passe, ont été posés sur une distance de 2 400 km lors de l’occupation du Maroc. Cette opération se veut donc, selon les responsables du Sahara occidental, un signe de bonne volonté de leur part pour parvenir à la paix.
Cette paix, qui ne vient toujours pas malgré un calme précaire, a été une fois de plus «entonnée» par le président Mohamed Abdelaziz dans un discours prononcé en fin de soirée de mardi dernier à l’occasion de la célébration du trente-cinquième anniversaire du déclenchement de la lutte armée, le 20 mai 1973, d’abord contre l’occupant espagnol, avant que le territoire, très vaste et désertique dans son immense étendue, ne soit envahi par le Maroc, en 1975. Une fois de plus, le chef de la RASD (République arabe sahraouie démocratique), qui tient son siège non loin de la ville algérienne de Tindouf, a appelé la communauté internationale à «protéger» le peuple sahraoui contre les «violences» marocaines. Il lance, en même temps, un défi au royaume alaouite pour prendre en compte «la réalité sahraouie». Malgré cela, Abdelaziz, qui affirme vouloir développer son armée, réitère son engagement à respecter la légalité internationale.
Pendant ce temps, le Polisario a reçu directement des dizaines de messages de soutien et de sympathie venus de plusieurs pays du monde et des quatre continents. Les plus en vue sont, en plus, bien entendu, de l’Algérie et de l’Espagne, deux pays représentés par de fortes délégations, l’Afrique du Sud, l’Angola, le Venezuela et le Sénégal. Mais l’intervention la plus marquante a été celle d’un député italien issu de la Ligue du Nord, un parti d’extrême droite membre de la coalition gouvernementale de Silvio Berlusconi. Comme les autres parlementaires présents, le député de la formation de Gianfranco Fini dit vouloir intervenir auprès de ses collègues italiens et du Parlement européen, qui «ne font pas assez», pour plaider la cause sahraouie auprès des puissances occidentales. «Le Parlement européen doit avoir une position ferme et franche contre la politique colonialiste du Maroc», a notamment soutenu le député italien.
D’autres intervenants ont abondé dans le même sens, apportant leur soutien à la cause sahraouie afin que vive «la solidarité africaine» pour reprendre l’expression d’un représentant d’un parti de l’opposition sénégalaise. Dans leur résolution finale, les participants, qui dénoncent la «répression marocaine», appellent l’Espagne «à s’acquitter de ses responsabilités morales, historiques et juridiques vis-à-vis de son ex-colonie, le Sahara occidental». Il est à rappeler qu’une place dans le camp de Tifariti porte désormais le nom de l’Emir Abdelkader. Dans la foulée, un accord de jumelage entre la ville de Mascara et la localité de Tifariti a été signé par un député de l’APN, issu de l’ancienne capitale de l’émir, et le maire de Tifariti.
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23rd May 2008 00:30 #350
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Jeudi 22 Mai 2008 -- Une incertitude totale plane désormais sur le processus de négociations entamé à Manhasset, aux Etats-Unis, entre le Front Polisario et le Maroc. Les dernières déclarations de Peter Van Walsum selon lesquelles l’indépendance est «irréaliste» ont mis le feu aux poudres. Si les Sahraouis n’écartent pas la possibilité de revenir à la table des négociations, ils mettent cependant la barre très haut. Ils demandent d’abord le départ de l’envoyé spécial des Nations unies au Sahara occidental, Van Walsum, comme prélude à la reprise des pourparlers. M’hamed Khedad, un des négociateurs sahraouis, condamne «la position injuste et illégale» de Peter Van Walsum et affirme que toutes les options sont ouvertes. «Si les Nations unies maintiennent Van Walsum, nous prendrons une position en conséquence», a dit M. Khedad. «L’armée de la RASD, composée essentiellement de jeunes, se prépare à toutes les éventualités en cas de statu quo», ajoute-t-il.







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